Côte d'Ivoire : le Medef exhorte les entrepreneurs français à investir

Abidjanhotelivoire9novembre200435Le président de la section Afrique du patronat français, Patrick Lucas a invité lundi à Abidjan les hommes d'affaires français à "investir" en Côte d'Ivoire, estimant que "beaucoup de problèmes ont été résolus", alors que le pays sort de cinq années de crise.

La Russie, quant à elle a d'ores et déjà pris les devants. Lukoïl Overseas, filiale du groupe pétrolier russe Lukoïl, va investir plus de 250 millions de dollars pour l'exploration de trois blocs pétroliers en Côte d'Ivoire, a indiqué vendredi Petrorci, la Société nationale d'opérations pétrolières.

"Compte tenu d'une série d'indicateurs politiques et économiques, c'est le moment de venir investir" dans le pays, a déclaré à la presse M. Lucas, président de la section Afrique du Medef, à l'issue d'une audience avec le chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo.

"Nous avons marqué notre intérêt croissant pour la Côte d'Ivoire. Aujourd'hui, nous avons le sentiment que beaucoup de problèmes ont été résolus, beaucoup sont en cours de solution", a-t-il ajouté.

La délégation du Medef, forte de vingt personnes, est arrivée dimanche à Abidjan pour deux jours de "prospection". Lundi en fin de matinée, elle a rencontré le ministre ivoirien de l'Economie.

M. Lucas a estimé que la réouverture prochaine du lycée français allait accélérer le retour des entreprises françaises qui avaient quitté le pays en novembre 2004 à la suite de violentes manifestations anti-françaises à Abidjan.

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner se rendra en Côte d'Ivoire les 14 et 15 juin prochain pour une visite d’amitié et de travail qui lui permettra de rencontrer les autorités ivoiriennes. Cette annonce intervient dans un contexte de dégel des relations entre les deux pays.

Selon les observateurs, ces dernières se sont sensiblement améliorées depuis les rencontres entre les présidents Sarkozy et Gbagbo, à New York, aux Etats-Unis, lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, et à Lisbonne, au Portugal, dans le cadre du sommet Europe-Afrique.

On se doit de rappeler qu'au lendemain de sa nomination, M. Kouchner avait clairement laissé entendre qu'il subordonnait une éventuelle visite à Abidjan à la tenue d'élections générales, libres et transparentes. Dans ce contexte, le séjour du ministre français des Affaires étrangères est perçu à Abidjan comme la volonté de Paris de donner sa caution aux progrès réalisés dans le processus de sortie de crise.

Pour rappel, la Côte d'Ivoire est coupée en deux depuis septembre 2002 après un coup d'Etat manqué de la rébellion des Forces nouvelles (FN) qui contrôle toujours le nord du pays. Un accord de paix signé en mars 2007 entre le président Gbagbo et le chef des FN, Guillaume Soro, prévoit à terme la réunification du pays à l'issue d'élections justes et transparentes (..!), dont le premier tour de la présidentielle est annoncée le 30 novembre prochain. Attendue depuis la fin du mandat du président Gbagbo en 2005, la présidentielle a été sans cesse repoussée en raison de la crise politico-militaire.

A noter également qu'une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU est arrivée lundi à Abidjan pour une visite d'une journée visant à rappeler les parties à leurs engagements quant à l'organisation de l'élection présidentielle.

Cette mission, conduite par l'ambassadeur du Burkina Faso au Conseil, Michel Kafando, doit rencontrer l'ancien Premier ministre ivoirien et principal opposant Alassane Ouattara, ainsi que le président Laurent Gbagbo et des représentants militaires des troupes gouvernementales et des ex-rebelles des Forces nouvelles (FN).

Sources : AFP, Gabonnews, Afriquenligne

 

7 Commentaires

  1. 1

    Lycée français

    Côte d'Ivoire: le Medef salue la prochaine réouverture du lycée français

    ABIDJAN - Le président de la section Afrique du Mouvement des entreprises de France (Medef, patronat), Patrick Lucas, a estimé lundi à Abidjan que la réouverture prochaine du lycée français allait accélérer le retour des entreprises hexagonales qui ont quitté le pays en novembre 2004.

    "C'est un point très important et je me réjouis de savoir que les difficultés sont aplanies et que les familles françaises pourront trouver, à travers l'ouverture de cette école, l'éducation pour leurs enfants", a déclaré M. Lucas lors d'une conférence de presse.

    "C'est fondamental et aussi important pour ceux qui investiront. Cela fait partie des questions que se pose une entreprise qui, au début de son activité, (...) se fait accompagner par ses cadres", a ajouté le responsable venu à la tête d'une délégation d'hommes d'affaires.

    Le lycée français d'Abidjan Blaise Pascal, pillé, incendié puis fermé en novembre 2004 à la suite de violentes manifestations antifrançaises, rouvrira ses portes le 2 septembre, a annoncé fin mai le proviseur de l'établissement Maurice Demailly.

    Le chef du Medef-Afrique a également indiqué que cette visite, qui se poursuivra mardi au Ghana, visait à "entraîner de nouvelles entreprises en Côte d'Ivoire".

    "Nous percevons le cercle vertueux qui est en train de s'organiser en Côte d'Ivoire qui nous laisse espérer que c'est le bon moment pour certaines entreprises de venir en Côte d'Ivoire, d'y investir et d'utiliser le pays comme une plate-forme dans la région" a-t-il poursuivi.

    Le ministre de l'Economie, Charles Diby Koffi, a salué cette perspective d'un retour des entreprises françaises qui permettra selon lui de créer une "dynamique économique" en Côte d'Ivoire où le taux de croissance devrait atteindre 2,7% en 2008.

    "Il y a de la place pour tout le monde, vous avez toujours été là, revenez, installez-vous, créons la richesse ensemble", a lancé M. Diby.

    Si les grands groupes français (Bouygues, Bolloré, Orange et Air France notamment) sont restés en Côte d'Ivoire, de nombreux petits patrons français sont partis et environ 150 PME ont fermé définitivement, après les violentes manifestations antifrançaises de novembre 2004 menées par les "patriotes" partisans du président ivoirien Laurent Gbagbo.

    Ces violences avaient également entraîné l'évacuation par l'armée française de 8.000 ressortissants étrangers.

    La France demeure le premier partenaire commercial de la Côte d'Ivoire et est en tête des investisseurs étrangers en 2007. Ces 600 entreprises installées représentent en chiffre d'affaires 30% du PIB du pays

    AFP 9/06/2008

  2. 2

    Mikaa

    Je fais parti des "français rappatriés" de novembre 2004... j'étais à l'époque en 1ère au lycée Blaise Pascal et il faut savoir que les frais de scolarité pour la prochaine rentrée seront doublé ! De 1600€ annuel à l'époque ils seront à peu près de 3000€ dès septembre prochain... pas à la portée de toutes les bourses...

  3. 3

    manu

    Mouais, moi j'attendrai le 30 novembre prochain avant d'investir...

  4. 4

    Elisabeth

    @manu : on est d'accord ;)

  5. 5

    Mikaa

    Il n'y aura pas d'élections...

  6. 6

    nikos

    La déclaration du medef est pour le moins irresponsable et ou beaucoup trop politicienne.

  7. 7

    nikki

    Entièrement d'accord avec le MEDEF si personne ne "se mouille" la FRANCE et ses dirigeants seront encore à la traîne derrière les autres pays investisseurs et asiatiques !!! La COTE D D'IVOIRE a vraiment besoin d'un bon coup de main pour son redressement économique....Ne sommes nous pas redevables ???

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