Alors que la presse rivalise de bons mots pour relever les gaffes de George Bush lors du sommet de l'APEC (Organisation de coopération économique Asie-Pacifique) ... et non OPEC (l'équivalent de l'Organisation des Pays Exportateurs de Petrole dans la langue de Shakespeare), Russie et Chine ne perdent pas de temps.
Le président de la société russe LUKoil Vaguit Alekperov et le président de la Compagnie nationale chinoise du pétrole (CNPC) Jiang Jiemin ont signé samedi un accord de coopération stratégique dans le cadre du forum de l'APEC à Sydney.
"Les deux sociétés envisagent de promouvoir leur coopération dans la production et la transformation d'hydrocarbures et la production de produits pétroliers dans les pays tiers. Les parties examineront les possibilités de coopération dans la livraison de pétrole et de gaz naturel et la transformation d'hydrocarbures en Chine", a rapporté samedi le service de presse de LUKoil.
A l'heure actuelle, LUKoil et CNPC réalisent ensemble deux projets d'extraction de pétrole au Kazakhstan. Les deux sociétés exploitent le gisement de Kumkol, dans la région de Kyzylorda, sur une base paritaire. En 2006, les parties ont extrait 3,4 millions de t de pétrole et 119 t de m3 de gaz à Kumkol. LUKoil et CNPC ont également mis en oeuvre le projet d'exploitation du gisement pétrolier de Buzachi Nord, dans la région de Manguistaou. LUKoil contrôle 25% du projet de Buzachi Nord et CNPC 50%. En 2006, le gisement a produit 1,34 million de t de brut.
Par ailleurs, les deux sociétés détiennent chacune 20% du consortium international qui s'occupe des travaux de prospection géologique dans la partie ouzbèque de la mer d'Aral.
En septembre 2006, la CNPC avait annoncé la signature de deux nouveaux contrats de coopération pétrolière et gazière avec l’Ouzbékistan. Cette accord porte sur l’exploration et l'exploitation des gisements de gaz naturel en mer d’Aral, ainsi que sur le partage de la production entre la CNPC et la firme ouzbèke Uzbekneftegaz, le géant russe Lukoil, la compagnie Petronas, de Malaisie et la compagnie nationale sud-coréenne des pétroles (South Korea's National Oil Corporation).
La signature de ce contrat intervenait une dizaine de jours après l’attribution à la CNPC de cinq concessions d’exploration gazière et pétrolière.
La Chine, que sa croissance à deux chiffres rend boulimique en besoins énergétiques, se voit contrainte à diversifier ses approvisionnements et se tourne naturellement vers son voisin, deuxième exportateur mondial de pétrole et premier pour le gaz naturel.
Deux géants chinois du pétrole sont déjà présents en Russie et viennent d'y conclure de nouveaux accords à la fin de l'année 2006. Le chinois CNPC va ainsi créer une deuxième coentreprise avec le pétrolier russe Rosneft, dans le secteur du raffinage et de la distribution en Chine. La future raffinerie aura une capacité annuelle de 70 millions de barils. Auparavant, les deux groupes avaient signé un protocole pour la création d'une première joint-venture, Vostok Energy, dans l'exploration et la production d'hydrocarbures en Russie, cette fois.
Un autre pétrolier chinois, Sinopec, a également conclu un protocole avec Rosneft portant sur un projet sur l'île de Sakhaline en Extrême-Orient russe. Sinopec est devenu le premier groupe chinois à prendre pied dans le secteur du pétrole en Russie, en gagnant en juin 2006 le droit de racheter le pétrolier russe Udmurtneft. Mais il a aussi conclu un accord avec Rosneft prévoyant in fine la prise de contrôle d'Udmurtneft par Rosneft.
Au nombre des projets russo-chinois en discussions figure aussi la construction d'un oléoduc qui, selon des diplomates russes, pourrait acheminer jusqu'à 30 millions de tonnes de pétrole par an à la Chine. La Russie a déjà accepté d'approvisionner la Chine en gaz naturel via deux gazoducs qui, selon la presse chinoise, pourraient entrer en opération au début de la prochaine décennie. En forte progression le commerce bilatéral a bondi de 37,1% en glissement annuel en 2005, atteignant 29,1 milliards de dollars. Les deux pays ambitionnent d'arriver à "entre 60 et 80 milliards de dollars d'ici à 2010 et d'assurer 12 milliards de dollars d'investissements chinois dans la Fédération de Russie d'ici à 2020", avait indiqué en novembre 2006 le vice-Premier ministre russe Alexandre Joukov.
Sources : Ria Novosti, AFP, www.caucaz.com
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