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Opep:la baisse de production hors cartel contribue à la flambée des cours du pétrole
Nouvelle stratégie de l'Opep pour tenter d'éviter de focaliser sur elle toutes les attentions, et d'être prise comme bouc émissaire de la flambée actuelle des cours.
Le recul de la production du brut dans les pays gros producteurs non-Opep comme la Russie, la Norvège et le Mexique, a contribué à la hausse des cours, a affirmé jeudi à Alger le ministre algérien de l'Energie et actuel président de l'Opep Chakib Khelil.
Histoire tout de même de mettre en avant des faits insuffisamment pris en compte, alors que le Mexique, l'un des plus importants fournisseurs de pétrole des Etats-Unis ne cessent de réduire sa production, et que les ressources des gisements de la Mer du Nord s'amenuisent.
- Khelil pointe du doigt la baisse de production hors Opep
"Outre la croissance soutenue de la demande des grands consommateurs et des pays émergents et la dévaluation continue du dollar, le recul de la production du brut dans les pays producteurs non-Opep tels la Russie, la Norvège et le Mexique a également contribué à la hausse des cours", a ainsi affirmé Chakib Khelil devant la presse en marge d'une réunion du Parlement.
Réflexions fort pertinentes de Monsieur Khelil, et loin d'être dénuées de fondement ...
La décision de l'Arabie saoudite d'interrompre l'exploration de nouveaux gisements pétroliers à partir de 2009 a également attisé la flambée des prix du brut, a ajouté M. Khelil.
La consommation des produits pétroliers aux Etats-Unis devrait, à terme, augmenter davantage en raison des promesses électorales des candidats à l'élection présidentielle de novembre 2008 de baisser les taxes locales sur les carburants, estime également M. Khelil
- La Norvège revoit en baisse ses estimations pour 2008
Le gouvernement norvégien a annoncé la semaine dernière qu'il revoyait en baisse son estimation de production pétrolière pour l'ensemble de l'année 2008 tout en prévoyant une hausse des revenus provenant de cette ressource en raison du prix élevé du baril. "La production totale de pétrole (dont les gaz liquide naturel et les condensats, pétrole léger) est estimé à 2,4 millions de barils par jour en 2008", contre 2,5 mbj précédemment, a indiqué le ministère du pétrole et de l'énergie dans un communiqué.
La Norvège a par ailleurs ajouté que les investissements dans le secteur pétrolier incluant les investissements en matière d'exploration devraient atteindre 125 milliards de couronnes (15 milliards d'euros) en 208, soit une hausse de 10% par rapport à 2007. Pour rappel, la Norvège est le cinquième exportateur mondial de pétrole et le troisième exportateur de gaz naturel.
- Mexique : une production qui n'en finit pas de baisser
La production de pétrole a chuté de 5,3% au Mexique en 2007, selon les informations fournies par le groupe pétrolier national mexicain PEMEX. Raison d’une telle situation : l'épuisement de son gisement phare de Cantarell, dans le Golfe du Mexique, dont la décroissance du volume de production n’est pas encore compensée par l'exploitation de nouveaux gisements.
En 2007, la production quotidienne de pétrole a été de 3,082 millions de barils, diminuant de 174.000 barils par jour par rapport à 2006. Selon le secrétariat américain à l'Energie, la production était en 2006 de 3,7 mbj, situant le Mexique au 6e rang mondial.
En octobre dernier, le quotidien mexicain Reforma, citant un rapport du ministère de l'Energie, affirmait que le Mexique ne disposait plus que de neuf années de production garantie au rythme actuel d'exploitation. Pour rappel, le groupe pétrolier est la principale source de revenus pour l'Etat mexicain, finançant plus d'un tiers du budget national...
Au 1er janvier 2005, les réserves de pétrole PPP étaient estimées à 46 milliards de barils, selon les paramètres de la Securities and Exchange Commission nord-américaine. A cette date, les experts estimaient que celles-ci n'assureraient plus que 10 ans de production de produits pétroliers sur la base des réserves prouvées (soit 2015), et 29 ans de production si l´on prend en compte les réserves 3 P (prouvé+probable+possible).
A ce jour, le principal gisement de pétrole, Cantarell, dans le Golfe de Campeche, fournissant 57 % du pétrole mexicain, est arrivé à maturité : sa production estimée à 1,9 Mbj en 2006 (6 % de moins qu´en 2005), descendra à moins de 1 Mbj en 2011, ou même avant selon le scénario retenu.
PEMEX parvenait néanmoins en 2005 à un taux de restitution de ses réserves 3P de 59 % (estimation pour 2006 : 75 %) grâce à l´apport des gisements Ku-Maloob-Zaap et Chicontepec et prévoit un taux de 100 % en 2014. Réaliser cet objectif suppose toutefois des investissements importants et efficaces dans l´exploration-production de gisements plus complexes (off-shore profond, récupération de gisements anciens ou très fracturés).
Mais, selon l’ancien Ministre de l´Energie, le Mexique n'aurait exploré que 20-25 % du territoire et disposerait de l'ordre de 54 milliards de barils de réserves additionnelles seulement dans le Golfe du Mexique (mais seulement 20 Mds selon les experts) sur une aire de prospection de 188 000 km2 dénommée Coatzacoalcos Profundo, jouxtant les importants gisements exploités en eaux nord-américaines.
- Le pétrole russe “ponctionné” par les taxes
En ce qui concerne la Russie, si le pays produit certes presque autant de brut que l'Arabie saoudite, sa production de pétrole n'en demeure pas moins en pleine stagnation, en raison notamment d'un régime fiscal dépeint comme "punitif" pour les majors, mais que le Premier ministre Vladimir Poutine s'est engagé à faire évoluer.
Pour rappel, la Russie est le premier producteur au monde gaz naturel et le deuxième producteur de pétrole, mais également un exportateur de premier plan dans le secteur des hydrocarbures.
En tout état de cause, la performance du secteur pétrolier russe est jugée décevante. Certains analystes n'hésitent pas à affirmer que son impuissance à produire davantage constitue un important facteur de la flambée actuelle des cours du pétrole. "La Russie est un des pays où le capital investi dans le développement est insuffisant, comme l'Irak, le Venezuela ou le Mexique", souligne ainsi Artiom Kontchine, analyste pétrolier auprès de la société d'investissements russe Aton.
Le constat est sans appel : la production de pétrole russe n'a augmenté que de 2,1% l'an dernier à 490,7 millions de tonnes. Et les experts s'attendent à la voir stagner à un niveau équivalent en 2008.
Le très lourd régime fiscal actuellement en vigueur en Russie aurait en effet réduit de manière plus que conséquente les ressources financières disponibles, limitant ainsi les investissements dans le développement. Un remake de “qui est pris, qui croyait prendre, en quelque sorte” ... Rappelons tout de même que ce système avait été mis en place il y a quatre ans, durant la présidence de Vladimir Poutine.
Les profits des compagnies pétrolières sont actuellement si lourdement ponctionnés par l'Etat que leurs investissements, et donc leur production, s'en ressentent, s'est récemment plaint le patron de la major russe Loukoïl, Vagit Alekperov. "Malheureusement, nous sommes à présent sur la voie d'une baisse de la production de pétrole en raison de la politique fiscale", a-t-il ainsi affirmé.
"Nous prélevons de 75 à 80% des profits des entreprises pétrolières dans le budget" via diverses taxes, a reconnu désormais Vladimir Poutine dans son premier grand discours de politique générale en tant que chef du gouvernement, début mai. Cela accentue nettement la tendance à "l'abandon des puits peu rentables et à la lenteur dans l'exploration et la mise en exploitation de nouveaux puits", a-t-il déploré, non sans quelque volte-face ...
"L'heure est venue de prendre la décision de baisser les impôts dans ce secteur de l'économie afin de stimuler la hausse de l'extraction et du raffinage du pétrole", affirme aujourd'hui le nouveau Premier ministre. Le nombre d'entreprises pétrolières bénéficiant déjà d'allègements fiscaux sera également accru, promet-il. La question figure à l'ordre du jour du conseil des ministres rapproché (présidium) prévu lundi, et la Douma (chambre basse du Parlement) planchera sur les nouveaux textes lors de sa session de printemps, ont rapporté jeudi les agences russes.
M. Poutine a déjà indiqué qu'il tablait sur une hausse de la production de pétrole de 67,5 millions de tonnes d'ici 2015, ce qui représenterait une hausse de 13,8% par rapport à 2007.
Sources : AFP
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