Iran : retrait de Shell suite à la pression des USA

Shell_iranLe chantage aurait-il réussi ? Alors que le pétrolier américain Halliburton n'a quitté le territoire iranien qu'en avril 2007 (eh oui!), le groupe anglo-néerlandais Royal Dutch Shell s'est retiré d'un projet gazier en Iran ... ceci, après avoir subi des pressions d'élus américains inquiets du programme nucléaire iranien.

L'objet du “délit” - voire des convoitises - : encore et toujours : l'immense champ gazier de South Pars (Pars Sud)

Une porte-parole de Shell a déclaré samedi que la compagnie pétrolière se retirait de la Phase 13 du gisement gazier South Pars mais pourrait encore se joindre à des étapes ultérieures de développement du gisement.

"Nous avons accepté le principe d'une substitution de phases ultérieures alternatives du projet PLNG de sorte que NIOC puisse engager le développement immédiat de la Phase 13", a dit la porte-parole de Shell. Les raisons de cette décision n'ont pas été indiquées.

Pour mémoire, Shell, la compagnie espagnole Repsol et la compagnie nationale pétrolière iranienne NIOC ont signé en janvier 2002 un accord de principe sur le développement de la Phase 13 dans le cadre du projet Persian LNG (GPL perse). A l'époque, Shell avait annoncé que les livraisons de gaz de pétrole liquéfié pourraient débuter en 2007.

Cependant, des sanctions prises par l'ONU à l'encontre de l'Iran en raison de son programme nucléaire controversé ont ralenti le processus. Des critiques d'hommes politiques et investisseurs américains ont également freiné l'accord. De son côté, l'Iran s'est impatienté menaçant Shell de l'exclure du projet si elle ne s'y engageait pas concrètement.

L'Iran doit donc à présent trouver de nouveaux partenaires pour mener à bien le projet. Le géant gazier russe Gazprom, Indian Oil Corp ou des compagnies chinoises pourraient se joindre au projet, si l'on en croit la presse, mais leur expérience en matière de GPL est limitée.

Rappelons également qu'il y a quelques semaines à peine, Gazprom a signé avec l'Iran un mémorandum de compréhension pour la coopération dans le secteur du pétrole et du gaz. Le "gâteau" auquel il s'agit de prendre part : le vaste gisement de gaz de Pars South, que l'Iran partage avec le Qatar.

Gazprom participe depuis 1997 au projet d'aménagement des tranches deux et trois du vaste gisement de gaz naturel de South Pars en Iran, conjointement avec le français Total (40%) et le malaisien Petronas (30%). Aujourd'hui, le gisement fournit et transforme 20 milliards de mètres cubes de gaz par an.

A la mi-avril, Hossein Nogrekar-Shirazi, adjoint du ministre iranien du Pétrole, avait annoncé que la délégation de Gazprom viendrait en mai à Téhéran pour passer en revue les questions relatives à la coopération sur le gisement de South Pars. L'un des thèmes des négociations sera la mise en valeur des tranches 19, 20 et 21 de ce gisement.

Sources : Reuters, AFP, Ria Novosti

 

1 Commentaire

  1. 1

    el gringo

    Iran: prochaine mise en route de trois projets de production de gaz


    L'Iran a annoncé la mise en route de trois projets de production de gaz, sur son champ de South Pars, d'ici mars prochain, afin de couvrir ses besoins de consommation domestique et de production de pétrole.


    Les projets concernent les phases six à huit du champ offshore de South Pars, et vont démarrer avec plusieurs années de retard, a dit la société d'Etat Pars Oil and Gas Company (POGC).


    L'objectif final de production quotidienne est de 104 millions de m3 de gaz acide, 158.000 barils de condensats et 4.450 tonnes de gaz de pétrole liquéfié, a annoncé à la presse le directeur du projet, Mohammad Javad Shams.


    La phase huit sera la première mise en route, en juillet, et "commencera avec une production de 11,3 millions de m3 par jour pour le mois (iranien) de Tir", qui commence le 21 juin, a dit M. Shams.


    La phase six entrera en production à l'automne et la sept "très probablement" d'ici la fin de l'année iranienne, se terminant en mars 2009, a-t-il précisé.


    Il s'agit, selon lui, du "plus gros projet de développement de gaz du pays".


    Ce développement a pris du retard faute d'investissements, en partie attribuable aux sanctions touchant l'Iran à cause de son programme nucléaire. La mise en route des trois phases était prévue initialement pour 2006.


    M. Shams a de son côté mis en cause "l'augmentation depuis 2003 à travers le monde des coûts rencontrés par les fournisseurs" de matériel pour l'exploitation des hydrocarbures.


    Les contrats de développement, de type "buy-back", ont été attribués à la POGC en juillet 2000. Le projet s'effectue en partenariat avec la société norvégienne Statoil, qui a fusionné avec Norsk Hydro.


    "La société norvégienne a couvert 15% du total des dépenses d'investissement, qui est de 2,68 milliards de dollars (1,73 mds EUR)", a dit M. Shams.


    Un consortium Iran-Japon-Corée a réalisé l'unité de raffinage de gaz située onshore.


    Le gaz extrait des phases six à huit servira avant tout à l'injection dans les champs pétrolifères de la province du Khouzestan, afin d'y stimuler la production de brut.


    L'Iran a aussi besoin de gaz à des fins domestiques, après des coupures aux entreprises et particuliers l'hiver dernier.


    http://www.romandie.com/ats/news/080511122225.nxfhaxe9.asp

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