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Halliburton : quand les USA quittent l’Iran et son pétrole

HalliburtonNon vous n’avez pas rêvé et je ne me suis pas trompée, c’est bien l’Iran que le groupe pétrolier américain Halliburton va quitter.

Edifiant tout de même de savoir que mine de rien, parallèlement à toutes les attaques du gouvernement Bush contre Téhéran les pétroliers texans sont bels et bien présents sur territoire iranien, et qui plus est via une entreprise autrefois dirigée par Dick Cheney.

Quand on vous disait que Bush et Iran étaient des ennemis très intimes

L'entreprise américaine de services à l'industrie pétrolière Halliburton a indiqué lundi qu'elle avait mis un terme à toutes ses activités en Iran. Ce qu signifie qu'elle en exerçait donc bien sur territoire iranien ... La situation devient donc ubuesque, car la quasi-totalite des entreprises pétrolières internationales sont – n'en deplaise à leurs diplomates respectifs – intéressées par l'immense potentiel des champs gaziers iraniens et notamment de Pars South et d'Azadegan.

Halliburton avait annoncé en janvier 2005 son intention de ne plus travailler en Iran, spécifiant toutefois qu'elle continuerait d'honorer les contrats déjà signés, ce qui est bien sur toute à son honneur .... Selon le groupe pétrolier, seule de la main d'oeuvre non-américaine serait employée par elle dans le pays, en vertu de l'embargo dans les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l'Iran décrété par Washington.

Halliburton, qui était dirigée entre 1995 et 2000 par Dick Cheney avant qu'il ne devienne vice-président des Etats-Unis, a souligné lundi que ses activités en Iran avant leur interruption "étaient de toute évidence autorisées par les loi et règlements applicables". De toute évidence, l'on vous dit, vous pouvez croire un politique...

Ces derniers stipulent notamment que les entreprises américaines ne peuvent investir plus de 40 millions de dollars dans le secteur énergétique iranien sous peine de sanctions. Et oh magie, il se trouve que par le plus grand des hasards, - vous le croirez ou pas - la valeur des contrats d'Halliburton en Iran n'aurait jamais dépassé de 30 à 40 millions de dollars selon le groupe, l'entreprise les qualifiant elle-même de "minuscules".

Halliburton avait fait part début mars son intention de transférer son siège à Dubaï, aux Emirats arabes unis, afin de mieux assurer l'expansion de ses opérations au Moyen-Orient et en Asie. Celui-ci se trouve actuellement à Houston (Texas, sud).

Mais bien que Washington empêche strictement les compagnies et les citoyens américains de faire des affaires avec l’Iran, la loi n’interdit pas les citoyens non américains de travailler pour des filiales étrangères, comme cela a été le cas pour une société soeur d'Oriental Oil, société en nom collectif formée avec une filiale de Halliburton Co. de Houston et qui disposait dès 2004 de bureaux à Dubaï et à Téhéran.

Son propriétaire majoritaire, Mehrdad Akbar Safdari aurait des liens étroits avec les Gardiens de la Révolution, mais aussi avec les forces politiques plus modérées alors à la tête de l’Iran. Un de ses associés, Cyrus Nasseri, ancien ambassadeur iranien aux Nations Unies à Genève entretenait lui aussi des liens particuliers avec les Gardiens.

Tout au long de 2004 et de 2005, Halliburton a étroitement travaillé avec Cyrus Nasseri, vice-président du conseil d'administration de l'Oriental Oil Kish, l'une des plus grandes compagnies pétrolières privées d'Iran, pour y développer des projets pétroliers. Nasseri, également l'un des principaux membres de l'équipe iranienne de développement nucléaire aurait été interrogé par les autorités iraniennes fin juillet 2005 pour avoir soi-disant fourni à Halliburton des secrets nucléaires iraniens. Les fonctionnaires du gouvernement iranien auraient accusé Nasseri d'avoir accepté pas moins d'un millions de dollars en dessous de table de Halliburton pour ces informations.

Les rapports d'affaires entre Oriental Oil Kish et Halliburton sont parvenus la première fois à la connaissance du public en janvier 2005, quand la compagnie a annoncé qu'elle avait sous-traité des parties du projet de forage gazier de Pars South à Halliburton Products & Services, une filiale de Halliburton basée à Dallas et enregistrée aux Iles Cayman. Suite à l'annonce, Halliburton a déclaré que le projet de gisement gazier de South Pars à Téhéran serait son dernier projet en Iran. Selon un rapport de la BBC, Halliburton, qui a gagné trente à quarante millions de dollars dans ses opérations iraniennes en 2003,  «réduisait progressivement son travail à cause d'un climat d’ affaires pauvre. »

Halliburton aurait un „long passé' d'affaires en Iran, commencée dès 1995, alors que le vice-président Cheney était PDG de la compagnie. Selon un rapport de février 2001 publié par le Wall Street Journal,  « Halliburton Products et Service Ltd, travaillent derrière une porte anonyme au neuvième étage d'un nouveau bloc de tours au nord de Téhéran. Une brochure déclare que la compagnie a été enregistrée en 1975 aux Iles Cayman, est basée dans l’Émirat de Dubaï dans le Golfe Persique, et est «non-Américaine» Mais comme le panneau au-dessus de la tête du réceptionniste, la brochure porte le nom de la compagnie sur fond rouge et offre les services des unités de Halliburton autour du monde. » D'ailleurs le courrier envoyé aux bureaux de la compagnie de Téhéran et aux Iles Cayman est expédié directement à ses sièges sociaux de Dallas.

Fin 2004, Oriental et Halliburton ont commencé à faire des bénéfices. Oriental a remporté un contrat de 307 millions de dollars pour exploiter deux phases de champs gaziers iraniens.

Mais des vents politiques contraires sont venus souffler les contrats à la filiale d'Halliburton, les conservateurs venaient de remporter les élections parlementaires. En juin 2005, l’Iran a élu comme président M. Ahmadinejad, lui-même ancien Gardien de la Révolution, qui avait fait campagne en promettant de faire disparaître ce qu’il qualifiait de « mafia du pétrole » en Iran.

En tant que président, il a pris des mesures contre les sociétés proches de son prédécesseur plus modéré. Les médias d’information affiliés aux Gardiens et aux autres radicaux ont commencé à dénoncer Oriental Oil, et particulièrement son propriétaire minoritaire, le diplomate M. Nasseri. L’agence de presse Fars a soutenu que M. Nasseri « avait accès aux informations les plus secrètes du pays en tant que membre de l’équipe de négociation iranienne et traitait en même temps directement avec la compagnie américaine Halliburton, qui était autrefois dirigée par Dick Cheney ». Certains grognaient à propos d’un marché qui a échoué depuis, qu’il avait négocié et par lequel l’Iran acceptait de suspendre l’enrichissement d’uranium. Interrogé sur cet épisode, M. Nasseri a répondu qu’il ne discuterait pas de « mensonges et de rumeurs ».

Rapidement, l’Iran a annoncé qu’une enquête était ouverte sur Oriental Oil pour corruption. La société d’Etat pétrolière, invoquant la corruption pour prétexte, a annulé l’offre gagnante d’Oriental Oil pour l’exploitation du champ de gaz de South Pars. Halliburton a dit avoir rompu alors tout contact avec Oriental et affirme n’avoir jamais signé de contrat final.

Sources : AFP, Mondialisation.ca

Sébastien Spitzer, Conseil national de la résistance iranienne, Washingtown Post

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