Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand, mais semble-t-il désormais conseiller de Nicolas Sarkozy n'y va pas par quatre chemins.
L'auteur d'un rapport pour "libérer la croissance", critique dans un entretien au Journal du Dimanche la décision du gouvernement de "conserver la loi Raffarin", laquelle soumet à autorisation l'ouverture de grandes surfaces.
"Pour l'instant, le projet du gouvernement conserve la loi Raffarin (...), ce qui est une erreur si l'on veut augmenter le pouvoir d'achat", estime ainsi Jacques Attali.
Pour mémoire, la loi de modernisation de l'économie dite LME - qui sera examinée à partir de mardi par les députés - assouplit la loi Raffarin sur l'implantation commerciale, obligeant les commerces à demander des autorisations à partir de 1.000 m2 et non plus 300 m2.
Mais pour Jacques Attali, de telles mesures sont insuffisantes. Pour lui, "il faut absolument supprimer la loi Raffarin qui favorise la création de places fortes commerciales et bloque la baisse des prix".
"En matière de distribution, il faut réaliser quatre réformes : renforcer les moyens et petits commerces, supprimer les lois Galland et Raffarin, constituer une haute autorité de la concurrence", préconise encore l'ancien conseiller de François Mitterrand.
Le gouvernement compte également sur un des points majeurs de cette loi - la liberté donnée aux grandes surfaces de négocier leurs prix avec leurs fournisseurs - pour faire baisser les prix. Les agriculteurs, les PME et les industriels de l'agroalimentaire s'inquiètent, tandis que la majorité entend bien amender le projet.
Le débat sur la LME est programmé jusqu'au 5 juin. Le Sénat l'examinera fin juin, pour une adoption définitive prévue début juillet
Fin janvier, l'ancien premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, n'avait pas mâché ses mots à l'égard du rapport pour la libération de la croissance française rendu par Jacques Attali. Le sénateur de la Vienne s'est dit "un peu déçu" par le contenu du rapport, un rapport "hémiplégique" dont il dit n'approuver que 50%. "J'attendais de la créativité des idées nouvelles", a-t-il confié. Au lieu de cela, on ressort, "des vieilles lunes", a expliqué Raffarin, dénonçant notamment "une écoute coupable du lobby des grandes surfaces".
Réponse de Jacques Attali : "Tout le monde sait bien que Jean-Pierre Raffarin est le symbole du conservatisme de ce pays et que la gestion de la France lorsqu'il était premier ministre a été un désastre", avait-t-il déclaré sur Europe 1.
Sources : AFP, AP, Le Figaro
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