Sonatrach : l'accord avec Gazprom serait totalement infructueux

Gazprom_sonatrach200L'accord entre les deux géants du gaz, le russe Gazprom et l'algérien Sonatrach - union qui inquiétait tant les membres de l'UE, et plus particulièrement la France - serait un grand flop.

C'est en tout cas, ce qu'affirme lundi – certes en des termes plus “diplomatiques” - Mohamed Meziane, PDG du groupe algérien d'hydrocarbures.

Mais, le refroidissement entre les deux pays pourrait être dû également à "une politique très active" de la France – et plus particulièrement de Nicolas Sarkozy – pour notamment "placer" les Rafales de Dassault. La récente annulation par l'Algérie de sa commande d'avions russes MIG29 n'ayant rien fait pour adoucir le climat ...

n- Aucun projet concret selon Sonatrach

Le protocole d'accord signé en août 2006 entre Gazprom et Sonatrach s'est terminé au mois d'août 2007 et n'a débouché sur aucun projet concret, a ainsi affirmé lundi le PDG de l'opérateur pétrolier algérien, en marge du Forum international de l'Energie. Ce dernier réunit pays producteurs et consommateurs d'hydrocarbures à Rome durant trois jours et se termine mardi.

Ce protocole entre deux des principaux fournisseurs de gaz européens prévoyait une coopération algéro-russe dans "l'exploration, l'extraction, le transport d'hydrocarbures, le développement d'infrastructures gazières, le traitement et la vente de gaz" en Russie, en Algérie ou dans des pays tiers.

- Ni monopole, ni cartel mais coopération industrielle

Face à la menace pesant sur la sécurité de leur approvisionnement, les pays européens s'étaient inquiétés d'une éventuelle entente sur les prix et de la création d'un éventuel cartel du gaz sur le modèle de l'Organisations des pays exportateurs de pétrole (Opep).

"Nous avions signé un mémorandum de coopération industrielle, non de création d'un monopole ou d'un cartel", a fait valoir Meziane, revenant sur les termes de l'accord et l'enjeu associé, en vue très certainement d'apaiser les craintes de ses partenaires européens.

"Nous étions intéressés par l'amont (l'exploration, ndlr) en Russie et eux par la même chose. Nous étions aussi intéressés par un projet de gaz naturel liquéfié (GNL) au nord de la Russie, qui n'a pas été réalisé", a détaillé le PDG de Sonatrach, ajoutant que le protocole d'accord n'avait "pas donné lieu" à de projets concrets. Sous-entendu : nous recherchions un partenariat gagnant-gagnant, ce qui semble-t-il n'a pas été possible, Sonatrach ayant vu ses ambitions sur le territoire russe freinées par la volonté du Kremlin.

Gazoduc Transalia : le nouvel enjeu

Le PDG de Sonatrach a toutefois précisé que Russes et Algériens continuaient à collaborer indépendamment de cet accord. "Les sociétés russes participent aux appels d'offre que nous lançons sur le projet de gazoduc Transalia, qui relie le Nigéria à l'Algérie pour l'approvisionnement européen et acheminera 20 à 30 milliards de mètres cubes par an".

Ce projet de gazoduc de 4.000 kilomètres a "besoin de financements importants portant sur 10 milliards de dollars", a-t-il souligné, ajoutant qu'il en était "au stade des études de législation et de recherche de financements". Deuxième sous-entendu envers les membres l'UE : si vous voulez éviter la main-mise de la Russie et de Gazprom sur le projet et garantir l'indépendance énergétique de l'Europe, l'Algérie se fera une “joie” de recueillir vos investissements.

A noter par ailleurs, que les présidents russe Vladimir Poutine et algérien Abdelaziz Bouteflika ont affirmé la semaine dernière vouloir renforcer leur coopération énergétique.

- Réduction de la durée des contrats

Le PDG de Sonatrach a également indiqué que son entreprise comptait dorénavant réduire la durée de ses contrats gaziers à 3, 4 voire 5 ans. "Jusqu'à présent nous avions des contrats de long terme, l'expérience a montré que cela posait certains problèmes", a-t-il expliqué.

Des contrats portant sur parfois plusieurs dizaines d'années et conclus avant le début de l'envolée du prix des hydrocarbures, fin 2002, sont en effet devenus défavorables pour les compagnies exportatrices, qui veulent les renégocier.

L'éventualité d'une "Opep du gaz" est loin d'être enterrée quant à elle. Elle devrait notamment refaire surface en juin prochain, à l'occasion du Forum du gaz qui se tiendra à Moscou.

- Les dessous d'un désaccord

Alors que l'Algérie a semble-t-il peu “apprécié”n'avoir pu s'impliquer davantage sur un projet de gaz naturel liquéfié (GNL) au nord de la Russie, le Kremlin a de son côte fait les frais d'un revirement “diplomatique” de la part du gouvernement algérien.

En mars 2008, l'Algérie a en effet annulé une commande de 34 chasseurs russes Mig-29 d'un montant de 1,3 milliard de dollars pour des raisons "politiques" relatives à la "recherche d'alliés", avait alors déclaré le chef de l'Agence fédérale russe de l'Industrie, Andreï Doutov.

"Ce ne sont pas des questions de production. Chaque pays cherche des alliés et le secteur des armements, c'est aussi la recherche d'alliés", avait alors ajouté le chef de l'Agence fédérale. Le secteur aéronautique russe ne souffrira pas de cette annulation car le "ministère de la Défense de Russie envisage d'acquérir ces avions", avait-t-il poursuivi sans préciser combien.

Le reste des contrats avec l'Algérie - qui portent notamment sur la livraison d'avions de combat Soukhoï Su-30 MK et de Yak d'entraînement - n'est "pas menacé", affirmait encore M. Doutov.

- L'Algérie rend à la Russie 15 chasseurs Mig-29

En février, la presse russe avait rapporté que l'Algérie allait rendre à la Russie 15 chasseurs Mig-29 , fournis en 2006 et 2007, en raison de leur qualité inférieure aux attentes.

L'accord sur le renvoi de matériel militaire déjà livré avait été signé par des représentants des forces aériennes algériennes, de la corporation MiG et de Rosoboronexport (entreprise publique russe chargée de l'exportation d'armements) à la veille de la visite du président algérien Abdelaziz Bouteflika à Moscou.

- D'éventuelles pressions de la France

Des analystes russes avaient alors estimé que le problème des Mig était surtout dû à des pressions de la France, laquelle tenterait de vendre à Alger les Rafale de Dassault, permettant notamment d'obtenir – enfin – une référence internationale pour ces nouveaux appareils du groupe aéronautique.

Ne mâchant pas ses mots, la presse russe affirmait : “les spécialistes qualifient unanimement les actions de l'Algérie de politiques et voient un lien évident entre ce renvoi et l'activité intense du président français Nicolas Sarkozy. La pression politique s'accompagne de la promotion des chasseurs français Rafale”.

Le journal Gazeta précisait alors que “si le contrat avec l'Algérie n'est pas appliqué intégralement, les avions trouveront d'autres acheteurs. [...] Bref, la Russie ne subira pas de pertes importantes.” N'hésitant pas à affirmer cependant que les experts verraient en revanche “la réputation de l'Algérie” “compromise”. “En cas de rupture du contrat, la Russie pourrait rayer l'Algérie de la liste des acheteurs potentiels de matériel militaire pour de nombreuses années”, prévenait même le journal.

Pour rappel, le contrat sur la livraison à l'Algérie de 26 avions monoplaces MiG-29SMT et de 6 biplaces MiG-29UB a été signé en mars 2006. La transaction s'élevait au total à environ 1,3 milliard de dollars. Le matériel devait être entièrement livré à l'acheteur avant fin février 2008, mais en mai 2007, l'Algérie a arrêté la réception et suspendu tous les paiements dans le cadre des contrats militaires. La Russie n'a reçu qu'un acompte de 250 millions de dollars.

Sources : AFP, Gazeta.ru, Vedomosti, Ria Novosti

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2 Commentaires

  1. 1

    Nouvel accord ?

    Algérie : Sonatrach souhaite conclure un nouvel accord avec Gazprom
    Par hayet zitouni le 22/04/2008 à 13:15

    La société nationale des hydrocarbures Sonatrach et le géant russe Gazprom vont essayer de signer un nouvel accord pour coopérer dans des projets énergétiques après qu’un pacte similaire a expiré l’année dernière sans donné de résultats, selon Mohamed Meziane le PDG de Sonatrach.

    « Nous devrions en signer un nouveau » a-t-il expliqué, lundi 21 avril, dans une interview donnée à la chaîne d’informations financières Bloomberg Television, après avoir expliqué la veille que le mémorandum d’accord signé en 2006 avec Gazprom et arrivé à son terme en août dernier, n’avait donné aucun résultat.

    « Nous allons à nouveau essayer » a-t-il certifié.

  2. 2

    trocs....

    L'Algérie commande des chasseurs russes Sukhoi après avoir renvoyé des MiG (Kommersant)

    MOSCOU, 15 mai - RIA Novosti. L'Algérie a commandé une quinzaine de chasseurs russes Sukhoi après avoir renvoyé en Russie les quinze chasseurs MiG-29SMT achetés en 2006-2007 à la corporation MiG, rapporte jeudi le journal russe Kommersant.

    Alger a informé l'agence russe d'exportation d'armes "Rosoboronexport" de son intention d'acheter un lot supplémentaire d'avions Su-30MKI (A) au lieu des 15 MiG-29 rendus à la partie russe en avril 2007 et des autres appareils qui auraient dû être livrés en Algérie selon ce contrat, a appris le journal auprès d'une source au sein de l'industrie aéronautique russe.

    "Nous allons fournir des avions Su pour une somme égale à celle prévue par le contrat sur les MiG, soit entre 14 et 16 avions produits par le groupe Irkout", a expliqué un responsable de l'industrie de défense russe. Aux termes du contrat russo-algérien, la société MiG devait livrer 34 MiG 29SMT et MiG-29UBT pour 1,286 milliard de dollars.

    Le groupe Irkout s'est déjà engagé à produire 28 Su-30MKI(A) pour un montant total de 2,5 milliards de dollars pour l'Algérie. "En cas de signature d'un contrat supplémentaire, les chasseurs seront livrés à partir de 2011, après la mise en oeuvre du contrat actuel en 2010", a noté le président d'Irkout, Oleg Demtchenko.

    La nouvelle commande algérienne pourrait régler le conflit opposant la Russie à l'un de ses plus importants importateurs d'armes. Toutefois, les parties n'ont pas encore pris de décision concernant le sort des 250 millions de dollars versés par l'Algérie à titre d'acompte pour les Mig-29 en 2007.

    L'Algérie a suspendu en mai 2007 les livraisons de MiG prétextant que les avions étaient de mauvaise qualité et composés de "pièces détachées d'occasion". La partie russe a expliqué la démarche algérienne par des raisons politiques. En octobre 2007, Alger a cessé les paiements des sommes dues aux termes des autres contrats militaires passés avec la Russie. Le groupe Irkout a suspendu les livraisons des chasseurs Sukhoi après en avoir fourni six à Alger. L'Algérie a payé pour les six premiers Sukhoi et se verra livrer quatre autres aéronefs fin mai. "La partie algérienne doit effectuer un nouveau paiement après avoir reçu" les quatre avions, a précisé M.Demtchenko.

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