
Jérôme Kerviel a-t-il vraiment voulu « faire sauter » la Société Générale, comme l’affirme la banque de la Défense ? A en croire la déposition de deux cadres de la banque, réalisée en début de semaine dans le bureau des juges Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset, le trader aurait pris d’énormes positions jusqu’au jour de la découverte des faits, le 18 janvier.
Le jeudi 17 janvier, Jérôme Kerviel a acheté pour 8,15 milliards d’euros de contrats à terme. Le lendemain, quelques heures avant que ses positions soient (enfin) découvertes, il a encore acheté pour 3,09 milliards d’euros de produits dérivés d’indice européen (Eurostoxx) et allemand (Dax). Le middle-office, chargé de vérifier les opérations du front-office, s’aperçoit alors des opérations anormalement élevées réalisées par Jérôme Kerviel. Ce dernier a continué à envoyer aux services de contrôle de la SG de faux mails de confirmation pour poursuivre ses opérations.
Une équipe de vérification est constituée dans la soirée du vendredi 18/01 ; c’est elle qui conduira la banque à découvrir les engagements faramineux pris par le trader (environ 50 milliards d’euros). Un seul trader chevronné sera chargé de liquider ces positions, le « lundi noir » ayant touché les Bourses asiatiques ce jour là ayant creusé la perte imputée à Jérôme Kerviel à 4,9 milliards d’euros.
Pour la banque, le trader, se sentant démasqué, a voulu « faire sauter la banque » en prenant des positions non autorisées jusqu’au dernier moment. Côté Kerviel, on estime au contraire que ces éléments, s'ils sont avérés, renforce encore l'image de permissivité de la banque. Et de rappeler que la Société Générale n'a pas donné suite aux mises en garde du bureau de surveillance d’Eurex.
En attendant la tenue de son procès, Jérôme Kerviel a été embauché début avril comme consultant auprès de LCA, une société de conseil et d’expertise en informatique dans les Hauts-de-Seine, détenue par Jean-Raymond Lemaire. Celui-ci avait accueilli le trader après ce fameux jeudi noir.

8 Commentaires
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La somme de 4,9 milliards d’euros perdue par Jérôme Kerviel est tellement énorme que le public n’a pas idée de ce que cela peut représenter.
Permettez-moi de comparer cette somme avec un voilier-école comme ceux qui sont attendus à « l’Armada 2008 » à Rouen, du 4 au 14 juillet, ou encore à « Brest 2008 », du 11 au 17 Juillet.
Prenons comme exemple le « Gorch Fock », voilier-école de la Marine allemande, capable d’embarquer 200 membres d’équipage et cadets, qui fait 80 mètres de longueur au pont et vaut environ 38 millions d’euros (HT) s’il faut le construire sur un chantier naval.
Et bien Jérôme Kerviel a fait perdre à la Société Générale une somme qui aurait permis de faire construire environ 120 voiliers de ce type ; et une telle flotte de navires aurait permis d’embarquer chaque année près de 100 000 jeunes pour un aller-retour en équipage sur les Antilles.
Voilà une comparaison qui donne une idée de ce que peut perdre un trader maladroit, irresponsable, malchanceux, ou encore décidé à détruire la banque qui l’emploie.
Jean-Charles Duboc
25 avril 2008 à 19:522
ON N'A PAS LE DROIT DE DIRE QUE KERVIEL A PERDU 4,9 MILLIARDS D'EUROS.
Pour la simple et bonne raison, que ce n'est pas lui qui les a perdu !
Il ne faut rien connaître à la bourse et au trading plus particulièrement, pour écrire cela :le propre d'un trader, c'est d'être en gain ou en perte virtuel, jusqu'à temps que les positions soient débouclées. (solder les positions prises)
Or ce n'est pas lui qui les a débouclées !
C'est comme si en avion vous décollez avec un pilote, puis c'en est un autre aux commandes qui atteri, et il se crache.
Allez-vous accuser le premier pilote ?
La faute est totalement partagée avec la banque, parce que d'une part Kerviel n'aurait jamais dû engager la banque dans une position aussi importante, et de l'autre, parce que la banque n'a pas pu faire autrement que de fermer les yeux, jusqu'au moment où la position devenait inacceptable.
72 alertes ! Que faut-il de plus avant de réagir ?!
Voilà où mène la cupidté. Le système est ainsi construit pour qu'il pousse à cela, les bonus, les gains pour les actionnaires, etc. Toute la chaine etait donc satisfaite, tant que les positions étaient positives ...
Il y a énormément d'hypocrisie, et l'hyper spécialité faite dire à beaucoup un peu n'importe quoi.
26 avril 2008 à 13:333
OK,je suis votre raisonnement et l'exemple de l'avion : si un pilote dirige, volontairement, l'appareil vers une cible particulière ou même vers le sol, s'il a transmis de fausses informations sur la position de l'avion, et si jusqu'au dernier moment il accélère la chute et qu'il cède les commandes juste avant l'impact, ça n'est pas lui qui est responsable ?
26 avril 2008 à 18:334
Difficile de comparer : dans le cas des marchés, il y a plutôt des turbulences plus ou moins violentes.
27 avril 2008 à 00:44Parler d'impact, ce serait plutôt le jeudi noir de la crise de 29, ou un terrible attentat.
Dans le cas Kerviel, il s'agirait d'avantage de sortir de fortes turbulences.
Quoiqu'il en soit les choses sont ainsi, et Dieu seul sait de quoi il en aurait retourné avec des SI.
Une chose est sûre, il fallait réduire au plus vite la voilure, mais sûrement pas liquider l'entièreté de la position : seul réduire le niveau de risque.
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La SG ne pouvait garder une telle position ouverte (50 milliards d'euros que la SG ne possédait pas et qui en aucun cas n'avait été confié à Jerome Kerviel dont la limite en terme de position était de 100 millions) ce qui dépassait de très loin ses ratios réglementaires obligatoires en terme de risque et mettait en péril toute la banque. La SG avait l'obligation légale de déboucler immédiatement toute cette position après la découverte de la fraude de Jérome Kerviel (c'est la loi et elle ne pouvait faire autrement sous peine d'être complice). Elle l'a fait au pire moment dans un marché très baissier, baisse qu'elle a augmenté par ses ventes massives. Cela lui a pris 3 jours pour liquider toute sa position car elle ne pouvait traiter plus de 10% des volumes sur le marché.
Ce n'est pas comme si Jerome Kerviel avait passé ses ordres en respectant les obligations contractuelles vis à vis de la SG (position limitée à 100 millions, stratégie d'arbitrage et non directionnelle, opérations fictives, faux en écriture, ...).
Ils révèlent que le trader a, jusqu'au dernier moment, et alors même que l'étau s'était resserré autour de lui, continué à prendre des positions spéculatives massives.
Jérôme Kerviel a ainsi acheté pour 8,15 milliards d'euros de contrats à terme dans la journée du jeudi 17 janvier et quelque 3,09 milliards le lendemain. Des montants gigantesques réalisés sur des dérivés d'indice européen, l'Eurostoxx et allemand, le DAX.
Plus de la moitié des opérations du vendredi ont été enregistrées après 12 heures, certaines jusqu'à 20 h 15. Soit après que M. Kerviel avait envoyé de faux mails pour tenter de justifier, auprès des services de contrôle de la banque, une transaction fictive jugée suspecte. Et avant de partir pour le week-end en Normandie fêter son anniversaire.
Il faudra quand même que la SG explique comment Jérome Kerviel a pu truander le système informatique et les controles de la SG pendant plus d'un an sans se faire prendre malgré les 74 alertes remontées.
27 avril 2008 à 11:00http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/04/25/l-incroyable-fuite-en-avant-de-jerome-kerviel_1038310_3234.html
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Kerviel : Eurex critique la SocGen
Deux responsables du bureau de surveillance du marché à terme Eurex ont détaillé mi-avril à la brigade financière les mises en garde adressées en 2007 à la Société Générale sur les prises de position hors norme de Jérôme Kerviel, a annoncé aujourd'hui une source proche du dossier.
Le responsable du bureau de surveillance d'Eurex, Michael Zollweg, et l'un des analystes de ce marché à terme, Daniel Kuhlmann, ont été entendu le 10 avril par les policiers de la brigade financière sur commission rogatoire des juges Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset.
Selon cette source, confirmant une information de l'Express, les deux ont notamment indiqué qu'Eurex s'était très tôt inquiété de l'achat exceptionnel de titres réalisé par un trader de la Société Générale et avait alerté la banque à plusieurs reprises à ce sujet.
Source : AFP
28 avril 2008 à 10:297
Un complice pour Jérôme Kerviel?
La Société générale vient de publier le rapport définitif de l’Inspection générale ("mission Green") sur les agissements de Jérôme Kerviel (ainsi qu'un rapport du conseil d'administration et un rapport de PriceWaterhouseCoopers sur le plan d'action mis en oeuvre par la banque pour améliorer les procédures de contrôle). On prendra le temps de l’examiner plus en détail. Mais à la première lecture, sa grande nouveauté est qu’il met en avant l’existence d’un complice en la personne de Thomas M., l’assistant-trader de Kerviel, déjà entendu par la justice comme "témoin assisté", mais pas mis en examen. Le rapport est pourtant accablant pour ce sous-fifre. Les supérieurs hiéarchiques de Kerviel sont aussi pointés du doigt mais uniquement pour ne pas avoir assez bien surveillé le trader.
Le rapport Green.
http://cordonsbourse.blogs.liberation.fr/cori/files/GREEN.pdf
Les extraits du rapport sur l'existence d'un éventuel complice:
"Nous avons relevé des indices de complicité interne, celle d’un assistant trader, agent du "middle office opérationnel" dédié à l’activité de JK.
D’une part, de nombreuses opérations de nature frauduleuse de JK ont été saisies par cet assistant trader:
• il a enregistré plusieurs flux intra-mensuels de provisions de montants anormalement élevés, sans avoir obtenu d’explications valables sur leur bien-fondé, ce qui a permis à JK de dissimuler le résultat dégagé par ses positions frauduleuses ;
Alors que les flux de provisions se limitent en général à quelques centaines de milliers d’euros (exceptionnellement plus de 1 MEUR), l’assistant trader de JK en a passé 7 de plus de 50 MEUR en 2007 et 2008. En particulier, il a enregistré le 10/01/2008 un flux de 1,5 GEUR qui a permis à JK de dissimuler le résultat dégagé en 2007 sur ses transactions frauduleuses.
• il a saisi lui-même plusieurs transactions fictives utilisées par JK pour masquer ses positions directionnelles frauduleuses : nous avons ainsi identifié 13 opérations fictives d’achats et de ventes de titres qui permettaient à JK de dissimuler son résultat et 102 transactions avec des contreparties "null", "pending" ou CLICKOPTIONS enregistrées afin, notamment, de réduire les risques de marché apparents.
Au total, près de 15 % des transactions fictives enregistrées pour JK l’ont été par son assistant trader.
D’autre part, nous avons relevé un message électronique qui semble établir qu’il avait connaissance du résultat réalisé par JK sur ses transactions frauduleuses. En effet, le 31/12/2007, il adresse à JK un e-mail dont le titre est "Valo JK + 1 464 129 513 €", soit un montant très proche du résultat tel que nous l’avons reconstitué à cette date (1 487 MEUR). Pour obtenir ce montant, il fallait avoir connaissance de l’existence de transactions fictives.
De plus, interrogé en 07/2007 par le middle office sur un écart de "passerelle" (les écarts entre le front office et la comptabilité) et s’étant retourné vers JK pour obtenir des explications, il s’est contenté, à la demande de JK, de reprendre à son compte l’explication du trader qu’il a transmise telle quelle à son interlocuteur.
Une telle complicité de la part de cet assistant trader, si elle était confirmée, a pu sensiblement faciliter les agissements frauduleux de JK.
• rattaché hiérarchiquement non au trader mais à une direction indépendante du front office, celle des opérations (OPER – middle et back offices), cet agent avait vocation à constituer un premier niveau de contrôle de l’activité du trader ;
• Les agents du middle office opérationnel sont des interlocuteurs privilégiés des autres fonctions support sur les questions relatives à l’activité des traders ; la complicité de cet agent aurait donc permis à JK (i) de ne pas s’exposer lui-même lors de toutes les alertes relevées, (ii) de crédibiliser ses réponses mensongères puisqu’elles étaient parfois avancées par une fonction indépendante du front office ;
• cet agent aurait aidé JK dans la gestion des multiples transactions fictives et écritures indues nécessaires à la dissimulation des positions frauduleuses ; cette tâche représentait probablement pour JK une importante charge de travail en supplément de celle liée à son activité légitime."
23 mai 2008 à 21:43Prudemment, le rapport note cependant que: "En raison de l’enquête judiciaire en cours, nous n’avons pas pu interroger cet agent à ce sujet. L’éventualité d’une telle complicité interne devra donc être confirmée par la justice."
http://cordonsbourse.blogs.liberation.fr/cori/2008/05/un-complice-pou.html
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Les quatre péchés de la Générale
Jérôme Kerviel doit être interrogé demain par les juges d’instruction Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset. Cela pourrait être la dernière audition de l’ancien trader de la Société générale, accusé d’être à l’origine d’une perte de 4,9 milliards d’euros. Les juges envisagent de clore leur dossier et de renvoyer Kerviel devant un tribunal, où il risque jusqu’à cinq ans de prison, sans s’intéresser à la responsabilité de ses supérieurs, donc celle de la banque. Une décision dénoncée par l’ex-trader. Sa défense va faire de nouvelles demandes d’actes : ouverture de scellés encore fermés, expertises informatiques, auditions d’autres salariés de la Générale… Au vu des éléments que l’enquête a fait apparaître, et que nous révélons, il semble en effet assez clair que la banque ne peut pas s’exonérer de toute responsabilité.
Le trader était connu pour faire des «erreurs» par milliards
Le 24 janvier, quand il révèle l’affaire, Daniel Bouton, le patron de la Société générale, raconte que Jérôme Kerviel «a eu l’intelligence d’échapper à toutes les procédures de contrôle». En fait, Kerviel n’a pas «échappé» aux procédures. De nombreux services avaient repéré que son comportement était étrange. Dès juillet 2007, la direction financière de la banque avait identifié l’une des techniques favorites de Kerviel pour masquer ses opérations : indiquer avoir fait une transaction avec ClickOptions, une filiale de la Socgen dont l’activité est de proposer aux particuliers de spéculer sur les options. Les mails échangés entre les membres de ce service et l’équipe du middle office de la Générale, qui contrôlait l’activité des traders, sont récurrents. Le 12 avril 2007, lors de la clôture des comptes trimestriels, Delia Boulachin, membre de l’équipe «conso» à la direction financière, découvre que sa banque déclare notamment «face à ClickOptions 826 331 k€ en achat-vente Ifat [instruments financiers à terme, ndlr]». Gênant, car ClickOptions «certifie qu’elle n’a pas d’activité de vente» de ce type de produit financier. Même perplexité de son collègue Edmundo Goncalves : «Les montants paraissent démesurés par rapport au volume de ClickOptions. Le numéro de trade ne correspond à rien dans notre système de gestion.» Le deal étant enregistré comme émanant du portefeuille WAR2A, celui de Jérôme Kerviel, on retrouve vite la personne au middle office qui surveille le trader. Il s’agit de Sébastien Conquet, qui finit par se retourner vers Kerviel… qui lui raconte qu’il s’est trompé. Le scénario se répète ensuite à de multiples reprises. Le 30 mai, Delia Boulachin écrit avoir «le même problème ce mois-ci» avec sept opérations qui atteignent 7 milliards d’euros et déclare qu’elle les a «annulés» d’elle-même. Le 15 juin, elle note, alors que l’écart atteint 11 milliards d’euros, qu’il s’agît «d’un problème récurrent depuis l’arrêté de mars». Et le 12 juillet, un nouvel écart de 790 millions d’euros de résultat la fait écrire : «Nous avons ce mois-ci encore des écarts significatifs sur les achats-vente d’options.» Et personne n’ira vérifier le pourquoi des «erreurs» à répétition, pourtant bien étranges.
Kerviel jouait sans se cacher
La Société générale a d’abord présenté Kerviel comme «un petit trader sans génie particulier». Elle l’a ensuite accusé d’avoir outrepassé son mandat, qui était de vendre des produits financiers aux clients de la Socgen, sans prendre de risque. En fait, si Kerviel avait dissimulé le fait d’avoir gagné 1,4 milliard à la fin 2007, il était néanmoins réputé comme un très bon trader. C’était au vu et au su de sa hiérarchie qu’il spéculait. Ouachel Meskine, un trader qui travaillait dans le même service que Kerviel, mais à un autre étage, a ainsi raconté à la justice : «Il est très bon et cela se savait. Tout le monde savait que Jérôme prenait des positions dans la journée et faisait du spiel sur les futures [jouait sur les options].» Et de donner comme exemple une conversation avec le chef de Kerviel, Eric Cordelle : «Eric disait qu’il avait vu Jérôme prendre une position de quelques centaines de futures qui avait rapporté 300 000 à 400 000 euros.» Kerviel gagnait tellement qu’il en faisait profiter tous ses collègues, en leur donnant une partie de ses profits. «A trois reprises en décembre, il m’a booké et fait booker 500 000 euros, témoigne ainsi Sébastien Gers, collègue de Kerviel. Un jour, il était venu me voir vers 19 heures, 19 h 30, pour me dire alors que Cordelle était là. "Tiens je te booke 200 000 ou 300 000."»
Le trucage était la règle
Selon plusieurs témoins, il était d’usage, en fin d’année, une fois ses objectifs atteints, de truquer son résultat, pour démarrer l’année suivante avec un «matelas». Le collègue de Kerviel, Sébastien Gers reconnaît ainsi avoir réévalué son portefeuille «à la demande de la hiérarchie», avec «pour effet de réduire le résultat 2007 et d’augmenter celui de 2008. Et de 2 millions d’euros». Et Thomas Mougard, l’assistant trader de Kerviel, de préciser : «Martial Rouyère [supérieur hiérarchique de Kerviel] avait demandé, après lui en avoir parlé, aux assistants de Sébastien Gers de dissimuler 2 millions d’euros de résultat. La finalité était de transférer du résultat de 2007 à 2008.»
La liquidation des positions a augmenté la perte
18 novembre 2008 à 22:18Kerviel est accusé d’avoir fait perdre 4,9 milliards d’euros à la banque, mais une partie est en fait due à un autre trader, Maxime Kahn, qui a vendu les produits financiers achetés par Kerviel. Selon la Commission bancaire, la position de Kerviel était évaluée à - 2,7 milliards d’euros quand il a été découvert. Ce sont «les opérations de cessions» qui «ont entraîné des pertes additionnelles de - 3,6 milliards», aboutissant à un total de 6,3 milliards, compensé par le gain de 1,4 milliard réalisé fin 2007. La manière dont le débouclage des positions de Jérôme Kerviel s’est opéré permet sans doute d’expliquer pourquoi la somme a été si importante. Selon la Commission bancaire, Kahn n’avait pas été informé qu’il allait traiter l’argent de la banque. Il croyait qu’il s’agissait de l’argent d’un client. Et n’a donc pas prêté autant attention aux pertes de l’opération. On lui a indiqué qu’il devait respecter une parfaite confidentialité, mais on l’a d’abord laissé, toute une matinée, opérer depuis sa position habituelle, en pleine salle des marchés. Ce n’est qu’à midi qu’on a pensé à l’installer seul dans une salle de réunion.
http://www.liberation.fr/economie/0101266836-les-quatre-peches-de-la-generale?xtor=RSS-450
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