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Chine : Carrefour réagit face aux manifestations anti-françaises
Alors que des manifestations anti-françaises ont éclaté samedi contre Carrefour pour protester contre l'attitude de la France à propos du Tibet et des Jeux Olympiques, José Luis Duran, président du directoire de l'enseigne déclare que la situation en Chine est prise "très au sérieux" par le groupe qu'il représente.
LVMH, le groupe de luxe de Bernard Arnault - un proche de Nicolas Sarkozy - semble lui aussi pris dans les turbulences.
Dans une interview à paraître dans le Journal du Dimanche, M. Duran précise que mis à part "quelques incidents localisés, nous n'avons pas senti à ce jour d'impact significatif sur le chiffre d'affaires" des 112 hypermarchés que compte le distributeur en Chine. "Mais nous prenons la situation très au sérieux", a-t-il ajouté.
Des manifestations anti-françaises ont eu lieu à Pékin, Hefei (est), Wuhan (centre) et Qingdao (est), a indiqué Chine Nouvelle, sans préciser le nombre des manifestants. Ces derniers se sont rassemblés devant des magasins Carrefour, appelant au boycott du distributeur très présent en Chine et entonnant des slogans hostiles à "l'indépendance du Tibet", a ajouté l'agence officielle.
Des centaines de Chinois, voire des milliers, ont défilé samedi dans la grande ville industrielle de Wuhan (centre), selon la police et des témoins. Une source informée, citant la police, a indiqué que le cortège vers midi (04H00 GMT) avait rassemblé jusqu'à 10.000 personnes, nombre que l'AFP n'a pu confirmer de manière indépendante. Selon cette source, les manifestants étaient très bien organisés.
"Il faut comprendre qu'une grande partie de la population chinoise a été très choquée par les incidents" qui ont eu lieu le 7 avril lors du passage de la flamme olympique à Paris, selon M. Duran qui s'est lui-même déclaré "peu fier" à la vue des images.
« Je ne nie pas que les médias manifestent une tendance idéologique , qu'ils soient chinois ou étrangers. Mais, malgré leur position idéologique, les médias doivent observer leur déontologie essentielle : objectivité et véridicité. En couvrant le passage de la Flamme olympique à Paris, Libération, journal influent de France, a interverti le vrai et le faux et a tenu à semer la discorde » telle est le préambule d'un véritable pamphlet chinois envers le journal Liberation et le gouvernement français.
La goutte d'eau qui a fait déborder le vase ? La Une de Libé montrant les anneaux olympiques “revus et corrigés” par Reporters sans frontières. Sans compter la teneur des articles parus dans le journal, loin d'encenser la Chine et ses agissements au Tibet ... on s'en douterait.
Autre grief contre la France : la suspension de séance de l'Assemblée nationale "pour donner le feu vert aux actes de sabotage des indépendantistes tibétains". Pilule d'autant plus difficile à avaler pour la Chine , que, selon elle, "certains médias continuent à faire du tapage pour soutenir cette poignée de saboteurs." No comment ...
"Nous voudrions donner quelques claques cinglantes à ces personnes cyniques représentées par Libération" affirme ouvertement le media - officiel - chinois, pointant par ailleurs du doigt les propos tenus par des politiciens et des médias français.
En ce qui le concerne, Carrefour dément également "avec la plus grande fermeté" des informations diffusées par les médias chinois selon lesquelles le groupe de distribution aurait soutenu le dalaï lama. "Carrefour ne s'implique jamais dans les affaires politiques ou religieuses des pays où il est implanté", a assuré M. Duran, avant d'ajouter: "La situation au Tibet est complexe (...) je ne me permettrais pas de porter de jugement". "Boycotter les JO serait une erreur", selon lui.
Il rappelle que le groupe "a soutenu depuis longtemps la candidature de Pékin". "Les jeux ont été donnés à la Chine pour lui permettre de montrer les progrès qu'elle a accomplis depuis vingt ans. Je ne vois pas pourquoi on lui enlèverait cette opportunité aujourd'hui". "La Chine a une importance stratégique évidente pour Carrefour", a reconnu M. Duran, avant de préciser que l'enseigne a beaucoup investi dans ce pays, ouvrant une vingtaine d'hypermarchés et avec l'intention de poursuivre à ce rythme cette année.
Le groupe de luxe LVMH ne subit pour l'instant que des conséquences “très limitées” de l'appel sur Internet au boycott des produits français en Chine, affirme pour sa part son PDG Bernard Arnault, précisant toutefois que ces dernières seraient beaucoup plus importantes, s'il s'agissait de contrats publics. Pour le patron de LVMH, "boycotter une partie des Jeux olympiques n'est pas une solution". Certes, le groupe de luxe n'a aucun intérêt à s'attirer les flammes du dragon chinois ...
Par ailleurs, Bernard Arnault "réfute catégoriquement les allégations" selon lesquels LVMH subventionne de manière indirecte la lutte du dalaï lama. "Cela n'a absolument aucun fondement", selon lui.
De plus, "même si l'on peut être choqué de ce qui se passe au Tibet, il est également choquant de voir des attaques contre la Chine", affirme le patron de LVMH, qui emploie "plus de 4.000 salariés" en Chine. "La Chine a fait d'immenses progrès depuis vingt ans, tant sur le plan du développement économique que de son ouverture au monde. La Chine a besoin de temps".
Et d'ajouter "qu'il faut se garder de donner des leçons, tant il y a de choses à améliorer dans le monde et même chez nous en Europe". "Boycotter une partie des JO n'est pas une solution. En outre, utiliser l'impact médiatique de cette manifestation ne me paraît avoir aucune chance d'efficacité", estime-t-il.
Prenant le taureau par les cornes, l'ambassadeur de France à Pékin a lancé une contre-offensive dans les médias chinois. Jeudi 17 avril, sur le site du Global Times (affilié au Quotidien du peuple), le plus agressif dans la campagne anti-française, Hervé Ladsous a invité les consommateurs à ne pas juger les Français "anti-chinois", condamnant par ailleurs les attaques dont l'athlète Jin Jing a été la cible.
Enseignes grand public tels que Carrefour, marques de luxe comme LVMH et groupes industriels recourent à la main-d'oeuvre locale, de ce fait, les Chinois réfléchissent à deux fois avant de "concrétiser" l'appel au boycott, étant peu enclins à scier la branche sur laquelle ils sont assis.
Sources : AFP, Le Monde, Xinhua, AP
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Voici les sites qui parlent de Chine : Carrefour réagit face aux manifestations anti-françaises :
Commentaires
Dad.ounet
20 avr. 08 00:31:51
Est-ce que Walmart chercherait à s'implanter en Chine ?
Je trouve savoureux que les ex-maoïstes se recyclent dans les droidlomme en prenant les sportifs en otage.
valerie
20 avr. 08 09:11:16
En Chine, Carrefour a des clients 100% chinois, des employés 100% chinois, et 80% de ses produits dans les rayons sont ...chinois, que ce boycott pénaliserait....



