Ironie du sort ou hasard de calendrier, vous l'appellerez comme vous le voulez.
Alors qu'Arcelor Mittal fait des appels du pied à la France pour négocier un éventuel allégement de la situation concernant le site de Gandrange, en contrepartie d'une implication de la France sur un projet de lutte contre le Co2, le producteur de charbon sud-africain Coal of Africa (CoAL) a annoncé lundi un accord avec le numéro un mondial de l'acier.
Enjeux écologiques mis en avant d'un côté – mais certes à très forte connotation financière – et investissement dans l'un des secteurs les plus polluants de l'autre ... lesquels permettront de répondre toutefois aux immenses besoins énergétiques de la sidérurgie.
Le producteur de charbon sud-africain Coal of Africa (CoAL) a annoncé lundi un accord avec ArcelorMittal, qui doit prendre une participation de 16% dans la société. "ArcelorMittal va souscrire 60 millions d'actions à 1,11 livre sterling (1,39 euro), levant 66,7 millions de pound (84,29 M EUR) soit environ 16% du capital de CoAL", précise l'entreprise dans un communiqué.
L'accord garantit également "la livraison à ArcelorMittal d'au moins 2,5 millions de tonnes par an de coke" produit dans deux mines de la province du Limpopo (nord-est de l'Afrique du Sud) et prévoit une option pour porter cette livraison à 5 millions de tonnes par an.
La prise de participation du groupe dirigé par Lakshmi Mittal se déroulera en deux tranches, et à l'issue de la première tranche, ArcelorMittal aura le droit de nommer le directeur de CoAl.
"Cet investissement renforce la stratégie d'intégration verticale d'ArcelorMittal dans les matériaux bruts et renforce notre présence en Afrique du Sud", a pour sa part déclaré le vice-président exécutif du géant de l'acier, Sudhir Maheshwari.
CoAl, qui exploite notamment quatre mines de charbon en Afrique du Sud, est côté en Australie, en Afrique du Sud et sur le marché des investissements alternatifs à Londres.
Le PDG d'ArcelorMittal, Lakshmi Mittal, a affirmé quant à lui lundi que "la porte de Gandrange" n'était "pas fermée", soulignant que son groupe est prêt à étudier toutes les opportunités d'investissement sur le site, voué à une fermeture partielle. Joliment dit ...
Selon le PDG, la France "aura la préférence" du groupe si elle veut participer au projet-pilote de captage de CO2, dans le cadre du programme européen Ulcos, ce qui pourrait entraîner un investissement supplémentaire de "l'ordre de 300 millions d'euros" en Lorraine. Détrompez-vous, cela ne s'appelle pas du chantage, mais de la négociation.
Pour rappel, le Projet ''ULCOS'' est un projet européen qui vise à identifier et à développer des procédés innovants, pour réduire les émissions de CO2 de l'industrie sidérurgique. L'objectif est une réduction des émissions de CO2 de 50%, par rapport au procédé du haut fourneau moderne.
"La question centrale est de choisir la meilleure technologie" pour ce projet consacré à la sidérurgie à très faible émission de dioxyde de carbone, relève Lakshmi Mittal. "Si nous pouvons travailler avec le gouvernement français, nous pourrions en effet réaliser cet investissement supplémentaire de l'ordre de 300 millions d'euros", ajoute-t-il.
"D'autres gouvernements souhaitent aussi participer à un tel programme mais si la France veut participer, elle aura réellement notre préférence", assure le patron d'ArcelorMittal. Lequel en "profite" pour remercier au passage le président Nicolas Sarkozy "pour son intervention qui a aidé les gens à comprendre nos objectifs".
"Je pense personnellement qu'il a été d'un grand soutien à la fois pour nous et les syndicats. Nous devons être reconnaissants que le président ait crée autant d'attention autour de la région", note-t-il, indiquant qu'il aimerait être "son ami". "J'aimerais bien être son ami, pourquoi pas? C'est toujours un honneur d'être l'ami du président français !", déclare-t-il, non sans une pointe d'humour voire d'ironie ...
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