Arcelor Mittal a annoncé mardi la signature de contrats de long terme avec Vale do Rio Doce (CVRD). Selon les termes de l’accord, le groupe minier brésilien fournira au numéro un mondial de l'acier environ 480 millions de tonnes de minerai et de boulettes de fer au cours des dix prochaines années.
Fine stratégie du géant de l’acier, qui décidément sait protéger ses arrières, se préservant par ailleurs de la hausse des matières premières en s’associant avec les producteurs de charbon sud-africains.
Selon Arcelor Mittal, ces contrats sont "les plus gros jamais signés entre un sidérurgiste et un producteur de fer". Aucun montant n'a cependant été communiqué.
Le fer fourni par Vale, premier producteur mondial, alimentera les usines d'Arcelor Mittal en Europe, en Afrique et en Amérique du nord et du sud.
"C'est un accord important pour ArcelorMittal car il nous assure que nous avons les niveaux requis de minerai de fer pour faire fonctionner nos aciéries afin de répondre totalement à la demande", a commenté Davinder Chugh, membre de la direction générale.
Grâce à ces contrats, le géant de l'acier, qui dispose également de ses propres mines de fer, sécurise un peu plus ses approvisionnements alors que les prix du fer augmentent fortement.
ArcelorMittal a l'objectif d'être autosuffisant en minerai de fer (production propre et contrats de long terme) à hauteur de 75% en 2012 et de 90% en 2018, contre 47% actuellement.
Dans cet objectif, l'entreprise a racheté en février 2007 une importante mine de fer au Sénégal, lui permettant de couvrir 46% de ses besoins en fer. Le premier groupe sidérurgique mondial avait alors annoncé un investissement de 1,6 milliard d'euros. Les réserves du site sont estimées à 750 millions de tonnes, le groupe visant une production annuelle sur place de 15 à 25 millions de tonnes.
Arcelor Mittal ajoutait alors espérer commencer l'extraction en 2011. "Une fois opérationnel, le projet 'Faleme' constituera une source importante et compétitive pour les approvisionnements en minerai de fer de nos usines européennes", soulignait ainsi l'homme d'affaires d'origine indienne Lakshmi Mittal, directeur général et principal actionnaire du groupe.
Le projet nécessitera la construction d'un nouveau site portuaire près de Dakar et d'une ligne de chemin de fer de 750 kilomètres pour le relier à la mine.
La canadienne Dofasco, associée au groupe Arcelor-Mittal vient par ailleurs d’intenter une poursuite, devant la Cour suprême de l'Ontario, contre les compagnies U.S. Steel Canada et Cleveland-Cliffs, afin qu'elles vendent, tel qu'il avait été convenu, leurs actions dans la société commune des Mines Wabush, un producteur de fer qui possède des installations à Sept-Îles.
U.S. Steel Canada et Cleveland-Cliffs, qui avaient d'abord accepté de vendre leurs intérêts dans la mine de fer, ont soudainement changé d'avis et refusent de poursuivre la transaction.
Or, Arcelor-Mittal mise sur cette acquisition pour augmenter son approvisionnement en fer.
En 2007, la filiale canadienne d'Arcelor Mittal avait exercé son droit de refus pour bloquer le rachat de Mines Wabush par l'entreprise torontoise, Consolidated Thompson, un nouveau producteur sur la Côte-Nord.
- Arcelor sécurise ses approvisionnements en charbon
A noter par ailleurs, que le producteur de charbon sud-africain Coal of Africa (CoAL) a annoncé récemment un accord avec Arcelor Mittal, selon lequel le géant de l’acier doit prendre une participation de 16% dans la société. L'accord garantit également "la livraison à ArcelorMittal d'au moins 2,5 millions de tonnes par an de coke" produit dans deux mines de la province du Limpopo (nord-est de l'Afrique du Sud) et prévoit une option pour porter cette livraison à 5 millions de tonnes par an.
La prise de participation du groupe dirigé par Lakshmi Mittal se déroulera en deux tranches, et à l'issue de la première tranche, ArcelorMittal aura le droit de nommer le directeur de CoAl.
"Cet investissement renforce la stratégie d'intégration verticale d'ArcelorMittal dans les matériaux bruts et renforce notre présence en Afrique du Sud", avait alors déclaré le vice-président exécutif du géant de l'acier, Sudhir Maheshwari.
- Sécurisation des ressources en molybdène
Le 27 novembre 2007, ArcelorMittal a annoncé avoir conclu un accord pour l'acquisition d'une participation à hauteur de 12,6% (10% d'actions entièrement diluées) dans General Moly, Inc. pour la somme totale de $70 millions.
General Moly est une entreprise d'exploration et d'extraction du molybdène basée aux États-unis et cotée à l'American Stock Exchange.
Cette opération permettra à Arcelor Mittal de couvrir 26% de ses besoins en cette ressource permettant d’offrir des spécificités aux aciers telles que résistance et anti-rouille. Le principal actif de General Moly s’avère être le gisement de Mount Hope situé dans le centre du Nevada. Possédant en outre un second gisement de molybdène, le gisement Hall-Tonopah situé lui aussi dans le centre du Nevada, la Société ambitionne de devenir le plus grand producteur primaire mondial de molybdène d'ici 2015.
Outre cette prise de participation, ArcelorMittal a signé une lettre d'intention en vue de s'engager dans un accord d'enlèvement à long terme. Cet accord, sous réserve de la documentation finale, permettrait la livraison d'environ 3 000 tonnes de molybdène par an.
Sources : AFP, Chronique Agora, Radio Canada
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