Nicolas Sarkozy a confirmé sa décision de faire disparaître la publicité sur les chaînes publiques en France afin de mettre fin au "diktat" des recettes publicitaires et de l'audience. Mais fin de la publicité pourrait bien signifier coupes sombres dans le budget ... Si les chaînes privées ne peuvent que se féliciter d'une telle annonce, est-ce la fin de la télé publique ?
En mars 2007, France Europe Express et la rédaction de France3 Nord/Pas-de-Calais avaient du subir les foudres du candidat UMP pour la présidentielle. "Cette campagne est-elle l’occasion de régler des comptes voire d’affaiblir la télévision publique ? " s'inquiétaient alors les journalistes de la chaîne. Tout en ajoutant : "et avec quelles intentions une fois passée la période électorale ?"
Alors, voeu "pieu" de Nicolas Sarkozy ou volonté de gagner sur deux voire trois tableaux : offrir une voie royale à ses amis Arnaud Lagardère et Martin Bouygues, réduire les dépenses des chaînes publiques ... et affaiblir une presse un peu trop proche du terrain ?
- Sarkozy contre le « diktat » de la publicité
"Nous voulons un service public de qualité, qui ne soit pas soumis au diktat des recettes publicitaires et de l'audience. Nous ne voulons pas d'un service public qui copierait en moins bien les chaînes du privé", a-t-il dit samedi sous les applaudissements des cadres de l'UMP réunis en Conseil national. Le chef de l'État a pris l'exemple de la BBC britannique, chaîne publique où il n'y a pas de publicité.
Jolie phrase tout de même qui en l'espace de quelques mots, laisse signifier que les chaînes publiques ne font que « copier » les chaînes privées sans créativité et innovation ... et que de surcroît, elles le font mal ... les salariés des dites chaînes devraient apprécier ...
"Nous garantirons au service public les recettes dont il a besoin et la question de la privatisation d'une chaîne du service public ne se pose pas si les programmes sont différents", a par ailleurs assuré le chef de l'Etat.
Nicolas Sarkozy considère cette décision comme "un choix idéologique essentiel" et déterminant pour sa famille politique. "Nous n'avons pas à laisser l'environnement et la culture être des valeurs de gauche. Nous devons proposer une alternative sur ces sujets qui sont essentiels pour l'avenir de notre pays", a-t-il lancé. "Comment faire une politique de civilisation sans se poser la question de savoir ce que nos enfants regardent à la télévision et qu'est-ce que nos enseignants enseignent dans nos écoles ?", s'est-il interrogé.
Mais tout ne pourrait pas être aussi facile – voire aussi rapide – à réformer.
- Rejet du comité de groupe de France Télévision
Le comité de groupe de France Télévision a rejeté à l'unanimité vendredi le projet de suppression de la publicité au sein du groupe public et demandé au PDG Patrick de Carolis de s'opposer au "plan social présidentiel", dans une déclaration rendue publique.
Dans une déclaration commune lue au début du comité de groupe, les syndicats CGT, CFDT, FO, CFTC, SNJ, CSA, SITR et SRCTA ont rejeté "unanimement" cette perspective.
Ils ont demandé à M. de Carolis de "s'opposer à ce plan social présidentiel" et réclamé une "véritable réforme, ambitieuse et dynamique, dans laquelle le groupe aurait les moyens de piloter son destin".
Le comité de groupe a souligné "l'extrême inquiétude" chez les 11.000 salariés du groupe après l'annonce de Nicolas Sarkozy sur un projet de suppression de la publicité à France Télévisions. La ministre de la Culture et de la Communication a précisé qu'un projet de loi serait déposé "après les municipales" et qu'il pourrait être "voté avant l'été".
A l'issue d'un entretien jeudi avec le Premier ministre François Fillon, M. de Carolis, PDG du groupe, a affirmé que le groupe conserverait "la totalité de son périmètre actuel" et que la compensation d'un éventuel abandon de la publicité serait "intégrale".
"M. de Carolis a essayé de rassurer les salariés en marquant sa confiance dans les assurances de M. Fillon. Mais pour nous ce ne sont pas des garanties", a indiqué un représentant du SNJ-CGT. "Comment le PDG peut-il se réjouir d'une décision qui contredit toutes les orientations pour lesquelles il a été élu par le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel, NDLR) ?", demandent par ailleurs les syndicats.
Ils craignent "la disparition" de 800 millions de recettes publicitaires dans le budget du groupe public "sans nouvelle ressource équivalente". Et selon eux, "les solutions avancées par le président pour compenser ce manque à gagner sont objectivement irréalistes".
Deux assemblées générales "assez mouvementées" se sont tenues jeudi à France 2 et France 3, au cours desquelles le PDG a notamment précisé avoir demandé aux filiales de "bloquer tout nouveau recrutement extérieur dans le but de pouvoir reclasser dans le groupe les 350 salariés de la régie publicitaire de France Télévisions", a précisé le SNJ-CGT.
- Quand Sarkozy veut « virer la direction de France 3 »
En mars 2007, le Canard enchaîné rapportait que Nicolas Sarkozy, invité de l'émission « France Europe Express », aurait proféré des menaces contre la direction de France 3. Le candidat serait arrivé avec « une escouade de garde du corps, de conseillers et sa maquilleuse personnelle », mais une fois sur place, il aurait été invité à patienter debout, tous les sièges étant occupés par les autres invités. Nicolas Sarkozy aurait alors piqué une grosse colère, selon l'hebdomadaire satirique. « C'est rien, il fait sa diva », aurait tempéré Christine Ockrent. Très énervé, le candidat de l'UMP aurait eu ces mots inquiétants : « Il faut virer la direction de France 3 ! Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne perdent rien pour attendre. Ça ne va pas tarder ! »
Interrogée par Marianne2007.info, Dominique Ratival, rédactrice en chef de « France Europe Express », relativisait : « Il était tendu en arrivant et il n'est pas rare que les invités perdent leur calme. » Elle précisait alors cependant qu'elle n'était pas présente au moment de l'événement, et que si les menaces visant la direction étaient avérées, «c'est effectivement grave ».
Le 28 mars 2007, à l’occasion d’une interview réalisée pour le JT France3 Nord/ Pas- de-Calais, Nicolas Sarkozy avait qualifié de « malhonnête », de « sommaire » et de « quelque peu politique » un reportage sur l’imprimerie nationale de Douai. Ce reportage était - certes - destiné à le faire réagir, mais Nicolas sarkozy avait alors vivement régai en direct, affirmant même « des sujets malhonnêtes, j’en ai déjà vu mais de cette nature c’est assez rare, je vous félicite ! »
Auparavant et hors antenne, Nicolas Sarkozy avait déjà évoqué un manque de professionnalisme, pour avoir patienté en studio avant l’interview, seul avec les cadreurs, quelques poignées de secondes.
« L’incident serait plutôt risible s’il n’intervenait dans un contexte de mises en cause de France 3 qui nous inquiète » précisait d'ores et déjà la Société des Journalistes de France 3.
- Les actions TF1 et M6 profitent de l'annonce
Les actions TF1 et M6 Métropole TV ont décollé mardi à la Bourse de Paris, après l'annonce par le président Nicolas Sarkozy qu'il souhaitait "réfléchir à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques" de télévision.
A 10H55 (09H55 GMT), TF1 prenait 8,38% à 18,10 euros, M6 Métropole TV 6,86% à 17,60 euros, tandis que le marché parisien gagnait 0,84%. Bouygues, maison mère de TF1, prenait 3,24% à 54,09 euros.
"Compte tenu des liens de TF1 et Bouygues avec le pouvoir en place, on se doutait déjà qu'ils ne seraient pas défavorisés", avait alors fait remarqué un vendeur d'actions parisien.
Avant cette annonce, le titre TF1 avait touché mardi matin son plus bas niveau depuis mars 1999, et M6 son plus bas depuis mars 2003.
Sources : Reuters, AFP, Acrimed, Canard Enchaîné, Société des Journalistes de France 3

28 Commentaires
1
C'est dommage que ce blog soit si souvent très orienté politiquement dans la forme et le fond... Ce sont souvent vos billets, Elizabeth, mais on ne peut pas vous obliger à changer de style. Mais ça casse très sérieusement la crédibilité du blog qui devrait être un peu plus objectif je pense.
13 janvier 2008 à 00:08Après tout, chacun son point de vue. Je n'ai pas tout lu dans cet article mais j'espère que vous avez souligné avec une grande insistance que la Gauche propose une telle réforme depuis 20 ans mais qu'elle n'a jamais eu le courage de le faire. Et qu'aujourd'hui, elle critique avec une grande hypocrisie.
2
La Gauche , elle n'avait pas des liens aussi forts avec Bouygues et Lagardère ...
Par ailleurs, je n'ai pas traite de la réaction des opérateurs dans cet article mais ne manquerait pas de le faire.
Quant à la crédibilité du blog , depuis avril mai 2007, nos nombres de pages lues ont quasiment doublées , atteignant désormais la jolie barre de 10 000 pages/jour ...
Pour finir, enfin, je vous engage à lire le livre de Jean-Marie Cavada qui vous apprendra beaucoup sur la télé publique et la politique.
13 janvier 2008 à 00:123
Ce n'est pas parce qu'il y a plus de lecteurs qu'ils ne trouvent pas certains articles non orientés... Je lis ce blog tous les jours par exemple... Et je ne vois pas 10.000 commentaires encore sur les articles :D
Concernant les liens entre le gouvernement et certaines personnalités, personne ne les conteste. Mais est-ce une raison pour insinuer que la réforme est faite pour faire plaisir à ces personnalités ? Je dis que la Gauche voulait la faire aussi cette réforme. Alors vous pourriez aussi vous demander si la réforme n'est pas nécessaire, qu'on soit proche d'un tel ou tel ou pas...
Le lien entre le pouvoir et les médias est clair. Mais de là à tout rapprocher à ça, y'a une limite. Vous pourriez aussi par exemple faire un billet qui informe, pas qui juge ou insinue. Mais c'est votre blog, vous faites ce que vous voulez, et je n'ai pas à contester :)
Pour terminer, je ne vois rien dans votre article qui montre les aspects positifs de la réforme voulue. Pourtant, il y en a, et je ne doute que vous ne les trouviez pas. Là, par exemple, vous auriez pu balancer entre les plus et les moins. Pour le moment, on ne voit que des propos contre cette réforme. Si vous ne trouvez pas, vous pouvez revenir sur les propos des socialistes depuis des années.
Cdt.
13 janvier 2008 à 00:394
On est d'accord : beaucoup, beaucoup de choses à dire sur le sujet , plusieurs articles seront nécessaires
En tout 1er lieu : la réaction des opérateurs et l'impact sur leurs résultats.
a voir également , la possible réaction de la Commission Européenne sur des pbs de concurrence.
13 janvier 2008 à 00:595
On est d'accord sur certains point alors, c'est déjà ça de gagné :D (je suis désolé pour les nombreuses fautes de frappes, ici et dans d'autres commentaires d'ailleurs).
Mais en tout cas, ça fait débat... Ca fait des années qu'on n'en a plus des débats dans ce pays...
13 janvier 2008 à 01:04Ce qui fait peur, c'est l'inconnu. Réformer est une inconnue en France. Nous verrons bien ce qu'il adviendra.
:)
6
"je n'ai pas lu l'article jusqu'au bout"
Votre avis est donc objectif Nasky ? Pourquoi Sarkozy contrairement aux précédents présidents ne serait pas critiquable ? De surcroit par un média ? On nage en plein délire là ? Il n'y a plus de liberté de la presse et d'opinion ? Réformer c'est bien. Encore que cela dépend dans quel sens.
13 janvier 2008 à 01:137
La France crève de ses parasites, entres autres les syndicalistes (ne sont-ils plus achetés par le Medef, au fait ?) et tous ses marxistes.
13 janvier 2008 à 01:23S'il s'agit de remplacer les crétins de journalistes - qui votent à gauche à 80 % - par des gens un peu plus instruits économiquement, je ne puis qu'en féliciter le président.
J'ai malheureusement peur que ce rigolo ne pense en fait qu'à son ego.
8
Il serait bon de signaler que plusieurs chaînes de la TNT appartiennent à des proches de Sarko : Direct 8 (Bolloré), Virgin 17 et Gulli (Lagardère).
13 janvier 2008 à 07:00Les chaînes de la TNT sont en train de grignoter de plus en plus de part de marché aux chaînes "historiques".
Sarko donne un coup de main à ses amis en devenant le fossoyeur du groupe France Télévisions.
9
Salut les Sarkophages, je vois que vous êtes en forme et que vous tenez permanence jour et nuit. Bon courage. Ce que fait notre jeune et beau Président bien aimé ça s'appelle de la "triangulation" et ça consiste à piquer à l'autre camp ses bonnes idées et de les appliquer à sa place.
13 janvier 2008 à 08:21"Le Dictateur".
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Bonjour à toutes et tous.
13 janvier 2008 à 12:32D'abord, je me permets de présenter mes meilleurs voeux à toute l'équipe, dont chaque jour, j'apprécie la pertinence et le total réalisme sur l'économie de notre environnement.
Logique, cohérence et impartialité sont pour moi les qualificatifs spécifiques des articles de ce blog, n'en déplaise à ceux qui contestent...nous croyons encore être en démocratie, mais qu'ils aillent se vautrer dans les blogs qui flattent leurs fantasmes et éllucubrations.
Je ne peux cependant qu'être très inquiet pour ceux qui sont les dévôts, voire les "allumés" de cette sorte de "secte", qui prônent chaque jour des idées qui sont démenties le lendemain, qui se parjurent à tout instant et qui n'ont qu'une seule pensée unique, "détruire tout ce qui existe sans rien avoir à proposer de cohérent, ni de stratégie ou concept solide et bien étayé en remplacement.
Royaume de Droit Divin, tourné vers l'égocentrisme, la négation totale de l'individu et de la valeur humaine,prônant le retour au servage, au veau d'or sur "une toile" de série b ou c ( fond musical " l'homme à l'harmonica").
Aprés cela, chaque jour, faisons notre bonne action en déclarant "pensons et concevons cela pour nos enfants "
Rassurez vous, adultes, ils sauront vous rappeler nos sordides divagations et incompétences ( retraites, sécu...).
Hélas que de dégâts auront été générés.
Par Zeus, Toutatis, pardonnez leurs Seigneur, ils ne savent vraiment pas ce qu'ils font.Mdr
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Bonjour à toutes et tous.
13 janvier 2008 à 12:34D'abord, je me permets de présenter mes meilleurs voeux à toute l'équipe, dont chaque jour, j'apprécie la pertinence et le total réalisme sur l'économie de notre environnement.
Logique, cohérence et impartialité sont pour moi les qualificatifs spécifiques des articles de ce blog, n'en déplaise à ceux qui contestent...nous croyons encore être en démocratie, mais qu'ils aillent se vautrer dans les blogs qui flattent leurs fantasmes et éllucubrations.
Je ne peux cependant qu'être très inquiet pour ceux qui sont les dévôts, voire les "allumés" de cette sorte de "secte", qui prônent chaque jour des idées qui sont démenties le lendemain, qui se parjurent à tout instant et qui n'ont qu'une seule pensée unique, "détruire tout ce qui existe sans rien avoir à proposer de cohérent, ni de stratégie ou concept solide et bien étayé en remplacement.
Royaume de Droit Divin, tourné vers l'égocentrisme, la négation totale de l'individu et de la valeur humaine,prônant le retour au servage, au veau d'or sur "une toile" de série b ou c ( fond musical " l'homme à l'harmonica").
Aprés cela, chaque jour, faisons notre bonne action en déclarant "pensons et concevons cela pour nos enfants "
Rassurez vous, adultes, ils sauront vous rappeler nos sordides divagations et incompétences ( retraites, sécu...).
Hélas que de dégâts auront été générés.
Par Zeus, Toutatis, pardonnez leurs Seigneur, ils ne savent vraiment pas ce qu'ils font.Mdr
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Mes excuses,
13 janvier 2008 à 12:39mais le traqueur de "robots" m'a joué un vilain tour, ne point y voir une quelconque méthode "assimile ou subliminale" lol
13
PARIS (AFP) - La ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, va "recueillir l'avis des Français" pour passer avec eux "un nouveau contrat de service public audiovisuel" dans le cadre de l'abandon de la publicité à France Télévisions, ont annoncé samedi ses services.
(publicité)
Selon un communiqué du ministère, "Christine Albanel entend passer un nouveau contrat de service public audiovisuel avec les Français" et souhaite pour cela "savoir ce qu'ils attendent d'une télévision publique renouvelée, ambitieuse et innovante, à la fois populaire et de qualité".
"Un forum de discussion sera prochainement ouvert sur le site internet du ministère afin de recueillir les suggestions et les souhaits des Français", précise le communiqué.
"Par ailleurs, Christine Albanel se rendra, aux côtés de Patrick de Carolis (PDG de France Télévisions, NDLR), à la rencontre des téléspectateurs afin de débattre avec eux de la télévision publique de demain", ajoute le texte.
Mme Albanel a annoncé jeudi qu'un projet de loi sur la suppression de la publicité sur les chaînes de France Télévisions serait déposé "après les municipales" et qu'il pourrait être "voté avant l'été".
La consultation des Français "va commencer dans les semaines qui viennent et se poursuivre en parallèle du travail de préparation du projet de loi", a-t-on précisé samedi dans l'entourage de la ministre, interrogé par l'AFP.
13 janvier 2008 à 14:0014
merci à Adam
et à Esope pour ces voeux et remarques , qui font chaud au coeur !!
sur "d'une télévision publique renouvelée, ambitieuse et innovante, à la fois populaire et de qualité". ... cela signifie donc que tel n'est pas le cas actuelllement !
Ca doit motiver les troupes des commentaires comme ceux là
13 janvier 2008 à 14:10De là à ce que le gouvernement pousse les journalistes à la grève ... pour mieux encore affaiblir la chaîne ...
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La déclaration du président français Nicolas Sarkozy il y a deux jours annonçant que la publicité pourrait être bannie des chaînes publiques de l'Hexagone, a déclenché de nombreuses réactions des publicitaires, en plus de faire monter les titres boursiers des télévisions privées.
Nicolas Sarkozy a dit souhaiter que "l'on réfléchisse à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques, qui pourraient être financées par une taxe sur les recettes publicitaires accrues des chaînes privées et par une taxe infinitésimale sur le chiffre d'affaires de nouveaux moyens de communication, comme l'accès à Internet ou la téléphonie mobile".
Le groupe de chaînes publiques France Télévisions, dont les principales chaînes sont France 2 et France 3, est financé à 60% par la redevance et à 40% par la publicité, ce qui représente 800 millions d'euros chaque année.
Hier, les médias français faisaient part des réactions de l'industrie des médias et de la publicité.
Maurice Lévy, PDG de Publicis, estime que de ne plus avoir accès à la télévision publique pourrait handicaper un marché qui propose une offre insuffisante, notamment en médias audiovisuels, rapportait le magazine Stratégies. Le dirigeant a toutefois affirmé que la croissance globale du marché publicitaire français serait soutenue par l'explosion d'Internet en France.
De son côté, Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions, se dit heureux de voir le mode de financement de la télévision publique clarifié. Il ajoute que la vision de Nicolas Sarkozy "valide notre stratégie éditoriale. Elle va permettre de renforcer encore l'identité du service public, en confortant le travail mené depuis deux ans et que nous souhaitons amplifier".
Finalement, le groupe d'achat médias Aegis Media France note que: "La réduction de l'offre publicitaire disponible alors que le taux de remplissage des chaînes privées est de 90% (constaté par Aegis Media Expert en 2007) risque d'induire un renchérissement tarifaire important du média TV accentué par la taxe sur les autres chaînes et les médias digitaux". Le groupe estime toutefois que les fonds dégagés pourraient bénéficier aux autres médias.
13 janvier 2008 à 19:2616
L'Europe aura son mot à dire (Le Point)
Enfin, dernière question : le système de compensation par la taxation du secteur privé (chaînes privées, télécoms et Internet) imaginé par Nicolas Sarkozy est-il légal vis-à-vis des règles européennes ? Aujourd'hui, l'Europe admet que des taxes prélevées sur les chaînes privées financent le cinéma français et européen. Mais qu'en sera-t-il quand une taxe sur TF1 permettra à France 2 d'entrer en compétition pour l'achat d'un concept de jeu, d'un scénario de fiction ou d'un événement sportif ?
Les multiples conséquences d'une suppression de la pub sur France Télévisions méritent un examen juridique minutieux et les risques d'entraves à l'action de l'État par les instances européennes dans ce domaine ne peuvent pas être négligés. Tout dépendra, au fond, des missions qui seront précisément assignées à France Télévisions à travers la révision complète de son cahier des charges qui démarre ces jours-ci.
Plusieurs réunions de travail ont été programmées entre l'équipe de Patrick de Carolis et le cabinet de Christine Albanel au ministère de la Culture.
14 janvier 2008 à 17:1717
PARIS (Reuters) - Les investissements publicitaires bruts sur les chaînes de télévision françaises ont progressé de 7,1% l'an passé, à 6.736,9 millions d'euros, a annoncé mardi le Syndicat National de la Publicité Télévisée (SNPTV).
(publicité)
Cette croissance a été tirée par les chaînes du câble, du satellite et de la TNT, alors que, pour les six chaines nationales hertziennes historiques, les investissements n'ont progressé que de 0,5% à 5,5 milliards d'euros, un nouveau record.
Le secteur de l'alimentation est resté l'an passé le premier annonceur (1.380,5 millions, +4,9%), suivi de l'hygiène-beauté (885,3 millions, +6,4%) et des télécommunications (634,1 millions, en baisse de 5,6%).
Autorisé pour la première fois, le secteur de la distribution a réalisé 362,2 millions d'euros d'investissements.
La durée d'écoute quotidienne de l'ensemble des chaînes auprès des individus âgés de quatre ans et plus a atteint un nouveau record en 2007, à 3 heures et 27 minutes, soit trois minutes de plus qu'en 2006.
15 janvier 2008 à 20:4218
De mieux en mieux :
PARIS (Reuters) - Le gouvernement envisage une taxe sur les ventes d'ordinateurs personnels, de téléviseurs et de téléphones mobiles capables de recevoir la télévision pour financer l'audiovisuel public, privé de publicité à partir de 2009, écrivent Les Echos sur leur site internet.
(publicité)
Le principe de cette taxe "aurait été décidé lundi soir lors d'une réunion à l'Elysée", écrit le quotidien, citant des "sources concordantes".
L'exécutif a annoncé que le projet de loi interdisant la publicité sur les chaînes publiques serait soumis au parlement après les élections municipales de mars et voté avant l'été.
16 janvier 2008 à 21:4219
Une taxation sur la vente des produits d'électronique grand public permettant de recevoir la télévision est sérieusement envisagée pour financer la suppression de la publicité sur les chaînes publiques
Nouveau rebondissement dans le feuilleton de la suppression de la publicité sur les chaînes publiques annoncée par Nicolas Sarkozy. Depuis quelques jours, le gouvernement planche sur une nouvelle source de financement, indiquent des sources concordantes. Selon nos informations, il s'agit cette fois de taxer les téléviseurs, les micro-ordinateurs et les téléphones mobiles ! Bref, tous les appareils électroniques grand public permettant de recevoir la télévision.
Le chiffre d'affaires de ce secteur des produits bruns tournant autour de 17 milliards d'euros, une taxe sur le prix de vente de 1% à 2% rapporterait 170 à 340 millions d'euros. Son principe en aurait été décidé lundi soir lors d'une réunion à l'Elysée. Comme la plupart de ces produits sont importés d'Asie, les taxer ne devrait pas être trop impopulaire. En tous cas, cela ferait moins de vagues que de ponctionner des chaînes privées et des opérateurs télécoms, comme le principe en avait été évoqué par Nicolas Sarkozy. Une idée qui avait suscité un tir de barrage de la part des groupes concernés, à commencer par Bouygues, propriétaire de TF1 et de Bouygues Telecom.
Cette nouvelle taxe sur les produits bruns s'ajouterait à celle prévue sur les TV privées et les opérateurs, mais du coup cette dernière serait moins élevée. D'autres sources de financement sont aussi envisagées. Le premier ministre François Fillon a glissé dimanche sur RTL que les radios privées devraient aussi être taxées. Sans doute, car il a finalement été décidé que la publicité serait aussi supprimée sur Radio France. Enfin, Bercy réfléchirait aussi à taxer la publicité hors média (prospectus dans les boîtes aux lettres...), qui pèse 20 milliards d'euros.
Si le gouvernement se lance dans cette recherche tous azimuts, c'est que l'équation initiale est vite apparue très difficile à tenir. D'abord, il fallait que la taxe sur les opérateurs télécoms soit " infinitésimale ", pour reprendre le mot du président de la République, en clair inférieure ou égale à 1%. Ensuite, il fallait que les chaînes privées ne soient pas perdantes dans l'affaire, ce qui n'est pas évident. En effet, la taxe infligée aux TV privées pourrait très bien absorber, voire dépasser, le surcroît de publicité venu de France Télévisions. Une partie de cette manne publicitaire pourrait en effet "s'évaporer" vers la TNT, la presse, la radio, l'affichage... Taxer les téléviseurs et les ordinateurs permettrait de donc de boucler le financement d'un groupe France Télévisions privé de pub.
Reste pour le gouvernement à faire passer cette brillante idée auprès des fabricants concernés... Sachant que les disques durs sont déjà taxés au titre de la copie privée et tous les produits électroniques au titre de l'éco-taxe, ce n'est pas gagné...
Source : Les Echos.
16 janvier 2008 à 21:5120
dans ce cas là , on ne devrait donc plus payer la redevance, n'est-il pas ?
16 janvier 2008 à 22:1421
Elisabeth,
La redevance audiovisuelle rapporte plus de 2 milliards d'euros par an. Si vous voulez la supprimer il faut donc que vous trouviez un mode de financement qui vous permettre de disposer de cette somme.
16 janvier 2008 à 22:28Je pense que la meilleure façon de supprimer la redevance est de privatiser les chaînes de télévision et les stations de radio publiques. Il faudrait juste conserver l'INA dans le giron public.
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je parlais en tant que consommateur/particulier.
16 janvier 2008 à 22:50Theoriquement la redevance sert à payer le service public de télévision et les infrastructures de réseau associées, ce qui pose déjà un pb avec TDF.
Si l'on dit maintenant que la télé est transmise par réseaux mobiles et internet, la redevance n'a pu lieu d'être, juridiquement parlant.
l'Etat veut le beurre ET l'ragent du beurre !!
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Pour mémoire, lire article et commentaires associés
Redevance télé et ADSL : le mulot n'a qu'à bien se tenir !
16 janvier 2008 à 22:5324
Elisabeth,
Lorsqu'il s'agit de recettes et de dépenses il ne faut pas chercher une justification juridique vous le savez très bien. L'Etat a l'habitude de se moquer de nous à ce niveau là.
16 janvier 2008 à 23:02De plus l'augmentation de la redevance est toujours dans les cartons. L'ex-député UMP Emmanuel Hamelin nous avait gratifié d'une proposition de loi sur le sujet dans laquelle il proposait d'augmenter la redevance audiovisuelle de 70% et voulait l'étendre aux possesseurs de connexion Internet.
Avec des idées pareilles on comprend mieux pourquoi il a perdu les dernières élections.
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"L'Etat a l'habitude de se moquer de nous à ce niveau là." : j'aime beaucoup :)
Augmentation de la redevance, il y en a qui n'ont pas froid aux yeux !
16 janvier 2008 à 23:1026
sarkosy= berlusconi mais endébut de règne il n'a pas encore assez d'argent pour acheter ses propres médias,les copains le font a sa place !! Ayant privé la TV publique de ses ressources publicitaires sans approvisionner ses finances,il n'a plus qu'a attendre qu'elle coule pour s'enplaindre et la privatiser = il y aura des amateurs ,les copinscoquins bien sur !!!!
29 janvier 2008 à 17:0627
La publicité est quelque chose d'essentiel dans notre société. Combien d'emplois qui concernent le marketing la pub vont être supprimés ?
25 novembre 2008 à 19:3828
Dsl mais je ne pense pas que cela profite aux chaines privées on a pu le constater depuis la suppression partielle de la publicité après 20 heure.
23 février 2009 à 15:53Donc vos propos ne sont pas assez réfléchis !!
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