La dégringolade de la Bourse de Tokyo depuis le début de l'année est susceptible d'avoir "un impact négatif" sur l'économie nippone dans son ensemble, a averti mardi le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), Toshihiko Fukui.
L'indice Nikkei a chuté de près de 18% depuis les premiers jours de 2008, Son “plongeon” a même atteint 5,65% mardi et 3,86% lundi.
Les craintes de récession aux Etats-Unis et le net redressement du yen face au dollar sont deux facteurs majeurs, susceptibles de nuire gravement au commerce extérieur nippon.
Le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ) a reconnu mardi que la chute de la Bourse pourrait nuire à la santé économique du pays, alors que le spectre d'un sérieux ralentissement, voire d'une récession pointe à l'horizon.
"La chute des actions peut avoir un impact négatif en soi (...) sur le moral des entrepreneurs et sur le moral des consommateurs. Nous voulons donc être attentifs à cela", a déclaré M. Fukui au cours d'une conférence de presse.
"Le marché reflète les incertitudes concernant l'économie mondiale, y compris l'économie américaine. Nous assistons sur plusieurs marchés à des mouvements pour se mettre à l'abri du risque. Etant donné cela, les prix des actions baissent et le marché japonais ne fait pas exception", a-t-il ajouté.
M. Fukui a également précisé mardi que, malgré la tourmente financière actuelle et son impact potentiel, il continuait à croire que «le cercle vertueux de croissance de la production, des revenus et des dépenses reste intact» au Japon. Le Premier ministre, Yasuo Fukuda, a lui aussi lancé un appel au calme. «Bien qu'il y ait quelques faiblesses, j'estime que l'économie de notre pays poursuit sa reprise, le secteur privé pouvant s'appuyer sur la solidité des exportations et de la production», a-t-il affirmé à la Chambre des députés.
Mais le Japon doit faire face aux retombées de la crise des crédits immobiliers à risque aux Etats-Unis («subprime»), auxquels s'ajoutent les prix élevés du pétrole, ainsi qu'une situation de quasi-blocage politique dans l'Archipel qui paralyse toute réforme structurelle. Le gouvernement est en effet affaibli politiquement après avoir perdu le contrôle du Sénat en juillet. Alors qu'il doit par ailleurs supporter le poids d'un énorme déficit public, une implication plus forte de sa part semble très improbable.
Précisons également que la crise financière mondiale actuelle survient au pire moment pour le Japon, alors que le gouvernement vient déjà de revoir en forte baisse ses prévisions de croissance en raison d'une chute de l'investissement immobilier, due à une nouvelle réglementation draconienne sur la construction. Le gouvernement a ainsi réduit à +1,3% son estimation de croissance pour l'année 2007-2008, qui s'achève fin mars, contre +2,1% auparavant.
Le gouverneur de la Banque du Japon s'exprimait à l'issue d'une réunion du comité de politique monétaire de la BoJ, qui a décidé à l'unanimité de maintenir le taux directeur inchangé à 0,50%, décision largement attendue par les économistes. La prochaine décision de politique monétaire interviendra le 15 février.
Compte tenu de la situation économique mondiale, plus aucun économiste ne s'attend à un relèvement du loyer de l'argent au Japon cette année. Certains prédisent même que la BoJ sera bientôt obligée d'abaisser son taux directeur.
Sources : AFP, AWP/AFX
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Les valeurs japonaises ont repris un peu de vigueur mercredi matin sur la bourse de Tokyo après un abaissement d'urgence des taux de la Réserve fédérale américaine, le plus fort depuis plus de dix ans.
L'indice Nikkei des valeurs industrielles a gagné 423,82 points, soit une hausse de 3,37 points à 12.996,87 points. AP
23 janvier 2008 à 05:07Ajoutez un commentaire
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