Les choses avancent ! Ou reculent selon où l'on se place ...
Selon MediaPart, projet de site indépendant d'information d'Edwy Plenel, des discussions seraient en cours entre Nicolas Sarkozy et la presse quotidienne régionale (PQR) sur un démantèlement de France 3, avec l'attribution de ses décrochages régionaux à la PQR.
Rappelons qu'en décembre 2007, le groupe Lagardère annonçait la cession au Groupe Hersant Média de son pôle de presse quotidienne régionale dans le Sud de la France.
Pour mémoire, un certain Nicolas Sarkozy était directeur de campagne de Robert Hersant, aux législatives de 1978 à Neuilly. Comme quoi, autant envers Lagardère qu'envers Hersant, l' "amitié, çà compte pour notre Président.
D'après Mediapart, le schéma actuellement discuté à l'Elysée, deux semaines après l'annonce de la suppression de la publicité à France Télévisions, serait le suivant : France 2 resterait dans le giron public et la structure nationale de France 3 serait également conservée, sans publicité.
Mais ses décrochages régionaux - le rendez-vous de la mi-journée et la tranche 18H30-20H30 - seraient confiés, avec leurs parts de publicité, à la presse quotidienne régionale grâce à la création de sociétés d'économie mixte, intégrant aussi les collectivités locales, notamment les conseils régionaux.
Il est vrai que ce ne sont pas les programmes de la chaine qui semblent « poser » problème à Nicolas Sarkozy, mais les journalistes de la chaîne, et leurs reportages jugés par lui plus que tendancieux, les qualifiant même de malhonnêtes.
En mars 2007, France Europe Express et la rédaction de France3 Nord/Pas-de-Calais avaient du subir les foudres du candidat UMP pour la présidentielle. "Cette campagne est-elle l’occasion de régler des comptes voire d’affaiblir la télévision publique ? " s'inquiétaient alors les journalistes de la chaîne. Tout en ajoutant : "et avec quelles intentions une fois passée la période électorale ?"
Dans un communiqué diffusé dimanche, le Syndicat national des journalistes (SNJ) de France 3 "demande à l'Elysée de faire instamment toute la lumière sur les négociations en cours et les enjeux qui en découlent pour l'avenir de la chaîne".
"En tout état de cause, ce schéma, s'il était retenu, marquerait purement et simplement la fin de l'information sur France 3. La preuve s'il en fallait une que l'annonce présidentielle de la fin de la publicité sur les chaînes publiques n'est que l'arbre qui cache la forêt de la réduction à terme du périmètre audiovisuel", note le SNJ.
En mars 2007, le Canard enchaîné rapportait que Nicolas Sarkozy, invité de l'émission « France Europe Express », aurait proféré des menaces contre la direction de France 3. Le candidat serait arrivé avec « une escouade de garde du corps, de conseillers et sa maquilleuse personnelle », mais une fois sur place, il aurait été invité à patienter debout, tous les sièges étant occupés par les autres invités. Nicolas Sarkozy aurait alors piqué une grosse colère, selon l'hebdomadaire satirique. « C'est rien, il fait sa diva », aurait tempéré Christine Ockrent. Très énervé, le candidat de l'UMP aurait eu ces mots inquiétants : « Il faut virer la direction de France 3 ! Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne perdent rien pour attendre. Ça ne va pas tarder ! »
Interrogée par Marianne2007.info, Dominique Ratival, rédactrice en chef de « France Europe Express », relativisait : « Il était tendu en arrivant et il n'est pas rare que les invités perdent leur calme. » Elle précisait alors cependant qu'elle n'était pas présente au moment de l'événement, et que si les menaces visant la direction étaient avérées, «c'est effectivement grave ».
Le 28 mars 2007, à l’occasion d’une interview réalisée pour le JT France3 Nord/ Pas- de-Calais, Nicolas Sarkozy avait qualifié de « malhonnête », de « sommaire » et de « quelque peu politique » un reportage sur l’imprimerie nationale de Douai. Ce reportage était - certes - destiné à le faire réagir, mais Nicolas sarkozy avait alors vivement réagi en direct, affirmant même « des sujets malhonnêtes, j’en ai déjà vu mais de cette nature c’est assez rare, je vous félicite ! ».
Auparavant et hors antenne, Nicolas Sarkozy avait déjà évoqué un manque de professionnalisme, pour avoir patienté en studio avant l’interview, seul avec les cadreurs, quelques poignées de secondes.
« L’incident serait plutôt risible s’il n’intervenait dans un contexte de mises en cause de France 3 qui nous inquiète » précisait d'ores et déjà la Société des Journalistes de France 3.
Jean-François Téaldi de la CGT de France 3 a qualifié quant à lui le schéma envisagé "d'atteinte incroyable au pluralisme et à la démocratie". "Si la PQR reprend l'information télévisée régionale, soit à travers des télévisions locales, soit à travers des sociétés d'économie mixte, le citoyen aura la même information en presse écrite, en radio et en télévision, puisque la PQR est aujourd'hui à la tête d'empires multimédia dans chaque région", a-t-il souligné.
En outre, selon le syndicaliste, "si les conseils régionaux font partie de ce système, les journalistes qui travailleront dans ces télévisions ne seront pas indépendants des élus qu'ils devraient critiquer dans leurs reportages".
Pour M. Téaldi, si ce schéma est vraiment à l'étude, "ça ne ferait que confirmer ce que nous pensons, à savoir que Nicolas Sarkozy et ce gouvernement veulent la mort du service public de l'audiovisuel, comme ils veulent la mort de l'ensemble des autres services publics".
Interrogée par l'AFP, la direction de France 3 s'est refusée dimanche à tout commentaire.
Le 21 décembre 2007, le groupe Lagardère annonçait la finalisation de l’opération de cession au Groupe Hersant Média de son pôle de presse quotidienne régionale dans le Sud de la France (dont les principaux titres sont La Provence, Nice Matin, Var Matin, Corse Matin et Marseille Plus). L’accord du Ministre de l'Economie et des Finances, qui était préalablement requis au titre du contrôle des concentrations, a été obtenu par Groupe Hersant Média le 7 décembre 2007.
La cession par Lagardère du capital qu'il détenait dans les sociétés éditrices a été réalisée à un prix de 160 millions d'euros. La trésorerie nette de l'ensemble ainsi cédé devrait être légèrement positive lors de la réalisation de la cession.
Pour rappel, les actions TF1 et M6 Métropole TV avaient décollé à la Bourse de Paris, après l'annonce par le président Nicolas Sarkozy qu'il souhaitait "réfléchir à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques" de télévision.
A 10H55 (09H55 GMT), TF1 prenait ainsi 8,38% à 18,10 euros, M6 Métropole TV 6,86% à 17,60 euros, tandis que le marché parisien gagnait 0,84%. Bouygues, maison mère de TF1, prenait 3,24% à 54,09 euros.
"Compte tenu des liens de TF1 et Bouygues avec le pouvoir en place, on se doutait déjà qu'ils ne seraient pas défavorisés", avait alors fait remarqué un vendeur d'actions parisien.
Avant cette annonce, le titre TF1 avait touché son plus bas niveau depuis mars 1999, et M6 son plus bas depuis mars 2003.
Sources : AFP, Boursier.com, Reuters
A lire également :
. Sarkozy : à fond la réforme de la publicité à la TV publique
. Bolloré censure un article sur la police dans Matin plus

7 Commentaires
1
@ Elisabeth : il y a maldonne sur la photo !
28 janvier 2008 à 16:512
Non absolument pas !!!!!
28 janvier 2008 à 17:02C'est pour montrer la "proximité du terrain" de France 3 ... qui pourrait AUSSI déplaire à Sarkozy, lequel démend toute l'affaire aujourd'hui, bien entendu ...
3
Restructuration de France 3: le PS dénonce le projet prêté au pouvoir
AFP 28.01.08 | 16h48
Le PS a dénoncé lundi "de la manière la plus claire" le projet prêté au président Nicolas Sarkozy de confier des tranches d'information de France 3 à des tiers, en dépit d'un démenti élyséen.
"On envisage une évolution majeure de France 3 avec, peut-être, une privatisation. Nous dénonçons de la manière la plus claire ce qui est en train de se préparer", a déclaré lors d'un point de presse Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande.
Il s'est étonné de cette idée avancée "sans aucune transparence, sans aucune discussion". "On ne peut pas accepter que s'engage une réflexion sur le service public de l'audiovisuel dans le dos de l'Assemblée nationale" et des personnels concernés, a ajouté M. Le Foll.
Le site MediaPart créé par l'ancien directeur de la rédaction du Monde Edwy Plenel, a affirmé ce week-end que des discussions étaient en cours pour confier les informations régionales diffusées par France 3 à la presse quotidienne régionale (PQR).
L'Elysée a démenti "catégoriquement" lundi être en train de mener de tels pourparlers. La directrice de France 3, Geneviève Giard, a qualifié l'information de "hautement fantaisiste".
28 janvier 2008 à 17:134
Les salariés de France 3 Sud envisagent des actions auprès des élus
Le 28/01/2008 à 18:18
Les salariés de France 3 Sud, inquiets d'une possible privatisation de leur chaîne, ont envisagé, lundi à Toulouse, de lancer "dans les jours à venir des actions auprès des élus politiques de la région", a-t-on appris auprès des syndicats.
Réunis en assemblée générale, la centaine de salariés de France 3 Sud, qui regroupent les rédactions de Toulouse et de Montpellier, a dit "dénoncer une manoeuvre de déstabilisation de la chaîne".
Ils lanceront "dans les jours à venir des actions auprès des élus politiques de la région afin d'obtenir des réponses claires sur ce projet de privatisation", ont indiqué les délégués syndicaux (SNJ, CFDT, Sud et CGT) dans un communiqué reçu à l'AFP.
"L'annonce par la presse d'un éventuel projet de privatisation des décrochages régionaux de France 3 a choqué les personnels", ont-ils écrit.
29 janvier 2008 à 11:035
Nice-Matin: révocation du PDG Michel Comboul
AFP 31.01.08 | 15h00
Le PDG du groupe Nice-Matin Michel Comboul a été révoqué jeudi par le conseil d'administration du groupe au terme de plusieurs semaines de bras de fer avec le nouveau propriétaire du journal, le Groupe Hersant Média (GHM), a-t-on appris de sources concordantes.
"Michel Comboul a été révoqué par huit voix pour et une abstention, la sienne. Jean-Paul Louveau le remplace", a indiqué à l'AFP Jean-François Roubaud, délégué SNJ et secrétaire général du CE de Nice-Matin.
L'ambiance de ce conseil qui a duré une petite heure, était "très tendue", a-t-il précisé. M. Comboul et le groupe Hersant étaient chacun assistés d'un huissier, a-t-il ajouté.
M. Comboul, joint par téléphone, a confirmé sa révocation "sans indemnité pour que les choses soient claires" et fait part de son amertume: "J'ai 38 ans de maison, cette maison que ma famille a contribué à construire, et on me demande de partir du jour au lendemain, sans considération pour le travail accompli et l'appui que j'ai apporté au groupe Hersant pour son rachat de Nice-Matin".
Le groupe Nice-Matin (Nice-Matin, Var-Matin, Corse-Matin) a été cédé fin décembre par Lagardère à GHM, avec les quotidiens La Provence et Marseille Plus, pour 160 millions d'euros.
Le 15 janvier, puis le 17 janvier, M. Comboul avait fait avorter deux conseils d'administration en refusant de démissionner.
A 61 ans, il est président de Nice-Matin où il a fait toute sa carrière, depuis 1998. Il est également président du Syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR) depuis 2004.
Jean-Paul Louveau, qui selon le SNJ va remplacer M. Comboul, est ancien directeur général du groupe Le Monde et ancien président du directoire du groupe des Journaux du Midi qui publie Midi libre, l'Indépendant et Centre Presse.
31 janvier 2008 à 15:576
La commission Copé propose une réorganisation de France 3 en sept régions
PARIS, 11 juin 2008 (AFP)
La commission Copé, chargée de réfléchir à l'avenir de la télévision publique sans publicité, a présenté mercredi un projet de nouvelle structure du groupe public France Télévisions, avec notamment une réorganisation de la chaîne France 3 autour de sept régions.
"Nous souhaitons renforcer l'identité régionale de France 3 par un renversement complet de son mode de fonctionnement. Au lieu d'une chaîne nationale, et de décrochages régionaux, on propose un réseau de chaînes régionales et un décrochage national", a indiqué le président de la commission Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale.
"Nous proposons de réduire le nombre d'entités régionales de 13 à sept, ce chiffre étant indicatif, tout en dynamisant le maillage territorial", a encore indiqué Jean-François Copé.
Il a précisé que cette réorganisation pouvait être mise en oeuvre "par étape", avec des expérimentations dans une ou plusieurs régions pilote.
"Le programme de ces sept chaînes régionales comprendrait la retransmission d'évènements locaux et une plus grande place serait offerte aux rendez-vous d'information de proximité", a encore souligné Jean-François Copé.
Le président de la commission a précisé que cette réorganisation pouvait se faire sans réduction d'effectif.
La commission se propose de "renforcer l'identité" des différentes chaînes de France Télévisions, avec, outre le réseau France 3 consacré aux régions, France 2, chaîne "fédératrice", France 4, "chaîne de l'innovation, des nouvelles générations et des nouvelles écritures", France 5, "chaîne du savoir et du décryptage", et RFO (Réseau France Outre-mer), qui regrouperait les "chaînes des cultures et de la diversité".
A ces chaînes, s'ajouteraient plusieurs chaînes thématiques numériques (information, santé, sciences, spectacle vivant notamment).
Sur le plan des contenus, la commission propose de "redéfinir les instruments de mesure de l'audience" et de créer six "unités de programmes de média global par genre" (fiction, cinéma, arts-musique-littérature-civilisations, documentaire, divertissements, jeunesse).
Enfin, sur le plan de la gouvernance, la commission propose de regrouper les 49 sociétés existantes en une entreprise unique, avec un conseil d'administration différent du conseil actuel, qui compterait 12 membres en plus du président. Il comprendrait un commissaire du gouvernement, avec droit de veto - le directeur ou la directrice de la DDM, service du Développement des Médias -, un représentant de l'Etat, deux représentants des salariés et huit personnalités qualifiées.
Enfin, le PDG serait élu par le conseil d'administration sur la base d'une liste de trois noms au moins et cinq noms au plus établie par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).
11 juin 2008 à 23:597
Réorganisation de France 3: levée de boucliers à Toulouse
Le 01/12/2009 à 17:42
Le projet de réorganisation de France 3 prévoyant de regrouper les 13 directions régionales en quatre "pôles de gouvernance" a suscité mardi l'inquiétude des salariés et une levée de boucliers des élus à Toulouse face à la décision d'implanter le pôle Sud-Ouest à Bordeaux.
Une assemblée générale du personnel de France 3 à Toulouse a réuni environ 80 salariés sur 260 à l'appel des syndicats, "ce qui est énorme en début d'après-midi", a déclaré à l'AFP Michel Pech, délégué du personnel des journalistes CGT.
Les salariés s'inquiètent du transfert prévisible vers Bordeaux de 25 salariés des ressources humaines, de la comptabilité et de la communication. "Nous allons demander des détails à la direction sur les conséquences pour le personnel et on envisagera alors une éventuelle action", a indiqué le délégué CGT.
"Ce qui nous met en colère, c'est que toutes les conditions objectives allaient dans le sens de Toulouse, si on a choisi Bordeaux c'est strictement politique, on a pris une ville UMP plutôt que PS, Juppé plutôt que Cohen", a-t-il estimé.
Le maire socialiste de Toulouse, Pierre Cohen a aussi dénoncé des "considérations politiciennes" et l'absence de concertation avec les personnels et les collectivités, soulignant dans un communiqué que Toulouse "c'est la position géographique la plus centrale de la région Sud-ouest", qui réunit à la fois Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Aquitaine et Limousin.
"Tout autre choix tournerait le dos à l'efficacité", selon M. Cohen. "Toulouse est l'un des plus grands sites de production de France 3, ce qui en fait, en termes d'effectifs, le site le plus important de la région Sud-Ouest", a ajouté le maire.
Le président de la région Midi-Pyrénées, Martin Malvy (PS), a déclaré qu'il "déplore cette décision prise sans concertation (...) alors que tout laissait entendre depuis plusieurs mois que (le pôle) serait effectivement implanté à Toulouse".
Le maire PRG de Blagnac, Bernard Keller, s'interroge : "La direction parisienne serait-elle le bras armé (du) gouvernement ?". Selon lui, "chacun saura y voir un Etat qui impose sa ligne sans aucun sens du dialogue et de la démocratie".
01 décembre 2009 à 23:17Ajoutez un commentaire
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