Dans un entretien au Quotidien d'Oran qui sera publié lundi, le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos afffirme que l'Espagne est prête à soutenir le projet d'Union méditerranéenne du président français Nicolas Sarkozy.
Ces propos sont prononcés alors même que le Maroc et l'Espagne s'affrontent actuellement sur le plan diplomatique au sujet de l'épineux dossier du Sahara Occidental. Le Maroc a par ailleurs décidé, vendredi, de rappeler son ambassadeur à Madrid pour consultation à la suite de l'annonce de la visite du roi d'Espagne Juan Carlos à Ceuta et Mellila, deux enclaves espagnoles situées dans le nord du Maroc.
"Nous sommes prêts à travailler pour donner une nouvelle impulsion (aux relations entre l'Europe et les pays du sud de la Méditerranée), à travers l'initiative de l'Union méditerranéenne du président français", Nicolas Sarkozy, a déclaré M. Moratinos.
"Le temps est venu pour aller vers un +Barcelone plus+ et de mettre en place un tas d'institutions pour que cela marche de façon plus systématique, et pour refléter davantage le partenariat. Il faut aller vers plus d'institutions communes, des projets et des engagements communs. C'est dans cet esprit que se situe l'initiative du président Sarkozy", a-t-il précisé.
« Le pourtour méditerranéen doit avoir une priorité dans la stratégie de l'Espagne et de l'Union européenne. Ce qui manque depuis de longues années, c'est un engagement stratégique de l'UE vis-à-vis de sa frontière sud", a-t-il poursuivi.
"Il faut un espace régional plus méditerranéen. Nous saluons la proposition française. Nous avons déjà parlé avec nos amis français qui sont tout à fait d'accord pour mener des projets stratégiques concrets, comme la sécurité, l'immigration, l'environnement, la culture, le dialogue des civilisations. Cela a beaucoup avancé. Tous ces sujets sont importants", a dit le ministre espagnol.
Pour rappel, le "processus de Barcelone" avait été lancé lors d'un sommet en 2005 avec pour ambition la promotion d'une stratégie de coopération avec le Sud semblable à celle mise en oeuvre avec les pays de l'Est européen après la chute du mur de Berlin, mais les partenaires méditerranéens de l'UE ont exprimé à plusieurs reprises leur "insatisfaction" concernant les résultats de cette politique.
L'Union méditerranéenne est un des projets phares en politique extérieure du nouveau président français qui devrait reposer sur quatre thèmes fédérateurs : l'environnement, le dialogue des cultures, la croissance économique et la sécurité. Henri Guaino, conseiller spécial du président et initiateur de ce projet, a été chargé de le piloter avec l'aide d'un diplomate, Alain Le Roy. Nicolas Sarkozy l'a exposé fin octobre au Maroc et doit l'exposer prochainement en Algérie et en Tunisie à l'occasion de visites d'Etat dans ces deux pays.
Le Président français souhaite que l'UM se développe, dans un premier temps, autour de thèmes consensuels, sur le modèle de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). L'objectif de l'Elysée est de donner le coup d'envoi de cette Union méditerranéenne en juin 2008, à Paris ou à Marseille, en réunissant les chefs d'Etats qui auront répondu à son appel.
Dans son allocution du 25 octobre 2007, le président Ben Ali a réitéré pour sa part le soutien de la Tunisie à la création d'une Union Méditerranéenne et sa disposition à contribuer à en définir les contours et les objectifs. Il a également déclaré que la Tunisie s’apprête à faire partie, début 2008, de la zone de libre-échange avec l'Union européenne. La mise en place d’une zone de libre-échange pour les produits manufacturés devrait avoir lieu selon lui conformément à l’échéancier prévu par l’Accord d’association avec l’Union européenne.
Mais tous le sujets sont loin de faire l 'unanimité de part et d'autre de la Méditerranée. Ainsi M. Moratinos a par ailleurs souligné que "le temps est venu pour que les efforts (du Maroc et du Front Polisario), sous les auspices de l'ONU, débouchent sur des résultats" pour une solution du conflit du Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole annexée en 1975 par Rabat et dont le Polisario, soutenu par Alger, réclame l'indépendance.
"Nous ne pourrons plus continuer à rester inertes devant une situation de blocage au sein du Maghreb. La solution du problème du Sahara occidental ne doit pas être ajournée d'une façon éternelle et ne doit pas arrêter l'intégration maghrébine", a-t-il dit.
"Le Maroc a décidé de rappeler son ambassadeur à Madrid. Il s'agit d'un acte fort après que nous eûmes exprimé notre rejet de cette visite", a affirmé quant à lui vendredi le porte-parole du gouvernement marocain Khalid Naciri. Ce rappel pour une durée indéterminée est consécutif à "l'annonce officielle vendredi de la visite regrettable de sa majesté le roi Juan Carlos, les 5 et 6 novembre dans les deux villes occupées de Sebta (Ceuta en arabe) et Mellila", a précisé de son côté le ministère marocain des Affaires étrangères, dans un communiqué. C'est le roi Mohammed VI en personne qui "a décidé de rappeler Omar Azziman, ambassadeur de sa majesté le roi en Espagne, pour une période indéterminée", a souligné le ministère.
Pour M. Naciri "cette visite est regrettable, inappropriée et inopportune et elle ne s'inscrit pas dans l'excellence des relations entre les deux pays". Madrid a confirmé vendredi une visite du roi d'Espagne lundi et mardi dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla en dépit de la protestation de Rabat. Jeudi, le gouvernement marocain avait exprimé "son vif rejet et sa nette réprobation" de la visite que le roi d'Espagne Juan Carlos entreprend lundi dans les "villes marocaines spoliées" de Ceuta et Melilla. C'est la première visite officielle du roi Juan Carlos dans ces deux villes depuis son accession au trône en 1975.
Il s'agit d'une "provocation, les deux villes sont historiquement marocaines", a déclaré Abdelilah Benkirane, un des dirigeants du parti islamiste Justice et développement (PJD) lors d'une émission de la chaîne de télévision Al Jazeera captée dans la nuit de vendredi à samedi à Rabat. M. Benkirane, membre de la commission parlementaire des Affaires étrangères a en outre indiqué à Al Jazeera que le Maroc a le droit, en cas de besoin, de "recourir notamment à l'ONU et à la Cour internationale de justice (CIJ) pour récupérer les deux villes occupées".
« Pourquoi pas une autre +marche verte+" vers ces deux dernières, a-t-il ajouté, en faisant allusion à une marche organisée en 1975 par le roi défunt Hassan II vers le Sahara occidental et à laquelle avaient participé 350.000 Marocains. "Il faut être aveugle pour croire que Sebta (nom arabe de Ceuta) et Melilla ne sont pas marocaines", a jouté le responsable islamiste.
« La visite du président français Nicolas Sarkozy au Maroc a peut-être dérangé les intérêts espagnols dans notre pays où des contrats avec la France ont été conclus", a-t-il encore argumenté. Benkirane a toutefois relativisé l'impact négatif de la visite de Juan Carlos sur les relations de son pays avec l'Espagne. "Je ne pense pas que cette visite puisse conduire à une grave crise politique entre les deux pays".
Le président d'une association de ressortissants marocains établis à Ceuta, Mohamed Ali, a estimé sur Al Jazeera que la programmation de cette visite faisait "partie d'un calcul politique interne en Espagne". "Les socialistes du PSOE et le Parti populaire de droite sont déjà en compétition (à travers ce voyage du roi) pour gagner des voix" en vue des élections législatives de 2008, a-t-il affirmé.
Sources : AFP, Le Monde
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3 Commentaires
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C'est vrai qu'il y a pas mal de problemes à regler pour créer une eventuelle Union mediterranéenne. Il faut que nos frère marocains reconnaissent au peuple sarhaoui son droit à l'autodetermination, il faut que les etats arabes reconnaissent l'etat d'Israel qui doit lui même faire au mieux pour la création d'un réel etat palestinien et arreter la colonisation. En gros il faut autant prendre en compte les puissants que les faibles pour créer quelque chose de viable, mais c'est un chantier difficile ;)
05 novembre 2007 à 00:002
Union méditerranéenne : "bienvenue" si "valeur ajoutée"
LISBONNE - Le projet d'Union Méditerranéenne, proposé par la France, est une "idée intéressante" si elle apporte de la "valeur ajoutée", a estimé lundi la commissaire européenne aux relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner.
"C'est une idée intéressante, comme tout ce qui peut renforcer le processus Euromed", a déclaré la commissaire lors d'une conférence de presse à l'issue d'une rencontre entre la troïka de l'Union européenne et les ministres des Affaires étrangères de l'Union du Maghreb arabe (UMA).
Cette proposition "est bienvenue tant qu'elle apporte de la valeur ajoutée", a-t-elle encore dit.
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, devait détailler lundi soir lors d'un dîner avec ses homologues de l'Euromed le projet d'Union méditerranéenne exposé fin octobre au Maroc par le président Nicolas Sarkozy. La discussion devait se poursuivre mardi lors d'un tour de table réunissant les 27 de l'UE et leurs dix partenaires au sein de l'Euromed.
Peu avant le dîner, le ministre portugais des Affaires étrangères Luis Amado s'est déclaré "favorable à un débat", s'agissant d'une "idée nouvelle".
"Nous devons explorer toutes les possiblités", a estimé le ministre, qui préside actuellement le conseil des ministres européens, ajoutant que les discussions "se poursuivraient l'an prochain sous présidence française" de l'UE.
Tout en accueillant favorablement, sur le principe, cette initiative française visant à resserrer les liens avec les pays du pourtour méditerranéen, la Commission européenne a demandé des "clarifications" à Paris et veut s'assurer qu'elle n'entrera pas en collision avec les projets de l'Union européenne dans ce domaine.
Il s'agit d'une part du processus "Euromed" dit "de Barcelone", entamé en 1995, un partenariat euroméditerranéen avec neuf Etats du Sud et de l'Est de la Méditerranée, parmi lesquels Israël, la Syrie et le Liban, ainsi qu'avec l'Autorité palestinienne. Et d'autre part de la "Politique européenne de voisinage" inaugurée en 2004 à l'adresse des pays du Sud et de l'Est de l'Union.
Au nom de l'UMA (Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye), le ministre libyen des Affaires étrangères Abdelrahmane Chalgam a indiqué que l'initiative française serait étudiée le 30 novembre par les ministres des Affaires étrangères du Maghreb arabe qui se réuniront à Rabat.
(AFP / 05 novembre 2007 23h39)
06 novembre 2007 à 01:023
http://tunisie-harakati.mylivepage.com
Une solidarité pas très surprenante mais j'aurai bien aimé que l'Europe régle ces problèmes d'Union Européenne avant de s'attaquer à la constitution d'une nouvelle union. De plus le manque de sincérité des chefs d'état sur le sujet des droits de l'homme et des libertés ne donnent que peu d'espoir pour le respect des valeurs universels. Nous ne sommes pas encore près à ne plus voir des Sameh Harakati dans les prisons de la présumé union.
http://tunisie-harakati.mylivepage.com
12 septembre 2008 à 21:11Ajoutez un commentaire
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