Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) a proposé à l'Iran de créer un consortium pour lui fournir de l'uranium enrichi afin d'empêcher la course aux armements nucléaires dans la région, a affirmé jeudi le chef de la diplomatie saoudienne Saoud al-Fayçal.
En dehors de l'importance de l'offre faite par le Conseil, l'annonce semble aussi signifier un regroupement des pays arabes en vue de défendre la position de l'Iran.
"Nous avons proposé une solution qui est de créer un consortium pour tous les utilisateurs d'uranium enrichi au Moyen-Orient", a déclaré le prince Saoud, interrogé à Londres par le magazine Middle East Economic Digest (MEED). Ce consortium "distribuera selon les besoins, fournira à chaque centrale le montant nécessaire et s'assurera que cet uranium enrichi n'est pas utilisé pour les armes atomiques", a-t-il expliqué.
Le ministre saoudien a indiqué que l'Iran réfléchissait à cette offre qualifiée par Téhéran d'"intéressante". "Nous continuons à discuter avec eux et les pressons à ne pas considérer seulement la question du point de vue des besoins énergétiques de l'Iran, mais aussi au regard de l'intérêt de la sécurité dans la région", a-t-il dit.
"Les Etats-Unis ne sont pas impliqués, mais je ne pense pas qu'ils seraient hostiles à cette proposition, qui résoudrait un des grands points de tension entre l'Occident et l'Iran", a-t-il ajouté.
Selon le plan établi par ses six membres (Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite et Emirats arabes unis), le CCG "va développer une usine d'enrichissement d'uranium dans un pays neutre hors de la région", a précisé le chef de la diplomatie saoudienne, évoquant "la Suisse, par exemple". "Cette installation produira du combustible nucléaire que le consortium fournira aux pays du Moyen-Orient cherchant à utiliser l'énergie atomique. Beaucoup de pays de la région souhaitent l'énergie atomique pour remédier à leurs pénuries grandissantes d'électricité", selon le prince Saoud.
Des responsables diplomatiques des six grandes puissances impliquées dans le dossier nucléaire iranien se rencontrent vendredi à Londres pour discuter d'un durcissement des sanctions à l'égard de Téhéran.
En novembre 2006, réunissant son conseil des gouverneurs à Vienne, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a étudié une proposition de Warren Buffett, deuxième homme le plus riche de la planète. Cet investisseur de 75 ans, à la tête d'un empire financier, a promis d'offrir 50 millions de dollars à l'agence pour créer une banque mondiale du combustible nucléaire. Elle offrirait l'accès à l'énergie nucléaire aux pays en développement, sans risque de prolifération des armes atomiques. Les États ayant décidé de renoncer à maîtriser le cycle complet de l'atome, voire à se doter de la bombe, recevraient de l'uranium faiblement enrichi pour alimenter leurs centrales nucléaires et renverraient le combustible usagé pour retraitement, le tout garanti à des prix fixés d'avance.
Annoncée le 19 septembre 2006 à Vienne, cette offre s'accompagne de deux conditions : que l'AIEA supervise le projet et que les États donnent 100 millions de dollars de leur côté. Si ces voeux n'étaient pas suivis d'effets dans les deux ans, Buffett se considérerait dégagé de ses engagements. « Cette promesse de don est un investissement pour un monde plus sûr, soutient-il. J'espère qu'elle les incitera à faire décoller enfin le projet. »
L'idée d'une banque mondiale du combustible nucléaire n'est pas nouvelle. Depuis les origines de l'AIEA, en 1957, l'énergie nucléaire devait être rendue accessible au plus grand nombre possible d'États en quête de prospérité. L'AIEA offrait son assistance technique, fidèle à son slogan « Atomes pour la paix ».
Compte-tenu du contexte actuel, l'idée d'une banque mondiale du combustible a obtenu récemment le soutien intéressé des grandes puissances, à commencer par les États-Unis, la Russie et la France, qui y voient de fructueux débouchés pour leur industrie nucléaire. En 2004, le président américain George W. Bush a appelé de ses voeux un tel projet. La Russie a de son côté annoncé le 26 octobre 2006 la naissance en 2007 du premier centre international d'enrichissement de l'uranium à Angarsk (Sibérie orientale), en collaboration avec le Kazakhstan.
La Russie et l'Agence internationale pour l'Energie atomique (AIEA) ont décidé il y a quelque temps d'aborder la création d'un centre international d'enrichissement d'uranium, à l'issue d'une rencontre entre le directeur de l'AIEA Muhamed ElBaradei et le directeur de Rosatom Sergueï Kirienko. "M. ElBaradei et moi nous estimons tous deux que le temps presse et que ce centre doit être institué sans plus tarder. Nous avons décidé de réduire au maximum toutes les procédures bureaucratiques", a déclaré M. Kirienko. La création du centre international d'enrichissement d'uranium en Russie ne serait qu'un premier pas, selon Moscou. Le directeur de Rosatom a estimé que des centres d'enrichissement d'uranium pourraient être institués aux Etats-Unis et en Allemagne.
La Russie propose par ailleurs d'accorder au territoire où sera situé ce Centre un statut particulier. "Je ne suis pas sûr que le principe d'exterritorialité doive y être appliqué, mais il faut que les garanties juridiques pour le fonctionnement de ce centre soient suffisantes", a-t-il indiqué.
Source : AFP
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3 Commentaires
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"En dehors de l'importance de l'offre faite par le Conseil, l'annonce semble aussi signifier un regroupement des pays arabes en vue de défendre la position de l'Iran."
C'est exactement l'inverse ! Les pays du Golfe font tout pour réduire la marge de manoeuvre de l'Iran sur le dossier. Une telle proposition va dans ce sens...et c'est pour cette raison que les Iraniens vont la réfuser !!
Do you bet, Liz ?
02 novembre 2007 à 11:372
En fait , c'est surtout pour défendre la leur, et eviter que la politique de l'Iran ne les empeche d'accéder au nucléaire civil
02 novembre 2007 à 11:51Effectivement, rien n'est jamais "gratuit" dans ce bas monde
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L'Iran rejette la proposition saoudienne d'un consortium sur le nucléaire
TEHERAN - L'Iran a rejeté samedi la proposition saoudienne de créer un consortium international pour lui fournir de l'uranium enrichi.
"Pendant que nous coopérons avec l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) sur la nature de nos travaux nucléaires, nous poursuivrons l'enrichissement d'uranium sur notre sol", a affirmé Javad Vaïdi, secrétaire adjoint du Conseil suprême de la sécurité nationale, cité par l'agence IRNA.
"L'idée de créer un consortium pour fournir de l'uranium enrichi est bonne si elle n'implique pas que l'Iran suspende l'enrichissement d'uranium sur son sol", a-t-il ajouté, estimant que, dans le cas contraire, "cela n'est pas acceptable".
Le chef de la diplomatie saoudienne Saoud al-Fayçal avait annoncé jeudi que le Conseil de coopération du Golfe (CCG) proposait à l'Iran de créer un consortium pour lui fournir de l'uranium enrichi afin d'empêcher la course aux armements nucléaires dans la région.
Ce consortium, ouvert à tous les pays du Moyen-Orient qui en feraient la demande, fournirait à chaque centrale le montant nécessaire d'uranium tout en en s'assurant qu'il ne serait pas utilisé pour les armes atomiques.
(AFP / 03 novembre 2007 16h55)
04 novembre 2007 à 00:14Ajoutez un commentaire
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