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Lagardère dément tout projet d’un delisting

Lagardere_gallois_singapour_a380Le groupe Lagardère a démenti à plusieurs analystes, puis dans un communiqué une information du Nouvel Observateur évoquant un éventuel retrait de la cote du groupe. Selon l’hebdomadaire : "jugeant que le statut de commandite n’était pas suffisant pour le protéger, Arnaud Lagardère envisage de retirer de la cote son groupe éponyme qu’il contrôle à hauteur de 13% en faisant entrer le Qatar ainsi que d’autres actionnaires amis à hauteur de 40%".

Est-il encore besoin de rappeler à nos « fidèles lecteurs » que le Qatar, certes petit pays en terme de géographie … partage tout de même les plus grands champs gaziers offshores du monde avec l’Iran. Simple hasard ? L‘Iran veut "reconsidérer" un très important projet gazier avec Total portant sur une usine de liquéfaction de gaz à South Pars, en réaction aux récents propos de Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner. Le Qatar comme médiateur, ou comme intermédiaire ?

UBS indique dans une note que la "société dément avoir le projet de sortir de la cote". Un autre analyste confirme avoir également obtenu un démenti de la part des relations investisseurs.

L’action a bondi en début de séance sur la foi de l’article pour gagner momentanément plus de 4%. Vers 10H35, elle progresse de 3,36% à 59,71 euros dans 605.000 titres échangés. La progression n’était que de 2.22 % à la cloture à 59,05 euros.

"C’est son ami d’enfance Jean-Paul Gut qui, de Londres, était chargé du montage. En raison des attaques dont Lagardère est l’objet, il lui a été demandé d’aller le plus vite possible", ajoute le journal. Est-il également besoin de rappeler que le groupe fait l’objet d’une enquête sur un éventuel délit d’initié lors de la vente à terme, en avril 2006, de 7,5% d’EADS.

Selon les dernières déclarations à l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), Arnaud Lagardère détenait le 18 juillet 2007, via Lagardère Capital & Management, 10,07% du capital du groupe et 12,26% des droits de vote. La Qatar Investment Authority détient 6,09% du capital et 5,06% des droits de vote acquise selon une déclaration à l’AMF datant de juin 2006.

Sur le fond les analystes sont partagés sur l’intérêt d’une telle opération. "Cela ne me paraît pas d’actualité du tout. Je n’y crois pas du tout", déclare Bruno Hareng d’Oddo Securities. "Arnaud Lagardère contrôle la société via la commandite, il n’a pas intérêt à se retirer de la cote pour avoir un actionnaire à ses côtés contrôlant plus de 50% du groupe". "D’un point de vue politique, un Lagardère sous pavillon Qatar ne va pas dans le sens de la volonté de Christine Albanel de créer des champions français des médias", fait-il valoir par ailleurs.

Bruno Hareng juge en revanche plus crédible la rumeur d’une montée au capital du Qatar qui est déjà le deuxième actionnaire du groupe. UBS indique que "théoriquement, un rachat par effet de levier (LBO) à 67 euros présenterait un taux de rentabilité internesupérieur à 20%" dans l’hypothèse d’un multiple de valeur d’entreprise sur ebitda de 9 fois.Mais ajoute la banque, "un LBO serait un revirement stratégique pour la société qui a indiqué par le passé qu’un LBO assècherait la capacité d’investissement future pour alimenter sa croissance".

D’autres analystes n’écartent pas le scénario d’un retrait de la cote, estimant que le groupe n’a pas besoin de faire appel au marché et donc de rester coté, d’autant plus s’il est chahuté. Si Arnaud Lagardère trouve des investisseurs amis pour le maintenir quoi qu’il arrive à la tête du groupe, il pourrait être tenté, rajoutent certains.

Le groupe Lagardère, dont la participation est en cours de réduction de 15% à 7,5%, représente les intérêts français dans EADS au sein de la Sogeade, holding où il est associé à l’Etat qui détient 15%. La Sogeade est liée par un pacte d’actionnaires au groupe allemand DaimlerChrysler qui détient 15% aux côtés d’investisseurs privés et publics allemands détenant 7,5%. Le reste du capital est coté en Bourse.

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