L'Etat prudent pour biocarburant, à fond sur nucléaire

Greendanger_080407a Le gouvernement lâcherait-il du leste sur les biocarburants, pour pouvoir rester ferme côté nucléaire ? Tel semble être le cas.

Il faut dire qu’en ces périodes de vaches maigres … les rentrées d’argent issues des taxes sur les produits pétroliers ne peuvent que faire du bien au budget de l’Etat.

Les biocarburants sont "une piste à explorer avec la plus grande prudence", a estimé jeudi Christian Frémont, directeur de cabinet du ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, lors de rencontres parlementaires sur l'énergie.

A l'occasion des débats préparatoires au Grenelle de l'environnement, "des ONG se sont élevées contre une généralisation de cette énergie, persuadées, et je pense qu'elles n'ont pas forcément tort", que si on développait les biocarburants "de manière anarchique, ce serait au détriment de la production alimentaire et des forêts", a déclaré M. Frémont.

Les biocarburants sont "une piste à explorer avec la plus grande prudence", a-t-il ajouté.

En revanche, M. Frémont a rappelé que le président de la République, Nicolas Sarkozy, avait affirmé en mai, en recevant les organisations non-gouvernementales du Grenelle, qu'il n'était "pas question de remettre en cause la politique nucléaire du pays, qui nous assure un confort et une sécurité en production d'électricité, et que nos voisins nous envient".

Il y a un "constat de désaccord" sur le nucléaire et les biocarburants entre les parties prenantes de la première étape du Grenelle de l'environnement, a affirmé la semaine dernière Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie.

Le Grenelle de l'Environnement doit déboucher sur des propositions "concrètes, financées et à la hauteur de la crise écologique", ce qui n'est pas le cas pour le moment, estime quant à elle l'Alliance pour la planète qui rassemblent 80 associations, dont Greenpeace et le WWF. Les blocages, selon la coalition, persistent sur des dossiers comme le nucléaire, les OGM ou l'agriculture.

Le réseau "Sortir du nucléaire" a ainsi appelé à manifester lors du "Grenelle de l'environnement", pour dénoncer "les déclarations de Nicolas Sarkozy à l'ONU et son accord nucléaire avec le dictateur libyen Kadhafi". Il déplore également le fait que le décret de construction du réacteur EPR, pris par l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin dix jours avant l'élection présidentielle, "n'ait même pas été suspendu le temps du Grenelle."

Les Verts s’inquiètent quant à eux "du mépris" avec lequel le gouvernement traite les citoyens et les associations de protection de l’environnement "quand l’alerte concernant le développement de l’industrie nucléaire est donné depuis des années, que 60% de l’opinion publique se dit défavorable à toute nouvelle installation nucléaire et que les associations spécialisées n’ont de cesse de montrer la nécessité d’un moratoire en la matière. "

Source : AFP, Reuters, les Verts, AP

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3 Commentaires

  1. 1

    Raymond Bonnaterre

    Le Grenelle de l’Environnement ressemble au Concile de Trente. On y parle de questions sans réponse. En 1550 c'était le sexe des anges qui divisait, maintenant la nouvelle question piège est la suivante: économise-t-on du Carbone en utilisant des biocarburants (ou agro carburants)? Puis vient le corollaire: va-t-on affamer la planète en utilisant les sols à des cultures non vivrières?

    Alors là, on est mal barré! Les scientifiques y vont de leur règles à calcul, les écolos germano-practins de leur obscurantisme "josébovélien" et le bon peuple regarde médusé le conflit grossir. Serait-ce une nouvelle affaire, comme la France en invente à tous les siècles ? Une nouvelle scission par rapport à laquelle, l'affaire Dreyfus paraîtrait comme une fine gaudriole et le Congrès de Tours comme un jamboree de scouts?

    En fait le problème à poser n'est pas celui-ci. La bonne question est la suivante: un paysan français peut-il vivre, lui et sa famille, en produisant des produits agricoles, base à l’élaboration de biocarburants?

    Si la réponse est oui et bien il en produira, c’est tout. Si la réponse est non, on entre alors dans un processus de subventions européennes ou françaises qui fait du contribuable, le gogo bien connu habituel.

    Quand on regarde l'évolution des cours du pétrole depuis 4 ans on voit qu'il s'accroît en moyenne de 8$ /baril /an. On peut donc avancer sans risque, l'affirmation suivante : un jour, proche, il deviendra très rentable de produire, sans aucune subvention, des cultures destinées à élaborer des biocarburants.

    Alors le problème pertinent qu'il faudra poser et résoudre sera le suivant: que faut-il faire pour que le bilan Carbone soit le plus positif possible? Utiliser des produits issus du génie génétique nécessitant peu d’irrigation et peu de traitements chimiques, décentraliser les usines de transformation au niveau local pour limiter les transports, etc.

    Quand aux cultures vivrières, on pourra peut-être, alors, arrêter de subventionner nos exportations et les pays pauvres, stimulés par des cours raisonnables, pourront, enfin, substituer leurs cultures aux nôtres.

  2. 2

    Servet

    Non, la question de la rentabilité, bien qu'elle ait son importance, n'est pas tout dans cette histoire.

    La folle croissance des cours mondiaux des denrées alimentaires, tout comme les bilans carbone relatifs de certaines production de biocarburants (une forêt est trois fois plus bénéfiques que le bioéthanol de ce point de vue) doivent nous interpeler, que l'on soit germano-practin, français moyen ou donneur de leçon.

  3. 3

    Anonyme

    Et pour repondre a Raymond, la vrai question c'est : va t-on laisser crever au nom de la croissance et de notre petit confort, les trois quart de la planete comme on l'a souvent fait par le passer (voir le tres bon livre "genocides tropicaux"). Des famines a 20 millions de morts au nom du libre echange, il en existe depuis 150 ans. Les trains pleins de cereales passaient sous le nez et surtout l'estomac de millions d'indiens en 1880, direction l'angleterre, pour alimenter les millions d'ouvriers ahurris de travail. C'etait plus rentable?!!!!
    A qui? au capital! Alors la question de la rentablilite est tres exactement la mauvaise question.
    Une fois de plus (theoreme de Nach, indestructible puisque purement mathematique, contrairement a des theories genre "main invisible"), on va tous jouer solo (est-ce rentable pour moi) et on va tous perdre!
    Un paysan va se lancer, puis deux puis trois, le marche va se former, la consommation exploser, on va donc justifier a posteriori la destruction de millions d'hectares de forets et terres arables, donc les millions de morts qui vont de pair et l'aggravation sans precedent du rechauffement climatique.
    Puis il faut bien dire le ridicule des biocarburant, c'est qu'il faut une surface plus importante que celle de la france pour palier a la consommation actuelle! Finalement pas vraiment la bonne solution quoi qu'il en soit, non?

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