Céréales: la Russie va limiter ses exportations face à la flambée des cours

Russia_grain Voilà qui ne va pas apaiser la flambée actuelle des cours des céréales. La Russie envisage de décréter des restrictions sur les exportations de grain dès cet automne, a déclaré mardi, Ilia Klebanov, le représentant plénipotentiaire du président de la Région fédérale du Nord-Ouest.

"En octobre-novembre, des restrictions seront décrétées, ce qui ne signifie pas une interdiction totale des exportations de céréales", a-t-il indiqué intervenant lors d'une réunion à Veliki Novgorod mardi.

La Russie emboite ainsi le pas au Kazakstan. Alors que les prix des denrées de première nécessité ne cessent d’augmenter en Asie centrale, le gouvernement Kazakhe – principal fournisseur de céréales de la région – a décidé de contrôler ses exportations et de lutter contre la hausse des prix pratiqués à l’échelle nationale.

Selon Ilia Klebanov, le gouvernement russe prépare des interventions céréalières en puisant dans ses stocks stratégiques de grain. Ces mesures, a poursuivi M. Klebanov, seront "une réponse de la Russie" à la hausse des cours céréaliers dans le monde. "L'Etat est tenu à créer des conditions de vie pour les couches démunies", a expliqué le représentant présidentiel.

M. Klebanov estime que cette mesure entraîne des corrections dans les cours céréaliers en Russie, mais, d'après lui, il ne faut pas compter sur un effet durable. "Si les cours céréaliers sont en hausse dans le monde entier, cela ne pourra pas ne pas se répercuter sur les prix intérieurs", a-t-il ajouté.

En juin et en juillet, les prix sur le marché interne russe ont augmenté en valeur glissante sur un an de 1,7% et de 5,2% respectivement, selon le ministère russe du Développement économique, alors que les marchés internationaux progressaient de 20%, selon lui.

En mai et en juin, la Russie a connu une forte sécheresse dans ses principaux greniers, dont le Kouban, la Volga et la Zone des Terres noires et qui a détruit entre 30% et 50% de la future récolte. Pourtant, la récolte globale russe pourrait s'élever cette année à 85 millions de tonnes, grâce à l'Oural et la Sibérie, contre 77,9 millions de tonnes en 2006 et 78,2 millions de tonnes en 2005. Cette année, le potentiel d'exportation serait d'environ 10 millions de tonnes.

La réduction des exportations russes de blé compliquera la situation dans les pays voisins, surtout en Asie Centrale, estiment les experts de la région. Au Tadjikistan, le prix du pain a sextuplé depuis juillet. La république importe 60% de blé et de farine de Russie et du Kazakhstan, si la Russie réduit ses exportations, le Tadjikistan risque de faire face à un déficit de blé.

Au cours des huit premiers mois de l’année 2007, le volume total des exportations de farine du Kazakhstan s’élevait à 975 000 tonnes, soit une augmentation de plus de 50% en glissement annuel. Les exportations de farine ont presque quadruplé depuis 2002, avec plus d’un million de tonnes exportées en 2006.

Outre la hausse des prix pratiqués à l’échelle nationale, qui constitue une préoccupation nationale, le gouvernement du Kazakhstan a décidé de contrôler les exportations de céréales en introduisant un système de licences. L’application de cette mesure a ralenti les exportations et les Etats voisins en ont pâti.  Ainsi, des manifestations sporadiques ont été signalées en Ouzbékistan, tandis les gouvernements ont pris des mesures pour tenter d’endiguer la spirale inflationniste.

Au Kirghizistan, par exemple, le prix du pain aurait augmenté de 50 % au cours des derniers mois. Pour stabiliser les prix, les autorités ont créé un conseil national de la sécurité alimentaire et accordé des avantages fiscaux aux petites entreprises commercialisant des produits de boulangerie. Le Kirghizistan dépend de plus en plus des importations de céréales pour couvrir ses besoins, sa production nationale ayant chuté de 20 % depuis l’année 2000.

Pays producteur de pétrole, le Kazakhstan – dont le produit intérieur brut (PIB) par habitant était de 5 100 dollars fin 2006, selon le ministère de l’Economie – est mieux placé pour faire face à la situation, les autres Etats étant plus vulnérables. Au Tadjikistan, par exemple, environ 64 %de la population vit en deçà du seuil de pauvreté, contre quelque 30% en Ouzbékistan et 40 %au Kirghizistan.

Selon certains analystes, les manifestations publiques semblables à celles qui ont eu lieu ces dernières semaines en Ouzbékistan pourraient déborder sur d’autres Etats.

« Le Tadjikistan et le Kirghizistan sont plus exposés aux manifestations publiques parce que c’est dans ces deux pays que l’augmentation du prix du pain a été la plus forte, après la hausse des coûts des céréales importées du Kazakhstan et de la Russie », font remarquer les analystes.

Une manière pour la Russie de voir "revenir" à elle les brebis égarées de l'ex-Union soviétique ?

Sources : Ria Novosti, www.irinnews.org

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1 Commentaire

  1. 1

    Algerino

    Beh voila c'est l'Algérie, un des plus gros importateur mondiaux de blé qui va subir les tensions sur le marché...Dire qu'a une epoque le pays fournissait du pays à l'Europe...

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