La Commission européenne a proposé jeudi de supprimer les jachères obligatoires pour les semis de céréales de l'automne 2007 et du printemps 2008, afin de répondre à la hausse "historique" des prix, liée à une mauvaise récolte et au boom des agro-carburants.
Selon les estimations de la Commission, l'abandon des jachères obligatoires, imposées depuis 1992 pour juguler les excédents, permettrait de produire au moins 10 millions de tonnes supplémentaires l'an prochain.
La proposition de la Commission va être soumise aux ministres de l'Agriculture des 27 réunis à la fin du mois de septembre.
Cette décision a été prise en réaction à la situation de plus en plus tendue sur le marché des céréales. Dans les vingt-sept États membres de l'Union européenne, une récolte 2006 moins importante que prévu (265,5 millions de tonnes) a entraîné des tensions dans l'approvisionnement vers la fin de la campagne de commercialisation 2006/2007 et une hausse historique des prix. Les stocks d'intervention ont fondu, passant de 14 millions de tonnes au début de la campagne 2006/2007 à environ 1 million de tonnes aujourd'hui, et sont principalement constitués de maïs détenu en Hongrie.
"Les prix des céréales ont atteint des sommets historiques, les tensions dans l'approvisionnement n'ont cessé de s'exacerber", a ainsi argumenté la commissaire à l'agriculture, Mariann Fischer Boel. "En cas de mauvaise récolte 2008, si 10% des terres restent en jachère, le marché intérieur sera exposé à des dangers potentiellement graves".
Les terres actuellement concernées par la mise en jachère obligatoire dans l'Union européenne représentent une superficie de 3,8 millions d'hectares. Si le taux de mise en jachère obligatoire était ramené à 0 %, on estime qu'entre 1,6 et 2,9 millions d'hectares pourraient être à nouveau consacrés à la production agricole. Compte tenu des rendements moyens, quelque 10 millions de tonnes de céréales supplémentaires pourraient ainsi être mises sur le marché. À supposer que les agriculteurs choisissent de consacrer un maximum de terres à la production céréalière, au détriment d'autres cultures, comme les oléagineux, cette quantité pourrait même atteindre 17 millions de tonnes.
L'avenir du système de mise en jachère obligatoire fera partie du débat qui sera lancé en novembre par la communication sur le «bilan de santé de la Politique Agricole Commune». La fixation d'un taux nul n'oblige pas les agriculteurs à cultiver leurs terres. Ils peuvent, s'ils le souhaitent, les maintenir en jachère et continuer de mettre en oeuvre des programmes en faveur de l'environnement.
Selon les spécialistes européens, les besoins en céréales seraient tels qu'il faudrait augmenter la production de près de 40% à l'échelle de la planète pour pouvoir satisfaire les besoins au cours des 20 prochaines années. Situation due, en grande partie, à l'utilisation croissante des parcelles cultivables pour satisfaire une demande en bio-éthanol qui est en pleine explosion. Signe des temps, cette nouvelle demande prend de telles proportions que les cours des céréales, comme le riz, le maïs et le blé, sont en pleine explosion. Au détriment bien évidemment des produits alimentaires de base comme le pain, la farine ou les pâtes, dont les prix explosent de concert.
Michel Barnier, le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, s'est félicité d'une telle décision. Interviewé sur RMC le 10 septembre, le ministre avait alors précisé sur ce point : « Les prix augmentent parce qu'il y a une tension et les produits deviennent rares dans un monde qui est de plus en plus peuplé. Il va falloir doubler la production et l'offre de nourritures et de productions, pour pouvoir nourrir cette population, avec, des habitudes alimentaires qui changent. Il y a des changements dans les cultures et donc dans les espaces cultivés considérables. Ça c'est la première tendance très lourde et durable.
L'autre tendance durable c'est qu'il n'y a plus de stock ; enfin, nous avons une offre insuffisante par rapport à la demande et il n'y a pas assez de produits. La vocation principale des agriculteurs à savoir de produire pour nourrir retrouve une nouvelle justification. C'est-à-dire comment produire autrement qu'il y a cinquante ans, en tenant compte davantage ou plus scrupuleusement de l'environnement et de la sécurité alimentaire ».
De leur côté, les écologistes critiquent ouvertement une telle décision. Selon eux en effet, les jachères sont indispensables au renouvellement de la biodiversité. Ce en quoi le Michel Barnier leur répond que, sur les très grandes surfaces en France qui étaient bloquées selon le principe du jachère, «on va garder les jachères à dessein des bio diversités pour l'écologie mais on va remettre en culture pour produire davantage. C'est une manière de faire baisser la pression sur les prix. Ça ne suffira pas sans doute, puisque cette tendance à l'augmentation est aggravée par des phénomènes conjoncturels par exemple la sécheresse en Australie, les phénomènes climatiques en Ukraine, qui sont de grands pays producteurs et qui produisent moins. Du coup la tension est encore plus forte ».
Sources : Rtl.be, Commission Européenne, planetemag.fr
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3 Commentaires
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Ce qui ne sera pas payé à la pompe sera payé dans l'assiette.
15 septembre 2007 à 08:51Le biocarburant au détriment des cultures vivrières est une erreur tragique. Il faut arrêter les fantasmes écolo néo-malthusiens et écouter un peu plus les économistes et les scientifiques.
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All ! si tout le monde pouvait vous écouter !!
15 septembre 2007 à 12:403
enfin des cours qui permettent de vivre dignement , d'investir normalement comme tte entreprise et de ne plus être des assistés ... pk pas un smic a 5 euros de l'heure le reste étant pris en charge par l'europe .. c'est ce a quoi l'agriculture a été confrontée .
15 septembre 2007 à 13:33Ajoutez un commentaire
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