Faisant fi des critiques et remarques parfois ironiques de ses partenaires français, doutant de la capacités de l'énergie éolienne à pouvoir satisfaire les besoins énergétiques d'un pays, l'Allemagne reste de marbre et semble même vouloir s'engager un peu plus dans ce domaine.
Le quotidien allemand Handelsblatt rapportait ainsi vendredi que le ministre allemand de l'Environnement Sigmar Gabriel est prêt à donner un coup de pouce financier plus important que prévu à l'essor de parcs éoliens situés en pleine mer (offshore).
Selon l'ébauche d'une loi du ministère social-démocrate que s'est procuré le journal, l'électricité issue des champs éoliens offshore pourrait être subventionnée à hauteur de 11 à 15 centimes d'euros par kilowattheure. Cette aide serait accordée à toutes les éoliennes mises en service d'ici fin 2012, poursuit le Handelsblatt. A partir de 2013, cette subvention baisserait de 5% par an. Jusqu'à présent, une aide moins importante était prévue, de 9 centimes pour les éoliennes mises en service au plus tard en 2008.
Cette proposition répondrait aux attentes de la branche qui réclamait une subvention de 14 centimes par kilowattheure, mais elle ne croit pas à un prolongement des aides jusqu'en 2012.
"Ce projet va dans le bon sens, mais ne va pas assez loin à certains égards. Nous avons besoin de perspectives sur le long terme. Sinon, il sera plus intéressant pour les investisseurs d'aller en Grande-Bretagne, au Danemark ou en Suède", avertit Rainer Heinsohn, président de la Fédération du secteur, dans le Handelsblatt.
Le Ministère fédéral de l'environnement (BMU) a lancé le 7 septembre dernier un programme de 50 millions d'euros pour la recherche sur l'éolien en mer. Un futur parc éolien de démonstration accueillant 12 machines de 5MW doit être construit en mer du nord à 45 km au large de Borkum.
L'adaptabilité des machines au milieu marin y sera testée, de nouvelles technologies de mesure du vent expérimentées et les conditions d'écoulement sur site étudiées. Autres axes de recherche : l'injection d'électricité sur le réseau et les contraintes exercées par le vent et les vagues sur les éoliennes.
1,15 millions d'euros ont été alloués à l'Institut pour les techniques solaires de production d'énergie (ISET) afin de coordonner les recherches de ce programme. L'ISET travaille en collaboration avec l'exploitant du site expérimental (DOTI), les constructeurs éoliens Repower et Multibrid et l'Institut de recherche allemand sur l'énergie éolienne DEWI.
L'Allemagne, longtemps à la traîne dans le domaine des éoliennes offshore, s'est fixée comme objectif de produire d'ici 2020 - comme en ont décidé les 27 de l'Union européenne - 20% de son énergie grâce aux énergies renouvelables. Jusqu’à présent, le développement de l’énergie éolienne s’est principalement déroulé sur la terre ferme. Fin 2006, les parcs éoliens offshores représentaient 1,8 % de la capacité totale d’énergie éolienne totale installée, générant 3,3 % de l’énergie éolienne européenne.
Reste tout de même à déterminer la réelle rentabilité de l'éolien si on fait fi des subventions ...
Le 4 décembre prochain, plus de 1000 représentants de l’industrie de l’éolien offshore, de décideurs politiques et de spécialistes de l’énergie vont se rassembler pour explorer et discuter du futur de l’énergie éolienne offshore au cours d’une conférence paneuropéenne de trois jours consacrée uniquement à cette technologie. Organisée par l’Association européenne de l’énergie éolienne (EWEA), la Conférence-exposition (EOW2007) débattra du futur du développement offshore en Europe et s’intéressera aux obstacles qui empêchent son exploitation à son plein potentiel.
Sigmar Gabriel, Ministre allemand de l’environnement, a salué favorablement la décision d’organiser cet événement à Berlin, déclarant "l’Allemagne est le leader mondial du développement de l’énergie éolienne sur terre ferme. Au cours des prochaines années, nous voulons poursuivre ce développement offshore."
Maud Olofsson, Ministre suédoise des entreprises et de l’énergie, y voit également « une grande nécessité de développer une technologie offshore de façon à exploiter au mieux son potentiel en tant que source d’énergie économique et à grande échelle. »
En tant qu’industrie émergente, l’énergie éolienne offshore comporte des exigences de développement industrielles et politiques particulières. La vision de l’industrie, les conditions politiques requises, les obstacles de la recherche-développement et de la technique seront les thèmes principaux des discussions initiées lors de la Conférence.
Sources : AFP, www.bulletins-electroniques.com , boursonews
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8 Commentaires
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"Ce projet va dans le bon sens, mais ne va pas assez loin à certains égards. Nous avons besoin de perspectives sur le long terme. Sinon, il sera plus intéressant pour les investisseurs d'aller en Grande-Bretagne, au Danemark ou en Suède", avertit Rainer Heinsohn, président de la Fédération du secteur, dans le Handelsblatt.
Les chasseurs de prime n'ont "rien à cirer" de la pertinence de leur technologie, ce qui les intéresse c'est la prime au kWh. Cela semble assez malsain.
Quand à Gabriel, Mme Merkel lui a demandé de participer à l'élaboration d'un nouveau plan de réduction des émissions de CO2 en Allemagne, après l'augmentation inattendue de 2006. Aux dernières nouvelles, il réfléchit toujours. Si l'hiver est précoce, les résultats 2007 ne devraient pas être terribles. A suivre
14 octobre 2007 à 09:502
A lire :
http://www.terredebrut.org/article-13041515.html
14 octobre 2007 à 11:233
Pendant ce temps, EDF a lancé un programme pour installer 5.000 MW supplémentaires en France d'ici 2012.
GE Energy a reçu une commande de 530 millions d'euros d'EDF pour la fourniture de six turbines à gaz (de 450 MW chacune).
D'autres commandes de turbines à gaz viennent d'être signées par GDF et Endesa avec Alstom pour augmenter la production d'électricité d'origine gazière en France. Le vrai défi est de s'adapter à la consommation en particulier aux heures de pointe où le coût horaire de l'électricité peut exploser.
« Aujourd'hui, la bataille entre les turbiniers fait rage. Mais c'est moins le coût unitaire de la machine qui compte - tout le monde se tient dans un mouchoir de poche - que les qualités de rendement », commente un spécialiste du secteur. « Parmi les points techniques, la flexibilité se révèle un facteur clé : les opérateurs réclament en effet des installations capables de démarrer très rapidement pour s'adapter aux variations de la consommation ».
Pour l'heure, les plans de charge des quatre Majors - Alstom, GE, Mitsubishi et Siemens - se révèlent très fournis, avec des carnets de commandes pleins en moyenne pour les deux années à venir.
http://www.lefigaro.fr/actubourse/20071009.FIG000000138_energie_la_guerre_des_turbines_fait_rage.html
Depuis 2 ans, La commission européenne a lancé des enquêtes contre les pratiques anti-concurrentielles des grandes sociétés fournisseurs d'énergie et obtient ses premiers résultats dans le secteur de la fourniture de gaz.
http://www.romandie.com/infos/news2/071011120352.0stms455.asp
14 octobre 2007 à 11:344
La Russie prête à interdire le gaspillage du gaz
Chaque année, on estime à 150 milliards de mètres cubes la quantité de gaz brûlée pour rien lors de l'extraction du pétrole.
Le gaz associé, extrait en même temps que le pétrole, est la plupart du temps consumé sur place, alors qu'il pourrait être valorisé.
Ce gaz gaspillé pourrait répondre à l'ensemble de la consommation de la France et de l'Allemagne réunies. L'interdiction des "torchères" permettrait surtout de répondre à 15% de nos engagements en terme de réduction des émissions de CO2.
C''est ce que vient de décider le vice-premier ministre par interim, Sergueï Ivanov. Celui-ci a décrété que le gaz associé au pétrole ne devrait plus être torché :
"Nous ne laisserons personne brûler du gaz associé, du moins en Russie. La décision a déjà été prise", a-t-il déclaré.
"Nous ne sommes pas encore assez riches pour nous permettre un tel luxe, sans parler des questions d'environnement"
La région de Khanty-Mansiisk, en Sibérie, représente à elle seule de 7,3 à 7,6 milliards de mètres cubes de gaz associés par an réduits en torchères, avoue Alexandre Filippenko, gouverneur de la région.
Il estime que si quelques compagnies montrent de la bonne volonté et valorisent déjà ce gaz, elles restent encore marginales.
http://www.enerzine.com/12/3091+La-Russie-prete-a-interdire-le-gaspillage-du-gaz+.html
14 octobre 2007 à 11:565
Ceci ne fait que renforcer le lobby de l'éolien avec l'aide des fonds publics ; des commerciaux sillonnent la campagne française pour vendre des éoliennes chinoises avec des arguments fallacieux comme en un autre temps on plaçait de l'emprunt russe.
14 octobre 2007 à 11:56Une fois pour toutes cette technologie (moulin à vent+dynamo)est obsolète. Le rendement (20 %) est médiocre. Que ceux qui croient en l'éolien laissent faire le marché et arrêtent de sucer des subventions.
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je ne suis même pas sur que les éoliennes installées à Avignonnet Lauragais suffisent à répondre aux besoisn énergétiques de la ville elle -même
Quid aussi de ces éoliennes installées depuis peuentre Toulouse et Narbonne , de telles manières qu'elles soient hyper visibles de l'autoroute , à la limite du dangereux même puis que'on roule avec une éolienne en face de nous , de manière quasi hypnotisante
14 octobre 2007 à 14:55Plus de la pub pour l'éolien qu'autre chose, le secteur ne semble "tenir" que par des subventions.
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"« Parmi les points techniques, la flexibilité se révèle un facteur clé : les opérateurs réclament en effet des installations capables de démarrer très rapidement pour s'adapter aux variations de la consommation ».
14 octobre 2007 à 14:56C'est en effet l'élément primordial !
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Les principaux fabricants d'éoliens vendus en Europe sont américains, dannois, allemands, espagnols et indiens.
http://www.thewindpower.net/37-eoliennes-constructeurs.php
En France, le "marché" de l'électricité est toujours très largement controlé par EDF. On voit bien que la légère "ouverture" à la concurrence favorise la réalisation de centrales à gaz (par EDF et ses concurrents). EDF a toujours voulu tuer dans l'oeuf tout projet d'éoliens en France. En Angleterre et aux USA, le marché qui est beaucoup plus ouvert à la concurrence permet le développement de l'éolien. Et même EDF en fait via sa filiale EDF EN qui chasse aussi les "primes" mais qui pourtant ne réussit pas à s'installer en Allemagne. Pourtant en France, EDF aime bien les rentes de situation et pousse au gaspillage énergétique de l'électricité avec le chauffage électrique.
http://www.edf-energies-nouvelles.com/result_news.asp#
En Allemagne, le choix est plus politique car ce pays est moins pourvu en vents que la France. Cela n'empèche pas l'Allemagne d'être le premier producteur d'électricité éolienne au monde malgré son potentiel beaucoup plus faible qu'en France et avec de l'éolien principalement terrestre. L'éolien offshore atteint 50% de rendement.
AREVA qui a récemment essayé de racheter le principal fabricant d'éolien allemand REPower.
On pourrait aussi parler du rendement des centrales nucléaires la nuit car elles sont au ralenti voire à l'arrêt ce qui est aussi très couteux et ces cycles usent fortement les réacteurs et les circuits. Quand à l'été, la plupart sont arrétées.
Un petit comparatif des coûts selon l'ADEME en 2002 :
2,7 centimes d’euros pour le kWh
nucléaire (chiffre de l'ADEME largement sujet à caution même dans le lobby nucléaire).
3,5 centimes d’euros pour le
kWh gaz (centrales à cycle combiné) malgré la hausse continue des tarifs de gaz. On comprend mieux certains investissements dans ce secteur.
5,6 centimes d’euros pour le kWh
éolien (à comparer au cout final payé par l'utilisateur de 7 à 10 centimes).
http://archive.suivi-eolien.com/francais/DocsPDF/Feconomie.pdf
EDF évalue la baisse du kWh éolien à 3,3% par an en raison des progès techniques.
Dans 20 ans, le cout de l'éolien sera donc inférieur à celui du nucléaire officiel.
Dès 2004, le ministère de l'industrie envisageait une montée rapide de l'éolien en France d'ici 2020 et en se basant sur les couts énergétiques de 2004 (30$ le baril, le charbon et le gaz quasi stable).
http://www.industrie.gouv.fr/energie/prospect/pdf/scenario-2004.pdf
Ce rapport estimait aussi à 38.4 TWh/an la production éolienne et solaire dès 2020. Les écologiqtes parlent de 200 Twh/an avec une politique beaucoup plus volontariste comme en Allemagne.
14 octobre 2007 à 15:52http://www.espace-eolien.fr/Eolien/200twh.htm
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