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Chirac défend le nucléaire devant les 27 membres de l'UE

Arevalauvergeon_chirac Alors que les 27 membres de l'Union Européenne sont réunis jeudi et vendredi à Bruxelles, le président français Jacques Chirac a déclaré qu'il "approuvait la fixation d'un objectif contraignant" de porter les énergies renouvelables à 20% mais a insisté sur la nécessité de tenir compte de "la place des autres énergies non carbonées", donc du nucléaire, contre le réchauffement climatique.

Que l'on le veuille ou non, il est clair que l'indépendance énergétique de la France – et notamment vis à vis de la Russie – passe par le nucléaire. Ainsi, si tant Ségolène Royal que Dominique Voynet militent pour la fermeture de la centrale de Fessenheim en Alsace ... il ne faut pas oublier que cette dernière fournit 85 % de l'énergie nécessaire à la région.

Jacques Chirac a approuvé la fixation d'un objectif contraignant européen pour les énergies renouvelables de 20% de la consommation totale - position défendue par la présidence allemande – dans la mesure où il sera tenu compte du nucléaire au niveau national.

Les 27 sont d'accord pour réduire leurs émissions de C02 d'au moins 20% en 2020 mais sont divisés sur le recours au nucléaire, une énergie qui représente tout de même la bagatelle de 41% du bouquet énergétique français.

En contrepartie, M. Chirac a demandé que, "à tout le moins, la répartition de l'effort sur les renouvelables tienne compte de la place des autres énergies faiblement carbonées - nucléaire et charbon propre - dans nos choix énergétiques nationaux".

Le président français a affirmé que les énergies renouvelables "ne constituaient qu'une réponse partielle au problème" et qu'il faudrait recourir aux autres sources d'énergie dont la production entraîne peu d'émissions de CO2, comme le nucléaire ou le charbon propre, pour atteindre les objectifs de réduction des gaz à effet de serre. Il a souligné que la France, grâce au nucléaire, émet "un tiers de CO2 en moins que l'Allemagne par point de PNB".

"Dès lors, le plus cohérent serait que nous nous fixions collectivement un objectif ambitieux pour la part des énergies faiblement carbonées en Europe". M. Chirac a aussi souhaité que la mise en oeuvre d'une "taxe extérieure carbone" soit examinée afin de "lutter contre le dumping environnemental des pays qui refuseraient de s'engager réellement dans la lutte contre le réchauffement au-delà de 2012".

L'énergie nucléaire représente 70% de la production d'électricité française et constitue un choix stratégique. La Commission européenne a abondé dans le même sens. "Quand nous disons 20%, cela ne signifie pas 20% pour chaque pays", a expliqué son président José Manuel Barroso. "Chaque pays est différent, tous les pays ont des points de départ différents, des conditions différentes." Reste à savoir si cette concession sera acceptable par les alliés de la France, essentiellement des pays de l'Est qui voudraient éviter de se voir imposer un objectif contraignant en matière d'énergie renouvelable, lequel induit des coûts importants. Les autres pays, Allemagne en tête, devront également accepter de différencier la situation selon les pays et de reconnaître indirectement l'importance du nucléaire, alors que jusqu'à présent ils voulaient partager équitablement la charge.

Angela Merkel, qui préside pour l'instant l'UE défend la prise en compte de cet objectif contraignant, en vue – dit-elle - d'inciter les industriels à produire en masse des équipements pour réduire le coût de production. "L'Europe voudrait montrer la voie, parce que nous pensons qu'avec la technologie et l'innovation nous pouvons aussi créer de l'emploi, des emplois modernes", a-t-elle expliqué.

Pour le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, l'Union européenne doit se montrer ambitieuse pour convaincre les Etats-Unis, principaux pollueurs du monde, et la Chine, qui les suit, à prendre le réchauffement climatique au sérieux.

Pour rappel, c'est lors du premier choc pétrolier de 1973 que la France a pris pleinement conscience de sa dépendance en matière énergétique. En réaction, le gouvernement a pris alors la décision de développer le nucléaire, garantie, entre autres, d'une plus grande autonomie.

L'énergie nucléaire représente désormais environ 17 % de la production mondiale d'électricité, soit à peu près autant que l'hydroélectricité, 50 % de la production restant du thermique à flamme.
En 2002, plus du quart des 359 000 MW nucléaires installés dans le monde l'étaient aux Etats-Unis. La France, avec ses 63 000 MW, représentait environ 17 % de la production internationale.
Dans l'Union européenne, 35 % de l'électricité est d'origine nucléaire, ce qui évite le rejet dans l'atmosphère de 300 millions de tonnes de CO2.

Sources : AFP, EDF, Reuters

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Commentaires

Francis

9 mar 2007 17:41:22

Toujours étonné qu'on ne parle pas de la distribution !
Des vieux réseaux "perdent", "dissipent" fréquemment 50% de l'énergie (ma ville)... comme d'autres (eau).
Existe t'il une étude globale indépendante ?
Malheureusement les investissements de rénovation dans de vieilles zones urbanisées sont difficiles et non rentables à court terme.
La pollution électrique par déperdition n'est pas populaire non plus.


Elisabeth

9 mar 2007 17:45:53

Impressionnant vos chiffres !

une étude globale indépendante :je doute mais je peux chercher .


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