Suez et GDF : fusion dans le gaz

Suezgdfcirelli_mestralletC'est fait ! Le dossier qui avait fait couler beaucoup d'encre et courir beaucoup de souris s'est désormais concrétisé !

Les conseils d'administration de Gaz de France et de Suez ont approuvé le projet de fusion créant un nouveau géant européen de l'énergie sous l'égide de l'Etat français, qui revendique un "pouvoir de direction".

Les administrateurs des groupes privé Suez et public Gaz de France ont donné leur accord dimanche soir pour une fusion entre les deux entreprises, sur la base d'un nouveau schéma négocié ces derniers jours avec l'Elysée.

Le conseil d'administration de Gaz de France a voté en faveur de la fusion des deux groupes, à l'exception des représentants des salariés qui ont voté contre. "Il y a eu un vote. Tous les administrateurs ont voté pour le nouveau schéma de fusion, sauf les organisations syndicales", moins un absent, a-t-il été rapporté à l'AFP. . Chez GDF, beaucoup d'administrateurs, y compris non salariés, se sont interrogés sur les modalités "financières" du nouvel ensemble.

Le conseil de GDF a duré plus longtemps que celui de Suez. Il s'est terminé vers 22H00, tandis que celui de Suez – constitué de 2 administrateurs non salariés et 6 salariés - s'était achevé peu après 20H30. Le conseil d'administration de Suez a donné son accord à la fusion des deux groupes, a indiqué un des participants.

Les détails de l'accord seront rendus publics par un communiqué lundi en début de matinée, avant l'ouverture de la Bourse. Une conférence de presse est prévue dans la journée. Selon une source proche des administrateurs salariés de GDF, le vote porte sur une orientation. "Mais c'est un processus complexe qui s'ouvre. Il pourrait durer un an", a-t-on dit. Aucun commentaire n'a pu être obtenu des deux entreprises.

Le groupe ainsi constitué, baptisé GDF-Suez, sera détenu à plus de 34% par l'Etat. Le chiffre exact sera fourni lundi matin avant l'ouverture de la Bourse dans un communiqué recensant tous les détails de l'accord.

Intervenant sur RTL, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a souligné que l'opération déboucherait de facto sur la privatisation de GDF, dont l'Etat détient près de 80% du capital, mais que la puissance publique serait de loin le premier actionnaire du nouveau groupe et aurait un "pouvoir de direction".

Claude Guéant comme la ministre de l'Economie et des Finances, Christine Lagarde, se sont refusé à préciser le niveau exact de participation de l'Etat, la ministre indiquant seulement qu'il serait "clairement supérieur à la minorité de blocage" de 33,3%. Des sources syndicales ont évoqué un niveau situé entre 34% et 40%.

Outre le niveau de la participation de l'Etat, l'autre élément essentiel est la scission des activités environnement (eau et propreté) de Suez conformément à ce qu'avait exigé le chef de l'Etat pour donner son feu vert. Une filiale sera introduite en Bourse au moment où la fusion GDF-Suez sera effective et les actionnaires de Suez recevront des titres de la nouvelle entité, qui sera détenue à hauteur de 34% à 35% par le nouveau groupe GDF-Suez.

Les syndicats ont d'ores et déjà critiqué l'opération. Si la CGT a redit son opposition à cette privatisation de GDF, la CFDT a reproché au président de la République, Nicolas Sarkozy, d'avoir repris le projet du groupe italien Enel, qui avait envisagé, début 2006, une OPA sur Suez suivie d'un démantèlement, le pôle environnement (eau, propreté) étant alors promis à Veolia Environnement. Claude Guéant a clairement souligné que cette activité historique de Suez, qui emploie 60.000 personnes, n'était pas prioritaire. "L'Etat n'a pas directement ou indirectement vocation à devenir actionnaire d'une entreprise d'environnement (...) ce qui est stratégique, c'est l'énergie".

Le P-DG de Suez, Gérard Mestrallet, a rencontré dimanche les élus au comité de groupe ainsi que d'autres représentants du personnel. "Il s'est efforcé de donner des garanties sur la présence du groupe GDF-Suez dans la filiale environnement", a-t-on dit de source syndicale.

Selon un responsable syndical, il a assuré qu'Areva, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et Crédit Agricole - qui détiennent respectivement 2,2%, 2,8% et 3,4% de Suez - seraient au capital. "Il a indiqué que le nouveau groupe GDF-Suez et ses alliés auraient 48% du capital". "Ces grands actionnaires envisagent un pacte dont la durée n'est pas encore fixée pour montrer leur attachement à ce pôle environnement. Cela permettrait aussi de montrer aux salariés qu'on ne va pas laisser l'entreprise être mangée par quelqu'un d'autre", a-t-on souligné de source proche du dossier.

L'intervention de Nicolas Sarkozy dans le dossier a eu pour effet de rééquilibrer l'accord en faveur de Gaz de France.

Annoncé à la hâte en février 2006 par le Premier ministre Dominique de Villepin, le projet de fusion GDF-Suez s'est heurté à de multiples considérations tant politiques que financières, l'évolution des cours de Bourse des deux groupes rendant impossible de maintenir la parité d'une action GDF pour une action Suez (après versement préalable d'un dividende exceptionnel d'un euro par action Suez) prévue à l'origine.

Les capitalisations boursières actuelles sont largement en faveur de Suez - 54,1 milliards d'euros contre 36,2 milliards - mais la scission des activités environnement, valorisées entre 18 et 20 milliards d'euros, permettra d'équilibrer le schéma.

"Tout cela se fait sans que l'Etat ni Gaz de France n'ait un centime à débourser", a souligné Claude Guéant.

Le nouveau groupe aura des positions fortes dans l'électricité en Belgique et dans une moindre mesure en France et sera l'un des leaders mondiaux du gaz naturel liquéfié (GNL). Il devrait se situer derrière EDF dans le top trois européen de l'énergie, qui est complété par l'allemand E.ON.

Sources : Reuters, AFP

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2 Commentaires

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    Demantelement Suez

    Fusion GDF-Suez: la CFDT déplore le "démantèlement" de Suez
    AFP 02.09.07 | 23h07

    La fédération CFDT de l'Energie a déploré dimanche le "démantèlement" du groupe Suez, qui doit se séparer de sa branche environnement pour fusionner avec GDF. Le groupe italien "Enel l'a rêvé, Sarko l'a fait", estime la fédération syndicale dans un communiqué.

    Le projet de fusion entre Suez et Gaz de France avait été lancé en février 2006 par le précédent gouvernement pour protéger Suez d'un éventuel rachat par Enel. En 2006, "le gouvernement proposait de fusionner les deux groupes intégrés pour éviter l'OPA hostile d'Enel afin de préserver Suez d'un démantèlement de sa branche environnement. En reprenant à son compte le projet italien, l'Elysée contraint aujourd'hui Suez à la scission de Suez Environnement du reste du groupe". "Ce projet rassure les actionnaires, mais ne garantit en rien l'avenir des salariés.

    Et ce sont ainsi quelques 60.000 salariés qui seront en suspens", déplore la CFDT. Le syndicat rappelle qu'il est favorable à un rapprochement entre les deux groupes mais reste en "désaccord" sur le projet proposé.

    Le nouvel accord prévoit la séparation du pôle environnement de Suez, qui restera sous contrôle du groupe fusionné, dans lequel l'Etat détiendra une minorité de blocage de 34%.

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    Privatisation

    Fusion avec Suez: "Oui, ce sera une privatisation" de GDF (Guéant)
    PARIS, 2 sept 2007 (AFP)
    Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, a reconnu dimanche au grand Jury RTL-Le Figaro-LCI qu'une fusion GDF-Suez sera de facto "une privatisation" du groupe gazier public, mais "une privatisation dans laquelle l'Etat est le premier actionnaire, et de loin".

    Comme on lui faisait observer que ce projet correspond à une privatisation de Gaz de France, il a répondu: "Oui, c'est vrai".

    "Mais je fais observer que c'est une privatisation dans laquelle l'Etat est le premier actionnaire, et de loin", a ajouté M. Guéant. "C'est une structure privée, une gestion privée", a-t-il ensuite admis

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