La nouvelle saga de la rentrée devrait être "l’affaire" de la fusion SUEZ-GDF. En tout cas, c’est bien parti pour…
Alors que les annonces se suivent, sans forcement se ressembler sur le dossier, certains s’étonnent au contraire du mutisme de la Communauté Européenne sur le sujet.
Un porte-parole de la Commission européenne s'est refusé jeudi à tout commentaire sur la demande déposée par Suez et Gaz de France d'une prolongation du délai fixé par Bruxelles pour certaines conditions posées à leur projet de fusion. Jonathan Todd, porte-parole de l'exécutif européen pour les questions de concurrence, a déclaré que la Commission ne faisait jamais de commentaire sur ce type d'échéances. Il s'est refusé à confirmer que Suez et GDF avaient jusqu'à ce vendredi pour proposer des "remèdes" dans le cadre de la procédure d'examen de leur projet de rapprochement. Mais, évoquant la politique générale suivie par la Commission, il a ajouté que "si un délai est fixé et qu'il existe des raisons objectives de prolonger le délai, alors nous pouvons le prolonger".
Le projet de fusion entre Suez et GDF a été lancé en février 2006 par le gouvernement de Dominique de Villepin pour contrer notamment une éventuelle OPA du groupe italien Enel sur Suez. Les deux groupes ont fait part cette semaine de leur volonté de voir l'Etat prendre une décision rapidement sur l'avenir de ce projet. L'Elysée fait de son côté pression sur Suez pour permettre de débloquer une situation figée depuis plusieurs mois.
Suez est tout à la fois préparé à mener à bien le projet de fusion avec Gaz de France ou à rester indépendant, a déclaré jeudi Gérard Mestrallet, P-DG du groupe d'énergie et de services à l'environnement. "Nous sommes préparés aux deux hypothèses: mener à bien ce projet, mais aussi à l'hypothèse de poursuivre notre stratégie de "stand alone dynamic" dans le cas où les conditions d'un accord ne seraient pas réunies", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. A noter que lors de la publication jeudi matin de ses résultats semestriels, Suez a fixé des objectifs à moyen terme dans le cadre d'une stratégie "stand alone".
Alors qu'une des solutions évoquées pour marier Suez à Gaz de France consisterait à ce que Suez se sépare de tout ou partie de son pôle environnement, le groupe privé a souligné jeudi, dans un communiqué, la "pertinence" de sa stratégie qui consiste en "un développement simultané et durable de ses métiers de l'énergie et de l'environnement".
Interrogé sur une éventuelle cession de tout ou partie du pôle environnement de Suez, M. Mestrallet a indiqué jeudi que les échanges avec l'Etat portaient sur "des modalités financières", et que "la discussion était ouverte". "L'environnement fait partie du périmètre de Suez et le périmètre du groupe est une question de principe", a rappelé toutefois M. Mestrallet. "Il y a aussi les questions de modalités techniques, financières", compte tenu d'une différence de valorisation entre les deux groupes (GDF vaut environ 33 milliards d'euros, Suez 50 milliards), "matières sur lesquelles la discussion est ouverte", a ajouté M. Mestrallet.
Le PDG de Veolia Environnement, Henri Proglio a confirmé quant à lui jeudi l'intérêt porté par son groupe à la branche environnement de son concurrent Suez si celle-ci ne faisait partie du nouvel ensemble formé avec GDF en cas de fusion. Pour rappel Monsieur Proglio est un proche de Nicolas Sarkozy, faisant notamment partie des "seigneurs" du CAC40 "adoubés" par le nouveau Président le soir même de son élection dans une cérémonie organisée au Fouquet’s. Certaines – mauvaises ? – langues lui prêteraient même des relations « rapprochées » avec Rachida Dati, notre nouvelle Garde des Sceaux, photos de Paris Match lors de cette célèbre soirée du 6 mai à l'appui... voire même article du Nouvel Observateur.
A noter par ailleurs, quà la fin mai, Stéphane Richard, directeur de la division transport de Veolia Environnement, a été nommé directeur de cabinet du ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi Jean-Louis Borloo. Qui parlait de "confusion des genres" ? ..
"S'il y avait un jour des actifs disponibles concernant notre coeur de métier, il serait de mon devoir de m'y intéresser", a déclaré M. Proglio, interrogé à ce sujet lors d'une conférence de presse de présentation des résultats semestriels du groupe de services à l'environnement. "A-t-on besoin de tel ou tel actif pour notre stratégie ? Non. Mais s'il y a une opportunité, nous l'étudierons", a-t-il ajouté. "Peu de choses ont changé depuis le début de l'année 2006. Je suis un spectateur attentif de cette affaire, mais pas un décideur. Je ne fais pas de pronostics", a conclu M. Proglio.
Les actions Gaz de France et Suez progressaient jeudi après-midi, après les propos du président français Nicolas Sarkozy concernant le projet de fusion. A 16H20 (14H20 GMT), le titre Suez prenait 3,26% à 40,20 euros et celui de Gaz de France gagnait 1,55% à 34,62 euros, dans un marché en hausse de 0,86%.
Nicolas Sarkozy a souhaité jeudi, devant l'université d'été de l'organisation patronale Medef, que Suez "fasse un choix stratégique en se spécialisant dans l'énergie" pour procéder à la fusion avec GDF. "Cela suppose que Suez fasse un choix stratégique en se spécialisant dans l'énergie. Il appartient maintenant à ses actionnaires d'en décider", a-t-il ajouté. Bizarre tout de même ce pays, où c'est le Président qui fait varier le cours des actions ...
Source : Reuters, AFP
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6 Commentaires
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Elisabeth, que pensez-vous de la fluctuation des prix du gaz naturel en ce moment ? Le cours est passé de 8 à 5.46 USD en quelques semaines ! Je commence à regarder du coin de l’œil les certificats Gaz naturel d’ABN AMRO... Sauf récession mondiale je ne pense pas que les cours puissent se maintenir longtemps dans cette zone. Partagez-vous cet avis ?
Bon week-end à tous,
Alexandre
01 septembre 2007 à 15:302
Je creuse le sujet et vous tiens au courant.
cela me semble en effet bien surprenant.
A noter déjà :
acquisition de Rompetrol par le Kazakhstan , mais dès le lendemain demande d'enquête boursière
Voir avant tout le jeu de la Russie.
Je retrouve un article qui precise que ses livraisons à l'UE et plus particulièrement à l'Allemagne a baissé.
En gros la suprématie russe sur le gaz européen pourrait bien ne pas être aussi réelle que cela , l'UE arrivant à s'approvisionner ailleurs
A suivre donc en tout 1er lieu, accords de l'Espagne, du Portugal et autres pays européens avec l'Algérie
A suivre de près également : l'accord sur Medgaz entre Espagne et Algérie qui vient de se débloquer.
01 septembre 2007 à 17:28Il serait intéressant de suivre garphiquement le cours du gaz en fonction de l'evolution du dossier
3
Sur Medgaz :
Le différend qui opposait l’Algérie et l’Espagne sur Medgaz a été résolu selon le ministre de l’énergie Chakib Khelil.
dimanche 5 août 2007.
Abordant la question ayant trait au gas-oil, le ministre confirmera que Sonatrach importe ce carburant à des prix trop chers et qu’elle le vend à des prix trop bas sur le marché local en Algérie. “Si subvention de prix il y a, elle doit être supportée par l’État et non pas par Sonatrach”, tient-t-il à rappeler. Concernant les autres questions de l’heure, telles que le projet Medgaz (gazoduc qui doit relier l’Algérie et l’Espagne), Chakib Khelil avouera que le problème a été résolu au cours de sa visite, le 19 juillet dernier, en Espagne sans vouloir entrer dans les détails, notamment les négociations entre Sonatrach et le gouvernement espagnol.
La compagnie nationale Sonatrach, semble-t-il, a eu gain de cause puisque l’État espagnol a levé toutes les conditions exigées auparavant à Sonatrach dans la commercialisation de son gaz. En ce qui concerne la coopération avec Gaz de France, M. Khelil répondra : “Si elle veut avoir notre gaz, Gaz de France n’a qu’à payer. Il n’y a pas de troc avec d’autres produits. Si nous voulons de l’uranium, nous n’avons qu’à l’acheter.” Par ailleurs, TAL a réceptionné hier son premier avion de type Q 400 du constructeur canadien Bombardier. Il s’agit d’un avion de 47 places, d’une vitesse de croisière maximale de 667 km/h qui peut atteindre une altitude de 7 620 m.
La Russie risque de ne pas vouloir l'entendre de cette oreille ...
01 septembre 2007 à 17:31mais à noter que Gazprom va ouvrir des bureaux de commercialisation de gaz en Algérie
4
Sur GAZPROM/Allemagne
Gazprom a perdu un tiers de l'Allemagne (Kommersant)
14:01 | 16/ 08/ 2007
MOSCOU, 16 août - RIA Novosti. Au premier semestre de 2007, Gazprom a réduit ses livraisons de gaz en Allemagne d'environ 30% par rapport à l'année dernière. La Belgique et la Hongrie ont réduit leur consommation de gaz naturel russe de 37,5% et de 44% respectivement.
Dans l'ensemble, au premier semestre de cette année, par rapport à janvier-juin 2006, le monopole russe du gaz a réduit ses livraisons à l'Europe occidentale de 24,7%. Une réduction substantielle de ses exportations a été enregistrée en Italie (16,56%), en France (20,69%) et en Autriche (15,07%). En fait, tous les grands consommateurs de gaz russe ont réduit cette année leurs achats d'après les contrats conclus avec Gazprom. La Belgique qui a réduit sa consommation de 37,5% par rapport à l'année dernière détient le record pour l'Europe occidentale.
Mais c'est la réduction des livraisons de gaz à l'Allemagne qui a pesé le plus lourd en matière de chiffres. Gazprom vend traditionnellement la plus grande part de son gaz sur le marché allemand.
Le problème de la réduction des livraisons à l'Allemagne n'a pas été commenté hier (mercredi) par Gazprom. Les experts estiment qu'en plus d'un hiver clément, raison d'une diminution de la consommation de gaz aussi bien en Europe qu'en Russie, d'autres causes sont également à mettre en avant sur le marché allemand. Konstantin Batounine, d'Alfa bank, estime qu'une réduction d'un tiers est trop importante pour qu'on puisse l'expliquer par les seules conditions atmosphériques.
Un accroissement des livraisons de gaz russe n'a été enregistré qu'en Grande-Bretagne où, en hiver 2005-2006, les prix spot du gaz ont atteint 1.500 dollars les 1.000 m3, poussant les Britanniques à s'en prémunir en signant des contrats à long terme, ainsi qu'en Turquie où il n'y a pas de vente de gaz au comptant, et en Grèce.
Dans les pays d'Europe de l'Est, la réduction des livraisons a constitué, au total, 23,4%.
Valeri Nesterov, analyste de Troïka Dialog, estime que la tendance de cette année stimulera le désir de l'Union européenne de libéraliser le marché et de poursuivre la politique antitrust en vue d'accroître la part du gaz vendu au comptant. "Si l'UE réussit à régler le problème de la réduction des prix, cela entraînera la diminution temporaire des recettes de Gazprom", fait observer l'analyste (au cours du premier semestre, ses recettes ont augmenté de 4%, malgré la réduction des volumes). Mais, en fin de compte, ajoute Valeri Nesterov, cela incitera le monopole russe du gaz à étendre sa présence sur le marché spot de l'Union européenne.
01 septembre 2007 à 19:405
Merci Elisabeth pour toutes ces infos supplementaires.
03 septembre 2007 à 01:176
Je suis là pour cela :)
et j'ai tres souvent un manque de temps pour vous transmettre toutes les infos, je les enregistre néanmoins sur mon PC pour garder les éléments au cas où et suivre les dossiers.
beaucoup de choses avec le Kazakhstan et ENI en ce moment là , si j'ai le temps, je fais une synthèse
03 septembre 2007 à 09:40Ajoutez un commentaire
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