Niger : manifestations pour forcer Areva au départ

Areva_contaminationuraniumafriqDes ONG du Niger ont annoncé jeudi leur intention de manifester samedi, à travers le pays et avec l'aval des autorités, pour exiger le départ de la société française Areva, accusée de financer les rebelles touaregs actifs dans le nord du pays, riche en uranium.

Pour rappel, Areva, numéro un mondial du nucléaire civil, exploite depuis 40 ans deux gisements d'uranium, l'un à ciel ouvert à Arlit pour la Société des mines de l'Aïr (Somaïr) et l'autre souterrain pour la Compagnie minière d'Akokan (Cominak), près d'Arlit.

« Nous allons exiger qu'Areva quitte purement et simplement le Niger, et que les deux sociétés d'exploitation de l'uranium (basées au Nord) soient nationalisées," a déclaré Nouhou Arzika de la Coalition contre la vie chère, principal organisateur de la manifestation.

"Nous allons dénoncer les travers d'Areva, qui, non contente de tirer de grands profits au Niger, se permet de financer le MNJ (Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ, rébellion touareg)", a indiqué M. Arzika. Il a estimé que depuis le début de l'exploitation de son uranium le Niger n'a gagné "en tout et pour tout que 300 milliards FCFA" (environ 457 millions d'euros ou 625 millions de dollars au taux de change actuel).

Alors que l’exploitation des mines d’uranium par Areva au Niger est plus que controversée, un camp d'exploration du groupe nucléaire et électrique français dans le nord du pays avait été la cible d'une attaque menée par un commando armé en avril dernier. Suite à ces évenements, la mort d'un Nigérien est à regretter.

Scientifiques, juristes, médecins et victimes venaient alors de dresser un réquisitoire accablant sur les activités d’exploitation d’uranium d’Areva au Niger et au Gabon. Jugée opaque dans la gestion de l’information, l’ex Cogema est accusée d’avoir sciemment laissé ses employés et les habitants des zones minières qu’elle exploite exposés à d’importants taux de contamination radiologiques.

Les tests effectués par la Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD) sur la radioactivité au Niger et au Gabon viennent quant à eux de révèler des taux d'exposition des employés d'Areva 40 fois supérieurs aux normes fixées par l'OMS. Par ailleurs, l'enquête affirme que la protection des travailleurs n'était pas correctement assurée. Ils étaient exposés à des poussières radiotoxiques sans port de masque ni équipement de sécurité et sans qu'aucune information ni formation n'était délivrée.

Selon Jean-Pierre Getti, président de Cour d'assises à Paris et vice-président de l'association Sherpa, "au Niger les problèmes sanitaires et environnementaux sont identiques" qu’au Gabon. Areva avait connaissance de ces risques mais ne les a jamais évalués. Elle a même maintenu volontairement les employés et la population dans l'ignorance. Sa responsabilité est donc engagée, au pénal pour mise en danger d'autrui, et au civil pour faute inexcusable ".

Le groupe Areva avait réagi, à la conférence de presse organisée par Sherpa, en rappelant " les mesures prises en matière de suivi médical et sanitaire dans les pays où le groupe opère des sites miniers. Les actions récentes menées en faveur de la création d'un observatoire de la santé témoignent de l'engagement d'AREVA dans ce domaine "indique le groupe. " Pour répondre aux attentes des populations et des parties prenantes, le groupe souhaite étendre cette veille sanitaire à l'ensemble des mines qu'il opère dans le monde, notamment au Niger, au Canada et au Kazakhstan

Les relations entre le Niger et Areva ont par la suite empiré en juillet avec l'expulsion de Dominique Pin, le patron local d'Areva, accusé de financer les rebelles touaregs du MNJ, actifs dans le nord désertique, qui abrite les gisements d'uranium.

Le représentant régional d'Areva, Zéphirin Diabré, a exprimé mardi son attachement mardi à "la paix et la stabilité" au Niger, à l'issue d'un entretien avec le président nigérien Mamadou Tandja.

Pour rappel, le Niger est le troisième producteur mondial d'uranium (8 % loin derrière le Canada et l'Australie) et pourtant c'est un des pays les plus pauvres du monde où 70 % de la population avait moins de 20 ans en 2005. L'uranium représente aujourd'hui environs 35 % des exportations du Niger(80 % en 1970), 5% du PNB sans compter toutes les activités induites : sous-traitants, commerce, artisanat, tacherons... Ses deux gisements, l'un à ciel ouvert à Arlit (nord) et l'autre souterrain à Akokan (près d'Arlit) sont exploités depuis 40 ans par Areva, numéro un mondial du nucléaire civil.

En décembre 2006, Anne Lauvergeon, la présidente du directoire du groupe AREVA a déclaré que le groupe qu'elle dirige espérait, à l'avenir,"doubler la production minière du Niger et faire de lui, l'un des premiers pays exportateurs d'uranium.

Lors d'un point de presse à Niamey sur les activités de Areva dans le secteur minier au Niger depuis 35 ans, Mme Lauvergeon avait alors affirmé que le groupe Areva avait extrait au Niger la 100.000ème tonne. Le groupe compte continuer l'exploration et l'exploitation de nouvelles possibilités d'extraction de l'uranium.

Sources : AFP, Novethic

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6 Commentaires

  1. 1

    all

    Quand les mines seront nationalisées la radioactivité baissera et les pauvres Nigériens seront moins irradiés et moins pauvres.
    Africa 4 ever

  2. 2

    Simone

    Cette manifestation est organisée par le gouvernement nigériens qui a la main graissée par les chinois qui leur fournissent déjà les armes nécessaires pour éradiquer la rebellion touareg...
    Sachant que les personnes qui souffrent de l'exploitation de l'uranium sont principalement les populations du nord du pays et non les manifestants de Niamay...
    Chez Areva se sont des pourris... c'est sûr... mais je ne sais pas si je préférerai bosser dans une mine exploitée par une société chinoise !!
    Dur questionnement pour les nigériens... "par qui je préfèse me faire eploiter ?"

  3. 3

    Anonyme

    "par qui je préfèse me faire eploiter ?"

    Et bien apparemment les nigériens ont fait leur choix.
    Areva ouste!

  4. 4

    Anonyme

    Il n'est plus question de se faire expliter, il s'agit d'exploiter ses richesses! Arrêtez ce miserabilisme!

  5. 5

    Inondations

    Inondations au Niger: plus de 6.000 sinistrés à Zinder (officiel)
    AFP 06.09.07 | 19h46

    lus de 6.000 personnes étaient sinistrées au Niger, dans la région centre-sud de Zinder, à la suite de fortes pluies tombées depuis juillet, a-t-on appris jeudi de source officielle.

    "Ce sont 933 ménages totalisant 6.219 personnes qui sont sinistrés dans la région de Zinder", selon un rapport du Comité local de gestion des catastrophes et communiqué à l'AFP.

    Le 23 août, la radio nationale avait déjà annoncé la mort d'au moins quatre personnes dans cette région dans l'effondrement de leurs maisons, à la suite de pluies exceptionnelles qui ont détruit des champs de céréales, 14 mosquées et plusieurs centaines d'habitations, toujours selon le comité.

    A travers le pays une dizaine de personnes au total sont mortes depuis juillet du fait de ces pluies torrentielles.

    Des sinistres similaires ont été signalés dans l'ouest, le sud et l'est du pays ainsi qu'au nord dans la région d'Agadez, située en plein désert et théâtre depuis février d'une rébellion touareg.

    Le Niger fait partie des pays sahéliens qui bénéficient cette année d'une pluviométrie exceptionnelle, mais les inondations risquent de compromettre les récoltes dans plusieurs provinces.

    Le pays reçoit généralement seulement 100 à 300 mm de pluie par an.

    En 2005, plus de 3 millions de personnes, à majorité des enfants, ont été frappées par la famine au Niger, en raison de la sécheresse et des criquets pèlerins qui ont compromis les récoltes de céréales.

  6. 6

    el gringo

    Du rififi entre Areva et le Niger


    Areva pensait avoir déminé le terrain au Niger en réévaluant, de manière substantielle, le prix d’achat du kilo d’uranium à deux reprises au cours des derniers mois : + 45 % en août 2007, et + 50 % en janvier 2008 (le kilo vaut désormais 100 dollars ou 63,5 euros). Mais les temps ont bien changé : Areva, qui exploite le gigantesque gisement à ciel ouvert d’Arlit depuis les années 60, n’est décidément plus dans les petits papiers du régime de Mamadou Tandja.


    Expulsés. Lors des dernières négociations, au début de cette année, entre l’entreprise française et le Niger, dont l’uranium alimente le tiers des centrales nucléaires hexagonales, Areva s’était vu promettre oralement cinq nouveaux permis d’exploitation. Surprise : l’un des sites évoqués vient d’être confié à un concurrent étranger.


    Les quatre autres permis n’ont toujours pas été délivrés, alors que Niamey distribue à tout va des autorisations à des entreprises chinoises, sud-africaines, canadiennes… Le gouvernement français, qui suit de très près tout ce qui touche Areva, dément toute nouvelle tension avec le Niger, son ancienne colonie. L’année dernière, le climat s’était brusquement détérorié entre Paris et Niamey, les autorités locales soupçonnant Areva de soutenir la rébellion touareg qui, en février 2007, a pris les armes dans le nord du pays, riche en uranium. Deux responsables de l’entreprise française avaient été expulsés coup sur coup, et il avait fallu que l’Elysée intervienne directement pour rassurer le président Tandja.


    Perte de statut. Lors d’une conférence jeudi à Paris, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement nigérien a réfuté le terme de «tensions» avec Areva. Interrogé sur le permis d’exploitation promis au groupe français et attribué à un concurrent, Mohamed Ben Omar a déclaré : «Le gouvernement est libre. Nous ne devons de comptes qu’au peuple nigérien.» Des propos qui témoignent une nouvelle fois de la perte de statut d’Areva au Niger.


    Alors que le président Nicolas Sarkozy est attendu fin mai en Angola, un des principaux pays producteurs de pétrole de la planète, l’entourage de Mamadou Tandja fait pression pour qu’il fasse escale à Niamey. Un arrêt qui, pour l’instant, n’est pas prévu au programme.


    http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/322060.FR.php

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