Alors que les relations entre le groupe nucléaire public AREVA et le Niger sont loin d'être au beau fixe, et ce, plus particulièrement depuis quelques jours, même si la colère gronde depuis fort longtemps, le Niger vient d'annoncer la fin du "monopole" que détenait depuis 40 ans le groupe français Areva sur la prospection, l'exploitation et la vente de son uranium, et la tenue de nouvelles discussions pour négocier à la hausse le prix de son minerai.
Ironie du sort ou fanfaronnade, "des avancées très significatives" ont été réalisées vers la résolution de la brouille entre le Niger et le groupe nucléaire français Areva, avait pourtant affirmé samedi à Niamey le secrétaire d'Etat français à la Coopération Jean-Marie Bockel.
“Le Niger est déterminé à mettre en oeuvre une politique de diversification de ses partenaires, ce qui signifie (la fin) du monopole que détenait Areva dans notre pays", a déclaré dimanche la ministre nigérienne des Affaires étrangères, Mme Aïchatou Mindaoudou à la télévision.
Le gouvernement nigérien a désormais accordé une soixantaine de nouveaux permis d'exploration d'uranium à des entreprises étrangères, notamment chinoises, canadiennes, britanniques et indiennes, et il doit en accorder 120 autres, principalement pour la prospection. "Le président Tandja m'a demandé de faire savoir à Areva qu'en exerçant sa souveraineté, le Niger est déterminé à poursuivre sa politique de diversification de ses partenaires", a déclaré Mindaoudou. "Cela signifie, vous le comprendrez, que le monopole dont a joui ce groupe dans notre pays est rompu."
Le groupe français Areva versera au Niger un acompte de 15 milliards de francs CFA (22,9 millions d'euros) sur des versements de dividendes, a par ailleurs annoncé dimanche soir le gouvernement nigérien. Les dividendes seront versés par deux filiales d'Areva au Niger, dans lesquelles Niamey a des participations.
Areva a signé la semaine dernière avec le Niger une convention annuelle sur les prix, portant le prix qu'il paye par kilo d'uranium à 40.000 francs CFA (60,50 euros) contre 27.300 l'an passé. Si le nouveau prix représente une augmentation importante par rapport à l'ancien mais demeure encore en deça du prix pratiqué sur le marché international. L'accord est rétroactif au 1er janvier 2007. Mindaoudou a précisé que cet accord n'était valide que pour l'année 2007 et qu'il était entendu qu'au 31 décembre 2007 des négociations seraient ouvertes pour réviser les prix. Le Premier ministre Seini Oumarou s'était élevé mercredi dernier à la télévision contre le bas prix d'achat fixé par Areva, alors, avait-il assuré, que le prix sur le marché était de 122.000 francs CFA francs (186 euros) le kilo.
Le groupe a également accepté de livrer en 2007 au Niger 300 tonnes d'uranium qu'il lui reviendra de vendre directement sur le marché international.Le pays, qui a produit l'an dernier quelque 3.500 tonnes d'uranium, ne recevait jusqu'ici qu'une participation au bénéfices, calculée sur des cours inférieurs à ceux du marché.
Pour rappel, le Niger est le troisième producteur mondial d'uranium avec 9% de parts de marché (chiffres 2003). Areva, numéro un mondial du nucléaire civil et premier employeur privé du Niger – non sans dommages diraient certains - exploite deux gisements, l'un à ciel ouvert à Arlit et l'autre souterrain à Akokan, près d'Arlit.
Areva est ainsi le principal actionnaire de ces deux mines de la région d'Agadès, dans le nord du pays. Le secteur nucléaire français a dépendu pendant plusieurs décennies de l'uranium de son ancienne colonie.
En juin, les relations entre le Niger et le groupe nucléaire civil français ont commencé à nettement se dégrader. La situation s'est empirée en juillet avec l'expulsion de Dominique Pin, le patron local d'Areva, accusé de financer les rebelles touaregs du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), actifs dans le nord désertique, qui abrite parmi les plus importants gisements d'uranium au monde. Le groupe français a néanmoins rejeté les accusations. D'après le président nigérien Mamadou Tandja, ce soutien présumé du groupe français au MNJ vise à empêcher d'autres compagnies étrangères concurrentes de s'installer dans la zone pour exploiter l'uranium. Les rebelles ont de leur côté accusé la société chinoise Sino-U, qui prospecte l'uranium dans la région, d'avoir aidé le gouvernement à acheter des armes et ils ont brièvement enlevé l'un de ses dirigeants, le mois dernier.
Pas de fumée sans feu, disent certains ...
"Des avancées très significatives" ont été réalisées vers la résolution de la brouille entre le Niger et le groupe nucléaire français Areva, a affirmé samedi à Niamey le secrétaire d'Etat français à la Coopération Jean-Marie Bockel. "Le fait qu'il y a eu un renouvellement des conventions cette semaine montre qu'un premier pas a été fait, les choses vont dans la bonne direction", a ajouté M. Bockel.
"Il est clair qu'Areva n'a jamais soutenu et ne soutient pas la rébellion. Il a pu y avoir des maladresses sur le terrain, il faudrait faire de manière à ce qu'il n'y ait plus d'ambiguités entre Areva et le Niger. Déjà qu'il n'y a pas d'ambiguités entre le Niger et la France", a affirmé par ailleurs M. Bockel.
Sources : AFP, Reuters
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CREDIT PHOTO : http://bernard.desjeux.free.fr

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Attaques rebelles dans le nord du Niger: deux civils tués
NIAMEY - Au moins deux civils ont été tués dans la nuit de jeudi à vendredi lorsque une roquette a frappé leur maison au cours d'une attaque contre un dépôt de carburant dans les environs d'Agadez (nord du Niger), selon des habitants de la région.
"C'est arrivé vers minuit. Deux civils ont été tués lorsque une roquette a touché leur maison. Le tir venait du nord de la ville et il semble qu'il visait le dépôt de pétrole de la Sonidep" (Société nigérienne de dépôts pétroliers), a indiqué un habitant d'Agadez.
La Sonidep a le monopole de la distribution des produits pétroliers au Niger.
Selon deux sources séparées, une autre attaque s'est produite contre Tchirozerine, proche d'Agadez, qui abrite une centrale électrique alimentant cette ville ainsi que l'usine d'uranium du groupe français Areva à Arlit.
On ne disposait pas, vendredi, d'information sur d'éventuelles victimes lors de cette seconde attaque, mais, selon des habitants, la centrale électrique aurait été endommagée et une partie d'Agadez était privée d'électricité.
Aucune réaction officielle n'avait été faite vendredi en début d'après-midi.
Début juillet, Tchirozerine avait été la cible d'une attaque, qui n'avait causé aucun dégât, a noté l'AFP.
Les attaques dans la région d'Agadez, qui ont commencé en février, ont toutes été menées par un groupe targui rebelle, le Mouvement nigérien pour la justice (MNJ).
Le MNJ, essentiellement composé de jeunes Touareg, réclame une meilleure application des accords de paix, notamment les clauses socio-économiques, qui avaient mis fin à la révolte des Touareg en 1995
L'émergence de cette révolte est particulièrement préoccupante pour le président nigérien, Mamadou Tandja car elle se manifeste dans une région qui abrite des mines d'uranium, une ressource cruciale pour l'économie du pays.
Niamey est engagé dans un conflit de longue date avec Areva, la multinationale française, laquelle, jusqu'à cette semaine avait le monopole de l'exploitation de l'uranium au Niger. Le gouvernement nigérien a accusé la société française d'apporter son soutien aux rebelles Touareg et, en juillet, a expulsé du pays son directeur général sur place, Dominique Pin.
http://www.romandie.com/infos/news2/070810125428.t3e9j9kl.asp
11 août 2007 à 23:27Ajoutez un commentaire
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