L'Irak ambitionne de porter sa production de pétrole à 3 millions de barils par jour (mbj) en 2008, et à 6 mbj d'ici à dans dix ans, a déclaré samedi le ministre du Pétrole irakien Hussein Chahristani.
Pour rappel, l'Irak est un des 12 pays membres de l'OPEP, après l'intégration récente de l'Angola dans le cartel.
Le but est d'augmenter la production actuelle qui se situe "juste au-dessous de 2,5 mbj à 3 mbj en 2008 et à 3,5 mbj à la fin 2009", a-t-il déclaré à des acteurs du secteur pétrolier réunis à Dubaï, aux Emirats arabes unis, pour la conférence "Iraq Petroleum 2007".
L'Irak cherchera alors à porter sa production de brut à "quatre millions de mbj à court terme et à six mbj à moyen terme (...) soit dans dix ans", a ajouté M. Chahristani.
Atteindre ces objectifs nécessiterait une amélioration des infrastructures pétrolières en construisant un nouvel oléoduc dans l'Est et des oléoducs pour l'exportation via les pays voisins, ainsi que de nouveaux terminaux pétroliers au sud de celui qui existe actuellement à Bassorah (Sud), a-t-il précisé. Sous entendus : messieurs les responsables des grandes compagnies pétrolières internationales, si vous voulez investir, surtout ne vous gênez pas. A noter que le "principal sponsor" de la conférence n'est autre que Conoco Phillips... Les autres sponsors étant, je cite : Total (France), Crescent Petroleum (Emirats Arabes Unis), Lukoil (Russie), CNPC (Chine), Statoil (Norvège), Addax, Shell, Kuwait Energy, Repsol (Espagne), BNP Paribas, Tristone Capital. Rien que du beau monde ... et vous me direz après cela, que la guerre en Irak n'est pas liée au pétrole ...
En février 2007, le Conseil des ministres irakien a approuvé le projet de loi sur le pétrole rendant son exploitation possible par les compagnies étrangères et prévoyant la répartition équitable des revenus pétroliers entre les diverses communautés. Le projet - auquel ont collaboré les États-Unis (.... !) par l’intermédiaire d’une société de conseil – qui a été approuvé par les ministres irakiens prévoit que les sociétés étrangères puissent exploiter le pétrole irakien, et que les revenus seront équitablement répartis entre les 18 provinces du pays, en fonction de la taille de la population. "La loi permettra de signer des contrats avec des entreprises étrangères, à condition qu'elles soient suffisamment renommées et qu'elles acceptent d'être mises en compétition", avait précisé M. Jihad. Elles devront, avait-il ajouté, "disposer de la technologie nécessaire pour développer les champs de pétrole et assurer les profits les plus importants pour l'Irak."
Néanmoins, les analystes du secteur restent dubitatifs quant à une arrivée en masse des investisseurs étrangers . Selon les spécialistes du marché, les majors préféreront attendre que le pays ait retrouvé une certaine stabilité. Ils estiment cependant que des compagnies intermédiaires pourraient prendre ce risque à court terme. Ce serait la première fois que des sociétés étrangères seraient impliquées dans l'exploitation du pétrole irakien depuis la nationalisation de cette industrie en 1972. L'introduction de PSA serait aussi une première au Moyen-Orient, où l'Arabie saoudite et l'Iran, les premier et deuxième exportateurs mondiaux de pétrole, contrôlent leur industrie pétrolière avec des compagnies étatiques.
Pour rappel, l'Irak possède les troisièmes réserves mondiales prouvées de pétrole, mais demeure obligé à en importer, sa production n'ayant pas retrouvé son niveau d'avant l'invasion américaine en 2003. Des infrastructures défaillantes et des attaques d'insurgés l'empêchent en effet d'atteindre de produire à son optimum. De plus, l'Arabie saoudite pourrait voir d'un mauvais oeil ce « concurrent » revenir en force sur le marché pétrolier, ceci pouvant la conduire à diminuer ses propres quotas de production.
Le secteur pétrolier irakien souffre de plusieurs décennies de sous-investissement, lié notamment à l'impact de 13 années de sanctions de l'ONU appliquées à partir de la crise du Golfe (1990-1991), quand Saddam Hussein était au pouvoir.
"Une cinquantaine de champs pétroliers attendent d'être exploités", a dit M. Chahristani. Le ministre a insisté aussi sur le fait que le retrait des troupes britanniques de Bassorah n'affecterait pas la sécurité des infrastructures pétrolières de la région. Le retrait des troupes britanniques "n'aura pas d'impact sur notre industrie pétrolière, tout simplement car ces troupes n'ont jamais étaient chargées de la sécurité de nos installations (...) Nous assurons nous-même la protection" de ces infrastructures, a-t-il affirmé.
Les autorités irakiennes ont pris officiellement mercredi le contrôle de la dernière base militaire britannique de Bassorah, deux jours après le retrait des soldats britanniques.
En août dernier, l'Irak avait déjà souligné que "la présence militaire étrangère" n'avait "pas d'impact sur l'industrie pétrolière". "Les hostilités se déroulent loin des champs pétroliers irakiens. La production ne s'est pas arrêtée" avait fait observé le ministre russe de l'Industrie et de l'Energie, Viktor Khristenko.
Le message d'aujourd'hui semble donc en tout premier lieu destiné aux compagnies pour à la fois "allécher" sur le potentiel pétrolier irakien et rassurer sur la situation sécuritaire du pays .. histoire d'attirer les investissements étrangers en vue de financer la "refonte" du secteur pétrolier.
Source : AFP
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Pétrole: la réouverture de l'oléoduc Kirkouk-Banias "prendra du temps"
AFP 08.09.07 | 17h16
a réouverture d'un oléoduc syro-irakien, fermé depuis l'invasion américaine de l'Irak en mars 2003, prendra du temps car l'infrastructure a subi des dommages, a déclaré samedi le ministre irakien du Pétrole Hussein Chahristani. "Nous allons réhabiliter l'oléoduc qui va vers la Syrie. Mais il a subi des dommages (...) Des terroristes l'ont attaqué", a-t-il indiqué à des journalistes en marge de la conférence "Iraq Petroleum 2007", réunissant les acteurs du secteur pétrolier à Dubaï. "Des portions importantes doivent être remplacées (...). Cela prendra du temps", a-t-il ajouté. L'oléoduc relie Kirkouk (dans le nord de l'Irak) à Banias (littoral syrien), où se trouve une raffinerie de pétrole. Il avait rouvert une première fois en novembre 2000, après une interruption de 18 ans, avant d'être refermé lors de l'invasion américaine en mars 2003. La Syrie et l'Irak de Saddam Hussein, gouvernés par deux branches rivales du parti Baas, entretenaient de mauvaises relations. Le ministre syrien du Pétrole et des Ressources minières Soufiane Allaou, cité par le quotidien syrien al-Baas, avait déclaré fin août que les deux pays avaient décidé de rouvrir l'oléoduc.
09 septembre 2007 à 00:07Cet accord avait été signé à l'occasion de la visite en Syrie du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki.
Avant mars 2003, la Syrie, pays exportateur de pétrole, recevait de l'Irak environ 200.000 barils par jour.
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