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Irak:les ministres approuvent le projet de loi sur le pétrole

Oil_irakbloodLe Conseil des ministres irakien a approuvé lundi le projet de loi sur le pétrole rendant son exploitation possible par les compagnies étrangères et prévoyant la répartition équitable des revenus pétroliers entre les diverses communautés.

Les Américains, quant à eux n'ont pas perdu de temps ... puisqu'ils ont félicité dès lundi le Conseil des ministres irakien. Comme pour l'Iran, le réel enjeu de la guerre en Irak serait donc encore une fois le pétrole ? Nul n'en doutait.

Le projet - auquel ont collaboré les États-Unis par l’intermédiaire d’une société de conseil – qui a été approuvé par les ministres irakiens prévoit que les sociétés étrangères puissent exploiter le pétrole irakien, et que les revenus seront équitablement répartis entre les 18 provinces du pays, en fonction de la taille de la population. "La loi permettra de signer des contrats avec des entreprises étrangères, à condition qu'elles soient suffisamment renommées et qu'elles acceptent d'être mises en compétition", avait précisé M. Jihad. Elles devront, avait-il ajouté, disposer de la technologie nécessaire pour développer les champs de pétrole et assurer les profits les plus importants pour l'Irak.

Le dossier sera examiné par le Parlement lors de sa prochaine session, dans les semaines à venir, a indiqué le porte-parole du ministère du Pétrole, Assim Jihad.

La loi prévoit également la réactivation de la Compagnie nationale de Pétrole, une entreprise publique qui sera chargée du contrôle de la production et de l'exportation du brut.

Pour rappel, l'Irak possède les troisièmes réserves mondiales prouvées de pétrole, mais demeure obligé à en importer, sa production n'ayant pas retrouvé son niveau d'avant l'invasion américaine en 2003. Des 'infrastructures défaillantes et des attaques d'insurgés l'empêchent en effet d'atteindre de produire à son optimum. De plus, l'Arabie saoudite pourrait voir d'un mauvais oeil ce « concurrent » revenir en force sur le marché pétrolier, ceci pouvant la conduire à diminuer ses propres quotas de production.

Les Etats-Unis ont félicité lundi le Conseil des ministres irakien pour avoir approuvé ce nouveau projet de loi.

"Nous voudrions féliciter le gouvernement irakien et son Conseil des ministres pour leur accord sur une loi sur les hydrocarbures", a déclaré à la presse Sean McCormack, porte-parole du département d'Etat.

Ce projet de loi, qui doit encore être approuvé par le Parlement irakien, "est un élément législatif important", a-t-il ajouté. Selon M. McCormack, le projet de loi prévoit que "tous les revenus du pétrole seront regroupés dans un compte national unique".

En outre, "toutes les régions et provinces irakiennes seront représentées au sein d'un Conseil fédéral pour le pétrole et le gaz, qui sera le principal instrument de politique énergétique du pays", a-t-il indiqué. "Les provinces recevront directement leur part des revenus, ce qui signifie un contrôle local nettement plus important sur les ressources financières".

La loi prévoit des critères de transparence, y compris l'obligation de publier les contrats et les revenus associés, et fournit un cadre légal à des investissements étrangers dans les secteurs pétrolier et gazier irakiens.

"Cette loi permettra de faire du pétrole un outil qui aidera à unifier l'Irak et à donner à tous les Irakiens une part équitable de l'avenir de leur pays", a-t-il conclu. Nous n'en doutons pas une seconde.

L'Irak s'apprête à autoriser des compagnies étrangères à exploiter ses importantes réserves de pétrole, avait affirmé début janvier l'hebdomadaire britannique The Independent on Sunday, se basant sur un projet de loi daté de juillet 2006 auquel il a eu accès.

Le projet de loi permettrait, en introduisant des Accords de partage de production (PSA), à des sociétés comme la britannique BP, l’anglo-néerlandaise Shell, ou les américaines Exxon et Chevron de signer des contrats de 30 ans pour extraire le brut irakien.

Les PSA sont des contrats en vertu desquels le pays producteur reste propriétaire de son pétrole, mais où des compagnies étrangères financent les investissements permettant le forage et l’exploitation et reçoivent en contrepartie une part de la production.

Selon The Independent on Sunday, les compagnies étrangères pourraient retenir jusqu’à 60 ou 70 % des revenus pétroliers jusqu’à ce que leurs investissements de départ soient couverts. La norme est de 40 %. Par la suite, elles retiendraient 20 %, contre 10 % normalement. Cette différence est expliquée par l’instabilité de l’Irak, selon des spécialistes interrogés par l’hebdomadaire, qui reconnaissent cependant que ce chiffre reste élevé.

Néanmoins, les analystes du secteur restent dubitatifs quant à une arrivée en masse des investisseurs étrangers en Irak. Selon les spécialistes du marché, les majors préféreront attendre que le pays ait retrouvé une certaine stabilité.

Ils estiment cependant que des compagnies intermédiaires pourraient prendre ce risque à court terme. Ce serait la première fois que des sociétés étrangères seraient impliquées dans l'exploitation du pétrole irakien depuis la nationalisation de cette industrie en 1972. L'introduction de PSA serait aussi une première au Moyen-Orient, où l'Arabie saoudite et l'Iran, les premier et deuxième exportateurs mondiaux de pétrole, contrôlent leur industrie pétrolière avec des compagnies étatiques.

L'Irak dispose des troisièmes réserves prouvées de pétrole au monde, estimées à 115 milliards de barils, selon BP. Depuis le déclenchement de la guerre en Irak, en mars 2003, la production pétrolière irakienne a nettement chuté, de 3,5 millions de barils par jour à près de 2 millions aujourd'hui.

Le pompage à partir des champs pétrolifères de Kirkouk, à 250 km au nord de Bagdad, vers le terminal de Ceyhan en Turquie a repris en octobre dernier après une interruption de plusieurs mois en raison des sabotages, avait alors déclaré un responsable de la NOC. Les quantités pompées se situeraient entre 250.000 et 350.000 barils par jour, la reprise des exportations aurait été rendue possible grâce au déploiement de soldats pour protéger les oléoducs de la région, régulièrement sabotés.

L'industrie pétrolière irakienne a accusé en 2005 un manque à gagner de plus de 6 milliards de dollars en raison des sabotages des infrastructures par des insurgés, selon le ministère irakien du Pétrole. 186 attaques contre les infrastructures pétrolières auraient été menées en 2005, tuant 47 ingénieurs et techniciens et 91 policiers et gardes de sécurité.

Les pertes et réparations se répartiraient ainsi : 400 millions de dollars à cause des attaques contre les champs pétroliers, 2,710 milliards contre les oléoducs d`exportation, 12 millions contre les oléoducs reliant les champs pétroliers aux raffineries et 3,120 milliards de dollars contre les oléoducs et gazoducs intérieurs.

Malgré les aléas politiques, l’Irak reste membre de l'OPEP. Pour le moment, l’Organisation ne lui a fixé aucun quota de production qui, avant l´invasion du Koweït le 2 août 1990, s´établissait à 3,14 millions de barils/jour. Suite à la guerre du Golfe d’août 1990 à février 1991, un embargo commercial est décidé par l’ONU contre l’Irak en août 1990, qui instaure le programme "pétrole contre nourriture".  Ce système permet à l'Irak de vendre un peu de brut pour acheter, sous contrôle de l’ONU, des vivres,des médicaments et des biens de première nécessité.

L’Irak est donc exclu des plafonds de production de l’organisation. Ce pays, qui possède les secondes réserves de pétrole brut les plus importantes du monde après l’Arabie Saoudite et qui ne peut rien exporter, pourrait, grâce à sa production influer grandement sur les cours si les restrictions étaient levées.

Sources : AFP, Romandie.com

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Commentaires

marwan

28 fév 2007 06:22:26

j'ai mal quand je lis cet article!
Les américains sont donc arrivés à leur fin avec cette guerre?


Elisabeth

28 fév 2007 10:00:56

ben oui ....

surtout qd je lis cela :


"projet auquel ont collaboré les États-Unis par l’intermédiaire d’une société de conseil"–


Gannier

20 sep 2007 14:28:46

Bonjour,

Je voudrais trouver une statistique des exportations de petrole irakien depuis 2003.
C'est pour étayer mon hypothèse que l'intervention américaine a rempli son objectif principal.

AG


Elisabeth

20 sep 2007 14:31:17

je regarde et vous tiens au courant


Elisabeth

20 sep 2007 14:33:02

cf.

http://www.eia.doe.gov/emeu/cabs/Iraq/Full.html


Elisabeth

20 sep 2007 14:33:57

lien + precis encore

http://www.eia.doe.gov/emeu/cabs/Iraq/images/Iraq%20Cab%20Data%202007_2.xls


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