Les titres Gaz de France et Suez chutaient lundi à la mi-séance, après avoir ouvert en hausse. Les investisseurs s'interrogent en tout premier lieu sur la future valeur boursière de Suez, laquelle dépendra de celle de sa filiale environnement, appelée à entrer en Bourse.
Comme quoi la séparation des différents secteurs d’activité de Suez Environnement – pointée du doigt par les syndicats – montre déjà quelques aspects négatifs.
A 11H55 (09H55 GMT), l'action Gaz de France chutait de 3,26% à 35,60 euros, et Suez perdait 3,69% à 40,20 euros, dans un marché stable. Selon les analystes, la chute est du avant tout au manque de clarté sur le devenir de la partie Environnement. Les marchés s’interrogent également sur la valorisation future de Suez. Les estimations vont de 42 euros (par action) pour Dexia, par exemple, à entre 49 et 51 euros pour UBS.
Certains estiment d’ores et déjà que Suez devra consentir une décote sur le pôle Environnement "pour intéresser les investisseurs", alors que ce dernier était jusque ici plutôt surévalué sur fond de possible cession, et d'un rachat par Véolia.
Les actions Suez et GDF avaient par ailleurs nettement progressé la semaine passée, après une lettre de Gérard Mestrallet, PDG de Suez, au président Nicolas Sarkozy pour une issue rapide au projet de fusion, Suez prenant environ 9% entre mercredi et vendredi et GDF 8,5% sur la même période. La baisse pourrait donc quelque part à considérer comme une sorte de « retour à la normale ».
"Le potentiel de hausse" de "la nouvelle coentreprise" est "attractif" commentent de leur côté certains experts qui prennent acte du fait que la nouvelle parité de fusion a été fixé à 22 actions Suez pour 21 GDF, soit une action Suez pour 0,9545 action GDF. Afin de rassurer les investisseurs, face à la chute des cours lundi matin, Suez a publié en fin de matinée des éléments financiers complémentaires à propos de sa branche Environnement. Outre la dette de cette branche, estimée à 5,4 milliards d'euros au 30 juin, le groupe Suez détaille dans un communiqué les provisions de la branche, à 1,8 milliard d'euros ainsi que le contenu de son excédent brut d'exploitation (Ebitda) en 2006, qui s'est établi à 2 milliards d'euros. Dimanche soir lors du conseil d'administration de Gaz de France, qui a duré plus longtemps que celui de Suez, plusieurs administrateurs, y compris non salariés, avaient posé des questions sur le montage financier de l'opération.
Tant les marchés, que salariés et politiques restent extrêmement attentifs à l’avenir du Pôle Environnement de Suez. François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, s'est dit ainsi en "désaccord total sur le démantèlement de Suez", le projet de fusion prévoyant la distribution de 65% du capital du pôle environnement de Suez à ses actionnaires lors d'une introduction en Bourse. "C'est un enjeu énorme au niveau environnemental et on va mettre ça à la Bourse, aux prédateurs financiers. Je pense qu'on fait une grosse erreur de démanteler Suez", a-t-il expliqué au micro de RTL.
Pour le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, "tout le monde va être perdant". "Le pays tout entier, qui voit gravement entamer son indépendance énergétique. Les Français et leurs entreprises, qui vont subir la flambée des tarifs. Les salariés de Suez et de GDF, qui voient leur emploi et leur statut précarisés", écrit Jean-Marc Ayrault dans un communiqué. Les syndicats et le Parti socialiste ont également souligné que le président Nicolas Sarkozy alors qu'il était ministre s'était prononcé contre la privatisation de GDF.
Sources : AFP, Reuters
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6 Commentaires
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Suez "coupée en morceaux", une "grosse erreur", selon Chérèque
PARIS, 3 sept 2007 (AFP)
Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a estimé lundi que la fusion entre Suez et Gaz de France via le "démantèlement" de Suez, qui se retrouve selon lui "coupée en morceaux", constituait "une grosse erreur".
"La CFDT a toujours toujours dit que cette fusion de Suez et Gaz de France avait du sens au niveau industriel, à une condition qu'on ne démantèle pas Suez", a rappelé M. Chérèque au micro de RTL.
"L'engagement qui avait été fait vis à vis des 60.000 salariés de Suez, c'était qu'on ne couperait pas leur entreprise en morceaux, or c'est ce qu'on fait", a-t-il déploré en faisant état de son "désaccord total" sur ce point.
"On est en train d'abandonner l'environnement de Suez - c'est l'eau, les déchets, c'est un enjeu énorme au niveau environnemental - et on va mettre ça à la bourse, aux prédateurs financiers : je pense qu'on fait une grosse erreur de démanteler Suez", a ajouté François Chérèque.
Il s'agit d'"un sujet environnemental (...), mais que dit Jean-Louis Borloo, le numéro 2 du gouvernement: il n'existe pas sur ce sujet-là", a-t-il déploré.
Au passage, le leader de la CFDT a reproché à Nicolas Sarkozy d'avoir reçu samedi "un syndicat des représentants des salariés de l'entreprise publique" (GDF), en l'occurence le secrétaire général de la fédération CGT Energie Frédéric Imbrecht, mais de "négliger totalement les salariés du privé, qui eux n'ont pas de connaissance sur leur avenir".
"Les 60.000 salariés de Suez apparemment ne comptent pas pour le président de la République", a-t-il lancé.
Enfin, "on démantèle Suez et la France met la main sur l'électricité et le gaz du numéro un belge, sans du tout se concerter avec les Belges", donc "en tournant le dos à une logique européenne", a encore déploré le secrétaire général de la CFDT.
03 septembre 2007 à 13:352
Le Foll (PS): privatisation du GDF, démantèlement de Suez, hausse prix du gaz
PARIS - Stéphane Le Foll, directeur de cabinet du premier secrétaire du PS François Hollande, a affirmé lundi que la fusion entre Gaz de France et Suez débouchait sur "une privatisation de GDF", un "démantèlement de Suez" et "une hausse du prix du gaz" en France.
"Cette annonce se traduit par une privatisation de GDF et un démantèlement de Suez", a affirmé le député européen, lors du point de presse hebdomadaire du parti.
Il s'agit, a-t-il souligné, d'un "reniement des engagements de Nicolas Sarkozy" qui "quand il était ministre de l'Economie et des Finances avait garanti que GDF garderait une participation de l'Etat de 70%".
"Au travers du démantèlement de Suez", a noté le député européen, "une question qui est posée est celle de la filialisation de la partie environnement" que Suez doit céder.
Enfin, a-t-il averti, "il y aura une augmentation du prix du gaz".
03 septembre 2007 à 13:433
A suivre également de près le rapprochement entre Qatar Gas et GDF.
on parle de l'entrée du qatari dans le capital du nouveau groupe.
03 septembre 2007 à 23:064
Merci bcp, difficile de tout suivre ... d'autant plus qd son PC est saturé par les MP3 du fiston :)
03 septembre 2007 à 23:165
Encore une fois le Qatar ... vous comprenez pourquoi je m'insurgeais qd on traitait le pays de "petit pays"
certes, très petit géographiquement parlant ... mais pour le reste
Attention le qatar souhaitait encore récemment faire l'Opep du gaz avec la Russie, à compter également interet du qatar pour EADS/Airbus
A suivre donc TOUS les rouages de très très pret .
03 septembre 2007 à 23:196
Les petites villes s'interrogent sur l'avenir du pôle environnement de Suez
PARIS - L'Association des petites villes de France (APVF) a manifesté lundi dans un communiqué son inquiétude et sa vigilance concernant l'avenir du pôle environnement de Suez, qui va devenir une filiale cotée en Bourse du futur groupe fusionné GDF Suez.
L'APVF "prend acte" de l'annonce de la fusion "mais tient à faire part de son inquiétude quant au maintien de l'intégrité du pôle environnement et du groupe Suez".
"Parce qu'ils doivent répondre à la demande de nos concitoyens attentifs au niveau de service et à la maîtrise des coûts, les élus locaux ne pourraient accepter que l'avenir du pôle environnemental ne soit traité qu'à travers le prisme boursier", selon le communiqué.
"Les décisions d'investissement public prises dans le domaine de l'environnement engagent les collectivités locales pour plusieurs décennies. Ce rythme long spécifique à la dépense publique locale ne doit en aucun cas être soumis à la dictature du court terme et de la rentabilité immédiate", poursuit l'association.
"C'est en ayant à l'esprit ces impératifs de service public que l'APVF jugera des conséquences de cette fusion", conclut-elle.
Les groupes énergétiques privé Suez et public Gaz de France ont annoncé lundi qu'ils allaient fusionner, l'accord prévoyant que Suez se sépare, sans en perdre le contrôle, d'une partie de son pôle environnement (eau et déchets).
03 septembre 2007 à 23:47Ajoutez un commentaire
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