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Areva : conflit sur l’uranium en RCA (Centre Afrique)

Yellowcake1Nouveau conflit à régler en terre africaine pour Areva.

Tandis que le gouvernement centrafricain a annoncé mercredi qu’il jugeait "irrégulière" la reprise de l’exploitation de la mine d’uranium de Bakouma, dans l’extrême-est du pays, par Areva, la France a souhaité vendredi que les activités du groupe nucléaire français en RCA "se fasse dans le respect des clauses contractuelles et dans la plus grande transparence".

Le chef de l’Etat centrafricain, François Bozizé, a reçu le week-end dernier le vice-président d’Areva, Olivier Mallet.

Le gouvernement centrafricain a qualifiée mercredi l’opération de rachat, fin juillet, de la mine de Bakouma par Areva au producteur canadien d’uranium UraMin "d’irrégulière au regard des dispositions légales centrafricaines et des clauses contractuelles". Selon le communiqué, lu à la radio nationale par le porte-parole du gouvernement Aurélien-Simplice Zingas, l’opération aurait été réalisée « au mépris des droits et intérêts du peuple centrafricain".

"Le gouvernement centrafricain reste fermement attaché à la réalisation du projet d’exploitation et de mise en valeur du minerai d’uranium de Bakouma. Il tient cependant à ce que toute opération relative à cette exploitation, soit aussi profitable au peuple centrafricain, afin d’obtenir (…) le juste respect de ses intérêts légitimes", a-t-il poursuivi.

Selon le porte-parole, "le gouvernement a mandaté une équipe d’avocats nationaux et internationaux, pour parvenir à une solution négociée avec les sociétés UraMin et Areva".

Pour rappel, le groupe Areva a racheté fin juillet 2007 le producteur canadien d’uranium UraMin, qui disposait d’exploitation de mines d’uranium en Afrique du Sud, Namibie et Centrafrique, avec pour objectif de doper sa production à environ 19.000 tonnes à l’horizon 2012.
Le 28 février 2006, l’Etat centrafricain et UraMin avaient signé une convention minière relative à la mise en valeur du minerai d’uranium de Bakouma, dont un peu plus de 93% des parts revenaient à UraMin.

Suite à ces "revendications" du gouvernement centrafricain, le ministère français des Affaires étrangères a déclaré "partager bien évidemment le souci exprimé par les autorités centrafricaines de ce que l’exploitation bénéficie aux populations locales". "Il nous paraît important que soit menée dans ce pays une politique d’utilisation optimale des ressources naturelles, qui doivent être exploitées au bénéfice des populations, et donc nous sommes attachés à ce que l’exploitation de ce gisement se fasse dans le respect des clauses contractuelles et dans la plus grande transparence", a ajouté le porte-parole adjoint du Quai d’Orsay, Frédéric Desagneaux.

A cet égard, Paris "encourage" Bangui à "rejoindre le pays africains qui ont adhéré à l’Initiative de transparence des industries extractives", en soulignant que "cette adhésion ne pourra que conforter la transparence du processus d’extraction".

Le groupe nucléaire français a déclaré jeudi qu’il n’irait "pas en deçà" de la convention qui régit la mine, ajoutant "partager avec l’Etat centrafricain la même volonté de mettre en exploitation ce gisement dans une logique durable et de manière gagnante-gagnante" pour "l’ensemble des parties prenantes".

Cette affaire survient après un contentieux avec Areva au Niger, où le gouvernement a également contesté l’exploitation de ses mines par le groupe français et annoncé le 5 août la fin du "monopole" d’Areva sur l’uranium nigérien. Avant cette décision, Areva avait renouvelé ses contrats miniers dans le pays, permettant au Niger de vendre son uranium à un prix plus élevé, dans le contexte d’une flambée des prix de ce minerai dans le monde. "Je ne vois pas de lien entre les deux situations", a toutefois déclaré M. Desagneaux, interrogé pour savoir si l’on pouvait rapprocher les conflits impliquant Areva au Niger et en Centrafrique.

Depuis le début de la semaine, les médias d’Etat, radio et télévision, multiplient des émissions "micro en balade" au cours desquelles les Banguissois manifestent leur mécontentement face à la reprise de l’exploitation d’Uramin de Bakouma par Areva, sans l’avis du gouvernement. D’anciennes accusations contre la France refont surface, concernant la contamination radioactive de populations locales.

Selon une source au ministère des Mines, la société française Cogema, qui avait démarré l’exploitation de l’uranium de Bakouma dans les années 70 dans des mines à ciel ouvert "a occasionné d’énormes dégâts radioactifs contre la population". En avril 2007, des associations avaient aussi fait état de contaminations radioactives au Gabon et au Niger, demandant au groupe Areva de "prendre ses responsabilités" environnementales et sanitaires. La Cogema avait alors rapidement cessé ses activités en Centrafrique, estimant que l’uranium centrafricain n’était pas de bonne qualité. La présence d’uranium dans la région de Bakouma avait été mise en évidence par le Commissariat français à l’énergie atomique (CEA) en 1947, lorsque la Centrafrique était une colonie française.

Source : AFP

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6 commentaires

  1. gugus 22 septembre 2007 à 16:09

    On dirait qu’une partie de l’Afrique est en train de s’affranchir de la tutelle française et de ses réseaux mafieux.
    Bravo !

  2. Elisabeth 22 septembre 2007 à 21:07

    bravo … si elle n’est pas aidée en cela … par USA ou Chine , qui n’attendent que les départs des français pour s’approprier les ressources , ne rêvons pas ..

  3. adrien 25 octobre 2007 à 16:08

    C’est le dernier précarré Français, battons nous pour le garder, les libanais qui ne sont jamais dans la lumière exploite tranquillement l’Afrique, Bozizé est notre allié, et cela m’amuse quand ont se permet de fustiger les Français sûrement parce que l’on a trop peur des Chinois qui trust tout et qui ne respect pas plus les populations locales: à vomir !!!!

  4. koutakingue 17 juillet 2008 à 10:13

    La france, La framce, La france. On s`en fout de la france, si seulement on est un peu respectable. Mais lorsque nos pays sont diriges pat des toto du genre bozize, sassou , bongo et autres chenapans , ….la france en profite pour nous couillonner, la chine audela de ce que disent les occidentaux , non respect de ceci ou cela , de droit de machin ou de truc est plus concrete dans sa cooperation , la france lorsqu`elle donne des miettes elle tambourine , ce que la chine ne fais pas , alors que nos dirigeant deviennent plus responsable et on va parler a la france dans les 4 yeux comme savais le faire Thomas sankara face a un miterreand …

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