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Libye : pas de hausse des quotas Opep en septembre

Libya_oil_ghanemOù l'on reparle encore une fois de la Libye. Mais cette fois-ci, il ne s'agit ni d'infirmières bulgares, ni d'Areva, ni d'EADS, ni de Dassault ... mais de pétrole...

Eh oui, n'oublions pas que la Libye est un des 12 pays membres de l'Opep, et en tant que tel, elle vient de parler au nom du cartel sur sa « très attendue » position concernant une éventuelle hausse de production de l'organisation, alors que la réunion de septembre relative à la fixation des quotas approche.

Message "discret" de Khadafi  pour faire taire les polémiques sur l'accord entre la France et la Libye sur le nucléaire en rappelant - s'il était besoin - son poids au sein des débats qui détermineront le volume d'une grande partie de l'offre mondiale de brut ?

« L'Opep n'a pas prévu de prendre de décision sur sa production en septembre car elle a besoin de temps pour déterminer si les fluctuations des cours pétroliers sont dues aux fondamentaux du marché ou à la spéculation, » vient de déclarer le président de la compagnie libyenne National Oil.

Les pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, qui se réuniront le 11 septembre, "continuent à se coordonner. On continue à surveiller et à suivre l'évolution des cours et des mouvements du marché", a précisé le dirigeant lors d'une interview à Tripoli.

Déjà, en mars dernier, le chef de la compagnie nationale de pétrole libyenne, Choukri Ghanem avait déclaré à la presse que « rien ne justifiait pour le moment une réduction du plafond de production de l'Opep », jugeant le marché actuellement équilibré. Mais il avait alors ajouté que l'Opep devait "étudier l'offre et la demande avant de prendre une décision". Pour rappel, la Libye est le deuxième producteur en Afrique, avec 1,6 million de barils par jour.

"La politique des pays (membres) et de l'Organisation n'est pas déterminée sur la base des mouvements des cours d'un jour à l'autre." a également précisé le responsable libyen, sous entendant que la stratégie de l'organisation est basée sur une réflexion plus long terme ... et faisant très certainement allusion à la chute libre observée sur les cours en début de semaine.

Mais n'oublions pas que la crise des prêts immobiliers à risques (subprime), et des signes d’essoufflement de l’économie américaine font craindre à certains une réduction de la demande des Etats-Unis, premier consommateur de pétrole.

"Il n'est pas prévu de prendre une décision sur cette question (des quotas de production) lors de la réunion de septembre", a-t-il indiqué. "Avant de prendre une décision, il faut prendre le temps de voir si (la hausse des cours) est due à des modifications profondes dans l'approvisionnement et la demande ou si cela résulte de la spéculation et de prises de bénéfices."

En mars dernier, l’Opep a décidé de maintenir sa production à 25,8 millions de barils par jour. "Les pays de l’Opep semblent s’être habitués à un prix du baril autour de 70 dollars. Ils profitent de cette situation, qui leur permet de s’enrichir", pointe Jean-Pierre Favennec, directeur du pôle économie et gestion à l’Institut français du pétrole (IFP). "La demande pétrolière a certes augmenté depuis 2004, mais elle se maintient autour de 1,5 % à 2 %, alors que l’économie mondiale connaît une croissance supérieure à 5 %, poursuit-il. En face, il y a les pays de l’Opep qui possèdent 80 % des réserves et fournissent 40 % de la production" fait-il remarquer.

Le ministre du Pétrole du Venezuela a quant à lui réaffirmé que le marché était correctement approvisionné et qu'il n'était pas nécessaire d'augmenter la production en septembre en dépit de la récente flambée des cours. "Il y a suffisamment de pétrole sur le marché", a affirmé à la presse Rafael Ramirez, lors d'une visite en Uruguay. Prié de dire si l'Opep devait augmenter sa production, il a répondu : "Nous ne le pensons pas."

Un délégué de l'Opep qui a requis l'anonymat a dit mercredi s'attendre à un tassement des cours par rapport à leur plus haut historique, atteint le 1er août à 78,77 dollars le baril. Il a estimé que cette récente poussée des cours était sans lien avec l'offre et la demande mais s'expliquait par la spéculation et les "anxiétés du consommateur".

Source : Reuters, La Croix

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