L'ex-ministre iranien du Pétrole, Kazem Vaziri-Hamaneh, qui a démissionné il y a une semaine, a averti que l'Iran risquait une crise énergétique majeure d'ici quelques années, du fait de la hausse de la consommation intérieure en gaz et en pétrole.
Pour appuyer ses dires, rappelons que l'Iran est actuellement en pénurie d'essence, compte-tenu du manque de ses capacités de raffinage. Ironie du sort ? Le ministre a démissionné quelques heures seulement après avoir passé des accords avec la Corée du Nord et l'Irak qui pourraient permettre de résoudre quelque peu le problème iranien sur ce point.
Cependant, si l'on y regarde de plus près, une telle annonce pourrait avant tout servir d'argumentaire pour autoriser l'Iran à développer le nucléaire civil en vue de limiter sa propre production d'énergie à base d'hydrocarbures, comme tel est actuellement le cas.
"Si la consommation d'énergie suit cette tendance, le pays sera confronté à une crise majeure dans les 15 ans", a dit l'ex-ministre, cité par l'agence Mehr. Il a sous-entendu que l'Iran ne pouvait pas accroître suffisamment sa production pour répondre à une demande intérieure croissante. "La tendance actuelle de hausse de la consommation est un désastre pour le pays", a estimé M. Vaziri-Hamaneh.
Le chef de la commission de l'énergie du Parlement, Kamal Danyeshar, a lui pointé du doigt une baisse attendue de la production de pétrole de l'Iran, quatrième producteur mondial de brut. "La production va baisser de 1,5 million de barils par jour (bpj) d'ici 10 ans faute d'injection de gaz" dans les puits, a prédit le responsable, cité par le quotidien Afta-Yazd dimanche.
Encore une fois, les pays pétroliers se sont quelques peu assis sur leurs lauriers et sur les poules aux oeufs d'ors .. oubliant que même en or noir, les oeufs peuvent s'avérer bien fragiles si on ne les couve pas et si on n'entretient pas les "productrices". L'Iran produit selon les autorités environ 4,2 millions de bpj. Mais, selon les derniers chiffres de l'Opep, cette production ne serait "que" de 3,8 millions.
Pour rappel, les Iraniens injectent du gaz dans leurs champs pétroliers afin d'y maintenir une pression suffisante pour récupérer le pétrole. Mais la hausse de la consommation intérieure de gaz et sa production insuffisante – bien que le pays en détienne les deuxièmes réserves prouvées mondiales - handicapent la production pétrolière.
La consommation intérieure de gaz était estimée, fin mars 2006, à 265 Mm3/j et se répartit entre l’alimentation des centrales électriques (37%), des industries lourdes (14%), l’usage domestique, le commerce et la petite industrie (49%). Elle représente 50% de la consommation énergétique de l’Iran et, compte tenu de la forte croissance de la demande, devrait passer à 69% à l’horizon 2010.
"L'injection de gaz dans les champs pétroliers devrait être une priorité car ils éprouvent une baisse aiguë de pression", a dit le Centre de recherche du Parlement dans un rapport cité dimanche par le quotidien Etemad-Melli. L’injection de gaz pour la récupération assistée sur les champs pétroliers a consommé 80 Mm3/j en 2006 et devrait, selon NIOC, tripler à l’horizon 2010
Ces injections de gaz, tout comme le retard pris dans les investissements de production dans les champs gaziers et la hausse de la consommation intérieure font que "apparemment, il n'y aura pas de gaz disponible pour l'exportation dans les 10 ans à venir", selon le centre de recherche.
L'économie iranienne dépend énormément de ses exportations d'hydrocarbures. Les ventes de brut lui fournissent quelque 80% de ses recettes en devises, et le pays table sur les exportations de gaz, actuellement minimales, pour accroître ses revenus.
Donc résumons, l'Iran via son ancien ministre du pétrole lance un appel désespéré à la planète toute entière pour lui démontrer que l'Occident court à la faillite s'il n'autorise pas l'Iran à poursuivre dans le nucléaire civil pour alimenter ces centrales électriques. Son argument majeur : compte-tenu de l'augmentation de sa consommation interne en gaz, le pays va se trouver « contraint » à réduire sa production de pétrole (laquelle nécessite du gaz, produit en quantités insuffisantes) ... et donc diminuer fortement ses exportations. Eventuellement, si les Six autorisaient l'Iran à recourir à l'énergie nucléaire, les choses pourraient changer ...
De même, un des problèmes étant fortement liés aux volumes trop restreints de gaz produits par l'Iran, Téhéran ne pourrait faire là que des appels du pied aux compagnies pétrolières internationales pour qu'elles investissent dans les immenses champs gaziers iraniens.
Comment on dit gagnant/gagnant en Iranien ?
Sources : AFP, Mission Economique Ambassade de France en Iran
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2 Commentaires
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"La production va baisser de 1,5 million de barils par jour (bpj) d'ici 10 ans faute d'injection de gaz"
C'est l'excuse bidon pour dire que leur gisements sont en train de mourrir.
Les réserves d'Azadegan furent initialement évaluées à 26 Gbbls dans les premiers communiqués iraniens, chiffre qui ferait de ce gisement l'un des plus grands du monde. Néanmoins, les informations complémentaires diffusées par la suite montrèrent que ce chiffre se référait à la quantité de pétrole présente dans le gisement, et non à la fraction récupérable, qui se situerait entre 3 et 7 Gbbls. Le taux de récupération attendu semble donc plutôt bas (de 10 à 30%), ce qui s'expliquerait par la complexité géologique du gisement. Celui-ci se diviserait d'ailleurs en deux réservoirs, dont l'un contiendrait du pétrole lourd.
Dans vos articles vous parler de 26 milliards de barils de réserves pour le gisement d'Azadegan or les 26 milliards c'est les réserves initiales, les réserves récupérables sont de 5 milliards de baril donc c'est un gisement relativement modeste.
http://www.leblogfinance.com/2007/06/iranptrole-les-.html
19 août 2007 à 23:442
Le débit de production est trop minable pour que cela soit un grand gisement 260 000 barils par jour au maximum de la production, faut avoir fait Harvard, Yale ou Princeton pour comprendre que le gisement d'Azadegan est minable ?
20 août 2007 à 00:04Ajoutez un commentaire
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