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Iran : rationnement de l'essence en septembre
Alors que l'Iran est courtisée plus ou moins ouvertement – par la planète entière – pour ses gigantesques ressources en hydrocarbures (pétrole et gaz), le ministre iranien du Pétrole a confirmé la semaine dernière la possibilité d'un report du rationnement d'essence en Iran, qui doit normalement entrer en vigueur le 22 mai.
Pour rappel, si certes le pétrole est loin de faire défaut à l'Iran à l'heure actuelle, le pays se voit contraint de recourir à l'importation d'essence pour satisfaire ses besoins, les raffineries installées sur le territoire s'avérant insuffisantes.
"Le rationnement de l'essence n'a pas encore été décidé", a dit Kazem Vaziri-Hamaneh, ministre iranien du Pétrole, sur la télévision d'Etat. Un responsable du Parlement en charge de l'énergie avait déjà déclaré lundi dernier que le plan de rationnement serait probablement repoussé à septembre.
Le système de rationnement qui doit être mis en place fonctionne avec des cartes à puce dont plusieurs millions ont déjà été distribuées aux automobilistes iraniens. De nombreux conducteurs n'ont pas encore reçu la leur.
Des commentateurs dans la presse ont aussi mis en cause le coût politique d'une telle mesure, mettant en doute la volonté du gouvernement d'engager une réforme perçue comme hautement impopulaire, mais aussi indispensable à cause de la dépendance de l'Iran aux importations d'essence.
Le rationnement de l'essence en Iran, prévu à partir du 22 mai, sera probablement repoussé à septembre, avait d'ores et déjà déclaré en début de semaine dernière un responsable du Parlement pour les questions d'énergie. "Le terrain n'est pas prêt pour appliquer le rationnement avec l'aide des cartes à puce, et nous devons donc donner une nouvelle chance au gouvernement" pour appliquer ce plan, avait déclaré le chef de la commission de l'énergie au Parlement Kamal Daneshyar.
M. Daneshyar a fait état d'"informations selon lesquelles les machines destinées à lire les cartes à puce se cassent rapidement, et des pompes marchent à l'envers, aspirant l'essence des réservoirs plutôt que de les remplir". "Donc, a-t-il poursuivi, en attendant que ces problèmes soient résolus, le projet de rationnement doit être repoussé à la fin septembre, et le gouvernement doit demander la permission au Parlement d'importer pour deux milliards de dollars d'essence". Ce qui est peut-être en réalité la raison première de toute l' « affaire »....
Le projet de budget adopté par le Parlement pour l'année en cours (mars 2007 - mars 2008) a prévu une hausse du litre d'essence, actuellement de 800 rials (6 centimes d'euro), à 1.000 rials à compter du 22 mai.
Mais ce prix ne doit s'appliquer qu'à un certain quota, que le gouvernement est censé déterminer. Au delà, il revient au gouvernement de fixer le quota d'essence subventionnée attribuable à chaque automobiliste, ainsi que le prix de l'essence, hors quota, qui ne serait plus subventionnée.
L'Iran, quatrième producteur mondial de pétrole se voit néanmoins contrainte à importer massivement de l'essence. Les raffineries iraniennes ne produisent que 44,5 millions de litres d'essence par jour alors que la consommation quotidienne dans le pays est actuellement de 79 millions de litres, et ne cesse d'augmenter.
Selon le vice-ministre du Pétrole Mohammad Reza Nematzadeh, "la consommation moyenne quotidienne (...) devrait monter à 81 millions de litres". Le responsable a critiqué le niveau de la consommation et son poids sur les finances publiques, en remarquant que "l'an dernier (mars 2006 - mars 2007, ndlr) le pays a importé pour cinq milliards de dollars d'essence, et si le rationnement n'est pas mis en oeuvre la note s'élèvera cette année à environ 9,5 milliards de dollars".
"Le gouvernement tient à rationner l'essence afin de stabiliser les prix et d'éviter des problèmes économiques"", avait déclaré en janvier Mostafa Pourmohammadi au journal Tosea. Le parlement, lui, était alors favorable à un système de double tarification plutôt qu'à un rationnement, et proposait que l'essence importée soit vendue au prix du marché mondial.
Le président iranien avait d'ores et déjà indiqué lors de la présentation de son budget prévisionnel pour l'année civile iranienne courant de mars 2005 à mars 2006 qu'un des objectifs à moyen terme du gouvernement iranien était de diminuer progressivement la consommation d'essence et de produits pétroliers raffinés pour les remplacer par le gaz. « Nous produisons chaque année environ 70 milliards de dollars de pétrole, dont 25 milliards sont consommés à l'intérieur du pays. Nous consommons également 10 milliards de dollars d'essence par an ». Le nouvel objectif fixé était d'aboutir d'ici à cinq ans à ce que toutes les voitures roulent au gaz.
L'Iran importe en effet annuellement au moins 40 % de sa consommation d'essence, ce qui représente tout de même le dixième des exportations du pays, et la vend au quart de son prix d'achat.
Le litre d'essence est vendu 0,09 dollar en Iran, un prix très faible qui, selon certains experts, incite la population à une consommation excessive. Le prix, artificiellement bas de l'essence à la pompe ne s'explique que par les subventions colossales dont il est l'objet pour assurer la paix sociale, lesquelles s'élèvent à 83 % du prix payé à la pompe par le consommateur iranien, qui est par ailleurs confronté à une inflation annuelle galopante. Appliquées aux produits pétroliers, ces subventions porteraient sur près 8 milliards de dollars. Au total, elles pourraient représenter jusqu'à 10 % du PIB.
Sources : AFP, Reuters, Iran focus
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mise en garde du Parlement sur l'inflation en janvier 2006
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Voici les sites qui parlent de Iran : rationnement de l'essence en septembre:
Commentaires
attila
22 mai 07 19:23:14
L'essence augmente de 25% en Iran
Attache
TEHERAN (AP) - L'Iran, obligé d'importer du pétrole raffiné, a relevé de 25% le prix de l'essence mardi afin d'économiser sur les dépenses publiques, au risque d'aggraver le mécontentement de la population à l'égard du président ultra-radical Mahmoud Ahmadinejad.
Bien qu'étant le deuxième producteur de brut de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), l'Iran subit la hausse des cours mondiaux du pétrole en raison de ses trop faibles capacités de raffinage. Celles-ci pourraient ne lui permettre de traiter que la moitié des quelque 80 millions de barils qu'il prévoit de consommer en 2007.
De nombreux automobilistes ont donc découvert mardi, à leur grande surprise pour beaucoup, que le prix à la pompe était passé dans la nuit de 800 riyals au litre à 1.000 riyals, afin de réduire la part des subventions publiques.
Le ministre de l'Intérieur Mostafa Pourmohammadi, cité par l'agence de presse officielle IRNA, a précisé que le rationnement du carburant, initialement prévu pour mardi, avait été reporté de deux semaines, vers le 5 juin.
La situation économique des Iraniens devient de plus en plus difficile pour les Iraniens, qui ont vu les loyers doubler et le prix des aliments de base, comme les légumes, tripler depuis l'été. Or le président Ahmadinejad a été élu en 2005 sur un programme populiste promettant la redistribution des revenus du pétrole à toutes les familles, l'éradication de la pauvreté et la réduction du chômage.
Elisabeth
22 mai 07 20:10:35
Le report du rationnement semble confirmé par ailleurs
Elisabeth
22 mai 07 20:10:55
Le report du rationnement semble confirmé par ailleurs
Elisabeth
27 juin 07 00:13:10
Iran: attaque contre une station-service après le plan de rationnement d'essence
TEHERAN (Iran) - Des jeunes ont attaqué mardi soir une station-service dans le nord-ouest de Téhéran, brûlant notamment une voiture et des pompes à essence, après l'annonce du plan de rationnement d'essence, ont rapporté des témoins.
Des jeunes ont brûlé une voiture et des pompes à essence dans le quartier de Pounak (nord-ouest de Téhéran). Ils ont lancé des pierres et scandé des slogans contre le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.
Depuis l'annonce du plan de rationnement d'essence, qui prévoit seulement 100 litres d'essence pour chaque voiture particulière par mois, d'énormes files d'attente se sont formées devant les stations-service à Téhéran, mais aussi dans toutes les villes du pays.
"Une voiture particulière de marque Peugeot Persia a été brûlée à l'intérieur de la station-service qui est partiellement en feu", a constaté un journaliste de l'AFP.
"Les manifestants lancent des pierres. La police anti-émeute déployée dans les rues avoisinantes intervient régulièrement pour disperser les manifestants", a-t-il ajouté.
Des jeunes ont également bloqué l'autoroute au niveau de la station-service en brûlant des pneus et des planches sur la chaussée.
Selon un journaliste iranien, une autre station-service dans le sud de Téhéran a également été attaquée.
Le projet de rationnement de l'essence qui doit permettre à l'Iran de réaliser des économies d'énergie prend effet mercredi, a annoncé le ministère du Pétrole dans un communiqué diffusé mardi soir par la télévision d'Etat.
"A partir de mercredi minuit (20H30 GMT), l'essence sera rationnée pour tous les véhicules et motocyclettes", souligne le texte.
Les automobiles conçues pour rouler également au gaz liquide (GPL) ne pourront disposer que de 30 litres d'essence par mois, les autres, de 100 litres, précise le communiqué.
Cette période de rationnement a été fixée à quatre mois, durée qui pourra être prolongée jusqu'à six mois.



