Iran / Irak : accord sur la construction de deux oléoducs

Iran_iraq_tappipeline3 Décidément, l'Iran met les bouchées doubles actuellement pour montrer encore un fois – s'il en était besoin – la place majeure qu'il occupe sur le marché international des hydrocarbures.

Et quitte à passer pour le diable en personne aux yeux de certains, Téhéran n'hésite pas à s'allier à d'autres pays peu éloignés de “l'Axe du mal” tel que la Corée récemment et l'Irak désormais.

Démontrant encore une fois que le caractère préjugé maléfique d'un pays pourrait être toutefois bigrement lié .... à son potentiel pétrolier, l'Iran et l'Irak viennent en effet de conclure un accord en vue de construire deux oléoducs entre les deux pays.

L'Iran et l'Irak ont signé un accord sur la construction de deux oléoducs pour acheminer en Iran du pétrole irakien, ont rapporté samedi les médias officiels iraniens.

Selon le ministère iranien de l'énergie, cité par la chaîne de télévision News Network, un pipeline doit transporter du brut du port de Bassorah, dans le sud de l'Irak, au port d'Abadan, dans le sud-ouest de l'Iran. Un autre oléoduc doit être construit entre les deux villes pour le transport de produits pétroliers.

Dans le cadre de cet accord, l'Iran doit acheter 100.000 barils de brut irakien pour les raffiner dans le port de Bandar Abbas (sud)  avant de revendre les produits raffinés à l'Irak. Cet accord n'est pas limité en terme de quantité.

A noter que Bandar Abbas est lui-même situé sur le parcours du pipeline Iran-Pakistan-Inde ...

L'accord a été signé lors d'une visite du ministre irakien du pétrole, Hussein al-Chahristani, vendredi soir à Téhéran, où il a rencontré son homologue Kazem Vaziri Hamaneh. La date d'achèvement des oléoducs n'a toutefois pas été précisé, ni le financement et le coût de l'opération.

En août 2006, Téhéran et Bagdad avait signé un protocole d'accord sur le raffinage en Iran de 100.000 barils de pétrole irakien en échange de la livraison de 2 millions de litres de produits raffinés par jour.

L''Irak dispose des troisièmes réserves de brut du monde mais souffre d'un déficit de produits raffinés depuis l'invasion américaine de 2003 et l'attaque de ses infrastructures. Le gouvernement irakien est obligé d'importer des produits raffinés de pays voisins.

Notons toutefois, que l'Iran est lui aussi confronté à un épineux problème de pénurie d'essence, par manques de capacité de raffinage. L'objectif de l'accord ne serait-il pas alors de demander à l'Irak d'investir dans des capacités de raffinage sur sol iranien ? Ce qui aurait le mérite de “sécuriser” les opérations en les éloignant du conflit irakien, tout en permettant à l'Iran d'obtenir des subsides sonnantes et pas si trébuchantes que cela pour investir dans de nouvelles raffineries.

Une manière également pour l'Iran de répondre aux accusations des USA selon lesquelles Téhéran attiserait les tensions en Irak. L'Iran est en effet accusé par les États-Unis de fomenter une partie de l'insurrection irakienne en soutenant la majorité chiite à laquelle appartient le premier ministre irakien, M. al-Maliki.

Le président américain, George W. Bush a adressé en fin de semaine une sévère mise en garde à ce dernier, lui enjoignant de ne pas se montrer trop conciliant avec Téhéran.

Lors d'une conférence de presse donnée avant son départ en vacances sur la côte est des États-Unis puis au Texas, M. Bush a lancé un avertissement à M. al-Maliki, qui vient d'effectuer une visite de deux jours à Téhéran, sa seconde depuis sa nomination à la tête du gouvernement irakien l'an dernier.

«Si le signal qu'il veut lancer est que le rôle de l'Iran est constructif, il va falloir que nous ayons une franche discussion avec mon ami le premier ministre parce que je ne crois pas que ce soit le cas», a prévenu le président américain.

Auparavant, Téhéran avait assuré le premier ministre irakien de son plein soutien à sa politique de retour à la sécurité en Irak, mais aussi souligné qu'un retrait de l'armée américaine était le seul moyen de retrouver la stabilité en Irak.

Sources : AFP, MAP, Le Devoir

 

4 Commentaires

  1. 1

  2. 2

    Elisabeth

    merci !
    gloups : pas vu !

  3. 3

    jambon

    Quid de la bourse en € du pétrole iranien ?
    :-(
    J

  4. 4

    Elisabeth

    demission du ministre du pétrole iranien ! attendez j'arrive :)

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