«Au feu! La maison qui brule ... | Accueil | Boeing / VSMPO-Avisma : accord de titane en Russie »
Externalisation informatique : la Chine inquiète l'Inde
Si la Fontaine affirmait qu'on avait toujours besoin d'un plus petit que soi, a contrario, on estime rarement nécessaire d'en avoir un plus grand qui marche sur nos "plates-bandes". L'Inde commence ainsi bigrement à s'inquiéter de devoir faire face à un véritable géant chinois.
Non, je ne parlerai pas de péril jaune ... car si d'une part la couleur n'ajoute rien à l'affaire, les accès de xénophobie aigus sont par ailleurs souvent liés à des jalousies ou des peurs que je qualifierais d' "économiques". Cqfd ...
L'Inde doit renforcer son secteur de l'éducation, des ressources humaines et des infrastructures pour conserver sa suprématie face à la Chine, dans l'externalisation de services informatiques, ont averti mardi des industriels indiens. Bigre ...
Kiran Karnik, président de l'association professionnelle du secteur informatique NASSCOM (National Association of Software and Services Company), a estimé peu probable que la Chine puisse entamer "la place de l'Inde dans l'externalisation des services informatiques dans les trois années à venir".
Il a toutefois averti que "la Chine ne doit pas être négligée". "Je sais que les Chinois sont là et qu'ils avancent vite", a-t-il dit.
Kiran Karnik a expliqué que la Chine a depuis longtemps l'intention de se positionner sur ce secteur et que le gouvernement de Pekin et les industriels chinois travaillent ensemble pour améliorer l'environnement et développer leurs compétences.
Pour maintenir son avance, l'Inde "doit se doter d'un environnement fiscal favorable, et faire un énorme effort dans l'éducation et les ressources humaines, ainsi que mettre en place de meilleures infrastructures", a ajouté Kiran Karnik.
Selon une étude du cabinet de conseils ECA International, en 2007, les salaires en Inde vont augmenter de 7%. Ce chiffre place l’Inde en tête du classement des augmentations salariales mondiales, talonnée de près par la Chine. En comparaison, l’augmentation réelle des salaires ne devrait pas dépasser 1,5% en France - un chiffre jugé encourageant par rapport aux années précédentes -, 3% en Russie ou 0,2% en Hongrie. "La forte croissance économique en Inde contribue à une demande renforcée de travailleurs qualifiés, ce qui alimente ces augmentations élevées des rémunérations", commente Frédéric Franchi, le porte-parole France ECA International.
Le secteur de l’informatique et de la sous-traitance (service clientèle par téléphone, gestion à distance de réseaux informatiques, réalisation de logiciels pour entreprises…) est le plus touché avec une augmentation moyenne des salaires de 13%. En Inde, ces activités ont créé environ 1,5 millions d’emplois en moins de dix ans et représentent plus de 5,2% du PIB.
Mais aujourd’hui, le personnel qualifié manque alors que la demande en services informatiques est en constante augmentation. Le pays produit plus de 2,5 millions de diplômés par an mais seuls 5000 étudiants obtiennent un doctorat, rarement dans le secteur de la sous-traitance. Faute de main d’œuvre qualifiée et bon marché, les sociétés indiennes vont devoir redoubler d’effort pour maintenir leurs parts de marché. Elles réalisent 70% des contrats offshore internationaux.
En Grande-Bretagne, cette augmentation des salaires des Indiens a déjà des conséquences. Selon l’association nationale de l’outsourcing (NOA), certaines entreprises britanniques lorgnent déjà vers la Chine, le Vietnam, la Malaisie ou l’Europe de l’Est pour confier leur sous-traitance. D’autres pourraient choisir de rapatrier leurs services en Grande-Bretagne. L’assistance téléphonique de l’assureur en ligne Esure vient par exemple de quitter l’Inde pour se réinstaller à Manchester.
Sources : AFP, www.aujourdhuilinde.com
TrackBack
URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/80157/20993863
Voici les sites qui parlent de Externalisation informatique : la Chine inquiète l'Inde:
Commentaires
Le Temps.ch
22 août 07 00:20:21
L'Inde en manque de matière grise
Le temps.ch
Nikhil Subramaniam-Duella
Mercredi 22 août 2007
Dans un pays souvent considéré comme un puits sans fond d'ingénieurs, d'informaticiens et autres professionnels, l'ombre d'une pénurie de travailleurs qualifiés fait son apparition.
Selon une étude de Nasscom, groupement des entreprises spécialisées dans les technologies de l'information, le secteur souffrira d'un manque de 500 000 travailleurs vers l'an 2010.
Avec 54% de sa population âgée de moins de 24 ans et une croissance économique annuelle qui frôle les 10%, l'Inde continue à attirer les sociétés américaines ou européennes qui y délocalisent certaines de leurs activités.
Mardi, Siemens a annoncé qu'il désire doubler ses activités un Inde dans les trois prochaines année .
Le pays produit certes 400000 ingénieurs par année, soit deux fois plus que les Etats-Unis, mais le problème est que leurs compétences sont remises en cause.
Selon Nasscom, seuls 25% d'entre eux sont vraiment employables. Les autres souffrent de compétences techniques ou linguistiques insuffisantes et ne s'adaptent pas au travail d'équipe. Ceux qui réussissent ne peuvent donc pas assumer la charge de travail à eux seuls.
Si on ajoute à cela le fait que les exportations de logiciels ont bondi de 33% l'an passé, les universités indiennes peinent à subvenir à la demande.
Par ailleurs, seuls 10% des Indiens âgés de 18 à 25 ans font encore des études, et près de 40% des plus de 15 ans sont illettrés.
JP
22 août 07 00:27:17
Bof, les entrpreneurs informatiques indiens jouent là une reprise d'un vieux tube qui fut longtemps joué à Washington : "Ce qui est bon pour Generals Motors est bon pour l'Amérique".
Nicolas
30 août 07 18:38:09
Il existe encore quelques années avant que la Chine rattrappe l'Inde. Plus d'infos sur www.offshore-developpement.com
anonymous56
1 nov. 08 13:53:09
Quand la Chine brade le software
http://www.actu-cci.com/?pg=mag_article&id_m_a=2058
À l’instar de la capitale du Karnataka en Inde, Dalian a conquis dans les années 1990 ses lettres de noblesse à l’export grâce au Business Process Outsourcing (BPO). Au profit de grands groupes internationaux, cette industrie « off-shore » externalise auprès d’opérateurs spécialisés des fonctions (ou processus) comme la comptabilité, la paye, la facturation, le service client ou la maintenance informatique. L’argument choc de Dalian : les coûts salariaux sont nettement moins élevés qu’en Inde. « En Inde, un débutant en BPO empoche 225 dollars par mois », détaille Ronnie Sengupta, directeur général de Type-i, une société indienne de BPO à Mumbai. Ici, le même opérateur débutant touche 100 dollars par mois… Par ailleurs, les salaires des « BPO People » et des informaticiens indiens augmentent de 15 % à 20 % par an. Pire, le turn-over du personnel indien, appelé « attrition », varie entre 25 % et 50 % par an. De leur côté, les autorités chinoises officielles avancent des taux annuels d’augmentation salariale de 5 % à 10 % et une attrition de 12 %.
Des salaires 60 % moins élevés qu’au Japon
CSK, Hitachi, Mitsubishi, NTT, NEC, Omron, Panasonic ou Ricoh… ce sont les grands groupes japonais et sud-coréens qui ont suscité ce marché de l’off-shore. « 100 000 personnes parlent couramment japonais », poursuit Cabell Chen. À partir de 1999, les prestations informatiques sont montées en gamme avec le développement d’applications logicielles (40 % des emplois de la Silicon Valley chinoise aujourd’hui), suivies par le développement de l’informatique embarquée (10 %) et l’externalisation de programmes de recherche et développement (5 %). On trouve aussi de l’externalisation de services en CAO (Conception assistée par ordinateur). « Ici, les salaires sont 60 % moins élevés qu’au Japon », confie Mika Koguchi, directrice générale de la filiale de Dalian du Japonais Transcosmos Design Development, qui réalise ici des prestations de CAO pour le compte d’architectes nippons spécialisés dans la construction de maisons et de villas.
anonymous56
1 nov. 08 14:13:19
Services Informatiques : Quand la Chine rattrapera l’Inde…
http://asie.atelier.fr/asie/chine/article/services-informatiques-quand-la-chine-rattrapera-linde
Les analystes d'IDC ont prévu que d'ici à 2011, la Chine devrait devenir la première destination du offshoring IT et passer ainsi devant l'Inde. Dans une étude, l'institut a comparé 35 villes dans la zone Asie-Pacifique, dont Adelaïde (Australie), Bangalore (Inde), Dalian (Chine), Hanoï (Vietnam) et Kuala Lumpur (Malaisie), en se basant sur des critères communs portant sur le niveau d'équipements, d'investissements, la population… Selon ses conclusions, les dix villes championnes pour la délocalisation en 2007 sont dans l'ordre : Bangalore, Manille, New Delhi, Mumbai, Dalian, Shanghai, Pékin, et les australiennes Sydney, Brisbane et Auckland. Mais dans les quatre ans, trois villes chinoises devraient bousculer cet ordre et prendre l'avantage: Dalian, Shanghaï et Pékin.
el gringo
1 nov. 08 17:00:53
En 2008, il y a eu 5.7 millions de nouveaux diplomés dans les universités chinoises contre (1.8 millions en 1998) et ce chiffre dépassera les 6 millions en 2009.
En 30 ans, le nombre national d’étudiants chinois diplômés de l’enseignement supérieur a été multiplié par plus de 20. Le nombre d’étudiants inscrits dans l’éducation supérieure en Chine se chiffre ainsi actuellement à plus de 23 millions ce qui fait du système éducatif chinois le premier au monde en terme d’effectif.
Depuis le milieu des années 1990, les étudiants privilégient les domaines en lien direct avec le monde du travail. Ainsi, 38,8% des étudiants chinois sont inscrits dans un cursus d’ingénieur, les autres se répartissant entre sciences (12,5%), langues et littérature étrangères, management. Le plus faible nombre d’inscrits se retrouve dans les filières de sciences humaines.
Cela n'est pas sans poser de sérieux problèmes de débouchés.
En 2007, on comptait 5,70 millions d’étudiants de premier cycle nouvellement diplômés, contre environ 4 millions d’étudiants poursuivant leurs études en Master. Or, selon le compte rendu de la Commission d’Etat au développement et à la réforme – nommée jadis la planification centrale - plus de 70 % de ces jeunes diplômés n’ont pas trouvé ou ne trouveront pas de travail à la fin de leurs études (3,07 millions en 2005, 3,77 en 2006 et 4,95 en 2007) !
Dans le même temps, ceux qui ont la chance de trouver un emploi se trouvent confrontés à des salaires très bas. Ainsi, selon une enquête réalisée dans les municipalités de Shanghai et de Beijing, le salaire moyen d’un jeune diplômé chinois est compris dans une fourchette entre 1600 et 1700 yuans (160-170 euros) par mois. On assiste donc à l’apparition d’un double phénomène : celle d’une nouvelle forme de chômage et celle d’une paupérisation de l’emploi pour ces jeunes diplômés chinois.
http://alternatives-economiques.fr/blogs/chine/2008/04/16/le-chomage-des-jeunes-diplomes-chinois/



