Lagardère président du conseil d’administration d'EADS dans 4 ans

Eads_ceos_gallois_and_enders_lgOn attendait des nouvelles fraîches concernant une plus qu’éventuelle re-organisation au sein de l’équipe de direction d’Airbus et d’EADS à l’issue de la réunion Sarkozy/Merkel qui a lieu aujourd’hui à Toulouse.

Espérons que le vent d’autan qui sévit aujourd’hui dans la Ville rose ne soit pas annonciateur de nouvelles turbulences chez le constructeur aéronautique. Arnaud Lagardère, qui quitte la présidence du conseil d'administration d'EADS, deviendrait le représentant de l'actionnariat français au sein de ce conseil, a affirmé lundi une source proche du CA lors du sommet franco-allemand à Toulouse.

EADS a confirmé par la suite dans un communiqué que Rüdiger Grube, qui partageait avec Arnaud Lagardère la présidence du conseil d'administration du groupe, restera seul à ce poste. Le Français Fabrice Brégier, restera à son poste de directeur général d'Airbus.

Le coprésident exécutif allemand du groupe Tom Enders prendra la tête d'Airbus, en remplacement de Louis Gallois, qui assumera seul la présidence exécutive d'EADS, maison mère de l'avionneur. Rüdiger Grube, qui partageait avec Arnaud Lagardère la présidence du conseil d'administration du groupe, restera seul à ce poste. Arnaud Lagardère prendra sa succession dans quatre ans. "L'alternance sera une réalité au niveau du président du conseil d'administration", a assuré Louis Gallois. "Pour le président exécutif, ce sera au conseil d'administration de décider", a-t-il ajouté. "Mais au terme du mandat de M. Grube, il faudra bien tenir compte qu'il y aura un changement de nationalité au niveau de la présidence".

Thomas Enders, actuel coprésident du groupe européen d'aéronautique et de défense EADS, qui va prendre la présidence exécutive d'Airbus dans la nouvelle organisation, ne siègera plus au conseil d'administration d'EADS. Son homologue français Louis Gallois sera désormais le seul dirigeant "exécutif" de la maison mère d'Airbus, EADS.

Par ailleurs, ce conseil d'administration sera élargi, a précisé EADS dans un communiqué, afin de mieux refléter le profil général du groupe en conformité avec les règles de gouvernance internationales des sociétés. Le groupe aéronautique et de défense EADS a confirmé lundi la nouvelle répartition des postes à sa direction et à celle de sa filiale Airbus, précisant que l'accord avait été approuvé par les actionnaires ainsi que par le gouvernement allemand.

De sources proches du dossier, on indique qu’il pourrait y avoir désormais davantage d'administrateurs indépendants, et que nombre de décisions pourraient être prises à la majorité simple au lieu d'exiger une convergence de vues franco-allemande comme c'était le cas jusqu'à présent. M. Gallois a par ailleurs insisté sur l'évolution prochaine du conseil d'administration d'EADS. "Le nombre de questions +réservées+, qui nécessitait autrefois un accord franco-allemand, sera réduit. Il n'y aura qu'un seul exécutif au CA, qui sera également élargi à des administrateurs indépendants. Les décisions seront prises plus souvent à la majorité simple", a ainsi fait valoir Louis Gallois, confirmant les informations. En revanche, la question de la réforme du pacte d'actionnaires pourrait prendre plus de temps, complexité oblige ….

Pour rappel, le capital du groupe européen d'aéronautique et de défense EADS est réparti entre actionnaires français et allemands, privés et publics, avec d'un côté l'Etat français (15%) et Lagardère (en train de passer de 15% à 7,5%) qui porte les intérêts français au sein du holding Sogeade, de l'autre DaimlerChrysler (15%) et un consortium d'investisseurs (7,5%) incluant des Lander allemands.

EADS précise dans son communiqué que DaimlerChrysler et la Sogeade libéreront deux sièges du Conseil d'administration. Le CA proposera également à l'assemblée des actionnaires, qui doit se tenir au cours du quatrième trimestre de cette année, la nomination de quatre administrateurs indépendants, deux représentants de DaimlerChrysler, deux représentants de la Sogeade et un représentant de la Sepi, la holding qui représente l'Etat espagnol. Rüdiger Grube, qui partageait avec Arnaud Lagardère la présidence du conseil d'administration du groupe, restera seul à ce poste. Il sera le seul président du conseil d'administration d'EADS. Le Français Fabrice Brégier restera à son poste de directeur général d'Airbus au côté de Tom Enders.

EADS précise que cette recomposition de l'organigramme s'est faite dans le "respect de l'équilibre entre actionnaires français et allemands". "Le gouvernement allemand a également été consulté", a ajouté le groupe dans son communiqué.

L'actuel coprésident exécutif français d'EADS Louis Gallois a exprimé sa satisfaction devant la simplification de la gouvernance d'EADS annoncée lundi, qui respecte à son sens l'équilibre franco-allemand. "C'est une très bonne journée pour EADS", a-t-il déclaré lors d'une interview téléphonique, en marge du sommet franco-allemand. "L'équilibre franco-allemand a été bien assuré. On a trouvé un point d'équilibre", a-t-il souligné, alors qu'EADS s'apprête à abandonner sa structure bicéphale. "Nous avons désormais une structure de gouvernance d'entreprise normale, avec un président de conseil d'administration, un président exécutif et un président chez Airbus", s'est félicité M. Gallois.

Le président français Nicolas Sarkozy et le chancelière allemande se sont félicités lundi de la nouvelle organisation d'EADS, après les négociations difficiles qui ont été nécessaires entre Paris et Berlin pour aboutir à une simplification de la direction du groupe européen. "On s'est tous mis d'accord, tous les actionnaires, pour doter l'entreprise d'une structure de direction normale, monocéphale: un responsable à chaque étage", a lancé le président français lors d'une brève déclaration au siège d'Airbus à Toulouse. "Airbus, EADS, ce sont des entreprises qui doivent être dirigées comme des entreprises et non pas comme des organisations internationales", a-t-il poursuivi.

M. Sarkozy a annoncé en outre que la présidence du conseil d'administration du groupe serait désormais occupée en alternance par un Allemand et un Français, en remplacement du système de coprésidence actuel. De la même façon, c'est un Allemand qui prendra la succession de Louis Gallois à la direction exécutive d'EADS dans quatre ans, a précisé le ministère de l'Economie. "Nous avons prévu l'alternance des nationalités au bout d'un mandat de cinq ans", a dit M. Sarkozy, alors que les dirigeants actuels sont en fonction depuis un an.  "Dans la compétition mondiale vis-à-vis de Boeing, vous pouvez compter sur l'engagement total des actionnaires de vos entreprises", a-t-il ajouté.

Au côté de M. Sarkozy, la chancelière allemande a estimé que l'accord conclu allait déboucher sur "un organigramme efficace, équilibré". "Les Allemands sont très contents", a déclaré Mme Merkel, selon la traduction en direct de ses propos. "Nous avons réussi à obtenir un équilibre, à mettre en place une structure monocéphale, c'est ce que Daimler (actionnaire allemand d'EADS) voulait depuis longtemps, à faire en sorte que l'organigramme soit tel que les dirigeants s'entendent bien entre eux et puissent bien travailler ensemble", a-t-elle indiqué. "Je crois que nous vous avons proposé une bonne solution pour l'avenir d'EADS et d'Airbus", a conclu la chancelière.

Le bonheur des uns semble néanmoins quelque peu  faire  "le malheur des autres" et tous ne semblent pas aussi ravis que la partie allemande et Mme merkel, loin s'en faut ... Ainsi, le syndicat CFTC d'Airbus s'est inquiété lundi à Toulouse du poids grandissant de l'Allemagne dans les instances dirigeantes du groupe européen EADS et dans sa filiale Airbus, après l'annonce de la réorganisation de la direction de l'avionneur européen.

"Aujourd'hui, la direction d'Airbus est désormais tenue par un PDG allemand, la finance d'Airbus est pilotée par M. Ring, directeur financier allemand, l'organisation est nettement déséquilibrée en faveur du pilotage allemand (...), la direction de Eurocopter, comme celle de la Division "Défense et Sécurité" sont tenues par des managers allemands", souligne le syndicat. "Nous nous interrogeons fortement sur la stratégie actuelle de M. Sarkozy", le chef de l'Etat français, indique la CFTC.

"Certes, il fallait que le système de gouvernement EADS évolue. Trop de dysfonctionnements pesaient dans cette forme de gestion. Mais était-ce le bon moment ?", s'interroge le syndicat. "Nous avions confiance en Louis Gallois et en sa capacité à tenir le cap Airbus avec un esprit de dialogue social. Aussi, nous demandons à M. Enders de nous garantir que toutes les composantes d'Airbus aient la même approche industrielle et économique", poursuit la CFTC. "Nous demandons à M. Enders que le plan Power 8, ainsi que les projets de partenariat des sites, fasse l'objet du même niveau d'échange social dans un souci d'équilibre transnational préservé", ajoute-t-il. Pour rappel, le plan de restructuration Power8 prévoit 10.000 suppressions d'emplois en 4 ans et la cession de plusieurs sites pour réaliser 5 milliards d'euros d'économies d'ici à 2010.

Le coprésident du comité européen d'Airbus Jean-François Knepper (Force ouvrière) a qualifié pour sa part les nouvelles nominations à la tête du groupe EADS et d'Airbus de "changement quelconque" et a estimé qu'elles n'allaient "pas changer grand chose" pour l'avionneur européen. "C'est beaucoup de bruit pour rien. Cette nomination (de Tom Enders comme président d'Airbus) ne va pas changer grand chose. Les problèmes d'Airbus ne sont pas l'affaire d'un homme", a déclaré à la presse M. Knepper.

"Il y a toujours un Allemand et un Français. La dualité existe déjà. C'est un changement quelconque. Ce ne sont pas des nominations mais des renominations. On prend les mêmes et on recommence sans avoir rien réglé", a poursuivi M. Knepper. "La priorité est de savoir maintenant ce que nos dirigeants comptent faire", a ajouté le responsable de FO, syndicat majoritaire à Airbus France.

M. Knepper devait participer, en début d'après-midi à Airbus, avec les autres représentants syndicaux d'Airbus à une rencontre avec la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.

Source : AFP

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