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EADS : Tom Enders comme unique Président exécutif ?
Les jours se suivent mais les nouvelles ne se ressemblent pas, quand il s'agit d'EADS et d'Airbus ... Selon le Herald Tribune de samedi et le magazine allemand Spiegel, les discussions sur la direction du groupe européen d'aéronautique et de défense EADS auraient abouti à un accord pour nommer à la présidence exécutive de la société l'actuel coprésident allemand Tom Enders.
Il y a quelques jours à peine, le quotidien français Les Echos, mentionnait dans ses colonnes que “Francais et Allemands paraissent proches d'un accord pour abandonner la direction bicéphale du groupe” au profit d'une structure classique avec un directeur général (CEO) et un président unique (chairman). Le journal assurait alors que dans ce cas de figure, Louis Gallois serait maintenu seul à la tête du groupe et Rudiger Grube irait à la présidence du conseil d'administration tandis que Tom Enders et Arnaud Lagardère (homologue actuel de M. Grube) seraient écartés de leurs fonctions actuelles.
Certes, si de telles informations avaient été par la suite démenties, les turbulences semblent agiter autant la production que la direction d'EADS, l'éternel problème de la poule et de l'oeuf en quelque sorte ... secteur technologique ou pas, les lois du vivant semblent toujours aussi complexe.
Selon le Herald Tribune, les négociations en amont du sommet franco-allemand prévu pour le 16 juillet auraient permis un accord qui devrait probablement aboutir à la nomination de l'actuel coprésident, Tom Enders, comme unique président exécutif d'EADS. C'est "un revers apparent pour le nouveau président français, Nicolas Sarkozy", ajoute le journal.
Selon les mêmes sources, Louis Gallois "resterait à la tête d'Airbus", pour mettre en oeuvre le plan de restructuration Power8 tandis que Arnaud Lagardère, coprésident français du conseil d'administration d'EADS, resterait à ce poste, écartant ainsi son homologue allemand, Rüdiger Grube, dans le cas d'un schéma à un seul président du conseil et à un seul président exécutif.
Dans son édition à paraître lundi, l'hebdomadaire allemand Der Spiegel écrit pour sa part que Berlin est décidée à imposer M. Enders comme unique président exécutif d'EADS. En contrepartie, la présidence du conseil d'administration doit revenir à un Français, tout comme la direction d'Airbus, ajoute le magazine, selon lequel le gouvernement français aurait "déjà signalé son approbation".
Ces informations viennent confirmer des rumeurs qui ont circulé dans la presse cette semaine. Le schéma "privilégié" serait de "nommer un Allemand à la présidence exécutive d'EADS en remplacement de Louis Gallois qui conserverait la tête de la filiale Airbus", avait notamment assuré Le Figaro vendredi.
Le Financial Times indique également de son côté que l'Allemagne place Enders "au centre des discussions", tout en relevant que M. Gallois, âgé de 63 ans, pourrait être réticent à l'idée de se retrouver sous les ordres de M. Enders, 49 ans.
EADS a pour sa part rejeté mardi 3 juillet des informations publiées par le journal Les Echos faisant état d'un départ prochain du co-président de l'exécutif, l'Allemand Tom Enders, à l'occasion d'une réforme de la gouvernance du groupe. "C'est définitivement dénué de tout fondement", a déclaré un porte-parole d'EADS à ce sujet. Tom Enders "n'a pas de projet de démission et travaille pleinement à remplir ses tâches (...) il contribue aussi à faire progresser la mise en place du programme de restructuration 'Power8', qui est très important pour Airbus", a-t-il ajouté.
L'entourage d'Arnaud Lagardère semblait écarter quant à lui un départ parallèle du co-président français du conseil d'administration évoqué par le journal, en soulignant que "les questions de personnes ne sont pas à l'ordre du jour".
“Je ne suis pas un défenseur de notre double-présidence (...) Louis Gallois comme moi préfèrerions être le seul chef dans le ring", déclarait Tom Enders en mars au magazine allemand Focus. De son côté, Louis Gallois, déclarait au journal Le Monde du 23 mai: "il faut effectivement aller vers une direction plus normale, mais cela peut prendre du temps (...) L'essentiel c'est que l'orientation soit donnée".
Les membres du pacte d'actionnaires dirigeant la maison mère d'Airbus depuis sept ans sont d'une part Lagardère (en train de passer de 15% à 7,5%) et l'Etat français (15%), de l'autre DaimlerChrysler (15%) et un consortium d'investisseurs (7,5%) incluant des Länder allemands. Les deux groupes privés détiennent le pouvoir de décision et l'exercent au sein d'une présidence bicéphale du conseil d'administration.
M. Sarkozy a indiqué qu'il voulait aborder la question de la direction d'EADS, lors d'un sommet franco-allemand avec la chancelière Angela Merkel prévu pour le 16 juillet à Toulouse en y invitant "les actionnaires stratégiques d'EADS, DaimlerChrysler et Lagardère pour une réunion de travail".
Source : AFP
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