Si la plupart des syndicats de France Telecom avaient réagi lundi aux récents propos de Christine Lagarde annonçant que le gouvernement avait engagé la cession d'au moins 5% du capital de France Télécom - dont le produit sera affecté à la réduction de la dette de l'Etat - la CFTC vient de demander à être reçue par la nouvelle ministre de l’Économie, des Finances et de l’Emploi.
Si les craintes de la CFE-CGC sont principalement axées sur les risques de devoir faire face à une OPA non maitrisée ou un pouvoir accru des fonds de pension, la CFTC de France Télécom s’alarme du fait que l’Etat ne dispose plus de la pérennité de blocage.
"L'État prend une lourde responsabilité devant les citoyens et les salariés en ponctionnant allègrement dans le tiroir-caisse de France Télécom". "Nous comprenons que le Gouvernement souhaite réduire la dette de l’Etat mais nous n’approuvons absolument pas que cela se fasse sur le dos de France Télécom", déclare Patrice Diochet, délégué syndical central de l'opérateur historique.
"En 2004, l’Etat se lance vers la privatisation de France Télécom, en juin 2005 baisse de la participation de 6,2 % pour 3,4 milliards d’euros et aujourd’hui annonce d’une baisse supplémentaire entre 5 et 7 %," fait-il remarquer. "À ce stade, l’Etat n’a plus de minorité de blocage et cela risque, potentiellement, de mettre en péril la pérennité et le rôle de France Télécom… ", poursuit le délégué syndical.
"La CFTC demande à être reçue et n’hésitera pas à envisager d’autres moyens d’action si celle-ci n’est pas entendue ", conclut Patrice Diochet.
Pour rappel, fin 2005, la dette publique française a atteint 1 117 milliards d’euros, soit 66% du produit intérieur brut. Le rapport de la Cour des comptes, publié le 13 juin 2006, tire à nouveau un signal d’alarme sur la situation "préoccupante" des finances de la France. En 2006, le gouvernement affiche l’objectif de ramener la dette de la France sous la barre des 60% du PIB et de réduire à zéro les déficits publics à l’horizon 2010. Le 13 juin 2006, dans un rapport préliminaire au débat d’orientation budgétaire, la Cour des Comptes juge préoccupante la situation des finances publiques de la France par rapport aux autres pays de l’Union européenne, malgré le retour des déficits publics sous le seuil de 3% en 2005.
La Cour rappelle que, sans la « comptabilisation de recettes exceptionnelles » (soulte EDF, modification du calendrier de versement de l’impôt sur les sociétés), le déficit public aurait atteint 3,5% du PIB et non 2,9%. Outre un « déficit structurel persistant », la Cour pointe une dette publique « excessive et exposée à une hausse des taux d’intérêt ».
Le constat que « la France vit au-dessus de ses moyens », dressé par les magistrats financiers, rejoint celui du ministre de l’Économie et des Finances Thierry Breton fait lors d’une conférence de presse le 21 juin 2005. Évoquant le niveau d’endettement (1067 milliards d’euros en 2004, contre 108 milliards en 1981), le ministre avait souligné que « l’impôt ne sert plus à préparer l’avenir, mais à payer le passé » et avait confié à Michel Pébereau, président de BNP-Paribas, le soin de présider « une mission de réflexion » sur le sujet.
Le 14 décembre 2005, la commission sur la dette publique dirigée par Michel Pébereau remet son rapport au ministre de l’Économie. Intitulé « Des finances publiques au service de notre avenir - Rompre avec la facilité de la dette publique », le rapport souligne que la dette publique française a été multipliée par cinq depuis 1980, pour atteindre 1 117 milliards d’euros fin 2005, soit 66% du PIB, alors que les critères européens de Maastricht imposent qu’elle soit inférieure à 60%.
Selon la commission, les dépenses de l’État ont été supérieures à ses recettes de 18% en moyenne ces dix dernières années, et la poursuite des tendances actuelles exposerait la France à « un risque réel d’asphyxie financière ». Pour réduire la dette publique, le Premier ministre, Dominique de Villepin, propose, le 11 janvier 2006, un programme de stabilité des finances publiques françaises, lors de la première "conférence nationale des finances publiques".
Dans ce document, transmis à la Commission européenne, le gouvernement s’engage, à rétablir l’équilibre des comptes publics à l’horizon 2010 et à faire passer la dette sous la barre des 60% du PIB, compte tenu d’une hypothèse de croissance économique de 2,25% en moyenne par an. Le programme de stabilité 2007-2009 s’inscrit, selon le gouvernement, dans le cadre d’une stratégie de désendettement amorcée dès 2002, avec les réformes des retraites en 2003 et de l’assurance maladie en 2004.
Afin d’améliorer le pilotage de l’ensemble des finances publiques (État, Sécurité sociale et collectivités territoriales), le gouvernement institutionnalise par décret, le 6 mai 2006, la conférence nationale des finances publiques et crée le Conseil d’orientation des finances publiques. Ce Conseil est « chargé de préparer et d’organiser » les travaux de la conférence nationale qui se réunira une fois par an.
Pour atteindre l’objectif du retour à l’équilibre des comptes publics et d’une dette publique sous la barre des 60% du PIB en 2010, le programme de stabilité 2007-2009 repose sur trois piliers : une maîtrise renforcée de la dépense publique avec, à partir de 2007, la stabilisation en valeur (inflation comprise) des dépenses du budget de l’État, le « relèvement » de la croissance potentielle de l’économie qui permettrait de dégager des marges de manœuvre structurelles et de diminuer le poids des dépenses et du déficit public dans le PIB, les surplus de recettes dégagées grâce à la croissance allant au désendettement, la cession d’actifs « non stratégiques » …. et l’affectation des recettes prioritairement au désendettement (exemple : la privatisation des concessions autoroutières amorcée à l’automne 2005).
Mais dans son rapport d’information du 12 avril 2006, la commission des Finances du Sénat relève que pour la première fois le programme est différent de la programmation annuelle des finances publiques annexée au projet de loi de finances pour 2006.
Le programme 2007-2009 prévoit en effet un plan de réduction du déficit public plus rapide que celui indiqué dans le projet de loi. Le programme de stabilité repose en outre, explique le Sénat sur des hypothèses risquées dans la mesure où le programme de stabilité 2007-2009 retient une croissance économique moyenne de 2,25% sur les cinq prochaines années alors qu’elle n’a été que de 2,1% au cours des cinq dernières années. Le service de la dette est désormais le deuxième poste de dépense de l’État : une augmentation de 1,5% des taux porterait le service de la dette à 33 milliards d’euros en 2010 et aurait pour effet de freiner la croissance.
Sources : CFTC, www.vie-publique.fr
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4 Commentaires
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Paris, le 26 juin 2007
France Télécom enregistre son rapport annuel 20-F auprès de la SEC
France Télécom a enregistré le 25 juin 2007 auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine son rapport annuel "Form 20-F" en langue anglaise comprenant les informations comptables complémentaires aux comptes annuels du 31 décembre 2006 liées à sa cotation sur le New York Stock Exchange, à savoir la réconciliation entre ses comptes consolidés annuels établis selon les normes comptables internationales (IFRS) et leurs équivalents en principes comptables américains (US GAAP). Il inclut également les certifications et rapports attestant de l'efficacité du contrôle interne lié à la production des états financiers du Groupe.
Le rapport annuel 20-F de France Télécom est disponible sur son site Internet à l'adresse suivante :
http://www.francetelecom.com/fr/espaces/investisseurs/donnees/reference
26 juin 2007 à 20:112
Très bon film, les prédateurs ... Ca ne nous rajeunit pas! Philippe Béchade a écrit un laius sur cette histoire France Telecom:
"Les 5% du capital de France Télécom placés par l'Etat ce lundi pour récolter un montant de 2,65 milliards d'euros (soit 3,6 milliards de dollars) font "petit joueur" et intriguent les opérateurs. Ils auraient préféré se ruer sur EDF ou Renault... et l'Etat aurait pu récolter 10 fois plus en cédant 15% des parts du premier et le reliquat de 15% d'actions du second... plus 25% d'Areva !
Qu'est-ce que représentent 3,6 milliards de dollars... ou même 36 milliards, en regard d'une activité corporate qui enregistre aux Etats-Unis une poussée historique de 45% à 1 030 milliards de dollars en 2007 -- et qui pourrait passer à l'échelle planétaire le cap des 5 000 milliards de dollars avant la fin de l'année... soit un tiers du PIB de la France ?
D'un point de vue sectoriel, l'industrie des services financiers occupe naturellement la pole position avec 540 milliards de dollars de chiffre d'affaire sur le semestre écoulé. Cela représente presque trois fois le montant consacré aux produits de base (172 milliards de dollars) ou aux télécoms, avec 120 milliards de dollars."
26 juin 2007 à 20:203
merci Laurent de ta remarque !
"Les 5% du capital de France Télécom placés par l'Etat ce lundi pour récolter un montant de 2,65 milliards d'euros (soit 3,6 milliards de dollars) font "petit joueur" et intriguent les opérateurs ...
très très intéressant , cela sous entendrait que la belle est déjà promise ?
... et que le gouvernement saute sur l'occasion pour pour justifier la vente des "bijoux de famille" en annonçant faire une "bonne action" ..
sans jeu de mots
pendant ce temps là , l'entreprise met les bouchées doubles pour faire - 22 000 emplois, pour rendre une future mariée encore plus belle ?
en tout cas , aucune communication spécifique sur le sujet en interne, contraitement à d'autres cas.
Alors que les salariés étaient d'ores et déjà très inquiets avant l'annonce de C.Lagarde.
26 juin 2007 à 20:264
at&t, est la plus puissante société de télécom, et pourtant elle n'appartient pas aux usa
15% sont composés d'actionnaires historiques (principalement les banques américaines)
le reste, appartient aux petits porteurs
Et pourtant, elle est 4 fois plus grosse que france telecom, point de vue capitalisation boursière
26 juin 2007 à 21:17Ajoutez un commentaire
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