Martin Hirsch pour une “transformation” du RMI en RSA

Rmi_cafMartin Hirsch, nommé vendredi Haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté dans le gouvernement de François Fillon vient de confirmer son objectif de transformer le RMI (revenu minimum d'insertion), qu'il juge "totalement dépassé" et de s'atteler à la mise en oeuvre d'un revenu de solidarité active.

Président démissionnaire d'Emmaüs-France, Martin Hirsch est considéré comme un “homme de gauche”.

"Ce sera peut-être la transformation du RMI en quelque chose, ce sera certainement ce que l'on a déjà discuté beaucoup avec les syndicats avec les associations", a-t-il dit sur RTL. "Le RMI a été constitué dans un certain contexte et aujourd'hui il est totalement dépassé. Il enferme les personnes dans des situations d'exclusion du monde du travail et il les maintient dans la pauvreté", a-t-il dit.

"Donc, il faut savoir conjuguer les deux, c'est pour ça que j'ai tenu à avoir ce mot de `solidarité active' dans mes fonctions, d'avoir quelque chose dans lequel on rassemble ces deux mêmes idées, on peut avoir besoin de continuer à être soutenu quand on reprend du travail", a-t-il ajouté.

Pour Martin Hirsch, "qu'on soit de droite ou de gauche, je pense qu'on est convaincu qu'on ne peut plus garder un système dans lequel travailler maintient pauvre, ou bien dans lequel on est exclu du monde de l'emploi, du monde du travail parce que l'on considère que les exigences du travail sont trop fortes pour des millions de personnes."

Né en 1963 à Suresnes (Hauts-de-Seine), normalien et conseiller d'Etat, Martin Hirsch fait ses premiers pas dans un gouvernement aux côtés du ministre socialiste de la Santé Bernard Kouchner, dont il sera le chef de cabinet en 1997, et sera également conseiller auprès de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité du gouvernement Jospin, Martine Aubry.

Président depuis 2002 d'Emmaüs France, dont il a annoncé vendredi sa démission, il dirige en décembre 2004 la Commission Famille Vulnérabilité Pauvreté, mise en place par Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Santé du gouvernement Raffarin, pour examiner des pistes nouvelles de lutte contre l'exclusion.

Proposé par Martin Hirsch dans un rapport en 2005, le revenu de solidarité active (RSA) permet de cumuler un salaire et des transferts sociaux. Avec la garantie que toute heure travaillée signifie un gain de revenu. Il vise à favoriser le retour à l'emploi des titulaires de minima sociaux qui souvent voient leurs revenus diminuer lorsqu'ils recommencent à travailler. Une douzaine de départements à ce jour se sont engagés dans une expérimentation de ce dispositif, en ne l'appliquant qu'aux seuls Rmistes. Le revenu de solidarité active concernerait en revanche tous les allocataires de minima sociaux.

Martin Hirsch défend depuis cette idée au sein de l'association créée fin 2005 et qu'il préside, l'Agence nouvelle de solidarité active, dont l'objet est d'expérimenter localement, en collaboration avec les pouvoirs publics et les entreprises, de nouvelles méthodes de lutte contre l'exclusion, avec l'objectif de les appliquer à l'échelle nationale si elles fonctionnent.

Néanmoins, quel que soit le gouvernement avec lequel il travaille, Martin Hirsch n'en garde pas moins sa liberté de parole. En octobre 2005, il avait ainsi annoncé qu'il suspendait sa participation au Conseil national de lutte contre la pauvreté et l'exclusion, placé sous l'égide de Matignon. Le président d'Emmaüs protestait contre le non respect d'un engagement financier de l'Etat vis-à-vis d'une entreprise d'insertion de l'association caritative. Martin Hirsch entend donc bien obtenir des résultats, et ne se contentera visiblement pas de déclarations incantatoires.

"Demain, on va héberger gratis", avait-il ainsi ironisé en décembre 2006, après la promesse de Nicolas Sarkozy que "plus personne ne serait obligé de dormir sur le trottoir" d'ici à deux ans s'il était élu président. Si on veut attendre cet objectif, avait-il dit, il faut surtout "remettre la pauvreté (...) au même niveau de discussion que les grandes négociations sociales" autour du salaire, du pouvoir d'achat ou des conditions de travail.

Sources : Reuters, AP, L'Expansion

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13 Commentaires

  1. 1

    vissant m

    j'ai déjà parlé à Mr Martin Hirsch, car je l'ai hébergé lors de sa visite à Emmaüs Magny-cours.
    C'est un homme trés bien et je crois en son action. Mais toutefois, l'on ne doit pas laisser seul les gens qui ont été détasbilisé par un chômage et qui sont sans toit et sans aucune ressource aujourd'hui, en leur procurant un logement. Bien sûr qu'il faut un logement, mais aussi un accompagnement pour les remettre en selle et surtout un travail.
    Je crois qu'il faut une association nationale, ayant un bâtiment dans chaque ville qui s'occupe de leur procurer non seulement un toit, mais aussi des conseils administratifs, car beaucoup de personnes qui sont dans la rue n'ont pas de RMI ou RSA, un travail, etc.
    Ce n'est pas un assistanat, mais une aide.
    Au lieu de foyer où on entasse les gens, pour une nuit, faire des points d'accueil ou ils peuvent se poser un moment tout en demandant une contre partie.
    Mon idée, je ne peux pas l'exploiter, car je n'ai aucun point de financement de départ. Et croyez-moi, les banques sont très frigides à cette idée.
    Je désirerai un jour ne plus voir de familles ou personnes seules être dans l'embarras, mais qui puissent trouver un endroit de soulagement temporaire.
    Avoir un toit, un conseil, un travail c'est à cela qu'aspire les sans domicile, car il ne faut jamais oublier que demain cela peut être nous.

  2. 2

    Elisabeth

    Et avant tout, garder sa dignité

  3. 3

    SOHIER

    Bien tout cela !
    Moi, je voudrais savoir ce qui sera fait pour les personnes (presque 500 000) qui touchent le RMI, ou l'ASS, soit 440 euro environ, qui ont été sorties des demandeurs d'emploi ET DES STATISTIQUES, (DRE) (dispensés de recherche d'emploi) en raison de leur âge ?
    Ils ont de 55 à 57 ans, jusqu'à 65... ont souvent quitté le travail et la recherche sur conseil de l'ANPE depuis 3, 4 ans...
    Vont-il continuer à vivre avec des revenus insuffisant ?
    Vont-ils êtres écartés des préoccupations ? Sont-ils partie négligeable ?
    J'en connais qui ont 65 (soixante cinq) euro de retraite... et attendent 65 ans pour avoir droit au minimum vieillesse !

  4. 4

    Elisabeth

    Sachant de plus que ... :(

    --------------------------

    Personnes âgées: le secteur regrette l'absence d'un ministère
    AFP 18.05.07 | 15h36

    Trois associations représentant les personnes âgées et les maisons de retraites, l'AD-Pa, la Fnapaef et le Synerpa ont regretté, vendredi, l'absence d'un ministère chargé des personnes âgées et des personnes handicapées dans le nouveau gouvernement de François Fillon.

    "Aucun ministre n'a en charge les personnes âgées et les personnes handicapées", s'inquiètent, dans un communiqué, l'AD-PA (directeurs de maisons de retraite) et la Fnapaef (personnes âgées résidant en maisons de retraite et leurs familles), qui s'expriment d'une même voix au sein de l'association Avvec (Association vivre et vieillir ensemble en citoyens).

    "Alors qu'Hubert Falco (secrétaire d'Etat, puis ministre délégué aux Personnes âgées de 2002 à 2004, ndlr) puis Philippe Bas (ministre délégué à la Sécurité sociale, aux personnes âgées, personnes handicapées et à la famille depuis 2005, puis ministre de la Santé, ndlr) étaient ministres dans les deux précédents gouvernements, l'Avvec considère ce recul comme une erreur à corriger très rapidement", indique le communiqué.

    "Le nombre des plus de 85 ans va doubler dans les 10 ans et le Président devra agir pour rattraper 30 ans de retard français dans le secteur", soulignent les deux associations, qui rappellent leur demande d'"une Conférence nationale pour les personnes âgées fragilisées dès la rentrée".

    De son côté, le Synerpa, qui représente les maisons de retraite privées, a déclaré, dans un communiqué séparé, "attendre fermement d'ici la fin du mois de juin la nomination d'un secrétaire d'Etat aux Personnes âgées et Personnes handicapées, seul gage pour les Français et les professionnels d'une politique ambitieuse dans ce domaine".

  5. 5

    Anonyme

    "Moi, je voudrais savoir ce qui sera fait pour les personnes (presque 500 000) qui touchent le RMI"

    Ce n'est pas 500 000 mais 1,26 million, voir lien ci-dessous.


    http://www.inegalites.fr/spip.php?article444

  6. 6

    Anonyme


    Nuance !
    Je parlais des 500 000 personnes touchant RMI OU ASS ET DISPENSEE DE RECHERCHE D'EMPLOI... (DRE)

  7. 7

    Anonyme

    Tous ceux qui touche le RMI ne sont pas obliger de chercher un emploi, donc c'est kifkif !!!!!!

  8. 8

    AnT, de chez Smith en face

    Merci pour cet éclairage !

  9. 9

    georges viallle

    bonjour le projet est louable mais helas qui va encore payer la note bien evidement ceux qui on un travail plus ou moins bien remuneré qui plus est combien parmis ces personnes ont vraiment envie de travailler? il ne faut quand même pas se leurrer l assistanat c est bien et en plus en gagnant plus on risque de perdre certaines aides alors restons faineants

  10. 10

    P'tite idée

    Le nom de RSA faisait naitre de grands espoirs ... en vain encore une fois.

    Car, si l'idée est belle, tout cela revient encore à de l'assistanat.
    On en revient à la vieille maxime : "Donne un kilo de riz à un quelqu'un, il sera nourri pour une semaine. Apprends lui à cultiver, il sera nourri pour toute sa vie."

    Triste de voir qu'on donne des kilos de riz encore et toujours ...

    Car oui, je voyais plus grand. Plus ambitieux.

    Pour sortir de l'isolement et de l'exclusion ceux qui vivent de l'assistanat engendré par les minimas sociaux, il faut surtout les remettre dans un cercle vertueux de travail (contre avantages, il s'entend).

    Donc, j'aurai vu quelque chose comme "RSA contre participation minimale dans la collectivité".
    Pour prétendre aux minimas, une personne devrait ainsi justifier d'une participation minimale à la collectivité, que ce soit par le biais d'associations, d'entretiens de lieux publics, d'assistance dans les transports ... ce n'est pas le "travail" qui manque. Le tout encadré par l'ANPE et les collectivités locales.

    Premier point : les fainéants auront vraiment à batailler pour frauder et toucher le-dit "RSA".
    Deuxième point : amélioration de la qualité de vie pour la collectivité. Je ne crois pas que le "lascar" qui aura dû passer deux heures à ramasser les déjections canines et détritus laissera quelconque polluer ainsi le milieu de vie.
    Troisième point : la sociabilisation de personnes qui vivaient parfois reclues sur elle-mêmes. La création de liens peut ainsi devenir un moyen de forger un réseau professionnel et de s'entraider (hop, assistanat actif et non plus passif).
    Quatrième point : au vu de la diversité des "participations à la collectivité" qui pourraient être trouvées, il va sans dire que cela peut au moins donner une première expérience sur le CV de personnes à qui l'on refuse de faire confiance.

    Bien sûr, je vois ça dans un plan d'ensemble, incluant le logement et RSA. Ceux qui veulent vivre en société doivent accepter de se mettre au service de tous et peuvent donc prétendre recevoir leur aide. Les autres, ceux que je nommerai "squatters d'assistances", qui attendent beaucoup, râlent souvent et ne donnent rien ne méritent pas de prétendre à ce qu'ils ont actuellement.

  11. 11

    Elisabeth

    2 points importants , souvent oubliés dans ce que vous dites :

    . "la sociabilisation de personnes qui vivaient parfois reclues sur elle-mêmes.

    . au moins donner une première expérience sur le CV de personnes à qui l'on refuse de faire confiance.

  12. 12

    berton

    Si vous ne comprenez pas que ce changement capital sera rattrapé de toute façon par les pros Europe!
    Cela se traduira tout simplement par une pauvreté de plus en plus frappante.
    Il faut augmenter le smic de façon à motiver et augmenter aussi le rmi.
    (qui peut vivre avec des si petits salaires???)
    Pour une union libre des peuples Européens.
    Ramaya37
    Aujourd'hui le cac 40 +6000

  13. 13

    patdu49

    ça suffit maintenant toutes ces conneries

    au SMIC 984€ on est déjà aujourd'hui autant voir + dans la merde qu'en etant au RMI chez soi sans bouger quasimment.

    chiffres à l'appui

    donc les seules mesures à prendre :
    SMIC 1500€ NET DU SUITE

    RMI ET ASS ET AAH + 300€ NET DE SUITE pour aller vers 1000€ net le + rapidement possible.

    revenu d'autonomie pour les jeuens de - de 25 ans de 800€ net, qu'ils recherchent un premier emploi ou qu'ils poursuivent leurs études.

    stop à tout les emplois precaires et pseudo stages de réinsertion.

    et ne venez pas dire qu'il n'y a pas de pognon, c'est FAUX.

    le sous marin nucléair pas besoin.
    les aides aux entreprises qui n'en ont pas besoin qui sont de 13 FOIS le montant accordé au RMI pas besoin, de quoi largement financer ce que je viens de marquer + augmenter les petites retraites.

    et j'ai des dizaines de solution à vous proposer encore, et pas des moindres, car on ne cesse d'assister les riches dans ce pays.

    le RSA est une mesure de + de collabo des escrocs en col blanc, point barre.

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