La Belgique n'a plus la frite à cause du cours de la patate

MoulesfritesPauvre monde ! Alors que le modernisme tout relatif du 21ème siècle semblait pouvoir nous permettre de s'affranchir de problèmes aussi matériels que l'alimentation de nos enveloppes charnelles, tel ne semble pas être le cas. Car si le Mexique pourrait voir son peuple descendre dans la rue à cause de la faim, l'engouement pour l'éthanol augmentant le cours du maïs - ingrédient de base de la célèbre tortilla - c'est la Belgique qui risque également ne plus avoir la frite, au sens propre et figuré.

Le prix de la pomme de terre flambe en effet chez nos voisins belges, pays de prédilection des friteries, et ce, en raison de la mauvaise récolte de l'année dernière, rapporte samedi le quotidien bruxellois Le Soir.

A la bourse belge de la pomme de terre, le cours hebdomadaire du précieux tubercule a doublé en un an, la tonne de bintjes, variété représentant 60% de la production nationale, ayant atteint vendredi les 300 euros contre 150 euros en février 2006, affirme le journal.

En 2003, année de surproduction, la même tonne ne valait que 31 euros, a souligné Romain Cools, le secrétaire général de Belgapom, la fédération des négociants, éplucheurs et transformateurs de pommes de terre, qui gère la bourse belge de la patate.

Même si le prix de la bintje de 35 millimètres, transformable en délicieuses frites ne représente que 30% à 40% du coût des frites vendues dans les 4.500 friteries du royaume, la tendance est à la hausse, à commencer par celles de Bruxelles, où l'on enregistre des augmentations de 10%. La mauvaise récolte (passée à 2,1 millions de tonnes contre 2,3 millions en moyenne)est due à la conjonction de la canicule de juillet et du refroidissement d'août 2006. Toute l'Europe a d'ailleurs été touchée par le phénomène et, selon Le Soir, la tonne de patates pour livraison en avril vaut 361 euros au marché à terme européen de Hanovre (Allemagne).

Le prix des frites pourrait grimper en Belgique, à cause d'une récolte de pommes de terre en baisse cette année en Europe ainsi que de la hausse des prix du pétrole, alertait déjà l'agence de presse belge Belga en septembre 2005.

Les estimations publiées à cette date par l'association des Producteurs de pommes de terre d'Europe du Nord-Ouest (NEPG) prévoyaient non seulement une baisse de 7,7% de la production par rapport à 2004, en raison de mauvaises conditions climatiques, mais en outre "un manque de gros calibres fritables pour l'industrie". Selon Belga, l'approvisionnement en frites de l'Europe occidentale et du Nord aurait pu être menacé et les prix s'en ressentir.

Le journal alertait également sur le fait que la flambée des prix du pétrole contribue elle-aussi à la hausse du prix du cornet de frites. "C'est surtout le coût de l'énergie qui a des répercussions sur l'évolution du prix", expliquait ainsi Bernard Lefèvre, président de l'association nationale des exploitants de friterie (Navefri), cité par Belga. Il s'attendait alors à ce que le prix du paquet de frites augmente" mais toutefois "pas dans des proportions spectaculaires".

En 2003 (source : FAO), la production mondiale de pommes de terre s'est élevée à 311,4 millions de tonnes, pour 192 000 km² plantés, soit un rendement moyen de 1 480 tonne/km².

Les principaux producteurs sont la Chine avec 45 000 km² et 66,8 millions de tonnes, suivie de l'Union européenne (à quinze) : 1,27 - 43,3 , la Russie : 3,29 - 35,9 , l'Inde : 1,40 – 24,0, les États-Unis : 0,51 – 20,8, l'Ukraine : 1,60 - 17,6 et la Pologne : 0,80 - 13,5

Au sein de l'Union européenne à 25, le plus gros producteur est la Pologne, devant l'Allemagne. Le rendement moyen dans l'Europe des quinze est de 3 420 tonne/km² et de 1 670 tonne/km² en Pologne.

Source : AFP, FAO, Belga

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4 Commentaires

  1. 1

    jppearson

    Zut, j'aurai du faire un achat de patate aujourd'hui.
    Prix constaté ce samedi:
    Pommes de terre, variété nicolas : caisse de 12kg, un peu plus de 12€
    Binje : sac de 25kg, un peu plus de 13€ également.
    Plus sérieusement, je soupsonne les agriculteurs de manipuler le cours des denrées.
    Habitant dans les champs, cet automne, j'ai vu des hectares de patates dont les verts été secs et qui ont été ramassé très tardivement.
    Le prix du cresson est passé de 0.75€ la botte (l'hiver dernier) à 1€ la botte cet hiver.
    Je pense que nos amis les agriculteurs ont trouvé le moyen d'augmenter leurs revenus en produisant moins.

  2. 2

    Elisabeth

    Intéressant, effectivement c'est à vérifier .
    Ils savent en général faire les "bougres" .. car la PAC aura eu au moins ce cote "bénéfique" de leur apprendre à "jouer " de la sorte.

  3. 3

    cocoveve

    Ce sera de pire en pire: c'est ce qu'il se passe quand la voiture nous fait de la concurrence.
    Bientôt, c'est le prix de l'huile qui va flamber!

  4. 4

    Elisabeth

    Oui, et merci de réagir , c'était le but !

    pour ouvrir les yeux, car ce sera bientot manger ou conduire comme au Mexique !

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