BNP Paribas/GFI : délocalisation au Maroc à Casashore

DelocalisationcallcenterSigne des temps, alors qu'Alcatel pourrait bien redéployer certaines de ses activités en Chine, Airbus donner du travail aux entreprises sous-traitantes de Tunisie, c'est au tour de BNP Paribas et de GFI Informatique de s'installer à Casashore, centre dont la vocation est de devenir le plus grand centre offshore francophone au monde, ce qui signifie en terme moins politiquement correct : le plus grand centre offrant aux entreprises les infrastructures leur permettant de mettre en oeuvre leur politique de délocalisation.

Compte-tenu des avantages financiers et fiscaux, il est sur que l'offre est alléchante. A noter,cependant, que le Comité d'entreprise d'Axa s'est récemment opposé à une délocalisation des activités de l'entreprise dans ces nouveaux locaux.

I – BNP et GFI s'installe au Maroc

Par le biais de ses deux filiales, Mediha Informatique et BDSI, la banque française a décidé de créer deux unités, dans ce centre situé près de l'aéroport de Casablanca. Spécialisées dans le développement et la maintenance d'applications informatiques et le pilotage à distance d'exploitation informatique, ces unités devraient générer à terme près de 600 emplois directs alors que l'investissement est estimé à 45 millions de dirhams (4 millions d'euros), indique un communiqué du ministère marocain de l'Industrie.

Par ailleurs, le groupe GFI, leader européen dans les services informatiques, va également installer à Casashore un centre de même nature qui offrira à terme 200 emplois pour un investissement de l'ordre de 15 millions de dirhams (1,35 million d'euros).

"Nous sommes très contents de leur venue et nous pensons que d'autres groupes suivront", a indiqué à M. Naïm Temsamani, directeur général de Casashore, filiale de la Caisse des Dépôts et de Gestion (CDG), principal levier financier de l'Etat marocain

II - Le projet Casashore

Sur un parc boisé de 53 ha dans le sud de la capitale économique marocaine, Casablanca Nearshore Park doit offrir d'ici 2010 à la location 215.000 m2 de bureaux auxquels s'ajouteront 43.000 m2 de services dédiés (restaurants, business centre, salles de réunion, etc.).

Lancé en septembre 2005 par le roi Mohammed VI, Casashore consiste à créer un parc dédié aux activités d'offshoring pour les entreprises souhaitant délocaliser ou externaliser leurs activités au Maroc, notamment dans les domaines des services financiers, activités de back-office bancaire, assurances, hautes technologies, recherche et développement.

L'investissement s'élève à 227 millions d'euros et pourrait atteindre 301 millions d'euros, dans le cas où Casashore obtiendrait l'autorisation de construire une tranche supplémentaire de 110.000 m2 de bureaux et services. A terme, ce projet devrait créer 30.000 emplois, notamment parmi les personnels qualifiés. Le projet devrait contribuer à hauteur de 5 milliards de dirhams (450 millions d'euros) au PIB à l'horizon 2015. A terme, ce projet devrait créer 30.000 emplois, notamment parmi les personnels qualifiés, alors que le taux de chômage dans cette catégorie atteint 19% en 2006.

II – D'autres clients intéressés

"Sur la première phase, 47,7% des locaux sont dejà loués et pour 12,8%, nous attendons le retour de signature des contrats, ce qui montre l'interêt porté à notre projet", a souligné le directeur général de Casashore.

Les avantages sont plus qu’attrayants: le loyer est 8 euros le m2 ! Des avantages fiscaux et douaniers substantiels et une participation aux coûts de formation de toute nouvelle recrue marocaine durant les trois premières années d'embauche devraient attirer bon nombre d’entreprises. Un guichet unique a été créé pour toutes les démarches administratives.

Plusieurs sociétés comme le groupe européen Logica CMG, qui vient de racheter la SSII UNILOG ainsi que la filiale du groupe français Akka Technologie (conseil et ingénierie) sont également parmi les futurs locataires de Casablanca Nearshore Park.

Quant à Axa, qui avait annoncé, au grand dam des syndicats, son projet de délocaliser 1.500 emplois au Maroc pour remplacer la moitié des 3.000 départs en retraite de salariés français, prévus d'ici 2012, "les contacts se poursuivent", a déclaré pour sa Moustapha Bakkoury, directeur général de la CDG.

III - Offshoring Maroc 2010 : plan de développement de la délocalisation

Le plan de développement de l'Offshoring s’inscrit dans le cadre de la nouvelle politique industrielle du Royaume qui a pour objectif ultime le développement des secteurs et  activités  économiques et industrielles à dimension internationale en ce qui concerne  la promotion d’exportation, l’attraction des investissements, le développement de partenariat de la sous-traitance et surtout celles en relation avec les nouveaux métiers tels que l’ITO (IT Offshoring), le BPO (Business Process Offshoring), le KPO (Knowledge Processus Offshoring).

Ce plan inclus les services et activités basées principalement sur deux éléments essentiels à savoir les télécommunications et l’Internet d’une part et les compétences et ressources humaines d’autre part.  Il intègre les services de  développement de logiciels, des applications informatiques, des centres d’appels et services clientèles, le traitement des données et documents  des institutions financières des banques, des assurances,  des organismes de santé, les travaux de conception des pièces automobiles, la numérisation des bibliothèques, centres d’archives et services touristiques en plus d’assemblage des articles électroniques et articles de ménages.

Ce programme qui projette la réalisation d’un chiffre d’affaire de plus de 2 milliards de dollars par an à l’horizon 2010  s’articule autour de plusieurs axes dont notamment le développement des compétences et ressources humaines au niveau quantitatif et qualitatif et de la formation tout en prenant en  considération le caractère évolutif du secteur des TIC.

IV – Avis défavorable du CCE d'Axa sur délocalisation

Le CCE d'Axa France après avoir pris connaissance des conclusions de l'expertise, a émis fin janvier un avis défavorable, sur le volet délocalisation du projet de la direction a indiqué, Jean-Michel Hury, délégué syndical CFTC, confirmant une information parue dans les Echos.

La direction d'Axa France a confirmé l'"avis négatif" des syndicats, soulignant toutefois que cela signifiait "qu'il y a un dialogue (car) ils auraient pu tout bloquer en refusant de discuter de ce volet" social. "On peut avancer (sur le projet) même en ayant une divergence de point de vue, mais ce n'est pas le souhait d'Axa France (qui) souhaite avancer avec les syndicat", a ajouté la direction.

De son côté, M. Hury a affirmé que le "rapport de l'expert confirme en tous points ce que les syndicats dénoncent depuis six mois et que les salariés ont depuis clairement identifiés en signant massivement une pétition contre cette délocalisation". Selon le responsable syndical, une pétition rassemblant "plus de 6.000 signatures a été remise à la direction la semaine dernière" contre ce projet.

Dans le cadre de son projet d'entreprise baptisé "Ambition 2012" et annoncé le 5 septembre en CCE, Axa envisage de délocaliser 1.500 emplois au Maroc d'ici 2012, sans licenciement, pour remplacer la moitié des 3.000 départs en retraite de salariés français prévus d'ici là. Ces embauches concerneraient les centres d'appel et les fonctions administratives.

Pendant plusieurs mois, un bras de fer a opposé la direction et les partenaires sociaux sur la création de 1 500 emplois au Maroc. Au mois d'octobre 2006, les organisations syndicales avaient refusé de rendre un avis jugeant « les enjeux de ce projet encore très flous » et demandé une mission d'expertise permettant d'examiner d'autres solutions.

Ce rapport d'expertise leur a été communiqué vendredi 26 janvier 2007. « La justification économique du volet délocalisation n'est absolument pas démontrée », insiste Maurice Zylberberg de la CFDT. Un constat partagé par l'ensemble des organisations syndicales qui voit dans la démarche d'Axa France « une déclinaison de la politique d'entreprise du groupe ». Et de pointer du doigt les 2 200 emplois déjà délocalisés en Inde dans le cadre d'Axa Business Services.

V – Groupe de travail franco-marocain sur l'offshore

La VIIIe rencontre de haut niveau franco-marocaine des Chefs de Gouvernement s’est tenue à Paris les 11 et 12 décembre 2006 sous la co-présidence de M. Dominique de Villepin et de M. Driss Jettou. Les deux Premiers ministres ont animé un séminaire intergouvernemental sur le thème : "Formation, emploi, investissement : le partenariat franco-marocain au service de la compétitivité et du développement" et ont signé de nombreux accords de partenariats et d’investissements économiques.

Parmi les différents sous-groupes de travail, figurait notamment un sous-groupe "OFFSHORING" composé notamment de personnalités des SSII
Cap Gemini, Atos, CS mais aussi de La Poste et de la Banque Populaire. Parmi elles, Mr Alain Donzeaud, secrétaire général de CapGemini, vice-président de Syntec Informatique où il est également président de la Commission des Affaires Sociales et de la Formation. Du côté marocain, ce groupe est animé principalement par des personnalités de Maroc Telecom, filiale de Vivendi.

Ce sous-groupe a pour mission de valider les atouts du Maroc et d’attirer les entreprises françaises pour que le royaume devienne une destination prioritaire de l’offshore informatique francophone, et ce dans le cadre du grand plan "Offshoring Maroc 2010" .

Sources : AFP, L'Argus de l'Assurance, Ministère de l'Economie du Maroc

A lire également :

. Avec Casashore le Maroc mise sur la délocalisation

. Sous-traitance Airbus : le Maroc s'envole

. Délocalisation : le malheur des uns ... fait le bonheur de la Tunisie

. Tunisie : achat d'Airbus contre sous-traitance

. Alcatel Lucent : délocalisation en douce ?

. Renault : création d'un pôle technologique en Roumanie

 

14 Commentaires

  1. 1

    el gringo

    Societe Generale Global Solution Centre (SGCSC), the global knowledge centre for the Societe General Group is expanding its operations in Bangalore. SGCSC has set up its third facility in Bangalore that can accommodate some 200 people and also act as the business continuity plan (BCP) centre. SG GSC currently provides services such as applications development & maintenance, infrastructure management services and financial accounting & performance management to Société Générale's business lines around the world.

    "We have expanded our service offerings recently to include equity settlements and reconciliation process. To support our growth strategy in India, we plan to double our present manpower of 425 by December 2008," said Mr Ramesh Kumar, Managing Director & Chairman and Executive Officer of SG GSC.

    Started in 2000 with 10 employees, SG GSC primarily caters to the financial software, R&D, IT consulting and project management needs of the Société Générale Corporate and Investment Banking Division.

    It has now grown into a 425-strong company which provides end-to-end solutions to all business lines in the group, across geographies, including corporate and investment banking, international retail banking, asset management, private banking and specialised financial services.

    http://www.thehindubusinessline.com/2006/12/07/stories/2006120702490400.htm

    Très bon site traitant aussi de l'offshore informatique.
    http://www.munci.org/

    Selon différentes études, la part de l’offshore dans les services rendus par la plupart des grandes SSII européennes devrait dépasser les 20% en 2008 et, dans certains cas, atteindre 50%.
    http://www.leconomiste.com/article.html?a=76433

  2. 2

    Elisabeth

    merci , en tout état de cause , je pourrais toujours blogguer même en Slovaquie ..en Egypte ou au Liban :) ce qui peut m'arriver ...

    je rajouterai : offshore pour les SSII ... et aussi pour les grandes groupes qui veulent externaliser ou délocaliser leurs services informatiques.
    Quand on commence à parler de notion d'inter contrat informatique dans des groupes comme FT .. en +, comme le met en avant Alcatel le client se trouve deja en Inde ou en Chine : avantage supplémentaire.
    merci bcp pour les liens que je vais éplucher

    j'ai vu egalement que le personnel de CAP gemini etait interessé par ces délocalisations , la demande etant me^me supérieure à l'offre.

  3. 3

    Elisabeth

    euh , sur Cap , je viens tout de même de trouver cela
    Source CFDT
    La DRH avait annoncé des augmentations pour 70% des salariés

    En novembre 2006, la DRH aurait annoncé des augmentations pour 70% des salariés . La CFDT rapporte que 36% des effectifs OS & OSE de la branche outsourcing ont été augmentés en 2007. De 2% en moyenne. 8% ont été promus.
    Source : Cap Gemini & CFDT

  4. 4

    el gringo

    Il y a de vrais besoins d'encadrement et de pilotage sur les projets en offshore.
    http://www.01net.com/article/303430.html
    http://www.atelier.fr/crconference/temps,forts,conference,,off-shore,informatique-32294-CRConference.html

    Sur Cap en Inde :
    Les investissements technologiques en Inde se multiplient. Après Microsoft ou Dell, c'est au tour de Capgemini, cabinet de conseil en management et en services informatiques, d'annoncer l'ouverture d'un centre en Inde. Ce sera le troisième dans le pays.

    Capgemini va ouvrir un centre "offshore" qui sera spécialisé dans l'infogérance des processus métiers pour les départements de finance et de comptabilité. Ce centre devrait comprendre 500 postes de travail. "L'ouverture de ce nouveau centre à Calcutta a été déclenchée suite au succès des centres de Bombay et de Bangalore pour répondre à la demande croissante des clients", explique le groupe dans un communiqué.

    Aujourd'hui, le cabinet emploie 4 000 personnes en Inde. D'ici la fin de l'année, les effectifs devraient atteindre 6 000 employés avant de franchir la barre des 10 000 en 2007.

    La concurrence de la Chine est grande. Le pays a été leader des exportations mondiales de matériel technologique en 2005. Cependant, certaines entreprises marqueront leur préférence pour l'Inde où elles ne seront pas obligées de collaborer avec le gouvernement pour s'implanter.

    Atelier groupe BNP Paribas - 20/03/2006
    http://www.atelier.fr/veille-internationale/capgemini,ouvre,troisieme,centre,inde-31806-12.html

  5. 5

    Elisabeth

    Bon je vais apprendre l'Indien ... :)

    sur "dans l'infogérance des processus métiers" : c'est nouveau car en principe les processus métiers c'est ce qui reste cote Maitrise d'Ouvrage au sein du groupe, mais c'est clair que la compta et la finance peuvent être gérées de manire "générique" par des applications plus globales.
    je viens de voir egalement que l'Inde veut attirer les sociétés pour developpements des puces et cartes à puce.
    Discrètement aussi FT va délocaliser sa compta en Pologne (cf. article de l'Express sur le dossier et quelques lignes à la fin) + grèves des salariés à Toulouse , leur activité partant à nantes avant de partir en pologne .

    J'en reparle après la pause déjeuner :) Renault va egalement delocaliser ses activités de services en roumanie au delà du centre de conception.

  6. 6

    el gringo

    La barrière linguistique et culturelle est bien moindre avec le Maroc qu'avec l'Inde.
    La qualité de l'enseignement au Maroc
    ainsi que la proximité et les horaires de travail plus compatible avec la France plaide plus pour le "nearshore" plutot que l'offshore pour les entreprises françaises.

    http://www.01net.com/editorial/341230/emploi/c-est-le-moment-de-faire-carriere-au-maroc-./

  7. 7

    el gringo

    1,3 million d'emplois européens offshorisés dans les 10 ans
    Le développement ou les centres d'appels ne seront bientôt plus les seuls à être externalisés. Selon le cabinet Hackett Group, les fonctions de back-office paieront en Europe un tribut de 1,3 million d'emplois.

    L'offshore est, de façon récurrente, au centre des débats. Si beaucoup d'entreprises s'accordent pour reconnaître ses vertus en termes de réduction de coûts, le compromis est plus difficile à trouver si l'on se focalise sur ses conséquences sur l'emploi.

    Un aspect qui semble parfois même assez secondaire dans un contexte où la mondialisation impose une âpre concurrence et la recherche de vecteurs d'économies afin de garantir la compétitivité. L'étude de Hackett Group jette un nouveau pavé dans la mare, en avançant une estimation des emplois amenés à être délocalisés au cours des 10 prochaines années.

    Selon les résultats de son enquête réalisée auprès de 2 100 grandes entreprises présentes à l'international, ce sont pas moins de 1,3 million d'emplois en Europe qui devraient être traités en offshore. Une particularité toutefois, puisque ce que ne sont plus uniquement les métiers de l'informatique (développement applicatif, centre d'appels) qui sont concernés.

    En effet, les 500 premières entreprises européennes, pour nombre d'entre elles rodées à l'outsourcing, envisageraient désormais de confier des tâches de back-office (comptabilité, services informatiques, ressources humaines, achats, etc.) à des prestataires ou entités implantés à l'étranger.

    Les économies réalisées par le biais de l'offshore ont - il est vrai - de quoi séduire plus d'une firme. Elles sont en tout cas suffisamment significatives pour ne pouvoir être ignorées. Selon l'étude, les gains seraient de l'ordre de 96 millions d'euros par an pour chacune des sociétés de ce top 500 européen.

    15% des firmes du top 500 délocalisent des postes de back-office
    Pour les grandes entreprises américaines, la délocalisation de 1,5 million d'emplois de leurs fonctions back-office sur la prochaine décennie se traduirait par une économie totale de 58 milliards de dollars par an. Cela représente par entreprise un gain de 116 millions de dollars et près de 3 000 emplois à temps plein à l'étranger.

    D'après les analystes de Hackett Group, 15% des 500 principales entreprises mondiales externalisent déjà des postes administratifs. L'outsourcing des métiers IT ne ralentira pas pour autant, explique Hackett, qui constate une accélération durant les trois dernières années. Dans le secteur des infrastructures technologiques, les entreprises ont ainsi consacré un supplément de 22% de leur budget à l'offshore.

    Le tableau brossé par cette nouvelle étude donnera peut-être aux détracteurs de l'offshore de nouvelles raisons de tirer la sonnette d'alarme. D'autant qu'une étude de juin 2005 conduite par le Sénat français estimait à 202 000 les emplois de services délocalisés entre 2006 et 2010. Une estimation qui - si elle se confirmait - représenterait une part importante de la création nette d'emplois salariés dans le pays.

    Le Syntec informatique se montre toutefois moins pessimiste. La pratique de l'offshore est, selon l'organisme, loin d'être appelée à connaître une croissance fulgurante. A l'horizon 2009, il devrait rester compris entre 4 à 6% du chiffre d'affaires du secteur. Le plafond serait par ailleurs inférieur à 15% du chiffre d'affaires des services informatiques.

  8. 8

    Elisabeth

    ca me rappelle bigrement quelque chose tout de même , si on compare au contexte de l'époque ..

    cf.
    >

    lien
    même origine de la population, voire même raisons économiques ... et même terre d'arrivée ..

    l'Histoire se réecrit à sa manière en s'adaptant au contexte de l'époque.

  9. 9

    Elisabeth

    Sauf que ce ne sont plus les populations qui se déplacent mais l'activité, avec recrutement des populations locales ... et sans colonisation.
    on veut justement éviter les migrations d'un cote comme de l'autre.

  10. 10

    el gringo

    Bangalore souffre d'une pénurie d'ingénieurs et d'informaticiens

    Tantôt portée aux nues comme la terre promise de la mondialisation, tantôt décriée comme une pâle rivale de la Chine qui n'a pas su planifier son développement, l'Inde connaît un autre problème. Dans ce pays où la croissance du produit intérieur brut (PIB) atteint 9 %, la pénurie de travailleurs qualifiés est aiguë dans le secteur informatique.

    A Bangalore (Etat du Karnataka), quartier général des grandes sociétés informatiques indiennes, le taux d'"usure" des effectifs est le premier souci. S'y ajoutent l'insuffisance des infrastructures routières et les problèmes d'aménagement urbain.

    Avec une croissance de 30 %, le secteur informatique doit beaucoup recruter. Or l'offre de techniciens et d'ingénieurs sortis des instituts de technologie locaux est loin de suffire. C'est une situation cauchemardesque pour les directions des ressources humaines (DRH). Et pour parvenir à recruter de nouveaux collaborateurs, les futurs employeurs se livrent une véritable guerre où les conditions de travail et le niveau de la rémunération comptent beaucoup.

    "En Inde, le secteur informatique occupe un million de personnes, observe S. Gopalakrishnan, directeur général d'Infosys, une des plus grosses sociétés locales du secteur (70 000 salariés). En 2010, il devrait en employer 2,5 millions, ce qui veut dire qu'il nous faut 500 000 personnes par an. Or le pays en forme 400 000 chaque année. Il va donc en manquer 100 000. C'est un souci."

    Les plus grosses entreprises - Tata General Consulting (TGS), Infosys ou Wipro -, ont dû apprendre à gérer la pénurie et parviennent à mieux limiter la rotation de leurs effectifs. Nasscom, le patronat de l'industrie "high tech", estime que seul un quart des jeunes diplômés indiens en ingénierie sont directement opérationnels. GTS, Infosys et Wipro ont d'ailleurs créé leurs propres programmes de formation complémentaire - un cycle de seize semaines, par exemple, chez Infosys.

    UN TAUX DE "TURN-OVER" À 40 %

    Elles coopèrent aussi avec les pouvoirs publics pour permettre aux universités de former plus de monde. Wipro compense enfin en recrutant des scientifiques pour des postes d'informaticiens.

    Mais le casse-tête ne s'arrête pas là. Il faut également retenir ingénieurs et techniciens. Signe de la hiérarchie des priorités, le directeur financier d'Infosys a été nommé en 2006 à la DRH. " Nous arrivons à maintenir le taux de perte de nos collaborateurs autour de 12 % à 13 % grâce à notre environnement de travail et aux possibilités internes de carrière", assure le directeur général du groupe.

    Dans le secteur des centres d'appels, qui a fait la renommée de Bangalore, ce taux de turn-over évolue autour de 40 %. Du coup, les grosses entreprises locales commencent à délocaliser vers la Chine. Les groupes plus modestes, les PME doivent trouver d'autres moyens. D'autant que près des trois quarts des jeunes diplômés indiens sont immédiatement recrutés par les sept plus grosses entreprises du pays.

    Ainsi, Hema Hattangady, PDG de Conzerv, une PME de près de 300 personnes spécialisée dans le conseil en économie d'énergie, dit consacrer une bonne partie de son temps à "séduire" puis encore à fidéliser ses salariés.

    Elle a constaté que ceux qui quittent leur entreprise le font surtout pendant les 24 premiers mois suivant leur embauche. Pour lutter contre ce phénomène, elle a mis en place un "New Employee Program" qui vise à créer un lien solide entre le collaborateur et l'entreprise. Au bout de 30, 60, puis 180 jours, il rencontre la direction pour faire le point sur sa situation et ses perspectives de carrière. Cela se double d'un système de stimulation, de récompenses et de soutien par le travail d'équipe.

  11. 11

    Elisabeth

    je vais bientot faire mes valises .. mais la qualité du travail dans tout cela ? on ne risque pas d'en revenir ?

  12. 12

    Jean

    Bonjour,
    Je prends en cours de route une discussion riche en chiffres et idées. Je suis moi-meme responsable commercial d'une societe francaise de developpement de projets informatiques via notre actionnaire indien. J'ai travaillé 9 ans dans la regie et j'ai quitté ce domaine il y a 3 mois pour faire du projet. La proposition offshore s'est naturellement imposée, du fait de la place que va prendre ce type d'activités dans les 2 ans à venir.
    Mon sentiment est : OUI à l'offshore, mais pas dans n'importe quelles conditions. Il faut un suivi de projet fiable, local, quitte à gagner qques % de marges en moins. Sur ce point, je suis persuadé que l'offshore ne sera plus intéressant pour des raisons de coûts, dans les 5 prochaines années, mais bien pour des raisons de main-d'oeuvre (ce qui est plus sain !).
    Jean

  13. 13

    ungars

    La banque SOCIETE GENERALE a délocalisé les développements informatique au MAROC pour les chèques, d'autres applications vont l'être. Le pilotage de production informatique est en POLOGNE.
    Et vos frais bancaires ne vont pas baisser. Quand on joue à la roulette avec de l'argent qu'on n'a pas, on baise le client pour se rattraper.
    A force de délocaliser, la France deviendra en pays sous-développé. On le voit déjà un peu partout. Certains signes précurseurs sont inquiétants :
    - restrictions de plus en plus marquées d'accès aux soins
    - difficultés énormes pour se loger
    - violences familiales en fortes hausses
    - familles éclatées
    - délinquance en forte hausse, surtout chez les plus jeunes, de plus en plus violents et organisés
    - mauvaise alimentation
    - niveau scolaire en baisse catastrophique
    - chômage endémique et structurellement entretenu
    - faillite des systèmes de retraites (vers 2010/2012)
    - endettement public abyssal et irréversible
    - hausse des prix dissimulée via le filtre de l'euro (depuis 2001, le taux réeel d'inflation est de 200 % environ : voir des prix multipliés par 2 à 20 depuis quelques années est courant, j'en ai été témoin, alors que trop de choses viennent de Chine avec un coût de fabrication inférieur au coût de transport !)

    Tout est près pour amener le pays à une guerre civile qui entrainera l'effondrement de l'Etat.
    Le premier Etat qui s'effondre en Europe fera tomber tout les autres par effet de domino dans un contexte de crise financière gigantesque, un domino construit il y a plus de 25 ans.

    Bon courage !

  14. 14

    el gringo

    SGCIB et SGAM ont déjà délocalisé une grande partie de leur informatique en Inde au cours des 8 derniers années. Aujourd'hui les effectifs en Inde dépassent 2000 personnes et la SG envisage désormais de délocaliser une partie de son Back-Office.
    http://careers.socgen.com/india/en/home.html

Ajoutez un commentaire

Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.

elle ne sera pas publiée