France et Areva partenaires du Maroc et de la Tunisie dans le nucléaire

Marocnucleaire_2Si elle a perdu un important contrat en Chine, Areva ne se retrouve pas totalement bredouille dans le domaine.

La France se tourne effet vers le Maroc et la Tunisie pour proposer sa technologie dans le nucléaire civil.

Il faut dire que la Russie n'a pas caché son intention de construire une centrale nucléaire au Maroc.

En tout état de cause, la mise en service du premier réacteur nucléaire de recherche marocain devrait être déclenchée courant décembre.

I – La France partenaire de la Tunisie dans le nucléaire

La Tunisie et la France ont signé jeudi dernier un accord sur la coopération dans l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, qui couvre les domaines de la  protection environnementale, du traitement des déchets nucléaires  et la production énergétique.  Avec la signature de cet accord, la Tunisie est entrée dans une nouvelle étape de la recherche et du développement de l'énergie  nucléaire, a indiqué Taieb Hadhri, ministre tunisien de la  Recherche scientifique, de la Technologie et du Développement des  compétences. 

Souffrant d'une insuffisance en ressources pétrolières, la  Tunisie attache de l'importance à l'exploitation de l'énergie  nucléaire ainsi que de ressources alternatives et recyclables.

En mars et novembre derniers, le président tunisien Ben Ali avait convoqué deux sessions du Conseil des  ministres pour étudier les questions énergétiques en vue d'établir une stratégie en faveur de la recherche et du  développement de l'énergie nucléaire.

II – Le Maroc à fond dans le nucléaire avec Areva

Lors de la clôture des travaux de la huitième session franco-marocaine qui a eu lieu à Paris la semaine dernière, les dirigeants marocains ont informé leurs homologues français de leur désir de développer un programme nucléaire pour la production de l'énergie électrique, "dans le respect des engagements marocains sur le plan international".

Les différents éléments du projet feront l’objet prochainement d’une mission composée des représentants des diverses instances françaises compétentes. Cette coopération devrait notamment s’appuyer sur une analyse des enjeux de nature politique (y compris de non prolifération), économique, et de sûreté et de sécurité inhérents au développement d’un programme nucléaire civil.

Dans le cadre de sa visite de travaille en France, le premier ministre marocian, Monsieur Driss Jetou a par ailleurs rencontré le PDG d’AREVA dans le cadre de discussion autour de l’adoption de l’énergie nucléaire au Maroc.

III - La Russie pourrait construire une centrale nucléaire au Maroc

La Russie serait intéressée par la construction d'une centrale nucléaire au Maroc. L'Agence atomique locale (ROSATOM) a manifesté son grand intérêt pour participer à l'appel d'offres international qui sera lancé à cet effet prochainement par les autorités marocaines.

Selon les médias russes, une délégation marocaine, conduite par Younès Maamar, le directeur de l'Office national de l'électricité (ONE) a fait le déplacement, le 30 août dernier, à Moscou, en vue de rencontrer à la fois les responsables de l'Agence atomique russe (ROSATOM), du groupe TVEL et de la holding Rosenergoatom.

Cette dernière compte à son actif la construction de cinq centrales nucléaires, notamment en Iran, en Chine et en Inde. Elle est connue pour son savoir-faire. Un avantage qui pourrait pencher en sa faveur au moment de la proclamation des résultats de l'appel d'offres. Selon certaines prévisions, la centrale nucléaire serait opérationnelle en l'an 2017.

Le recours à l'énergie nucléaire semble être de plus en plus une nécessité pour le Maroc, le pays ne disposant pas à l'heure actuelle d'une production d'hydrocarbures. La flambée du cours du pétrole a ainsi forcé le gouvernement marocain à opérer des hausses des prix des carburants.

IV – Premier récateur nucléaire de recherche au Maroc

La mise en service du premier réacteur nucléaire de recherche marocain devrait être déclenchée courant décembre. Tous les préalables techniques et réglementaires ont été remplis. Installé à 25 km de Rabat, le site relève du Centre national de l’énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN). De technologie américaine, ce réacteur a été acquis par le Maroc auprès de General Atomics pour la somme de 5 millions de dollars.

A ce montant s’ajoutent les frais d’installation et d’équipement du centre qui l’abrite, fruit d’un financement français sous forme de crédit concessionnel (un tiers accordé sous forme de dons). Ce centre s’étend sur 4.000 m2 et comprend, outre le réacteur, des laboratoires d’application. Le réacteur verra l’implication de quelque 220 personnes (docteurs, ingénieurs, techniciens, agents…).

Ce réacteur de deux mégawatts est dédié à la recherche et l’expérimentation. Son utilité est capitale pour des secteurs comme la médecine, l’eau, l’agriculture et la recherche scientifique. L’intérêt principal de ce réacteur réside selon le Maroc dans la constitution d’un patrimoine scientifique important, tant en équipements ultra high-tech qu’en savoir-faire technologique. La recherche scientifique en bénéficiera largement. Le réacteur de recherche est ainsi une sorte de porte d’entrée du Maroc dans ce domaine.

Il existe actuellement 35 réacteurs Triga aux Etats-Unis et autant en dehors du territoire américain (Japon, Italie, Brésil, Iran, Mexique). Fruit de la politique d’Atoms for Peace (le Nucléaire pour la Paix) de l’ancien président américain, Eisenhower, cette technologie avait comme but de faciliter l’accès au nucléaire pour les pays en voie de développement.

V – AIE : accord pour le site de Sidi Boulbra

En décembre 2005, l'Agence internationale de l'énergie atomique a indiqué que le site de Sidi Boulbra était adapté à recevoir la première centrale nucléaire marocaine pour la production d'électricité. Cette centrale aura une puissance estimée de 700 à 1 000 mégawatts.

Dans le cadre de sa politique de diversification des ressources énergétiques primaires et du développement de ses capacités de production électrique, le Maroc a conduit des enquêtes de site et de faisabilité pour sa première centrale nucléaire, en tenant compte de la réalité économique actuelle et de la nécessité de développer une technologie de réacteur nucléaire compatible avec la taille du réseau national d'ici 2016 ou 2017.

Ces études de faisabilité ont été réalisées en partenariat étroit avec l'AIEA. Ces études ont pris en compte les aspects techniques et économiques du projet, ainsi que la sécurité, la protection de l'environnement, la participation de l'industrie nationale et l'information publique. Les principales conclusions ont été publiées dans un rapport final rédigé par des experts de l'AIEA. Le site de Sidi Boulbra se trouve sur la côte atlantique, à mi-chemin entre les villes de Safi et d'Essaouira, sur la rive nord de l'embouchure du fleuve Mzar.

L'AIEA n'a émis aucune objection quant à la qualification de ce site. L'agence est favorable à ce que des réacteurs techniquement avérés et commercialement disponibles soient inclus dans le projet de centrale nucléaire marocaine. La date optimale pour la mise en service de la première unité de génération d'électricité d'origine nucléaire, d'une puissance de 700 à 1 000 mégawatts, dans le réseau national sera d'ici à 2017.

La comparaison économique avec la technologie du charbon montre que l'option nucléaire est plus avantageuse pour une mise en service à compter de cette date. Le processus de recherche et de sélection du site de Sidi Boulbra et les études détaillées auxquelles il a été soumis ont été conduits par la société française SOFRATOME avec la participation de plusieurs organisations marocaines et sous le leadership de l'AIEA.

Ce projet nécessitera un investissement de quelque 15 milliards de dirhams. La société américaine General Atomics Corporation supervisera la fourniture des réacteurs nucléaires à des fins pacifiques et scientifiques. Le personnel, les techniciens et les ingénieurs nucléaires marocains qui travailleront dans cette centrale nucléaire ont reçu une formation aux Etats-Unis, en France et en Malaisie. Alors que le dossier technique du site est bouclé, la décision politique se fait encore attendre. Les considérations réglementaires restent à finaliser. Le gouvernement prépare les textes juridiques appropriés nécessaires pour couvrir le rôle, la mission et le cadre opérationnel des réacteurs nucléaires.

Sources : Xinhua, L’Economiste, African Manager, Magharebia

A lire également :

. L'Iran souhaite faire profiter les pays arabes de sa technologie nucléaire

. Maroc, Algérie et Russie médiateurs de l’Iran ?

. 12 pays au Maroc contre le terrorisme nucléaire

 

7 Commentaires

  1. 1

    attila

    La Tunisie et la France ont signé jeudi un accord sur la coopération dans l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, qui couvre les domaines de la protection environnementale, du traitement des déchets nucléaires et la production énergétique.

    Avec la signature de cet accord, la Tunisie est entrée dans une nouvelle étape de la recherche et du développement de l'énergie nucléaire, a indiqué Taieb Hadhri, ministre tunisien de la Recherche scientifique, de la Technologie et du Développement des compétences.

    Souffrant d'une insuffisance en ressources pétrolières, la Tunisie attache de l'importance à l'exploitation de l'énergie nucléaire ainsi que de ressources alternative et recyclables.

    En mars et novembre derniers, le président tunisien Zine el Abidine Ben Ali avait convoqué deux sessions du Conseil des ministres pour étudier les questions énergétiques qui ont débouché en une stratégie en faveur de la recherche et du développement de l'énergie nucléaire.

    Je rajoute que la presse locale a publié un communiqué selon lequel Président Ben Ali aurait chargé la STEG d’entamer l’élaboration des études pour la réalisation d’une centrale nucléaire en 2020. Dotée d’une capacité de 900MW, cette centrale augmenterait la capacité de production électrique du pays de 20%. Les études de faisabilité seront conduites durant ces quatre prochaines années, et permettront d’évaluer les enjeux techniques, économiques et politiques autour de ce projet.

  2. 2

    Elisabeth

    merci, cet article m'a permis de connaitre l'ampleur de l'hypocrisie du du Maroc, car si le ministre concerne clame haut et clair que le Maroc n'a pas besoin d'energie nucleaire, le projet de
    Sidi Boulbra date tout de même des années 90 ...

  3. 3

    Elisabeth

    cf.

    Programme nucléaire du Maroc
    -------------------------------------
    Le Maroc construira sur le site de Sidi Boulebra, en bord de mer près d’Essaouira (Mogador), sa première centrale nucléaire de 900 MW. Le site a été approuvé par l’AIEA. D’autre part le Maroc va se doter, dans un délai de deux ans, d’un réacteur nucléaire de recherche d’une puissance de 1 à 2 MW de type américain, dénommé Triga Mark I. Ce programme est développé en étroite collaboration avec SOFRATOME (France) (Jeune Afrique, Les Réalités de l’Ecologie No 35, oct. 92).

  4. 4

    Elisabeth

    Mais aussi :

    -------------
    Le ministre de tutelle l’avait à maintes fois martelé : le Maroc n’a pas besoin, actuellement, de l’énergie nucléaire. Mais rien n’empêche un recours dans les décennies à venir à un réacteur de puissance. Le réacteur de recherche est présenté dans ce sens comme un début. Il existe actuellement 35 réacteurs Triga aux Etats-Unis et autant en dehors du territoire américain (Japon, Italie, Brésil, Iran, Mexique). Fruit de la politique d’Atoms for Peace (le Nucléaire pour la Paix) de l’ancien président américain, Eisenhower, cette technologie avait comme but de faciliter l’accès au nucléaire pour les pays en voie de développement.

    L'Economiste

  5. 5

    BABELMAGHREB

    T'n mieu pour le maroc et la tunisie, et t'n pi pour leur generation futur qui vont heriter des cadeaux empoisonné

  6. 6

    el gringo

    Maroc et Energie nucléaire: L’échéance fixée à 2017

    · Le choix du site, l’un des gros obstacles techniques
    · La consommation actuelle n’exige pas encore de réacteur

    Les débats sur l’énergie nucléaire s’acheminent timidement… mais sûrement. Pas plus tard que le 25 décembre dernier, la ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, Amina Benkhadra, a précisé au sein de la Chambre des conseillers qu’il faudra attendre une «décennie pour lancer la production électronucléaire». L’indépendance énergétique ne se résout pas par un claquement de doits. L’échéance de 2017 se justifie par des raisons techniques.
    Parmi ces dernières figure le choix du site. Phase décisive pour le lancement du nucléaire civile marocain. Le réacteur doit être «proche d’une source d’eau pour son refroidissement», explique Mohssine Hachkar, professeur de chimie à l’Ecole supérieure de technologie de Safi. Il devrait, a priori, être implanté dans une région côtière non encore déterminée. Il y a également l’aspect sécuritaire qui induit qu’un site doit être «loin des zones urbaines». Un autre paramètre à prendre en compte: la proximité des grandes zones de consommation. «Minimiser le coût du transport de l’énergie s’impose», commente le Pr Hachkar. Il sera difficile d’harmoniser entre les deux derniers critères diamétralement opposés. «Dix ans pour lancer un projet de réacteur nucléaire et seulement un an pour celui d’un parc éolien», selon un spécialiste de l’énergie. Une comparaison qui lève le voile sur l’ampleur des exigences techniques.
    D’autres raisons sont évoquées: la consommation actuelle d’électricité ne dépasse pas les 5.300 Mégawats. Sur le plan national, la croissance des besoins est d’une moyenne de 8% par an. D’ici 2020, elle passerait à 18.000 Mégawats. C’est là où la production nucléaire se justifiera en termes de consommation. L’écologie est un autre point d’achoppement. Le ministère des Mines qui, ne l’oublions pas, s’occupe aussi de l’Environnement ne doit pas le zapper. En France, le réseau «Sortir du nucléaire», qui regroupe 800 associations, a demandé en octobre, au Président de la République, de réaliser d’urgence une enquête sur les risques de cancers accrus liés aux centrales nucléaires
    D’après les déclarations d’Amina Benkhadra, des «études ont été lancées en coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)». On n’en saura pas plus. L’Economiste a tenté d’avoir plus de précisions, mais en vain. Le département de tutelle est resté injoignable.
    D’autres intervenants y sont associés. La ministre évoque aussi les «partenaires du Maroc». Areva qui a signé, le 23 octobre 2007, un accord d’extraction d’uranium avec l’OCP serait de la partie. Le Centre national de l’énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN) y est-il associé? «On ne l’a pas officiellement impliqué», selon des sources. En tout cas, la matière grise nationale a déjà lancé un réacteur nucléaire d’une puissance de 2 Mégawats. Il ne sert pas à produire de l’électricité, mais plutôt des radio-isotopes utilisés en agriculture. Les essais de mise en service ont démarré le 30 avril 2007.

    http://www.leconomiste.com/article.html?a=83044

  7. 7

    Berberil

    2017 C'est un peu tard, par ce que d'ici la je ne pense pas pas que le Maroc aura la capacité de supporter un pétrole aussi chére.
    Et j'espère aussi que le nucléaire ne soit pas seulement, la seul solution pour satisfaire les besoin des 5000 MW du Maroc d'ici 10 ans, car le Maroc dispose d'éléments naturels pour diversifier sa production énergétique, solaire, éolien, hydraulique. faut laisser les lieux propre pour les génération future... :-);-)

Ajoutez un commentaire

Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.

elle ne sera pas publiée