Chine : Areva coiffée au poteau par Westinghouse

Partgateau2 Si le marché du nucléaire avait l'allure d'un immense gâteau planétaire dont il faille partager les parts, l'actualité semblerait le démontrer de jour en jour.

La Chine a décidé d'attribuer un contrat de plusieurs milliards de dollars pour la construction de centrales nucléaires de 3ème à Westinghouse (groupe Toshiba) au détriment du français Areva, a annoncé samedi un communiqué du gouvernement américain.

Mais cet immense contrat pourrait bien être une concession de la France faite aux USA pour tenter “d'amadouer” l'administration Bush ... en vue d'éventuelles négociations d'Areva avec Japon, Russie pour répondre aux besoins d'investissements de l'Iran dans le nucléaire civil.

D'immenses contrats pétroliers avec le lobbying pétrolier iranien sont en jeu.

I – Contrat géant avec la Chine

"La Chine a accepté d'acheter quatre nouveaux réacteurs nucléaires à Westinghouse Electric Company. Cela représente un engagement des Chinois pour un montant de plusieurs milliards de dollars qui créera 5.500 emplois aux Etats-Unis", a déclaré le secrétaire américain à l'Energie Samuel Bodman, cité dans le communiqué diffusé par l'ambassade des Etats-Unis en Chine.

Le contrat porte sur la construction de 4 réacteurs répartis à Sanmen, dans la province orientale du Zhejiang, et Yangjiang, dans le Guangdong (sud), entrant dans le cadre de l'accroissement du parc de centrales voulu par le gouvernement pour augmenter la part du nucléaire dans la production d'énergie.

Le secrétaire américain à l'Energie Samuel Bodman apar ailleurs souligén que l'opération permettrait également d'alléger l'énorme déficit commercial avec la Chine qui compte pour plus du tiers dans l'énorme déficit commercial (41% en octobre) des Etats-Unis. La décision chinoise "aidera notre balance des paiements, c'est un marché de plusieurs milliards de dollars", a souligné M. Bodman.

Les centrales pourraient être prêtes en 2013.

Pékin a choisi le réacteur à eau pressurisée AP1000 de Westinghouse plutôt que l'EPR d'Areva, pour "la technologie elle-même, le transfert de technologie, la méthode de coopération et les questions d'autosuffisance et de localisation de technologie", ont affirmé les autorités chinoises dans un communiqué.

L'appel d'offres avait été lancé en septembre 2004.

"C'est la technologie la plus avancée au monde", a affirmé le président de Westinghouse Stephen Tritch à l'occasion de la signature du protocole d'accord à Pékin, en marge d'une réunion sur l'énergie réunissant la Chine, les Etats-Unis, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud.

II - L'américain Westinghouse récemment racheté par le japonais Toshiba

Le groupe japonais Toshiba, qui avait annoncé en janvier l'acquisition de 100% du constructeur américain de réacteurs nucléaires Westinghouse, a indiqué début octobre qu'il n'achèterait finalement que 77% et qu'il laisserait une part de 20% à l'américain Shaw Group et 3% au japonais IHI.

Le Japon avait "échoué" à conclure un contrat pétrolier de deux milliards de dollars pour exploiter un gigantesque champ pétrolifère en Iran, avait parallèlement indiqué un responsable iranien après la fin des négociations entre le japonais Inpex et l'Iran.

La Commission européenne  a examiné quant à elle les conséquences de l'opération sur les marchés des assemblages de combustible nucléaire, où Westinghouse, Areva et GNF sont les plus gros fournisseurs mondiaux.

L'organisme public britannique British Nuclear Fuels (BNFL) avait annoncé en février 2006 avoir signé le contrat de vente du groupe nucléaire américain Westinghouse au japonais Toshiba pour 5,4 milliards de dollars. BNFL avait choisi Toshiba en janvier au terme d'un appel d'offres remporté par le groupe japonais aux dépens, notamment, de son concurrent nippon Mitsubishi Heavy Industries et de l'américain General Electric.

Le géant nippon ne paiera finalement "que" 4,158 milliards de dollars pour les 77% de Westinghouse, alors qu'il comptait à l'origine débourser 5,4 milliards pour acheter 100% du capital à BNFL. De nombreux analystes avaient alors estimé que ce prix était excessif.

Shaw Group versera pour sa part 1,08 milliard de dollars, et IHI (Ishikawajima-Harima Heavy Industries) 162 millions, a précisé Toshiba. Shaw est un spécialiste de l'ingénierie basé à Bâton Rouge en Louisiane. IHI est un fabricant d'appareils pour l'énergie et les transports déjà en affaires depuis longtemps avec Toshiba, auquel il fournit notamment des pièces pour centrales nucléaires.

Toshiba aurait choisi ces deux partenaires en raison de "leur stratégie d'affaires à long terme, de leur vision du marché partagée et des relations complémentaires".

Le groupe japonais continuera à discuter d'éventuels partenariats avec d'autres entreprises. Il avait déjà annoncé en février son intention de ne détenir à terme qu'environ 51% de Westinghouse. Selon la presse japonaise, les grandes maisons de commerce nippones Marubeni et Mitsui sont sur les rangs pour acheter une participation significative.

Westinghouse, basé en Pennsylvanie, fournit les équipements utilisés dans près de la moitié des réacteurs nucléaires en service dans le monde. Sur les 103 réacteurs nucléaires actuellement en service aux Etats-Unis, 49 ont été construits par Westinghouse et 35 par son principal concurrent GE.

Toshiba est un fournisseur mondial d'équipements dans différents secteurs et livre également des instruments, des systèmes de contrôle et services post-installation à des exploitants de centrales nucléaires, en Asie essentiellement. Toshiba possède également une participation minoritaire dans le fournisseur d'assemblage de combustible nucléaire Global Nuclear Fuels (GNF), contrôlé par la société américaine General Electric (GE), le japonais Hitachi y détenant également une participation minoritaire.

Le rachat de Westinghouse va renforcer les compétences nippones dans le secteur des techniques nucléaires, alors que le gouvernement s'interroge sur la nécessité d'entretenir le savoir-faire atomique japonais d'ici 2030, date à partir de laquelle il faudra remplacer le parc actuel des réacteurs.

III – Réaction française

A Paris, le ministère français de l'Economie a "pris note" samedi du choix de Pékin. "Un émissaire du gouvernement chinois doit être reçu à Paris dans les tous prochains jours pour faire le point de la situation", selon son communiqué.

La direction d'Areva n'a pas fait de commentaire à l'heure actuelle.

Le président français Jacques Chirac avait profité d'une visite officielle en Chine en octobre pour plaider en faveur d'Areva, présent dans le nucléaire chinois depuis 26 ans, "face à un projet qui n'existe que sur le papier, de la part de gens qui n'ont rien construit depuis longtemps". Cependant, il avait reconnu une dimension politique à ce contrat, expliquant qu'il existait "une question d'équilibre du commerce extérieur de la part des Chinois qui ne joue pas en notre faveur".

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14 Commentaires

  1. 1

    réaction française

    Le ministère français de l'Economie a "pris note"
    samedi du choix de Pékin en faveur de la société américaine Westinghouse (groupe
    Toshiba) au détriment du français Areva pour l'achat de quatre réacteurs
    nucléaires, indiquant qu'il ferait le point "dans les prochains jours" avec les
    autorités chinoises.
    "Le gouvernement français prend note de l'information selon laquelle le
    choix en faveur de quatre réacteurs de troisième génération AP1000 de la société
    Westinghouse a été fait par les autorités chinoises", indique le ministère de
    l'Economie, des Finances et de l'industrie dans un communiqué.
    "Un émissaire du gouvernement chinois doit être reçu à Paris dans les tous
    prochains jours pour faire le point de la situation et des perspectives de notre
    coopération dans le domaine nucléaire avec la Chine", poursuit le communiqué.
    La direction d'Areva, contactée plus tôt dans la journée par l' , n'a pas
    fait de commentaire sur la perte de ce contrat de plusieurs milliards de
    dollars, qui faisait l'objet d'un appel d'offre lancé en 2004.

  2. 2

    réaction T.Breton

    Centrales nucléaires en Chine: Areva traverse une "passe difficile"
    AFP 17.12.06 | 20h56


    Areva traverse "une passe difficile", a indiqué le ministre des Finances Thierry Breton, en réaction à la perte par le groupe nucléaire français d'un contrat pour la construction de quatre réacteurs nucléaires de troisième génération en Chine. "En plus des problèmes industriels rencontrés par Areva dans la réalisation de l'EPR (réacteur européen à eau sous pression) en Finlande, qui ont été, il est vrai, beaucoup exploités ici et là, il est indéniable qu'aujourd'hui Areva, avec cet échec en Chine, traverse une passe difficile", a-t-il dit. "Et ce, il faut le noter, malgré les efforts notoires réalisés dans son offre, y compris en ayant accepté un transfert des technologies nucléaires vers les Chinois. Raison de plus pour que l'Etat actionnaire reste, plus que jamais, engagé aux côtés d'Areva, afin de l'aider à surmonter cette période", a insisté M. Breton. La Chine a attribué samedi à l'américain Westinghouse, contrôlé par le japonais Toshiba, un contrat très convoité de plusieurs milliards de dollars pour la construction de quatre réacteurs de troisième génération, au détriment du groupe français Areva.

    Rigolo, un article de l'Express de cette semaine parle des animosités existantes depuis toujours entre T.Breton et Anne Lauvergeon, présidente d'Areva.

  3. 3

    Revirement

    La Chine pourrait commander deux réacteurs EPR à Areva (presse)
    AFP 18.12.06 | 10h48

    La Chine envisagerait de commander à Areva deux réacteurs EPR, en plus du contrat attribué samedi à l'américain Westinghouse pour quatre réacteurs à eau pressurisée AP1000, indiquent Les Echos lundi. Cette commande de la Chine, soucieuse de ménager les susceptibilités françaises, interviendrait alors qu'un émissaire du gouvernement chinois effectue mardi une visite en France pour faire le point sur la collaboration entre les deux pays dans le nucléaire, selon Les Echos. "Nous ne commentons pas cette rumeur. Mais si elle était fondée, elle serait un véritable succès pour Areva et la France, et la preuve que la stratégie de partenariat global développée par Areva est pertinente", a déclaré à l'AFP un porte-parole d'Areva. Selon La Lettre de l'Expansion lundi, la présidente d'Areva Anne Lauvergeon aurait annoncé lors d'un récent comité d'entreprise du groupe que "l'horizon chinois s'éclaircissait" et qu'une commande de deux EPR par Pékin pourrait même être "bientôt annoncée". La duplication des réacteurs existants et un éventuel partenariat dans le traitement du combustible feront par ailleurs partie des sujets à l'ordre du jour de la visite de l'émissaire chinois, indiquent Les Echos. Cette visite a été annoncée samedi par le ministère de l'Economie français, pour "faire le point de la situation et des perspectives de notre coopération dans le domaine nucléaire avec la Chine". La Chine a attribué samedi à l'américain Westinghouse, contrôlé par le japonais Toshiba, un contrat très convoité de plusieurs milliards de dollars pour la construction de quatre réacteurs de troisième génération, au détriment d'Areva.

  4. 4

    baisse relative

    Areva cède 1,86%, les analystes relativisent le revers en Chine

    PARIS, 18 déc 2006 (AFP)
    Le titre Areva limitait son repli lundi matin, les analystes relativisant la défaite face au rival américain Westinghouse pour construire en Chine quatre réacteurs de troisième génération, en indiquant que les transferts de technologie ont pesé sur ce choix, qualifié de "vitrine".

    A 11H30 (10H30 GMT), le certificat d'investissement Areva (action sans droit de vote) perdait 1,86% à 555 euros, après avoir perdu un moment plus de 5%.

    L'action Areva a gagné 37% depuis le 1er janvier et 341% en trois ans et demi. Le groupe capitalise 19 milliards d'euros, mais 2,3% seulement de son capital est coté en Bourse.

    Le choix de Pékin pour le réacteur à eau pressurisée AP1000 de Westinghouse, plutôt que l'EPR d'Areva "peut être vu comme principalement politique et motivé par l'approche américaine, plus ouverte en matière de transfert de technologie, même si Areva a formulé une approche un peu plus ouverte dans son offre révisée", commentent les analystes d'Exane BNP Paribas.

    A moyen et long terme, la banque prévoit que "les Américains se montrent très concurrentiels, avec trois grands acteurs dont deux déjà dans la place, Westinghouse et General Electric-Mitsubishi", tout en soulignant qu'Areva a un "quasi-monopole" sur la gestion des déchets.

    Les transferts de technologie "imposés par les Chinois +dépouillent+ littéralement le gagnant de son avancée technologique", commente Patrice Lambert-de Diesbach, analyste du CM-CIC Securities.

    La mauvaise nouvelle était selon lui "de très loin anticipée".

    "Le véritable marché est ailleurs si l'on a bien compris que ceci ne représente finalement qu'une +vitrine+ pour la Chine, qui voulait se doter à moindre coût de la technologie G3 (troisième génération)", résume l'analyste.

    "Le gros du marché à venir (la trentaine de réacteurs anticipée) se fera pour une part substantielle en génération 2 du type des réacteurs N4 d'EDF et cela dans le cadre de la duplication" des technologies existantes, souligne-t-il.

    Par ailleurs "nos récents entretiens avec des représentants du Nuclear Energy Institute", lors de deux récents séminaires aux Etats-Unis "nous ont largement confortés dans la capacité d'Areva à se positionner de manière gagnante sur le marché US" qui "est en plein retournement dans le cadre du plan Bush pour l'énergie", conclue le Crédit Mutuel CIC.

    En juillet, l'action Areva avait perdu 21% en dix jours sur fond de retard pris sur chantier du réacteur nucléaire de 3ème génération (EPR) finlandais Olkiluoto 3.

    En raison de ce retard, la Société Générale Securities avait abaissé le 12 juillet son objectif de cours de 8%, à 460 euros contre 500 précédemment, avec une recommandation maintenue à "vendre" et qui n'a pas été relevée depuis.

  5. 5

    espoir pour deux réacteurs

    La Chine pourrait commander deux réacteurs EPR à Areva (presse)

    PARIS - La Chine envisagerait de commander à Areva deux
    réacteurs EPR, en plus du contrat attribué samedi à l'américain Westinghouse
    pour quatre réacteurs à eau pressurisée AP1000, indiquent Les Echos lundi.
    Cette commande de la Chine, soucieuse de ménager les susceptibilités
    françaises, interviendrait alors qu'un émissaire du gouvernement chinois
    effectue mardi une visite en France pour faire le point sur la collaboration
    entre les deux pays dans le nucléaire, selon Les Echos.
    "Nous ne commentons pas cette rumeur. Mais si elle était fondée, elle serait
    un véritable succès pour Areva et la France, et la preuve que la stratégie de
    partenariat global développée par Areva est pertinente", a déclaré à l' un
    porte-parole d'Areva.
    Selon La Lettre de l'Expansion lundi, la présidente d'Areva Anne Lauvergeon
    aurait annoncé lors d'un récent comité d'entreprise du groupe que "l'horizon
    chinois s'éclaircissait" et qu'une commande de deux EPR par Pékin pourrait même
    être "bientôt annoncée".
    La duplication des réacteurs existants et un éventuel partenariat dans le
    traitement du combustible feront par ailleurs partie des sujets à l'ordre du
    jour de la visite de l'émissaire chinois, indiquent Les Echos.
    Cette visite a été annoncée samedi par le ministère de l'Economie français,
    pour "faire le point de la situation et des perspectives de notre coopération
    dans le domaine nucléaire avec la Chine".
    La Chine a attribué samedi à l'américain Westinghouse, contrôlé par le
    japonais Toshiba, un contrat très convoité de plusieurs milliards de dollars
    pour la construction de quatre réacteurs de troisième génération, au détriment
    d'Areva.

  6. 6

    el gringo

    La patronne d'Areva et le ministre de l'Economie se font la guerre par rédactions interposées.

    Ca n’allait déjà pas très fort. Cette fois, entre Thierry Breton et Anne Lauvergeon, c’est la guerre, par rédactions interposées. Ce qu’ils se reprochent ? Le premier semble convaincu que la patronne d’Areva ne fait pas le poids. La seconde, que le ministre veut sa place ! Voilà des mois que le feu couve, régulièrement entretenu à coup de petites phrases assassines. Le locataire de Bercy n’a jamais caché son animosité pour "Atomic Anne", dont il a cherché, à maintes reprises, à obtenir la tête. Pour beaucoup d’observateurs, celle-ci était suspendue à l’obtention du contrat en Chine. Patatras ! C’est finalement le concurrent américain Westinghouse qui a remporté le contrat. Un très mauvais coup pour Areva déjà plombé par un gros retard dans la construction de l’EPR en Finlande. C’est en tout cas ce que rappellent depuis deux jours une avalanche d’articles plutôt sévères pour Areva. Pour l’entourage d’Anne Lauvergon, qui voit là, la main de Thierry Breton, pas de doute : Bercy a sauté sur l’occasion pour déterrer, une nouvelle fois, la hache de guerre. D’ailleurs, au siège du géant français du nucléaire, on en est convaincu : les services du ministre auraient passé le week-end à appeler toutes les rédactions pour lier ces deux dossiers qui n’auraient, d’après les proches d’Anne Lauvergeon, rien à voir. Mais ils auraient aussi ainsi entaché l’avenir d’Areva en Chine, où le groupe Nucléaire nourrit encore de très grosses ambitions…

  7. 7

    Elisabeth

    Villepin lui pense se recycler en nounou ...

    c'est vrai qu'ils preparent tous leurs reconversions, au cas ou ...

  8. 8

    el gringo

    Après une année 2006 marquée par la perte d'un gros contrat avec Pékin et un coûteux retard de deux ans dans la construction du réacteur nucléaire EPR en Finlande, Areva tient un début de revanche. Anne Lauvergeon, présidente du directoire du leader mondial du nucléaire, vient de signer un protocole d'accord pour la vente de deux réacteurs EPR dits "de troisième génération" à un groupe chinois, selon Le Figaro de jeudi 1er février.

    Par crainte de froisser les Chinois, qui réclamaient la confidentialité, Areva se refuse à confirmer la signature du protocole. Il a été passé avec le partenaire traditionnel d'Areva et d'EDF en Chine, la China Guandong Nuclear Power Company (CGNPC) de la province du Guandong, qui exploite déjà les centrales "françaises" de Daya Bay et de Ling Ao.

    Attendue au Forum économique de Davos, la présidente d'Areva s'est finalement rendue en Chine, dans les derniers jours de janvier, pour parapher ce protocole. Mme Lauvergeon n'avait jamais totalement perdu espoir de vendre des EPR en Chine. Même si, après deux ans d'études, le gouvernement chinois avait finalement tranché, le 16 décembre 2006, en faveur du réacteur AP 1 000 du groupe américain Westinghouse (racheté en 2006 par le japonais Toshiba) pour la livraison de quatre réacteurs de troisième génération (Le Monde du 19 décembre). Un choix avant tout dicté, semble-t-il, par des raisons diplomatiques et la volonté de Pékin de réduire l'excédent commercial avec les Etats-Unis.

    A contrario, le succès d'Areva est aussi celui du chef de l'Etat, Jacques Chirac, qui a régulièrement plaidé en faveur du groupe français auprès de son homologue chinois Hu Jintao.

    LES PROMESSES DU MARCHÉ INDIEN

    Le protocole d'accord présente un second volet important : la mise à l'étude de ce que Areva appelle un "partenariat global" avec la Chine, évoqué il y a un an, à Paris, lors de la visite du premier ministre chinois, Wen Jiabao. Dans ce cadre, le groupe français souhaite vendre un paquet global, qui irait de l'enrichissement de l'uranium jusqu'au retraitement des combustibles usagés en passant par la fourniture de réacteurs.

    Pour l'heure, Areva est le seul groupe à pouvoir fournir ses clients sur l'ensemble du cycle nucléaire. Moscou vient néanmoins de constituer Atomprom, holding nucléaire publique, elle aussi fondée sur le modèle d'une entreprise intégrée, destinée à renforcer la compétitivité de la Russie, déjà bien implantée en Chine, en Inde et en Iran. Une sorte de "Gazprom du nucléaire civil" capable de concurrencer les Français (Areva), les Américains (General Electric) et les Japonais (Westinghouse-Toshiba, Hitachi, Mitsubishi).

    Areva s'est fixé un objectif ambitieux : fournir un tiers des réacteurs nucléaires dans le monde en 2011. Fournisseur d'EDF, elle a déjà tout le marché français. Sa cible principale est le marché américain. Les Etats-Unis vont relancer le nucléaire, gelé depuis l'accident de Three Mile Island en 1979. Ils ont déjà porté la durée de vie de leurs centrales à soixante ans, et c'est de loin le marché le plus mature.

    Autre cible, encore plus prometteuse que la Chine selon Mme Lauvergeon : l'Inde. Les plus optimistes estiment que ses entreprises d'électricité pourraient commander jusqu'à cent réacteurs dans les prochaines décennies, bien plus que les quelque trente prévus par Pékin. D'autant que par sa puissance (1 650 MW), l'EPR correspond aux attentes des électriciens indiens, jugent les experts d'Areva.

    En juillet 2006, lors d'un déplacement en Inde, Mme Lauvergeon n'avait pas ménagé ses efforts. Elle avait dit "espérer qu'une part importante de réacteurs EPR soit fabriquée ici", les usines installées en Inde pouvant aussi fabriquer des composants de centrales réexportés à travers le monde. Les obstacles au développement de l'atome civil en Inde, pays qui n'a pas signé le traité de non-prolifération, ont été levés en 2006 par George W. Bush.

    Restent d'autres marchés prometteurs en Europe, mais à plus long terme. C'est le cas de la Grande-Bretagne, qui est très soucieuse de réduire ses émissions de C02, de renouveler un parc de centrales obsolètes et de compenser le déclin de sa production pétrolière en mer du Nord.

    PS :
    La lutte entre la patronne d'AREVA et l'Elysée continue de plus belle concernant la paternité de ce contrat.

  9. 9

    el gringo

    La Chine prévoit de breveter sa propre technologie nucléaire de troisième génération

    D'après Ouyang Yu, membre de l'Académie des Sciences de Chine (CAS) et concepteur du premier réacteur nucléaire chinois, la Chine va développer sa propre technologie de réacteurs nucléaires de troisième génération (plus sûrs et plus économes que la deuxième génération mais sans bouleversement technologique). Pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre et afin de s'affranchir d'une dépendance énergétique vis-à-vis des pays étrangers, la Chine a prévu d'augmenter la part du nucléaire dans sa production totale de 1,9% en 2006 (soit une production totale de 54,8 milliards de kwh) à 4% d'içi 2020, d'après SUN Qin, chef de l'autorité atomique chinoise (CAEA). Elle va progressivement se détacher de sa dépendance aux technologies importées afin que les futurs réacteurs de troisième génération soient développés selon des technologies exclusivement chinoises d'ici 2020, et se constituer ainsi un parc d'une capacité de 40 Gigawatts.

    La Chine va pour cela s'appuyer sur le transfert de technologie accompagnant l'achat de 4 réacteurs auprès de l'américain Westinghouse Electric Company qui a remporté le marché face au français Areva pour environ 5,9 milliards d'euros. Le premier de ces réacteurs AP1000 (réacteur à eau pressurisée, troisième génération) devrait entrer en service en 2013.
    http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/42595.htm

  10. 10

    Elisabeth

    j'ai l'impression que les nouvelles vont pleuvoir pendant quelques jours ...

    C'est joli Malte ... mais bon , pour quelqu'un qui prône la valeur travail ...

  11. 11

    el gringo

    Il lui faut bien poser ses jours de congés restants avant le 31 mai ? Qui n'a jamais pris quelques jours de congés avant de commencer un nouveau travail ?
    On va démarrer la date de début de contrat à partir du 16 mai. Qui sait en juin sa période d'essai se terminera ?

  12. 12

    el gringo

    Les ambitions d'EDF et d'Areva en Grande-Bretagne semblent se préciser.

    L'électricien et le groupe nucléaire français auraient entamé des négociations secrètes avec Centrica, le premier groupe énergétique britannique, en vue de construire des centrales nucléaires de nouvelles génération outre-Manche, écrivait hier le 'Mail on Sunday'.
    Ces discussions préliminaires porteraient sur la formation d'un consortium chargé du projet, précise encore le journal. Rappelons qu'EDF a aussi discuté avec le groupe nucléaire britannique British Energy pour bâtir de nouvelles centrales.
    Le projet envisagé avec Centrica pourrait d 'ailleurs intégrer British Energy, afin de partager le coût de construction des nouvelles centrales...

  13. 13

    Elisabeth

    pendant ce temps là Russes et Japonais s'unissent sur le nucléaire ...

  14. 14

    el gringo

    La Chine sur le point de signer l'achat de 2 centrales EPR à AREVA pour 6 milliards d'euros. Ce serait le plus gros contrat de son histoire et une belle revanche après son echec en début d'années.

    http://www.tdg.ch/pages/home/tribune_de_geneve/info_express/economie/depeches_economie/(contenu)/127476
    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?news=4564270

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