USA : victoire des démocrates sans effet sur les marchés

Democratic Alors que l'opposition démocrate a conquis la Chambre des représentants aux USA, la victoire semble n'avoir eu que très peu d'impact mercredi sur les marchés financiers internationaux.

Des décomptes difficiles dans le Montana et en Virginie ont maintenu le suspens toute la journée de mercredi sur la possibilité que les démocrates exercent un contrôle total du Congrès, incluant le Sénat. Mais les médias annonçaient mercredi soir que le siège clé de sénateur dans le Montana (nord-ouest) avait été remportée par l'opposition, un seul siège leur étant désormais nécessaire pour obtenir la majorité à la Chambre haute du Congrès américain.

I – Peu d'impact économique à prévoir

L'opposition démocrate a conquis mardi la Chambre des représentants, tandis que son éventuel contrôle total du Congrès, incluant le Sénat, dépendait mercredi de décomptes difficiles dans le Montana et en Virginie. Les analystes estiment pour leur part que l'équilibre constitutionnel des pouvoirs entre le Congrès et la Maison Blanche empêcherait tout changement radical, ce qui devrait limiter son impact sur l'économie, sur les performances des entreprises et, par conséquent, sur le cours des actions. Certains affirment même que la problématique américaine, notamment la réduction des déficits, reste entière, en tout état de cause.

"Sur le plan purement économique, il y a peu de changements à attendre de cette nouvelle donne", a abondé François-Xavier Chevallier, directeur de la stratégie de la maison de courtage CM-CIC, selon qui l'impact des élections est plus à rechercher au plan politique.

La perspective d'une victoire démocrate aux élections de mi-mandat, qui va contraindre George Bush à une cohabitation difficile, n'avait d'ailleurs pas empêché Wall Street de terminer en hausse mardi soir. Le Dow Jones Industrial Average (DJIA) et le Nasdaq avaient gagné chacun 0,42%, certains investisseurs semblant se réjouir au contraire de la perspective d'un blocage politique. De plus, aucun grand changement législatif n'est envisagé par les marchés, toute réforme démocrate devant recevoir l'approbation du président américain, George W. Bush, qui dispose d'un droit de veto.

Le pouvoir d'enquête dont disposent les parlementaires américains risque finalement d'être "l'activité qui pourrait avoir l'impact le plus négatif sur les marchés", estiment certains analystes. La victoire des démocrates pourrait ainsi "rendre la vie plus dure" aux compagnies pétrolières et à celles du secteur de la défense. La Chambre des représentants pourrait examiner avec attention les dépenses d'armement, ce qui pourrait se montrer négatif pour un secteur qui a bénéficié de six ans de solide hausse des dépenses. Enfin, Les positions des démocrates en faveur des énergies alternatives ou de la recherche sur les cellules souches pourrait par ailleurs aider les producteurs d'éthanol ou les sociétés biotechnologiques.

II – Les bourses internationales impertubables face à l'annonce

Vers 16H30 GMT, la Bourse de New York était en légère baisse, le Dow Jones cédant 0,10% et le Nasdaq 0,07%. Les places européennes ont quant à elles observé une certaine stabilité, certaines ayant même touché de nouveaux plus hauts après les sommets atteints lors des précédentes séances.

Londres a cédé juste 0,08%, Francfort 0,20%, Paris a fini pratiquement stable (-0,01%) tandis que Bruxelles (+0,18%) et Madrid (+0,23%) ont signé de nouveaux records historiques. En Asie, Tokyo a perdu 1,08%, tandis que les replis de Hong-Kong (-0,68%), Séoul (-0,53%) et Sidney (-0,59%) ont été attribués par des courtiers à des facteurs purement locaux, en l'occurrence des craintes de remontée des taux d'intérêts en Asie.

III – Pas d'impact majeur sur le pétrole à court terme

Selon la plupart des analystes, aucun impact majeur ne serait à craindre sur le marché du pétrole. Ils demeurent néanmoins prudents face à la possibilité d'une inflexion de la politique étrangère au Moyen-Orient et à ses implications éventuelles sur la production d'or noir. De plus, l'éventuel assouplissement de la politique étrangère des Etats-Unis envers cette région très fortement exportatrice de pétrole pourrait réduire la prime de risque sur les cours du brut.

A plus long terme, certains analystes soulignaient cependant qu'une victoire des démocrates au Congrès pourrait avoir un effet haussier sur les cours. En effet, davantage d'enquêtes pourraient être menées au sein des compagnies pétrolières, qui -selon les dires de certains - « dépenseraient ainsi leur temps et leur argent à répondre à ces enquêtes eu lieu de procéder à des investissements". Une éventuelle victoire des démocrates à la présidentielle de 2008, de nature à concrétiser le retrait américain d'Irak pourrait avoir également comme conséquence une hausse des cours.

Mais les marchés semblent plus préoccupés dans l'immédiat des statistiques sur les réserves américaines d'hydrocarbures et la croissance économique . Les prix du pétrole ont en effet progressé mercredi, le rapport hebdomadaire sur les stocks américains faisant état d'une hausse plus faible qu'attendu des réserve de brut alors que celles de produits distillés ont davantage baissé que prévu.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en décembre a gagné 90 cents, clôturant à 59,83 dollars. A Londres, le Brent de la Mer du Nord a gagné 1,11 dollar, terminant à 59,59 dollars le baril sur l'échéance de décembre. Les cours avaient fortement progressé dans la journée, montant jusqu'à 60,30 dollars à New York, après la publication d'un rapport jugé "haussier" par plusieurs analystes.

Lors de la semaine achevée le 3 novembre, les réserves de brut ont progressé de 400.000 barils aux Etats-Unis alors que les analystes tablaient sur une hausse de 750.000 de barils. Celles de produits distillés (diesel et fioul de chauffage), capitales pour l'hiver, ont baissé de 2,7 millions de barils, contre un recul attendu de 800.000 barils. Ces dernières ont de plus baissé pour la quatrième semaine consécutive et d'une façon drastique.

Les réserves de pétrole ont baissé de 27 millions de barils au cours des quatre dernières semaines, soit près d'un million de barils par jour, même avant que la baisse de production annoncée par l'Opep puisse avoir un effet. Le DOE estime que si la demande de pétrole continue d'augmenter au rythme prévu par le ministère au cours des prochains mois, les réserves devraient continuer à baisser plus rapidement que d'ordinaire en cette saison.

IV - Les démocrates remportent le siège clé du Montana

Les démocrates américains ont remporté le siège clé de sénateur dans le Montana (nord-ouest) et n'ont besoin plus que d'un siège pour obtenir la majorité à la Chambre haute du Congrès américain, selon des médias. Le basculement de ce siège rapproche les démocrates de la conquête totale du Congrès américain: déjà majoritaires à la Chambre, ils comptent désormais 50 sièges de sénateur (en comptant un indépendant pro-démocrate), contre 49 pour les républicains, qui espèrent encore sauver un siège en Virginie.

Si la Virginie reste républicaine au terme d'un nouveau dépouillement qui pourrait prendre plusieurs semaines, le Sénat restera dominé par le parti du président Bush, grâce à la voix du vice-président Dick Cheney, président en titre de la Chambre haute du Congrès. La Chambre des représentants est d'ores et déjà acquise au parti démocrate avec le basculement d'au moins 27 sièges. Le démocrate Jon Tester a battu le sénateur républicain sortant du Montana Conrad Burns, cité dans une grosse affaire de trafic d'influence au Congrès. La corruption a été citée comme une des préoccupations majeures des électeurs dans un sondage réalisé à la sortie des urnes et publié mardi par la chaine de télévision CNN.

Sources : AFP

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    Menace sur calendrier commercial

    USA: La victoire des démocrates menace le calendrier commercial de Bush
    AFP 08.11.06 | 23h36

    WASHINGTON, 8 nov 2006 (AFP) - La victoire des démocrates aux élections parlementaires américaines risque d'entraver la volonté du président républicain George W. Bush de favoriser le libre-échange et de négocier des accords commerciaux les mains libres.

    "Le scrutin signifie que le calendrier du président Bush en matière de commerce subit un violent coup d'arrêt", a déclaré à l'AFP Daniel Griswold, analyste au Centre d'études des politiques commerciales au Cato Institute, un institut favorable au libre-échange. Mais "un pouvoir divisé ne signifie ni vaste libéralisation des échanges, ni excès de protectionnisme", a-t-il ajouté.

    "Il existe un danger pour le monde qu'il y ait un renforcement du sentiment protectionniste au Congrès américain", juge cependant John Lonski, économiste de Moody's Investors Service. "Je ne suis pas certain que cela aura vraiment lieu, mais de mon point de vue, un grand nombre des sièges que les républicains ont perdu, dans des Etats comme l'Indiana, la Pennsylvanie et l'Ohio, l'ont été en grande partie du fait de la persistance des transferts d'activité vers la Chine", a-t-il dit.

    S'agissant du cycle de Doha de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), les chances de voir les Etats-Unis renoncer unilatéralement à leurs subventions agricoles pour sortir de l'impasse semblent plus ténues que jamais.

    Maintenant que l'élection est passée, le compte à rebours est lancé avant la fin du mandat de négociation spécial accordé par le Congrès à l'administration Bush jusqu'au 1er juillet (Trade Promotion Authority - TPA). Grâce à ce mandat, l'administration peut négocier des accords et les soumettre au vote du Congrès sans que celui-ci puisse les amender.
    Le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson estime pour sa part qu'il existe, après les élections américaines, une "brève fenêtre de tir pour réanimer les négociations du cycle de Doha" à l'Organisation mondiale du commerce, a indiqué mardi son porte-parole Peter Power. Les démocrates devraient toutefois faire pression pour inclure davantage de mesures en faveur de la protection de l'environnement et des droits du travail dans les projets d'accords commerciaux soumis par l'administration Bush. Gary Hufbauer, chercheur auprès de l'Institut d'économie internationale à Washington, estime que des figures charismatiques, comme la sénatrice de New York Hillary Clinton, pourraient tempérer les ardeurs anti-mondialisation, dans la perspective de l'élection présidentielle. Les pressions pour imposer des barrières douanières aux importations de produits chinois pourraient également s'intensifier. Mais "si vous vous fâchez avec la Chine sur les sujets économiques, vous pouvez dire adieu à toute coopération sur la Corée du Nord, l'Iran et presque tout le reste", a souligné M. Hufbauer. Peu s'attendent à ce que les Etats-Unis renouent avec la politique isolationniste des années 30 qui avait aggravé la Grande Dépression.

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