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USA : vers une exploration du pétrole en Alaska
Pauvre planète pourraient dire certains : les enjeux liés au pétrole semblent inexorablement plus importants que les considérations écologiques ... En effet, la Chambre des représentants américaine a voté jeudi pour l'ouverture d'une réserve naturelle de l'Alaska à des forages pétroliers, une mesure poussée depuis plus de dix ans par le parti républicain.
L'ANWR, (Arctic national wildlife refuge) riche de plus de 36 espèces de mammifères, 180 espèces d'oiseaux et 36 de poissons, compte 77.000 km2, dont 800 hectares seraient affectés par les forages. Néanmoins, la fonte des glaces de l'Arctique "intéresse" également certains, ouvrant de nouvelles voies maritimes. Le Canada n'en est d'ailleurs plus à se battre du point de vue écologique mais bien déjà au niveau des revenus que le passage engendrera. La protection militaire du secteur a même constitué un enjeu électoral.
I – Un vote autorise les forages en Alaska
Par 225 voix contre 200, avec l'apport d'une trentaine de voix de l'opposition démocrate, la Chambre des représentants a voté pour autoriser les forages dans l'ANWR. "Ce n'est pas une parade absolue pour les problèmes énergétiques de l'Amérique, mais cela représente une des principales composantes de l'équation entre offre et demande", a souligné le républicain Richard Pombo, l'un des principaux partisans de cette initiative.
C'est la 12e fois depuis 1995 que la Chambre des représentants vote en faveur des forages pétroliers dans l'ANWR, une des promesses de la première campagne présidentielle du président George W. Bush en 1995. La majorité républicaine avait cru à la fin de l'année dernière trouver le moyen de déjouer l'opposition au Sénat d'une coalition de démocrates et de républicains modérés opposés à cette mesure, mais cette manoeuvre avait échoué in extremis dans les derniers jours de la session.
Selon les partisans des forages, l'ANWR renfermerait 10,4 milliards de barils de pétrole, ce qui serait le double des réserves pétrolières avérées du Texas, et pourrait produire jusqu'à 1,5 million de barils par jour, presque autant que les volumes importés d'Arabie Saoudite par les Etats-Unis. L'organisation écologiste Sierra Club souligne de son côté qu'il faudrait attendre 10 ans avant d'extraire la première goutte de pétrole de l'ANWR , et que même dans 20 ans le gisement représenterait 0,8% de la production pétrolière mondiale, et 3% de la consommation nationale, faisant baisser le prix de l'essence d'un cent seulement.
II – Forages pétroliers en Alaska : enjeu et risque de pollution
Tentant depuis plus de deux décennies de lancer l’exploitation pétrolière dans la Réserve nationale de l’Arctique, les États-Unis ont finalement décidé de “se rabattre” sur l’Alaska. Même si l’administration Clinton en 1998 en avait empêché l’exploitation pétrolière, le gouvernement Bush a décidé de passer outre cette décision et de permettre l’exploitation pétrolière sur près d’un demi million d’acres de ce territoire. Les opposants au projet affirment que l’exploitation, le trafic aérien et la construction d’un oléoduc nuiront grandement à la faune de cette région. Mais contrairement aux terres convoitées en Arctique qui ont le titre de réserve naturelle, le gouvernement américain peut permettre l’exploitation de cette région sans l’aval du Sénat.
Le 21 décembre 2005, le Sénat américain avait bloqué de justesse le projet approuvé fortement la veille par la Chambre des représentants. Le débat avait été mis à l'ordre du jour après les ouragans Katrina et Rita : les installations pétrolières texanes alors dévastées, le représentant républicain du Texas avait proposé d'autoriser le forage du pétrole en Alaska et sur les côtes d'autres Etats pour subvenir aux besoins pétroliers des Etats-Unis. Menés par le sénateur de l’Alaska, les travaux de forage devaient inclure un financement de l’ordre de 453 milliards de dollars pour les sinistrés des ouragans et pour les militaires en Irak, la mesure ayant pour objectif global affiché de réduire les dépenses gouvernementales 2006-2010.
Les partisans de ce volet budgétaire avaient alors affirmé que l'exploitation de pétrole en Alaska, permettrait de réduire la dépendance énergétique des Etats-Unis et de créer des emplois. Les détracteurs estimaient, quant à eux, que la quantité de pétrole exploitable sur le site était trop faible pour faire baisser les prix de l'essence de façon significative, et considéraient que les dégâts causés par les ouragans étaient exploités en vue de mieux faire adopter la législation. Selon eux, la réserve ne permettrait de satisfaire à la demande pétrolière américaine que pour une période de 16 mois. La région ne réussirait même pas à alimenter les USA en pétrole pendant plus de 3 mois.
III – Pollution en Alaska suite à rupture d'un oléoduc
Pour rappel tout de même, en mars 2006 la rupture d'un oléoduc au nord du cercle polaire en Alaska a provoqué la fuite d'au moins 220.000 litres de brut dans la toundra. La fuite sur une conduite du champ pétrolier de Prudhoe Bay, le plus important gisement des USA à 1.000 km de la ville d'Anchorage et en bordure de la mer de Beaufort serait due à la corrosion. Les opérations de nettoyage se sont effectuées par des températures inférieures à moins 30°. La pollution s'étend sur 0,77 hectare de toundra couverte de neige, au bout d'un lac gelé.
En 1960, les compagnies pétrolières explorèrent pour la première fois la zone qui entoure la mer de Beaufort, au nord de l’Alaska. En 1968, on estimait qu’elle équivalait à 25 % de réserves avérées de pétrole brut des USA et 10 % de leurs réserves de gaz. Avec la hausse du prix des hydrocarbures, il devenait rentable de creuser des puits coûteux et d’y brancher les conduites d’évacuation nécessaires.
Beaucoup de craintes qu’exprimaient les défenseurs de l’environnement se sont révélées sans objet. Mais, en 1989, le pétrolier Exxon Valdez, échoué dans le détroit du Prince-William et répandant 11 millions de barils de pétrole dans les eaux de l’Océan, a montré que les risques étaient réels. Or l’exploration des plates-formes continentales de l’océan Arctique pourrait au cours des prochaines décennies faire du Grand Nord l’une des principales régions productrices d’hydrocarbures du monde.
IV – Réchauffement climatique : élément “positif” pour le trafic maritime
Selon le Groupe International d'Experts sur le Climat de l’ONU, l’Arctique est la région du monde qui se réchauffe le plus rapidement, soit deux fois plus rapidement que partout ailleurs. À cause de ce réchauffement climatique planétaire, une voie navigable reliant l’Occident à l’Orient commence à être envisagée dans cette région. À titre comparatif, le trajet Londres-Tokyo serait réduit à 16 000 km par rapport à 21 000 km par le canal de Suez et 23 000 km par celui de Panama, en passant par cette voie. D'ici une trentaine d'années, la banquise d'été devrait avoir tellement fondu que peut-être même des navires non spécifiquement conçus pour l'Arctique devraient être capables de franchir le passage du Nord-Ouest. 20 à 30 navires franchiraient déjà le passage chaque été.
En 1986, le Canada avait proclamé sa souveraineté sur les eaux intérieures de l’Arctique, mais tant les États-Unis que l’Union européenne et le Japon n’ont jamais reconnu cette proclamation soutenant qu’il s’agit d’eaux internationales. La frontière maritime et du plateau continental entre le Canada et les États-Unis n'est pas encore délimitée, ce qui risque d’entraîner des enjeux importants puisque la mer de Beaufort, aux limites des territoires du Yukon et de l’Alaska, est très riche en gaz et pétrole.
A lire également :
. Réchauffement climatique et fonte polaire : nouvelle voie maritime pour le pétrole
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Voici les sites qui parlent de USA : vers une exploration du pétrole en Alaska :
Commentaires
26 mai 06 11:55:23
Dick Cheney: “The American way of life is non-negotiable.”
Ils sont près a tout pour garder leur train de vie, 4x4 et compagnie...
Prochaine geurre sur l'Iran en avant toutes.
"l'ANWR renfermerait 10,4 milliards de barils de pétrole"
C'est toujours mieux de dire 10 que 1 milliards, c'est plus encouragent pour les investisseur mais ce n'est pas toujours vrai.
Tom
26 mai 06 12:05:00
"et que même dans 20 ans le gisement représenterait 0,8% de la production pétrolière mondiale, et 3% de la consommation nationale, faisant baisser le prix de l'essence d'un cent seulement."
4% de la production pétrolière mondiale et 9% de la consommation nationale, me semble plus réaliste.
PS : le message plus haut est de moi.


