L’Iran vient récemment de rejeter la demande de libération conditionnelle du Français Stéphane Lherbier, condamné à 18 mois de prison pour entrée illégale en Iran. Le ministre iranien de la Justice Jamal Karimi-Rad a justifié cette décision par le fait notamment que le verdict aurait été - selon lui - "clément".
Les deux hommes avaient été interceptés le 29 novembre 2005 par des gardes côtes iraniens, alors qu'ils s'apprêtaient à pêcher au gros près d'Abou Moussa, une île du Golfe revendiquée par l'Iran comme par les Emirats arabes unis. Donald Klein, allemand de 52 ans, en vacances aux Emirats, avait loué les services de Stéphane Klein, skipper expérimenté de 32 ans.
Lors du procès en appel, les avocats avaient plaidé que leurs clients n'avaient aucune intention de pénétrer dans les eaux territoriales iraniennes, ayant été induit en erreur par une carte maritime achetée aux Emirats arabes unis, selon laquelle l'île d'Abou Moussa leur appartiendrait.
I - Rejet de la demande de libération conditionnelle
L'ambassade de France à Téhéran a reçu la semaine dernière le verdict de la cour d'appel iranienne rejetant la demande de libération conditionnelle des deux hommes, détenus depuis novembre 2005 après leur arrestation lors d'une partie de pêche dans les eaux du Golfe. Le quai d'Orsay a regretté ce refus en s'interrogeant sur "ses motivations", et en jugeant que la peine de 18 mois était "excessivement lourde" par rapport aux faits reprochés.
Le ministre iranien de la Justice a indiqué que rien n'interdisait aux deux hommes de présenter à nouveau une demande de libération conditionnelle, même si leur demande de libération avait été rejetée.
Le porte-parole de la diplomatie française Jean-Baptiste Mattéi a indiqué que Paris considérait que "d'un point de vue strictement judiciaire", il n'y "avait pas tellement de raisons de leur refuser une libération conditionnelle". Mais M. Karimi-Rad a estimé que le risque était trop grand que les deux hommes ne respectent pas les exigences d'une remise en liberté conditionnelle, notamment en quittant l'Iran.
La cour d'appel de Bandar Abbas avait confirmé en mars 2006 la peine de 18 mois de prison infligée en première instance au Français Stéphane Lherbier et à l'Allemand Donald Klein.
II - Faits incriminés et plaidoyers
Les deux hommes avaient loué le 29 novembre 2005 un bateau, et s'étaient rendus au sud de l'île d'Abou Moussa, au large de Dubaï, dans l'ouest du détroit d'Ormuz. Ce détroit, qui relie le Golfe à la mer d'Oman, sépare l'Iran du sultanat d'Oman et des Emirats arabes unis. Il comprend trois îles, Abou Moussa, la Grande Tomb et la Petite Tomb, que l'Iran et les Emirats se disputent depuis de nombreuses années.
Le skipper français et son client allemand avaient été condamnés pour entrée illégale dans les eaux iraniennes. M. Lherbier avait expliqué devant la justice iranienne avoir utilisé une carte maritime des Emirats ne faisant pas état de ce différend territorial. Arguant que leur seul objectif était de pêcher en mer, ils ne se seraient rendus compte de leur "méprise" uniquement au moment de leur arrestation.
Selon l’avocat de Stéphane Lherbier, le délit qui leur est reproché est punissable d'une amende allant de un à trois millions de rials (environ 270 euros), ainsi que d'une peine de prison allant de un à trois ans. Lors d'un récent incident du même genre, un couple britannique n’avait été condamné qu’à quinze jours de détention. A l'occasion du Nouvel An iranien, le 21 mars, une demande de grâce a été déposée auprès du guide suprême iranien, Ali Khamenei.
III - Conflit Iran / Emirats arabes unis
L’Iran constitue l’un des grands pays voisins des Emirats Arabes Unis. Seul le détroit d'Ormuz et le mince golfe arabo-persique les séparent. De fait, l'Iran absorbe près de 40 % des exportations de Doubaï où est même est installée une importante communauté iranienne. Mais les relations bilatérales sont aujourd'hui dominées par le contentieux territorial qui oppose les deux pays au sujet des îles d'Abou Moussa, de la Petite et de la Grande Tomb. En étendant, en 1992, sa souveraineté à l'île d'Abou Moussa, jusqu'alors partagée entre les deux pays, l'Iran a ravivé les prétentions traditionnelles des Emirats.
En janvier 1968 le gouvernement britannique mit fin à la "Pax Britanica" dans le Golfe Persique. Au fur et à mesure que l'exploitation pétrolière se développait dans la région, il devint primordial de définir avec précision les frontières et les territoires.
En 1965, l''Iran avait obtenu des britanniques la reconnaissance de la ligne médiane des rives opposées comme la frontière entre le domaine maritime iranien et ceux de ses voisins arabes.
Mais les emplacements des nappes pétrolières souterraines dans le périmètre du Golfe ne coïncidant pas nécessairement avec les tracés des frontières maritimes qui ne concernent que les eaux, les structures d’exploitation du pétrole se sont retrouvées à cheval sur les frontières, induisant alors de nouveaux conflits.
L’Iran avait alors proposé qu’aucun puits de forage ne puisse être exploité sans un accord entre voisins dans un couloir de 125 m large placé sur la frontière médiane définie en 1965.
7 pays ont accepté de prendre part à ces négociations pour l'établissement des frontières dont 4 d'entre eux avaient des frontières avec l'Iran. A deux endroits, les frontières maritimes iraniennes n'ont pas été établies : la zone nord-ouest entre l'Iran, le Koweit et l'Irak, et aussi la zone entre l'Iran et les Emirats Arabes Unis autour de trois îles: La Grande et la Petite Tumb et l'Abou Moussa.
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Sources : Afp, Sénat, Le Figaro, Iran Resist

3 Commentaires
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Chirac demande la libération de Stéphane Lherbier détenu en Iran
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AFP 12/09/2006 18:44:59
Jacques Chirac a demandé à nouveau la libération du Français Stéphane Lherbier, détenu depuis novembre dernier en Iran avec un ressortissant allemand, lors d'un entretien avec un émissaire iranien, a indiqué l'Elysée.
"Le Président de la République a demandé la libération de notre compatriote, M. Stéphane Lherbier", a déclaré la présidence à l'issue de cet entretien essentiellement consacré au dossier nucléaire iranien.
L'épouse de M. Lherbier, Véronique, avait déclaré il y a une semaine à l'AFP avoir "très bon espoir" d'une libération rapide de son mari, qui purge avec l'Allemand Donald Klein une peine de 18 mois pour entrée illégale dans les eaux territoriales iraniennes.
Le skipper Stéphane Lherbier et son passager Donald Klein ont été arrêtés fin novembre au cours d'une partie de pêche dans les eaux du Golfe, aux abords de l'île d'Abu Moussa, un secteur sensible occupé par l'Iran mais revendiqué par les Emirats arabes unis (EAU).
Les deux hommes plaident avoir agi involontairement. Paris et Berlin ont multiplié les appels à la clémence, estimant que la peine d'un an et demi de prison prononcée en janvier dernier était disproportionnée par rapport aux faits reprochés.
17 octobre 2006 à 20:212
LE FIGARO 19/10/2006
"Ali Ahani, 53 ans, est l'ambassadeur de la République islamique d'Iran à Paris depuis juillet 2006. Il a répondu aux questions du « Figaro » sur la crise nucléaire et ses conséquences. "
"Faut-il voir un lien entre l'affaire Lherbier et la crise nucléaire ?
23 octobre 2006 à 19:47Non. Cette affaire est avant tout une affaire juridique et consulaire. L'entrée illégale sur le territoire iranien est habituellement passible de trois ans de prison. Le juge a réduit la peine à dix-huit mois. Stéphane Lherbier a eu droit à une semaine de congé. Sa famille a pu lui rendre visite. Sa femme a été reçue par le chef du pouvoir judiciaire. Ce sont des choses exceptionnelles. À l'inverse, nous avons le cas d'un prisonnier iranien qui s'est suicidé en France, en avril. Par négligence des responsables de la prison, il a été enterré sans que ni l'ambassade ni même sa famille ne soient prévenues. Bien sûr, on ne peut pas comparer les deux cas. J'ai récemment transmis à Téhéran, avec avis favorable, un courrier de Mme Lherbier demandant que son mari soit gracié. Il serait, en tout cas, regrettable que cette affaire ait un impact sur la relation bilatérale entre la France et l'Iran."
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Le Français Stéphane Lherbier libéré en Iran
Le Français Stéphane Lherbier, détenu depuis fin 2005 en Iran, a été remis en liberté dimanche, a annoncé Philippe Douste-Blazy.
"Je viens d'être informé que M. Stéphane Lherbier a été remis en liberté aujourd'hui après avoir bénéficié d'une mesure de grâce de la part de l'ayatollah Khamenei", déclare le ministre des Affaires étrangères dans un communiqué diffusé par le Quai d'Orsay.
Stéphane Lherbier se trouvait dimanche dans les locaux de l'ambassade de France à Téhéran, a-t-il précisé.
Stéphane Lherbier et un Allemand, Donald Klein, avaient été arrêtés le 29 novembre 2005 au cours d'une partie de pêche dans le Golfe, près de l'île d'Abou Moussa qu'occupe l'Iran mais que revendiquent les Emirats Arabes Unis. En pleine crise du nucléaire, la justice iranienne avait refusé de les placer sous liberté conditionnelle et avait condamné le Français à 18 mois de prison pour être entré illégalement en Iran.
"Nous espérons que Donald Klein, qui a subi la même peine que notre compatriote, bénéficiera de la même mesure de clémence dans les tout prochains jours", a déclaré Philippe Douste-Blazy.
http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=38292&1736
merci à El Gringo pour l'info
25 février 2007 à 18:43Ajoutez un commentaire
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