L'affaire est-elle liée à une éventuelle demande de soutien faite par l'Iran concernant son dossier nucléaire, à laquelle Tokyo n'aurait finalement pas répondue ? Voire des discussions sur une éventuelle implication de Westinghouse – en cours de rachat par le japonais Toshiba - en réponse à la demande d'investissements iraniens dans le nucléaire civil, via accords intermédiaires ou non, comme cela avait d'ores et déjà été le cas lorsque le shah présidait aux destinées de l'Iran ?
Reste, en tout état de cause que le Japon a "échoué" à conclure un contrat pétrolier de deux milliards de dollars pour exploiter un gigantesque champ pétrolifère en Iran, a indiqué mercredi un responsable iranien à l'agence Farsa, après la fin des négociations entre le japonais Inpex et l'Iran.
En février 2004, le Japon et l'Iran avaient signé un accord sur le projet majeur d'Azadegan, ouvrant au Japon le plus grand champ pétrolier qu'il ait jamais exploité. Selon cet accord, Inpex devrait recevoir le droit d'exploiter ces gisements, proches de la frontière iranienne avec l'Irak.
I – Echec de l'accord
Les négociations avec la partie japonaise se sont poursuivies mercredi. Le ministère du Pétrole et le japonais Inpex ont envisagé plusieurs options mais les pourparlers n'ont abouti à aucune conclusion, selon la déclaration de M. Gholam Hossein Nozari, qui dirige la Compagnie iranienne du Pétrole.
"Le processus de négociations montre le retrait du Japon du développement" du gigantesque champ pétrolifère d'Azadegan, dans le sud de l'Iran, avec des réserves estimées à 26 milliards de barils. Son développement devait en principe débuter en mars 2005. "Nous avons eu d'intenses négociations la semaine dernière, mais nous ne leur donnerons pas une autre chance," a-t-il ajouté. "Les Japonais ont raté l'occasion" de participer au développement du site d'Azadegan.
Mardi, le ministre japonais de l'Economie, Akira Amari, avait déclaré que les négociations à propos de ce contrat pétrolier conclu par la compagnie japonaise semi-publique Inpex en Iran étaient dans leur "phase finale".
II – L'enjeu de l'accord
Le ministre iranien du Pétrole Kazem Vaziri Hamaneh avait pourtant déclaré début août que l'Iran et le Japon finaliseraient pour le 22 août leur accord, longtemps reporté, pour le développement du champ pétrolier géant d'Azadegan. Pour rappel, le 22 août est également la date à laquelle le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, devait répondre à l'offre des Six médiateurs internationaux. Les deux parties avaient alors convenu d'investir dans ce gisement 2 milliards de dollars, dont 75% seront apportés par Inpex et 25% par l'Iran. Le Japon importerait les deux tiers de la production.
En février 2004, la compagnie semi-publique japonaise Inpex avait signé un contrat de deux milliards de dollars en Iran pour aménager et exploiter pendant 12 ans et demi ce champ pétrolier dans le sud-ouest du pays, en faisant le plus important accord pétrolier jamais conclu par le Japon . Compte tenu de l’importance du champ, en décembre 2005, Inpex avait souhaité s’associer Total, principal « client » du pétrole iranien (suivi par Shell, Statoil, Gazprom et la Malaisienne Petronas).
Le gisement, situé au nord-ouest du pays, est considéré comme le plus important d’Iran. Les réserves sont estimées entre 35 et 45 milliards de barils, selon les Iraniens, mais les Japonais, restant plus prudents, tablent sur 26 milliards de barils de réserves. Même revues à la baisse, elles n'en sont pas moins les deuxièmes réserves les plus importantes au monde. Dans le cadre des accords, la production était prévue pour démarrer en 2007 par l’extraction de 50 000 barils par jour avant de passer à 150 000 barils par jour un an après et 260 000 barils par jour au maximum de la production. Le contrat avait établi pour une durée de 12 ans et demi.
Le gouvernement japonais, principal actionnaire du groupe, hésitait jusqu’à présent à donner son accord pour le démarrage des travaux en raison de l’hostilité affichée par Washington. Mais Inpex craignait de perdre ses droits sur le champ pétrolier s'il ne démarrait pas le projet bientôt, plusieurs groupes Chinois et Européens étant également sur les rangs.
III – Besoins énergétiques du Japon
Le Japon, pauvre en ressources énergétiques, importe la quasi-totalité de ses besoins en pétrole. Et, face à la montée en puissance de la Chine de plus en plus consommatrice en énergie au niveau mondial, Tokyo juge indispensable de diversifier ses fournisseurs afin de garantir son approvisionnement.
Le Japon occupe la première place sur le marché des exportations iraniennes avec 23 % de la part du marché (soit 6,9 milliards de $). Le Japon est également le 8e fournisseur de l’Iran avec plus de 1,3 milliards de $ par an ce qui représente 4% des importations iraniennes, mais le Japon est le premier client pétrolier de l’Iran et plus de 33% des importations de pétrole au Japon viennent de l’Iran.
Le développement du gisement d'Azagedan est donc un projet majeur pour le Japon en termes d'approvisionnement en énergie. Le pays, deuxième économie du monde, a développé sa propre "diplomatie pétrolière" au Moyen-Orient, en particulier avec l'Iran, quitte à mécontenter son proche allié américain. Tokyo s'estime très embarrassé par la crise nucléaire iranienne et espère que l'Iran prêtera une oreille attentive aux inquiétudes de la communauté internationale. La non-prolifération nucléaire et la nécessité d'un approvisionnement régulier en pétrole brut sont pour le Japon aussi cruciales l'une que l'autre.
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11 Commentaires
1
Pour rappel :
Le Japon va annuler son soutien au projet pétrolier avec l’Iran en cas de sanctions de l’ONU 2.10.2006
Bloomberg, 2 octobre – De Shigeru Sato – Le gouvernement du Japon a déclaré qu’il retirerait son accord au projet pétrolier d’Inpex Holdings Inc., à Azadegan, d’une valeur de 2,5 milliards de dollars, au cas où les Nations Unies imposaient des sanctions à l’Iran pour refuser de mettre un terme à ses recherches nucléaires.
« De manière générale, nous allons nous soumettre à l’ONU si elle décide de prendre de telles mesures et si des sanctions sont dirigées contre le projet d’Azadegan », a déclaré aujourd’hui à la presse le vice-ministre du Commerce, Takao Kitabata, depuis Tokyo.
L’Iran menace de révoquer son contrat signé en 2004 avec Inpex, plus grand producteur de pétrole et de gaz au Japon, si la société ne débute pas les travaux sur le projet tel que prévu. Avec le conflit autour du programme nucléaire de l’Iran, l’attention s’est tournée vers le rôle du Japon dans le projet Azadegan, plus grande découverte de pétrole pour ce producteur moyen-oriental ces 30 dernières années.
Cette nation du Moyen-Orient a ignoré la date butoir du 31 août fixée par le Conseil de Sécurité pour la suspension de l’enrichissement d’uranium, sous peine de sanctions éventuelles, encourageant les USA à se rallier du soutien pour imposer ses propres pénalités. Les Etats-Unis, meilleur allié du Japon, avancent que ces recherches ont pour objectif le développement d’armes nucléaires, accusation démentie par l’Iran.
Inpex a demandé à l’Iran une extension supplémentaire d’un mois à la date du 30 septembre pour débuter l’exploitation du champ pétrolier d’Azadegan de cette nation du Moyen-Orient, a rapporté hier l’agence de presse Fars. La société pétrolière d’Etat iranienne, qui a rejeté la requête, et Inpex poursuivaient aujourd’hui les négociations, a annoncé l’agence de presse iranienne hier sur son site Internet, citant des sources non-identifiées.
« Les négociations sont en cours », a affirmé Kitabata sans donner plus de détails sur leur progression.
Shuhei Miyamoto, porte-parole d’Inpex, a refusé de confirmer ou de nier le délai supplémentaire d’un mois ou tout autre élément des pourparlers.
Inpex Holdings, qui détient 75 % d’Azadegan et qui est à la tête d’un groupe de sociétés impliquées dans le projet, affirme ne pas pouvoir exploiter le champ tant que l’Iran ne retirera pas les mines terrestres déposées pendant la guerre contre l’Irak entre 1980 et 1988.
L’objectif de production pour 2012 pour le champ d’Azadegan est de 260 000 barils de pétrole par jour, soit 5 pourcent de la consommation actuelle au Japon.
05 octobre 2006 à 07:052
Contrat pétrolier en Iran: Tokyo veut croire que les discussions continuent
TOKYO, 5 oct 2006 (AFP)
Le groupe pétrolier semi-public japonais Inpex a assuré jeudi qu'il gardait l'espoir de poursuivre les négociations en vue de conclure le méga-contrat pour l'exploitation des champs pétrolifères iraniens d'Azadegan, malgré l'annonce par Téhéran de l'échec des pourparlers.
"Notre position reste inchangée. Nous continuons à travailler en présumant que les négociations continuent encore", a déclaré un porte-parole d'Inpex.
Le président de la Compagnie nationale iranienne du Pétrole (NIOC), Gholam Hossein Nozari, avait affirmé mercredi à l'agence iranienne Fars que le Japon avait "échoué" à conclure ce contrat de deux milliards de dollars.
"Les pourparlers n'ont abouti à aucune conclusion", a déclaré M. Nozari, ajoutant que "les Japonais ont raté l'occasion" de participer au développement du site d'Azadegan, et qu'ils ne pourraient tout au plus prétendre désormais quà un rôle mineur dans le projet.
"Nous sommes au courant de ces informations de presse, mais nous n'avons entendu parler d'aucune décision officielle de l'Iran pour le moment", a assuré le porte-parole d'Inpex, sous le couvert de l'anonymat.
"Je crois qu'il s'agit d'une sorte de tactique de négociation de la part des Iraniens", a affirmé pour sa part le vice-ministre de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie, Takao Kitabata.
"C'est un projet dans lequel le Japon doit réussir. Et pour l'Iran, le Japon est un gigantesque marché pétrolier", a-t-il ajouté.
Selon la radio publique iranienne, la compagnie pétrolière National Iranian South Oil (NISOC) a reconnu que "les résultats des pourparlers avec les Japonais ne sont pas clairs". Elle s'est dite capable de développer toute seule Azadegan, à condition qu'un financement soit trouvé.
L'Iran avait fixé à Inpex jusqu'à fin septembre pour engager les travaux de développement d'Azadegan. A défaut, les Iraniens avaient annoncé leur intention de confier les travaux à des compagnies nationales.
Ce contrat conclu en février 2004 mais jamais signé officiellement porte sur l'exploitation du gigantesque grand champ pétrolifère d'Azadegan, sans le sud de l'Iran, avec des réserves estimées au départ à 26 milliards de barils. Son développement devait en principe débuter en mars 2005.
Mais le Japon, qui importe d'Iran 15% du pétrole qu'il consomme, est tiraillé entre les besoins en énergie de sa gigantesque économie et les pressions de son allié américain.
Washington souhaite que Tokyo renonce au contrat d'Azadegan, afin d'isoler l'Iran en raison de son programme nucléaire controversé.
"L'attitude du Japon est ambiguë parce qu'il y a un risque que des sanctions soient imposées à l'Iran", ce qui remettrait en question la viabilité du projet Azadegan, explique Yoshihiko Inoo, analyste du secteur pétrolier à la maison de courtage Tokyo Comwealth.
Un autre analyste spécialisé dans le secteur de l'énergie, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, a par ailleurs expliqué à l'AFP que de sérieux doutes ont surgi sur la qualité et la taille des réserves d'Azadegan, situées près de la frontière irakienne.
"On ne sait pas au juste combien de pétrole il y a là bas, et d'après le peu d'échantillons dont on dispose le pétrole y est de très mauvaise qualité. C'est un pétrole très lourd", a-t-il affirmé.
Le pétrole brut lourd est beaucoup plus difficile et cher à raffiner que le pétrole brut léger, et son impact sur l'environnement est plus élevé.
"Depuis le début, ce n'était pas une bonne affaire pour le Japon", soutient encore cet analyste, d'après qui "c'est le moment idéal pour le Japon d'arrêter la négociation au moyen d'une excuse telle que +nous sommes d'accord avec les Etats-Unis".
05 octobre 2006 à 14:153
cf relations Chine/iran
06 octobre 2006 à 12:36http://french.epochtimes.com/news/6-10-5/5034.html
4
Iran: le Japon se prépare à perdre la majeure partie du contrat d'Azadegan
TOKYO, 6 oct 2006 (AFP)
Le ministre japonais de l'Economie Akira Amari a implicitement admis vendredi que le Japon allait perdre la majeure partie de son contrat de 2 milliards de dollars conclu avec l'Iran pour développer les gigantesques champs pétrolifères d'Azadegan.
"Les négociations sur le cadre général du projet continuent mais des changements sont possibles", a reconnu le ministre devant les journalistes.
M. Amari était interrogé sur des informations selon lesquelles Téhéran a informé Tokyo que la part des Japonais dans le contrat ne serait finalement que de 10%, au lieu des 75% accordés en 2004.
La compagnie pétrolière semi-publique nippone Inpex, qui avait obtenu ce contrat, s'est refusée à tout commentaire.
Le président de la Compagnie nationale iranienne du Pétrole (NIOC), Gholam Hossein Nozari, avait pour sa part affirmé mercredi à l'agence iranienne Fars que le Japon avait "échoué" à obtenir le contrat.
L'Iran avait fixé à Inpex jusqu'à fin septembre pour engager les travaux de développement d'Azadegan.
A défaut, les Iraniens avaient annoncé leur intention de confier les travaux à des compagnies nationales.
Ce contrat conclu en février 2004 mais jamais signé officiellement porte sur l'exploitation du gigantesque grand champ pétrolifère d'Azadegan (sud de l'Iran), avec des réserves estimées au départ à 26 milliards de barils.
Son développement devait en principe commencer en mars 2005.
Mais le Japon, qui importe d'Iran 15% du pétrole qu'il consomme, est tiraillé entre les besoins en énergie de sa gigantesque économie et les pressions de son allié américain.
Washington souhaite que Tokyo renonce au contrat d'Azadegan, afin d'isoler l'Iran en raison de son programme nucléaire controversé.
Selon l'agence de presse japonaise Jiji, Tokyo a déjà officieusement informé il y a une semaine les Etats-Unis de son intention de se retirer financièrement du projet si l'Iran continue son programme d'enrichissement d'uranium.
Pour les analystes, l'attitude du Japon est ambiguë parce qu'il y a un risque que des sanctions soient imposées à l'Iran, ce qui remettrait en question la viabilité du projet Azadegan.
D'autres analystes expriment des doutes sur la qualité et la taille des réserves d'Azadegan, situées près de la frontière irakienne.
Enfin, certains considèrent que ce contrat "n'est pas une bonne affaire" pour le Japon qui saisirait le moment pour arrêter les négociations avec l'Iran.
06 octobre 2006 à 23:045
IRAN / JAPON ...
je t'aime moi non plus ...
"Projet pétrolier Azadegan: l'Iran assure que le Japon peut revenir (Kyodo)
TOKYO, 7 oct 2006 (AFP)
L'Iran a assuré samedi le Japon qu'il pourrait retrouver ses parts, s'il le souhaitait, dans le projet de développement du gisement pétrolier d'Azadegan, un énorme contrat de deux milliards de dollars, selon l'agence de presse nippone Kyodo.
La compagnie pétrolière semi-publique japonaise nippone Inpex a annoncé vendredi qu'elle se désengageait financièrement du projet d'Azadegan, dans le sud de l'Iran."
tout est donc lié pétrole contre nucléaire ...
07 octobre 2006 à 12:396
Et n'allez pas me dire que ce n'est pas le cas avec la France .... et South Pars
Iran : ce qui devait arriver ... AREVA
07 octobre 2006 à 12:407
les choses évoluent d'heure en heure ;)
je fais le point ce soir
TEHERAN, 8 oct 2006 (AFP) - Le ministre iranien du Pétrole, Kazem Vaziri Hamaneh, a précisé dimanche matin que finalement la part de la compagnie pétrolière semi-publique japonaise Inpex dans le projet iranien d'Azadegan avait été ramenée de 75% à 10%, a rapporté l'agence Mehr. La part d'Inpex "a été ramenée de 75% à 10% dans le projet de développement du gisement pétrolier d'Azadegan", a déclaré M. Vaziri Hamaneh. "La société iranienne Nico (partenaire d'Inpex) sera chargée des opérations", a-t-il ajouté.
08 octobre 2006 à 13:368
On en reparle , je réunis les pieces du puzzle au + tot :
Reuters le 19/10/2006 09h23
19 octobre 2006 à 11:04Alliance Areva/Mitsubishi Heavy dans le nucléaire
TOKYO (Reuters) - Areva et Mitsubishi Heavy Industries annoncent une alliance pour la réalisation d'un réacteur nucléaire de troisième génération de 1.000 mégawatts et de nouveaux types de réacteurs nucléaires.Les deux groupes veulent coopérer dans l'approvisionnement, les services, le cycle combustible et d'autres domaines. Le partenariat entre le numéro un mondial du nucléaire civil, détenu par l'Etat français, et le numéro un japonais de la mécanique permettra d'abaisser les coûts de développement, d'achat de pièces, de conception et d'ingénierie. Les deux groupes s'allient pour développer des réacteurs à eau pressurisée, qui représentent environ 70% du marché mondial.Comme leurs concurrents, Areva et Mitsubishi Heavy tablent sur un accroissement de la demande pour le nucléaire, en particulier en Chine, en Inde et aux Etats-Unis, en raison de la hausse de la demande d'énergie et du coût élevé du pétrole.
9
Actuellement, la NIOC (National Iranian Oil Company) est à la recherche de nouveaux partenaires pour son projet de développement du gisement sud d’Azadegan, un contrat de 2 milliards de $. Le Middle East Economic Survey (MEES), hebdomadaire chypriote généralement bien informé en matière de pétrole, explique qu’après la rupture du contrat entre le Japon et l’Iran, Téhéran continue sa recherche tandis que le Japon met des obstacles pour dissuader d’éventuels contractants.
Azadegan sud aurait selon le MEES une capacité exploitable de 26 milliards de barils. Toujours selon le même magazine, l’importance d’Azadegan pour Téhéran est évidente dans la mesure où le ministre iranien du pétrole a annoncé qu’il voulait faire croître la production journalière de l’Iran de 4 Million de barils/jours à 4,6Millions/j, soit une augmentation de 600 milles barils pour financer [1] l’importation de l’essence.
Cette augmentation est d’autant plus surprenante que la banque centrale du régime des mollahs vient d’annoncer disposer de réserves de devises sans précédent grâce aux dernières hausses du prix du pétrole. Ainsi la banque Markazi (Centrale – ndlr) a annoncé que les actifs en devises de la république islamique dans les banques étrangères étaient passés de 40 milliards de $ à plus de 52,1 milliards de dollars soit une hausse de 38%. Cependant cela ne signifie rien puisqu’une certaine confusion règne entre les avoirs officiels du pays et ceux des fondations et des mollahs... De surcroît, si les actifs ont augmenté de 38%, la dette a augmenté de 80% pour atteindre 18,6 milliards de $.
L’évanouissement du projet gazier d’Azadegan a ébranlé la NIOC déjà affectée par la remise en cause des contrats buy-back et la démission de son directeur des affaires internationales. Régulièrement, le régime des mollahs menace de remettre en cause le Buy-Back et comme toujours, les mollahs font prévaloir des demandes de l’Assemblée Islamique. La révision de ces contrats constitue des représailles économiques contre les Européens et a pour objectif de mettre sous pression la France afin que ce pays se montre laxiste dans son projet de résolution contre l’Iran.
Décodages | Donc très officiellement, la NIOC doit répondre à une injonction du gouvernement pour que, dans tous les projets, la participation iranienne soit de 51% minimum. Ceci n’a rien d’extraordinaire car le Buy-Back est en soi illégal vis-à-vis des lois iraniennes mais cette illégalité n’a jamais trop gêné le régime qui y trouvait son compte. La menace d’un abandon du buy-back fait partie de la gamme de représailles des mollahs ; ainsi en décembre 2005, quand les 5 étaient susceptibles d’envoyer le dossier nucléaire iranien au Conseil de Sécurité, le régime des mollahs a déclaré que l’Iran s’apprêtait à abandonner la formule « buy-back ». Or, il n’en fut rien et les mollahs se sont contentés d’autres mesures de rétorsion dont une prise d’otages sur les deux pêcheurs égarés près d’Abou Moussa.
Comme nous l’avons pressenti, le régime des mollahs tentera d’imiter la politique énergétique de la Russie qui actuellement réorganise l’exploitation de ses ressources pétrolières. Il n’est pas improbable qu’il y ait également un rapprochement avec Gazprom dans le but d’effrayer les autres compagnies présentes en Iran dont principalement Total afin d’influencer la décision Française au Conseil de Sécurité. On sait que récemment la direction de Total est intervenue au niveau du chef de l’état et du Premier ministre pour les inciter à ne pas imposer des sanctions économiques à l’encontre de l’Iran. C’est pourquoi les mollahs appuient là où ça fait mal. Total menacé fera le nécessaire pour défendre ses intérêts, devenant la cheville ouvrière du régime des mollahs à Paris.
Encore une fois, les mollahs sont dans la gestion hâtive des crises qu’ils ont eux-mêmes créées et ils oublient que les Russes ont une vision stratégique (nationaliste et conquérante) et tirent bénéfice de l’instabilité du régime iranien. Idéalement, les mollahs préfèrent que Total puisse reprendre Azadegan. Mais in fine, C’est Gazprom qui pourrait le faire et il sera difficile de revoir les termes du contrat avec ce pays car il a fidélisé le marché iranien et a de nombreux atouts dans son jeu.
confirmation dans un article du monde
19 octobre 2006 à 14:02http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0,50-815809,0.html
10
merci beaucoup,
Très intéressant
19 octobre 2006 à 14:1211
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Iran : rébellion interne contre Ahmadinejad ?
car très certainement lié
19 octobre 2006 à 14:14Ajoutez un commentaire
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