Le chef du Commandement central américain qui supervise les opérations américaines en Irak, le général John Abizaid, a mis en garde jeudi contre un risque de guerre civile dans ce pays si la violence inter-confessionnelle ne s'arrêtait pas. Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld avait auparavant demandé au Congrès d'être patient sur l'Irak alors que le gouvernement américain a renoncé pour l'instant à réduire de manière significative son contingent en Irak avant les élections législatives de novembre aux Etats-Unis.
Le Japon a accordé un prêt de 30 millions de dollars à l'Irak, a annoncé le bureau du Premier ministre irakien, à l'issue d'une rencontre avec le chef de la diplomatie japonaise, Taro Aso, arrivé jeudi à Bagdad pour une visite impromptue. Les efforts des autorités irakiennes pour faire progresser l'économie de leur pays dépendront largement de l'amélioration de la sécurité sur place, a souligné quant à lui le Fonds monétaire international jeudi dans un communiqué.
I – Mise en garde du général Abizaid sur un risque de guerre civile
Le chef du Commandement central américain (Centcom), qui supervise les opérations américaines en Irak, le général John Abizaid, a mis en garde jeudi, lors d'une audition devant la commission du Sénat sur les forces armées, contre un risque de guerre civile en Irak si la violence inter-confessionnelle ne s'arrêtait pas. «Cela peut se transformer en guerre civile», a également admis le chef d'état-major interarmées, le général Peter Pace, devant des sénateurs montrant des signes d'exaspération sur la gestion par l'administration Bush du dossier irakien.
Suite à une question du sénateur républicain John McCain en forme de reproche à peine voilé du manque d'anticipation des généraux américains, le général Abizaid a précise que s'il était déjà clair un an auparavant que les tensions confessionnelles étaient en hausse, il n'était pas envisagé qu'elles atteignent le niveau actuel.
Rappelons qu'au mois de mars, le Parti de la vertu, composante de l'Alliance unifiée irakienne, qui a remporté les élections législatives de décembre, avait affirmé que les chiites allaient s'emparer des revenus pétroliers du sud si les partis kurdes et sunnites continuaient à entraver le processus politique en Irak.
Selon le général Abizaid, le plus important d'ici la fin de l'année serait de s'assurer que la situation sécuritaire à Bagdad soit sous contrôle. Selon lui, s'il est possible d'imaginer des réductions de forces, la décision sera fonction de la situation sur le terrain à Bagdad.
II – Rumsfeld recommande la patience pour l'Irak
Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et de hauts responsables militaires américains ont supplié jeudi le Congrès d'être patient sur l'Irak, alors que le gouvernement américain a renoncé pour l'instant à réduire de manière significative son contingent en Irak avant les élections législatives de novembre aux Etats-Unis. Le secrétaire à la Défense a accepté avec réticence de témoigner en audition publique devant la commission sénatoriale, s'inquiétant que la politique politicienne domine cette audition en cette année électorale.
Evoquant les appels émis de part et d'autre pour retirer ou fixer un calendrier arbitraire pour un retrait, D.Rumsfeld a mis en garde sur l'éventualité qu'en cas de départ prématuré des US des territoires irakiens, comme demandées par « les terroristes », « l'ennemi » exhorterait les Etats-Unis à quitter l'Afghanistan et se retirer du Proche-Orient.
Le vice-président démocrate de la commission sénatoriale, Carl Levin, a reproché à l'administration Bush de ne pas tenir ses promesses. Il s'est inquiété par ailleurs des tensions imposées aux effectifs par les déploiements de grande ampleur en Irak et en Afghanistan depuis plusieurs années. Le président républicain de la commission, John Warner, a également eu des commentaires sévères: «J'ai le regret de dire que nous avions des attentes, largement suscitées par des rapports du général Casey sur l'espoir de diminuer le nombre de nos forces dans un futur proche».
M. Bush a annoncé la semaine dernière des renforts américains à Bagdad tandis que M. Rumsfeld a prolongé pour 4 mois le déploiement en Irak de 3.500 soldats. En juin, le commandant des troupes de la coalition en Irak, le général George Casey, s'était encore dit confiant dans la possibilité de réduire progressivement le nombre de soldats américains cette année. «Depuis cette déclaration du général Casey, il est clair que la situation à Bagdad est telle que cela nécessite des troupes supplémentaires», a admis le général Abizaid
III – Spectre d'une guerre civile confirmé par la Grande-Bretagne
Une "guerre civile de faible intensité et une division de fait de l'Irak est plus probable à ce stade qu'une transition réussie et substantielle vers une démocratie stable" en Irak, a également commenté l'ambassadeur de Grande-Bretagne à Bagdad, dans un télégramme dont la BBC a révélé jeudi le contenu.
"La situation n'est pas désespérée", mais l'Irak va demeurer "difficile et en désordre" pour "les prochaines cinq à dix années", a conclu William Patey, qui s'apprête à quitter son poste à Bagdad, dans ce document adressé au Premier ministre Tony Blair et au Foreign Office.
Ces analyses contredisent les affirmations récentes et rassurantes du président irakien Jalal Talabani, qui a annoncé mercredi que les forces de sécurité irakiennes seront en mesure d'assurer la sécurité de l'ensemble du pays d'ici la fin de l'année.
IV - Le Japon prête 30 millions de dollars à l'Irak
Le Japon a accordé un prêt de 30 millions de dollars à l'Irak pour contribuer à sa reconstruction, a annoncé le bureau du Premier ministre irakien dans un communiqué, à l'issue d'une rencontre avec le chef de la diplomatie japonaise, Taro Aso, arrivé jeudi à Bagdad pour une visite impromptue.
"Nous remercions le Japon. Les portes de l'Irak sont ouvertes aux investissements et nous souhaitons développer nos relations avec le Japon dans tous les domaines", a assuré le Premier ministre Nouri al-Maliki dans le communiqué. M. Aso s'est notamment entretenu à Bagdad avec M. Maliki et le ministre des Affaires étrangères Hoshyar Zebari.
Cette visite survient quelques jours après le retrait d'Irak du contingent de 600 militaires japonais, qui était déployé dans le sud du pays depuis 2004 dans le cadre d'une mission "non combattante" de reconstruction. Les forces aériennes japonaises participent toujours ponctuellement à des missions de transport pour le compte des militaires de la coalition.
Après son retrait, Tokyo avait promis de poursuivre son assistance financière en faveur de l'Irak, par le biais de dons et de prêts à taux préférentiels. Pour rappel, le Japon vient de finaliser un accord pétrolier avec l'Iran au grand dam des Etats-Unis. Compte-tenu des besoins majeurs de ce pays asiatique en hydrocarbures, il ne serait peut-être pas faux de penser que le Japon anticipe d'ores et déjà un éventuel retrait des forces américains ou tout du moins un retour à la normale des niveaux de production et d'exportation du pétrole irakien.
IV - FMI : progrès économiques en Irak fonction de l'amélioration de la sécurité
"Les autorités irakiennes ont pris des mesures importantes et décisives pour remettre leur programme économique sur les rails, cependant leurs efforts de réforme ne pourront progresser qu'avec une amélioration de la sécurité", a indiqué le directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI), Takatoshi Kato, jeudi dans un communiqué.
Ce dernier rendait compte de l'examen effectué par les membres du conseil d'administration du Fonds de l'évolution de la situation économique en Irak après l'octroi en décembre d'une ligne de crédit de 685 millions de dollars. Cette ligne de crédit, appelé crédit stand-by, est accordée par le FMI à un pays en difficulté dans le cadre d'un accord négocié de réformes économiques. Bagdad continue de considérer le prêt comme étant un crédit "de précaution" et n'a pas demandé jusqu'ici à tirer de l'argent sur cette ligne de crédit.
Le FMI a noté "des efforts substantiels pour maintenir une discipline budgétaire et un contrôle des dépenses récurrentes malgré un environnement difficile". Il a également qualifié la politique de resserrement monétaire de la Banque centrale irakienne de "pas important dans la bonne direction" tout en notant que "l'inflation restait une source sérieuse de préoccupation".
"La violence qui se poursuit et les interruptions de livraison dans le secteur non-pétrolier vont indubitablement continuer de faire pression sur les prix", a précisé le responsable du FMI en invitant la banque centrale irakienne à se tenir prête à d'autres relèvements des taux et une politique des changes qui permettent d'éviter une inflation démesurée. Il a aussi conseillé au gouvernement de surveiller de près les salaires et retraites du secteur public.
Concernant le secteur pétrolier, le responsable du FMI a félicité le gouvernement irakien pour son projet de loi ouvrant ce domaine aux investisseurs étrangers, à l'exception de la prospection et de l'extraction réservées à l'Etat irakien. "Une mise en oeuvre rapide de cette loi sera cruciale pour éviter les goulets d'étranglement sur le marché des produits pétroliers", a indiqué M. Kato. Le projet de loi, en discussion au parlement, vise à accueillir les investissements étrangers dans le raffinage et la distribution, deux des gros points faibles de l'industrie en Irak, ainsi que dans la pétrochimie.
Enfin, le FMI a insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes structurelles, en particulier la révision du système des retraites dans le secteur public, et d'améliorer la transparence notamment pour lutter contre la corruption dans le secteur pétrolier.
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8 Commentaires
1
La morgue de Bagdad viens de déclarer qu'elle a reçu environ 2000 cadavres d'irakiens tués uniquement pendant le mois dernier juste dans la région de Bagdad !!!!
La plupart ont été tués avec une balle dans la tete, ou par pendaison ou battues jusqu'à la mort.
C'est incroyable ce qui se passe de nos jours.
09 août 2006 à 20:482
Oui, je l'avais vu tout à l'heure, extremement choquée par le titre :
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mercredi 9 aout 2006, 16h59
Nombre record de morts en juillet à la morgue de Bagdad
BAGDAD (Reuters) - Le mois dernier, une soixantaine de corps ont été apportés chaque jour à la morgue de Bagdad, ce qui reflète la recrudescence des violences intercommunautaires depuis l'attentat de février dernier contre la Mosquée d'Or de Samarra, l'un des principaux sanctuaires chiites.
Le Dr Abdoul Razzak al Obaïdi, directeur adjoint de la morgue, a déclaré mercredi que 90% des victimes avaient péri dans des violences dans la capitale, où les forces américaines et irakiennes ont renforcé leur présence militaire pour tenter de faire cesser le bain de sang entre communautés rivales.
"La plupart présentent des blessures par balle à la tête. Certains ont été étranglés et d'autres ont été battus à mort à coups de bâton", a-t-il dit à Reuters.
Mercredi encore, les violences ont fait au moins 13 morts et 25 blessés dans l'ensemble du pays.
A Bagdad, cinq personnes ont été tuées par des individus qui ont ouvert le feu sur l'étal d'un vendeur de poissons grillés dans le quartier occidental de Djamiaa, a-t-on appris de source proche du ministère de l'Intérieur. La police a aussi trouvé neuf cadavres de civils en divers endroits de la capitale.
En juillet, la morgue a recueilli 1.815 corps contre 1.595 en juin, ce qui constitue le bilan le plus lourd depuis l'attentat contre la mosquée de Samarra, imputé par les autorités américaines et irakiennes à Al Qaïda.
RENFORTS
Des renforts de 6.000 soldats irakiens et 3.500 Américains sont en cours de déploiement dans la région de Bagdad et ils devraient entamer une traque systématique des activistes et des rebelles.
La première phase de l'opération, qui a débuté le 9 juillet, s'est soldée par la capture de 411 suspects accusés de participation à des escadrons de la mort, a fait savoir l'armée américaine, mais cela n'a pas mis fin pour autant à l'effusion de sang.
Les ministères de la Santé, de l'Intérieur et de la Défense ont pour constante d'afficher des bilans inférieurs aux chiffres communiqués par la morgue.
Selon ces ministères, en juillet, un millier de civils sont morts victimes d'attaques terroristes dans l'ensemble du pays et 1.820 civils ont été blessés. En outre, 79 policiers et 63 soldats ont été tués tandis que 148 policiers et 37 soldats étaient blessés.
Le Premier ministre Nouri al Maliki a promis de mettre fin aux exactions des milices armées mais il doit agir avec prudence car certains de ces groupes sont étroitement liés à des partis faisant partie du gouvernement.
Une bombe visant une patrouille américaine a tué un civil et en a blessé un autre mercredi à Bagdad et, à Bassorah, un colonel irakien a été abattu alors qu'il se rendait à son travail.
A Bakouba, au nord de Bagdad, une roquette qui a détruit un immeuble proche d'une mosquée a tué cinq civils et en a blessé 20.
09 août 2006 à 22:283
Je crains bien qu'on va revisiter les périodes les plus barbars de l'histoire.
Le monde s'emballe dangereusement.
Dernières nouvelles avec ces prétendus méga attentats aériens entre l'Angleterre et les Etats-Unis.
Ce n'est pas possible que tant d'horribles choses se passent au XXIe siècle, quel gachis pour l'humanité, d'être dirigée par des fous et des sanguinaires.
10 août 2006 à 09:544
Nous avons eu auparavant Hitler, Napoleon, Attila ...
Pour rappel, l'ENA a refusé d'avoir une promo qui s'appelle Napoleon...
10 août 2006 à 10:065
Mise au point sur Attila :
Attila est surtout connu dans l'historiographie et dans la tradition chrétienne occidentale pour avoir été le fléau de Dieu, ce qui lui a conféré une image des plus sombres.
En réalité, ce fils du roi d'un des peuples les plus puissants de son temps est devenu aux yeux des Européens occidentaux l'image emblématique du souverain-guerrier nomade, se confondant dans l'imaginaire populaire avec les traits que l'on prêtera plus tard à Gengis Khan : sanguinaire, aimant la guerre et les pillages par-dessus tout, cruel et rusé.
Or, cette vision est en grande partie inexacte : non seulement les Huns d'Attila était un peuple turc qui accueillait de nombreux Germains en son sein, à tel point que ces derniers étaient largement majoritaires dans la coalition du campus mauriacus, mais aussi la cour d'Attila était sans doute l'une des plus raffinées de son temps, qui avait repris nombre d'usages romains.
Cependant, l'époque à laquelle vécut Attila - vers la fin de l'empire d'Occident, son opposition avec le général Aetius, par ailleurs nommé le dernier des Romains et l'origine de son peuple ont frappé l'imaginaire collectif et contribué à faire d'Attila la figure typique du barbare s'opposant à la civilisation, ce qui ressort dans les nombreux films ou œuvres dans lesquels ce dernier apparaît.
10 août 2006 à 10:116
Oui mais, c'est affreux de régresser pour revenir à ces périodes obscurs ou l'homme ne servait qu'esclave ou de chair à canons qui n'avait auccun droit ni auccune valeur non plus.
Ces siècles sont révolus et l'humanité n'a pas fait tout ce chemin et tout ce progrés pour y revenir.
Mais remarquons que les attentats du 11/09, ont ouvert une nouvelle période qui banalise la violance, les attentats, l'insécurité et le terrorisme, je crois qu'on se dirige vers une période terrible de plein attentats et de destruction aveugle et sans raison.
Et je sent que ce qui se passe actuellement en l'Irak n'est que l'échantillon de ce que sera l'avenir dans bien d'autres régions du monde, les attentats aveugles en continue et sans auccune logique ni revendication si ce n'est de tuer le maximum de ses semblables.
Tout s'accélère dangeureusement vers le chaos.
Qu'elle est loin la paisible et brève période de la fin de la guerre froide qui a susité tant d'éspoir pour une période de paix pour toute l'humanité.
10 août 2006 à 10:217
ne pas oublier non plus, et c'est loin d'etre anodin , que les jeunes générations actuelles banalisent la violence ... via l'usage accru des jeux videos ...
voire ne font plus la différence entre virtuel et concret .
Qd je vois ados et adultes passer leur temps à tirer virtuellement dans le camp des bons et des mechants sanguinaires.
10 août 2006 à 10:268
Oui le concepte de violance aveugle, fait vraiment son chemin, qui peux imaginer une période ou on peut tuer quelqu'un comme on le salue aujourd'hui ??
tout peut s'emballer, et la spirale de la violance sera vite reconstituée et trés difficile de la rompre.
Je crois bien que tout gouvernement responsable et soucieux du bien être de sa population devrait étudier le phénomène meurtrier qui ronge les irakiens en ce moment, et s'en prémunir sérieusement.
En Irak, on tue pour tuer uniquement sans auccune revendication légitime ou illégitime, et sans auccun but rationnel.
Massacrer devient un passe temps et un plaisir pour certains, les valeurs et les principes humains se renversent littérallement.
10 août 2006 à 10:38Ajoutez un commentaire
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