Suite à l'annonce faite le 1er mai par le Président bolivien de nationaliser les hydrocarbures, le président de Petrobras José Sergio Gabrielli a exigé lundi "une juste indemnisation" après la nationalisation de ses deux raffineries, tout en indiquant que la compagnie brésilienne n'excluait pas de se retirer de cette activité en Bolivie.
M. Gabrielli a exhorté le gouvernement du président Evo Morales à respecter les dispositions constitutionnelles en matière de nationalisation, lors du transfert de la majorité du capital à la compagnie publique bolivienne YPFB.
Dans un entretien au "Figaro", le président bolivien a appelé pour sa part les compagnies pétrolières occidentales à négocier les modalités des nationalisations. Selon ses informations, TOTAL serait le groupe le plus flexible et le plus sensible aux questions sociales.
I – PETROBRAS hausse le ton et demande indemnisation
"L'article 22 de la constitution bolivienne reconnaît la possibilité de la nationalisation du capital, mais avec une indemnisation préalable et juste", a indiqué le responsable de la compagnie brésilienne lors d'une audience au Sénat. Le groupe souhaite engager des discussions avec la Bolivie sur les conditions d'exploitation après la prise de contrôle par YPFB. Mais même en cas d'accord d'indemnisation, Petrobras pourrait étudier la possibilité de vendre les actions restantes.
Petrobras met par ailleurs en garde sur une éventuelle possibilité d'un retrait des activités de raffinage en Bolivie, si le maintien comme actionnaire minoritaire ne présentait plus d'intérêt pour la compagnie. Les deux raffineries boliviennes situées à Cochabamba et Santa Cruz appartiennent à Petrobras, mais l''Etat bolivien a décidé de prendre le contrôle de ces raffineries.
Petrobras a déjà annoncé le gel de tous ses investissements en Bolivie dans l'attente de précisions sur la nouvelle loi des hydrocarbures. Le Brésil est le principal importateur de gaz bolivien et Petrobras est le principal investisseur en Bolivie.
Le ministre brésilien des Mines et de l'Energie Silas Rondeau a déclaré mardi que Petrobras paierait ses impôts durant le délai de 180 jours fixé par le gouvernement bolivien pour mener des négociations, afin de ne pas être taxé de "contrebandier". La semaine dernière Morales avait laissé entendre que Petrobras opérait dans l'illégalité. M. Gabrielli a rappelé qu'en cas de litige les actions de Petrobras-Bolivia étaient détenues par la filiale néerlandaise de Petrobras et étaient à ce titre couvertes par le Traité de protection des investissements entre la Bolivie et les Pays-Bas, alors que le Brésil et la Bolivie n'ont pas de traité commun, ajoutant toutefois ne pas se situer à de telles extrémités.
II – Evo Morales appelle à un accord avec les pétroliers et TOTAL
Dans un entretien au "Figaro" paru en début de semaine, Evo MORALES a appelé les compagnies pétrolières occidentales à négocier les modalités des nationalisations. Le président bolivien effectue depuis dimanche une visite semi-privée à Paris au cours de laquelle il a rencontré plusieurs élus, dont le maire de Paris Bertrand Delanoë, ainsi que le secrétaire du Parti socialiste François Hollande. Il s'est envolé dans l'après-midi pour Strasbourg, à l'invitation du Parlement européen.
Selon Evo MORALES, la nationalisation des hydrocarbures n'est pas seulement une promesse de campagne, mais avant tout une ample revendication du peuple bolivien. Il affirme par ailleurs ne vouloir ni exproprier ni expulser personne, tout en précisant n'éprouver aucun ressentiment à l'égard des entreprises qui ont exploité les ressources naturelles boliviennes. Cependant, pour lui, l'heure est venue d'améliorer la situation sociale des Boliviens, les règles du jeu devant évoluer pour ce faire.
En ce qui concerne l'entreprise pétrolière espagnole Repsol, le président bolivien précise par ailleurs avoir d'excellentes relations avec le président du gouvernement Zapatero, qu'il considère comme un allié. Il exprime également le souhait de voir Repsol demeurer en Bolivie, mais comme associée et non plus comme patron et propriétaire. Il en est de même pour la compagnie brésilienne Petrobras. S'agissant de Total, Evo Morales considère l'entreprise comme la plus flexible et la plus sensible aux questions sociales. Pour lui, l'heure est à la négociation, le décret de nationalisation donnant un délai de 180 jours pour ouvrir les discussions. Le voeu clairement exprimé par la Bolivie est d'aboutir à un accord.
Suite à l'actuelle levée de boucliers au Brésil, après l'annonce de la nationalisation, qui frappe avant tout Petrobras, Evo Morales estime que certains médias ont tout fait pour provoquer un affrontement entre le président brésilien Lula et lui-même. Mais de tels ces agissements ne pourraient porter leurs fruits, la Bolivie considérant le Brésil comme un allié stratégique avec lequel elle entretient une relation étroite. Néanmoins les deux pays devront discuter de l'augmentation du prix du gaz exporté dans le cadre d'une négociation rationnelle, qui bénéficierait à la Bolivie, sans pour autant trop affecter le Brésil. Il en est de même avec l'Argentine.
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2 Commentaires
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On en reparle , mais il apparait que Petrobras (Bresil) puisse etre un des partenaires de l'Equateur, la Bolivie acceptant des compensations .
cf. sur EL WATAN 21/05/06 :
"La Bolivie compte compenser le brésilien Petrobras
Le ministre bolivien des Hydrocarbures, Andres Soliz, a annoncé vendredi dernier que son pays pourrait fournir du gaz à la compagnie brésilienne Petrobras « à titre de compensation », suite aux nationalisations décidées le 1er mai par La Paz.
20 mai 2006 à 23:34Selon M. Soliz, qui s’exprimait devant des députés, Petrobras aurait évoqué la possibilité que le gouvernement bolivien compense les nationalisations en fournissant du gaz à cette compagnie pétrolière. Il a indiqué que les négociations avec le Brésil concernant le réajustement de 65% du prix du gaz n’avaient pas encore commencé. Principal acheteur du gaz bolivien, le Brésil importe actuellement quelque 25 millions de mètres cubes de gaz par jour au prix de 3,3 dollars le millier de BTU (British Thermal Unit). Cet approvisionnement couvre 74% des besoins de la région de Sao Paulo. La Bolivie, qui a nationalisé les hydrocarbures le 1er mai dernier, a accordé un délai de 180 jours aux compagnies étrangères pour renégocier de nouveaux contrats avec l’Etat. Actuellement, 26 compagnies étrangères opèrent en Bolivie venant notamment des Etats-Unis, du Brésil, de la Grande-Bretagne, de France et d’Espagne.
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0032495/46/07/76
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Il ne semble jamais être affecté par la pression d’une course, il sait aussi se crée des opportunités pour dépasser. C’est un pilote très complet qui ne demande qu’à être prit en main par un team professionnel !
Je vous le recommande chaleureusement.
Carl Vermeire
22 août 2007 à 18:59+32475/43.05.06
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