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Conflit Bolivie/Petrobras : à quand pour Total ?

Boliviasits_with_gas_1 Les tensions augmentent de jour en jour entre le groupe pétrolier brésilien Petrobras et la Bolivie où il a consenti des investissements stratégiques dans l'exploitation du gaz naturel. Malgré l'entente entre les présidents brésilien Lula et bolivien Evo Morales, les relations sont loin d'être au beau fixe.

Ceci pourrait être bien préoccupant car révélateur de la volonté déterminée du gouvernement bolivien pour nationaliser les ressources naturelles d'ici le 12 juillet. Si Petrobras est le premier impacté, le groupe TOTAL pourrait logiquement en faire bientôt les frais. Le pays a également récemment indiqué les principales lignes de son nouveau projet de loi sur les hydrocarbures.

1 – Tensions entre Petrobras et la Bolivie

Le groupe pétrolier brésilien Petrobras s'inquiète des tensions croissantes avec la Bolivie, compte-tenu notamment d'investissements majeurs consentis dans le pays dans l'exploitation du gaz naturel. L'opérateur pétrolier tablait jusqu'à présent sur l'entente entre les présidents brésilien Lula et bolivien Evo Morales. Une source proche de Petrobras a confirmé la suspension fin février des négociations entre le groupe brésilien et le gouvernement du président Evo Morales. Ce dernier a réaffirmé récemment sa volonté de nationaliser les ressources naturelles d'ici le 12 juillet. Le ministre bolivien des Hydrocarbures Andres Solis a toutefois démenti jeudi que le dialogue soit interrompu entre la compagnie bolivienne YPFB et Petrobras.

L'objectif du gouvernement bolivien serait d'obtenir de meilleurs prix avant de porter de 30 à 78 millions de m3 par jour les exportations de gaz vers le Brésil. Petrobras précise pour sa part, qu'un processus de négociations semblait jusqu'à présent bien engagé. Cependant, "le climat a récemment changé", selon le président du groupe, s'exprimant dans un entretien publié jeudi.

Le ministre bolivien des Hydrocarbures avait vertement critiqué Petrobras la semaine dernière, accusant le Brésil de traiter son pays comme une "semi-colonie". M. Solis avait alors agité la menace des "pires choses imaginables" dans le cadre des négociations sur la modification des contrats de vente de gaz avec le Brésil et l'Argentine. Petrobras a d'ores et déjà prévenu que si des décisions unilatérales étaient prises, la position du groupe se radicaliserait également, même si à terme, cela ne pourrait qu'être néfaste pour les deux parties. Le groupe brésilien précise en effet que si Petrobras a certes besoin d'investir là-bas, la Bolivie a également de ces investissements, menaçant ainsi à mots couverts de stopper les investissement du groupe en Bolivie.

2 – Investissements de Petrobras en Bolivie

Depuis 1994, Petrobras a investi directement un milliard de dollars en Bolivie. Le groupe brésilien opère 46% des réserves de gaz naturel de la Bolivie et 25% de la production, tandis que 95% de la capacité de raffinage de pétrole brut est contrôlé par Petrobras. Le Brésil importe par ailleurs 26 à 27 millions de m3 de gaz naturel bolivien par jour, soit plus de la moitié de sa consommation. Petrobras fait valoir que ses activités représentent 18% du PIB de la Bolivie et 20% des investissements directs étrangers dans ce pays.

Le groupe s'efforce depuis l'accession au pouvoir d'Evo Morales de maintenir le dialogue ouvert avec la Bolivie. Il a ainsi proposé un protocole d'accord prévoyant sept axes de coopération, en particulier dans le domaine du raffinage, de l'exploration/production de pétrole, des biocarburants et du développement du marché du gaz naturel.

3 – Nouveau projet de loi sur les hydrocarbures

La stratégie énergétique du gouvernement est de donner la priorité à la construction de gazoducs à l’intérieur de la Bolivie. Il s’agit, en outre, de changer la matrice énergétique pour le gaz naturel, qui devra remplacer le diesel, l’essence et le GPL. Pour le gouvernement bolivien, le pays doit se transformera en une contrée « remplie de gazoducs ».

En effet, si des moyens de transit existent en ce qui concernent les liens vers l'extérieur du pays, la Bolivie ne dispose pour desservir son propre territoire intérieur que d’un seul gazoduc de 6 pouces (15.24 cm) , construit il y a 30 ans et cédé il y a 10 ans à Transredes (Enron-Shell), qui se révèle insuffisant pour répondre aux besoins de villes comme La Paz, Oruro et El Alto.

En ce qui concerne les oléoducs, gazoducs et polyducs, la Bolivie possède de peu de moyens. Un gazoduc de 86 cm s'étend jusqu’à São Paulo au Brésil, avec une capacité d’exporter de 30 millions de m3/jour. Un autre de 20 cm dessert également le Brésil, via Cuiabá. Un 3ème, sur la frontière sud du pays, va en Argentine, la Bolivie exportant vers ce pays 2,35 millions de m3. Des projets sont en cours pour vendre au Brésil 13,7 et 18,3 millions de m3 et augmenter jusqu’à 30 millions les ventes vers l’Argentine (9,15 millions de m3), avec la construction de nouveaux conduits.

4 - Projet de nationalisation des hydrocarbures

Selon les propos du nouveau président bolivien, la nationalisation des hydrocarbures sera la première mesure de son gouvernement, en ce qui concerne le domaine économique. Dans le domaine politique, la priorité sera la mise en place de l’Assemblée constituante pour « en finir avec l’État colonial qui régit la nation bolivienne jusqu’à présent ».

La nationalisation consistera fondamentalement en la récupération de la propriété de la totalité des hydrocarbures, tant au sol que dans le sous-sol; de la participation majoritaire de l’Etat dans toute la chaîne de production des hydrocarbures et du contrôle total de sa commercialisation, ce qui inclut le droit de fixer des prix internes et externes, les volumes de vente et la destination. Ces aspects sont évoqués, en grande partie, dans la nouvelle loi sur les hydrocarbures, du 17 mai 2005. Il s’agit maintenant de mettre en pratique ce qui avait déjà été obtenu dans le texte de loi.

Les compagnies pétrolières semblent craindre des mesures radicales à leur encontre, dans le cadre de cette nationalisation. Des changements draconiens de leurs conditions d’exploitation pourraient en effet intervenir. A ce sujet, Evo Morales précise qu'il ne s’agit pas pour la Bolivie de confisquer ou d’exproprier les biens des compagnies pétrolières. Selon lui, cependant, elles n’ont pas à exercer un droit de propriété sur les hydrocarbures, qui eux, appartiennent directement à la nation bolivienne. Désormais, c’est le gouvernement bolivien qui "devra exercer ce droit", en s'appuyant sur la Constitution politique d’État : quelle que soit la compagnie pétrolière qui souhaite investir dans le pays, celle-ci devra se subordonner à la Constitution.

Selon Evo Morales, de nombreux avocats affirment que les contrats qui régissent actuellement les liens entre ces entreprises et l’État bolivien sont nuls de plein droit, car non ratifiés par le Congrès. Pour les compagnies qui « feront preuve de responsabilité », la Bolivie garantira leur retour sur investissements, ainsi qu’une part de profits. Les méthodes de partages établies précédemment où l’État ne gagnait que 18 % des royalties, et les compagnies 82 % ne peuvent perdurer, selon lui. « Si le peuple a voté pour la nationalisation, la voix du peuple, c’est la voix de Dieu, et il faut donc la respecter ». La date de la nationalisation sera annoncée par le président Evo Morales au cours des prochaines semaines.

YPFB, opérateur pétrolier national bolivien, sera vu comme « bras exécuteur de la politique d’hydrocarbures du pays » et jouera un rôle actif dans toute la chaîne de production du secteur. L'entreprise publique pourra ainsi s’articuler avec les autres entreprises d’Amérique latine, avec l’objectif de mieux défendre les intérêts du pays.

5 – Possible refonte du prix du gaz

A l'heure actuelle, le gaz étant régi par un prix fixe, la Bolivie vend parfois le sien à un prix inférieur à celui du marché. Dans ce contexte, devrait être établi en priorité un prix pour le marché interne qui ne soit pas soumis aux exigences du marché international. En second lieu, les contrats régissant jusqu’à présent les conditions de vente, établissant les cours du barils de pétrole à 16 ou 17 dollars, devront être revus, selon les propos du gouvernement bolivien.

La Bolivie doit tout d’abord résoudre ses problèmes d’approvisionnement interne. L'objectif sera ensuite d’augmenter en priorité les exportations aux pays de la région. Si les prix qui seront établis ne peuvent être déterminés dès maintenant, dans tous les cas, les exportations doivent être orientées vers des relations inter-étatiques, selon le nouveau gouvernement bolivien. « Ca ne doit plus être Repsol Argentine qui achète du gaz ou du pétrole à Repsol Bolivie. Ce doit être l’État bolivien qui vend son gaz souverainement à l’État argentin ». C’est la seule manière viable de faire en sorte que les ressources générées par le gaz profitent à la grande majorité, plutôt qu’aux compagnies pétrolières qui ne sont qu’une minorité, selon Evo Morales.

A lire également :

. Bolivie : appel aux investissements de TOTAL et de la Chine :

TOTAL en Bolivie

. Le secteur gazier bolivien remis en cause

. 2005 : l'année de l'offshore au Brésil

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Commentaires

Elisabeth / PB REPSOL

31 mar 2006 17:45:12

Pour rappel/info
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Démission du président de Repsol en Bolivie, accusé de contrebande MADRID, 22 mars 2006 (AFP)
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Le groupe pétrolier espagnol Repsol YPF a annoncé mercredi la démission du président de sa filiale bolivienne Andina, l'Espagnol Julio Gavito, soupçonné par la justice bolivienne d'un délit de "contrebande de pétrole".

Dans un communiqué émis par Repsol, M. Gavito assure avoir présenté sa démission pour "consacrer une partie de mon temps à la défense de l'actionnariat de l'entreprise et de (ses) collaborateurs, avec la certitude que les accusations sont absolument infondées".

Les services des douanes boliviennes accusent Repsol de "contrebande" portant sur 230.400 barils de pétrole en 2004 et 2005 pour un montant de plus de 9,4 millions de dollars.

"Je suis convaincu qu'au delà des vicissitudes que j'ai dû affronter lors de cette pénible et injuste procédure, la vérité apparaîtra et que nous pourrons démontrer notre innocence", a ajoute M. Gavito.

Repsol YPF assure pour sa part avoir "assuré de sa pleine confiance ses collaborateurs Julio Gavito et Pedro Sanchez (ndlr: directeur argentin d'Andina) face aux accusations infondées du ministère public de Bolivie".

La justice bolivienne avait décidé le 14 mars la mise en liberté sous caution de 40.000 euros chacun pour ces deux dirigeants d'Andina qui avaient été entendus "volontairement" par des procureurs et un juge boliviens chargés du dossier.

Repsol YPF estime dans son communiqué que les faits dénoncés "ne sont pas de nature pénale" car la compagnie n'a "en aucun cas omis de payer au trésor public" bolivien les sommes correspondant au pétrole supposément exporté en contrebande vers l'Argentine et le Chili.

Le chef de la diplomatie espagnole Miguel Angel Moratinos avait appelé jeudi dernier à un règlement "définitif et satisfaisant" du contentieux.

M. Moratinos s'était dit convaincu que le président bolivien Evo Morales avait autant à coeur de mettre fin à la "situation critique que Repsol traverse avec les autorités boliviennes".

Le groupe pétrolier espagnol contrôle 25,7% des réserves de gaz naturel en Bolivie.


Elisabeth

16 août 2007 23:26:07

Attention ,les concessions remises en cause une nouvelle fois
Synthèse en cours :)


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